Roger de BUSSY-RABUTIN

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Portrait du comte en armure
Château de Bussy-Rabutin
Photo B.ohland

Roger de BUSSY-RABUTIN fait partie de la noblesse bourguignonne. Il est comte de Bussy et seigneur de Chazeu (Commune de Laisy).
C'est avant tout un homme de guerre, à la fois actif lors de campagnes militaires, à la fois passionné par les grands héros de son époque.
C'est aussi un homme de lettres, cultivé, à l'esprit vif mais piquant. Dans une correspondance soutenue et dans ses diverses œuvres, il va notamment railler les intrigues amoureuses de ses pairs à la cour du roi.
Et cet ancien courtisan de Louis XIV, devenu un aristocrate impertinent, va être chassé de la cour royale.
Enfin, exilé dans son château à Bussy-le-Grand, il va aménager la demeure en la décorant d'une façon unique, ce qui va faire sa renommée.

Biographie (1618-1693)

Son ascendance

Arbre généalogique de la famille
Château de Bussy-Rabutin
Photo B.ohland
  • Le grand-père de Roger est François de RABUTIN (1545-1618), baron de Bussy et d'Épiry, gouverneur de Noyes, seigneur de divers lieux[1]. Il est militaire dans le Nivernais, chevalier de l'ordre du roi et maréchal de camp. Enfin il est député du bailliage d'Autun aux états généraux de 1598 à Blois. Il est père de cinq enfants.
En 1602, il achète la baronnie de Bussy avec son château. Il « en fait son patronyme »[2] : ses enfants seront désormais descendants de la "Maison de Bussy-Rabutin".
  • Le père de Roger est Léonor de BUSSY-RABUTIN (1587-1645), fils aîné de François. Il est baron de Bussy et d'Épiry, et seigneur de Chazeu. Chevalier, il est maître de camp d'infanterie et lieutenant du roi en Nivernais.
Il vit au château de Bussy-Rabutin, qu'il entretient et améliore.


Sa vie personnelle

  • Roger de BUSSY-RABUTIN, fils unique de Léonor, naît le 13 avril 1616 au château d'Épiry, dans la commune de Saint-Émiland. Il fait ses études au collège de jésuites d'Autun, puis au collège de Clermont à Paris. À 16 ans, il participe à une campagne militaire où il commande un régiment ; mais cinq ans plus tard, il laisse son régiment s'adonner à la contrebande du sel, ce qui lui vaut d'être embastillé quelques mois.
Par la suite, il devient lieutenant général des armées, comme l'était son père. Après avoir été inquiété par les troupes de la Fronde, il se rallie au roi et devient en 1653 maître de camp général de la cavalerie légère.
  • Le comte épouse le 28 avril 1643 Gabrielle de TOULONGEON (1622-1646), avec qui il aura trois filles.
Le 27 avril 1650, le comte prend pour seconde épouse Louise de ROUVILLE (1622-1703), qui est souvent à Paris pour gérer les affaires de son mari. Le couple donne naissance à quatre enfants, deux filles et deux fils.
Par ailleurs, le châtelain prend une maîtresse, la marquise de MONTGLAS, c'est à dire Cécile Élisabeth HURAULT de CHEVERNY (1618-1695), qui le trahira.
  • Notre aristocrate est aussi un érudit et homme de plume. Il revisite la Carte du Tendre et se met à écrire des ouvrages dans le registre des aventures galantes. Un premier ouvrage, Carte du Pays de Bracquerie, dévoile quelques intrigues à la Cour, sans grande conséquence.
Mais le comte chante aussi des couplets osés faisant scandale, ce qui lui vaut d'être chassé de la cour quelques mois.
L'ancien courtisan revient à la cour, mais est un peu boudé. Et voilà qu'il récidive en 1660 avec un roman satirique[3], mettant toujours en scène les jeux galants de la cour, mais en dissimulant les véritables personnages. Cependant ses amis et connaissances ne sont pas dupes et le snobent davantage. En 1665, une suite visant l'entourage très proche du roi provoque la disgrâce de l'auteur, qui se retrouve emprisonné un an puis contraint de quitter définitivement la Cour.
  • Notre comte déchu décide de se retirer sur ses terres bourguignonnes. Ce qui ne l'empêche pas de revenir de temps en temps à Paris, où il est d'ailleurs élu au 20e fauteuil de l'Académie française. Dans un premier temps il s'adonne à une copieuse correspondance et à des opérations de maintenance dans le château. Puis il décide de parfaire l'aménagement intérieur de sa demeure en le décorant à sa manière.
  • L'écrivain moqueur décède à Autun le 9 avril 1693 et est inhumé à l'église Notre-Dame-du-Châtel, église autunoise aujourd'hui disparue. Mais Roger de BUSSY-RABUTIN fera encore parler de lui, car ses enfants achèveront son œuvre.

Photos extraites d'un panneau d'information complétant l'arbre généalogique (Château de Bussy-Rabutin).

Sa descendance

  • Roger et sa première épouse ont trois filles : Diane-Jacqueline (1644-1684), Charlotte (1645-1739), et Louise-Françoise (1646-1716) qui sera marquise de Coligny.
Le deuxième couple a quatre enfants : Marie-Thérèse (?-1729), Louise Françoise Léonore (1646-1716), Amé-Nicolas (1656-1719) et Michel-Celse (1669-1736)[4]. Les deux garçons restent sans descendance.
  • Tous les enfants se mettront d'accord pour publier de façon posthume les dernières œuvrent de leur père, en 1696, 1697 et 1699.

Autre branche

De l'ancienne "Maison de Rabutin" est issue une deuxième lignée, où les hommes sont barons de CHANTAL, et dont les descendants vont prendre le nom de RABUTIN-CHANTAL.
C'est le cas de Marie de RABUTIN-CHANTAL (1626-1696), cousine de notre comte libertin, et qui va devenir par son mariage en 1644 Madame la marquise de SÉVIGNÉ.

Son patrimoine

Château de Bussy-Rabutin Photo B.ohland
  • Roger de BUSSY-RABUTIN vit d'abord au château de Chazeu. Il s'agit d'un château médiéval puisque la seigneurie est déjà mentionnée au XIIIe siècle. La bâtisse, maintenant en ruines, adoptait un plan pentagonal tout en étant flanquée de tours.
Puis il en fait sa demeure principale, y recevant ses amis, et prend ses quartiers d'été dans son deuxième château, à Bussy-le-Grand.
  • Suite à son expulsion de la cour royale, le comte s'installe en continu au Château de Bussy-Rabutin et va en faire une demeure reflétant sa personnalité.


Son œuvre

Une œuvre littéraire

Madame de SÉVIGNÉ
  • Roger de BUSSY-RABUTIN entretient une correspondance soutenue avec plus d'une centaine de connaissances et amis. Ce sont plus de 300 lettres qui seront regroupées dans un ouvrage intitulé Correspondance.
Parmi ces lettres figurent les échanges épistolaires avec sa cousine Madame de SÉVIGNÉ, qui ont duré 47 ans. Tantôt amis très proches, tantôt brouillés, tous deux inventent et déploient un genre littéraire nouveau : le « rabutinage »[5].
Mais le comte a conscience de la valeur des écrits de la marquise et demande a ses enfants de les conserver avec soin pour la postérité.
  • Parallèlement, le châtelain rédige des ouvrages plus conséquents, dont certains sont légers, alors que d'autres cherchent à rappeler le prestige de sa lignée ou à rétablir sa place à la cour : Carte du pays de Bracquerie (1654), Histoire amoureuse des gaules (1660), Maximes d'amour ou Questions en prose décidées en vers (1664), L'Histoire généalogique de la Maison Rabutin (1685), Discours à sa famille (1691), publiés de son vivant.
Puis les derniers écrits seront édités par ses enfants à titre posthume : Les illustres malheureux, discours du comte de Bussy à ses enfants (1694), Mémoires (1696), Lettres de Bussy (1697), L'histoire en abrégé de Louis le Grand, quatorzième du nom, par le comte de Bussy, adressée à ses enfants (1699).


Une œuvre artistique peu banale

  • Roger de BUSSY-RABUTIN profite de son exil pour faire des travaux d'aménagement intérieur, plus particulièrement son appartement privé, et se concentre sur quatre pièces où il envisage de mettre en œuvre son projet de décoration unique en son genre.
  • Le châtelain rassemble ensuite de nombreux portraits, en privilégiant les rois de France, les hommes de guerre ou les hommes illustres, la généalogie, les galantes de la cour. À la fin, ses tableaux s'élèvent au nombre de 300, mais ce ne sont pas tous des originaux, le comte (ne se voulant pas collectionneur élitiste) en commandant à partir de recueils de gravures. Il y rajoute des banderoles, frises ou guirlandes, avec des devises ou maximes, parfois inspirées de la mythologie. Ces devises lui permettent de relater avec humour, ou rancœur, sa nostalgie de courtisan et ses regrets d'être à l'écart de la cour. Puis il regroupe ses tableaux par thème dans les salles prévues et les encastre dans des lambris de menuiserie, ajoutant si nécessaire des encadrements ou plinthes.
Il est vrai que l'usage des maximes est à la mode au XVIIe siècle, en témoigne le recueil De l'art des devises, écrit par le père jésuite Pierre le MOYNE[6]. Le comte en détourne les règles pour les adapter à son esprit railleur. Ce qui lui fera dire dans une de ses lettres où il évoque son château : « Il y a des choses fort amusantes qu'on ne trouve point ailleurs »[7].
Pictos recherche.png Article détaillé : Pour découvrir cette décoration originale...

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Dépliant de visite et panneaux sur le site du château
  • Judith KAGAN, conservateur général du patrimoine, Le château de Bussy-Rabutin, collection "Itinéraires", Paris, Éditions du patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2012, 64 pages, ISBN 678-2-7577-0239-0

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Référence.png Notes et références

  1. Seigneur de Forlans, de Changy, de Plumeron, de Foul, de Lavault et de Bourbilly.
  2. Dépliant de visite
  3. Histoire amoureuse des Gaules.
  4. Né en 1669, décédé en 1736. Abbé commendataire des abbayes de Bellevaux et Flavigny, il devient ensuite évêque de Luçon. Il est aussi membre de l'Académie française.
  5. Judith KAGAN, conservateur général du patrimoine, Le château de Bussy-Rabutin, collection "Itinéraires", Paris, Éditions du patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2012, 64 pages, ISBN 678-2-7577-0239-0
  6. Né en 1602, décédé en 1672. De confession jésuite, il a enseigné les humanités et la philosophie à Reims. Également poète, il a écrit de nombreuses œuvres, plus ou moins épiques. La première, en 1653, était consacrée à saint Louis et a assis la notoriété de l'écrivain.
  7. Judith KAGAN, conservateur général du patrimoine, Le château de Bussy-Rabutin, collection "Itinéraires", Paris, Éditions du patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2012, 64 pages, ISBN 678-2-7577-0239-0


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