Garde Mobile de la Savoie - 1870-1871

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Présentation

Le 1er bataillon de mobiles de Savoie

  • 16 janvier le 1er bataillon de mobiles de Savoie a été décimé à Béthoncourt son commandant Costa de Beauregard est fait prisonnier
  • Commandant Michard

Lors de la visite de Gambetta à Albertville le journal de l’époque relatait la visite

« Toute la population d’Albertville a retenu ses sages conseils, écrit encore le correspondant de la république française. Je n’en veux pour preuve que les conversations sans fin qui ont suivi cette entrevue qui n’a duré moins de quatre heures. Quoique le temps fut devenu pluvieux, nos jeunes gens ont voulu reconduire M Gambetta jusqu’aux limites du canton. On s’est séparé à six heures du soir, après des adieux chaleureux, ou M Gambetta a trouvé encore moyen de nous dire des choses émouvantes, en nous parlant des familles des détenus politiques. Il faut que vous sachiez que notre compagnie de francs-tireurs de Savoie, ce » qui sous les ordres d’un de nos plus généreux et plus intelligents concitoyens, le brave commandant républicain Michard s’est brillamment conduit pendant la guerre contre les prussiens dans l’affaire de Chatillon sur seine, et plus tard sous Dijon, dans la brigade de Ricciotti Garibaldi vient de liquider ses comptes et de réaliser un excédent de recettes d’environ deux milles francs. Sur les conseils de notre ami Michard, la visite d’Albertville aura été marquée par une bonne action. Il a été décidé que cet excédent serait versé à la caisse de la souscription en faveur des familles des détenus politiques. C’est cette résolution que M Gambetta a remercié les francs-tireurs en des termes qui ont tiré les larmes aux yeux de tous les assistants. La fanfare non plus n’a pas été oubliée : Elle s’est trouvée là pour faire entendre encore la Marseillaise.
On s’est séparé en criant vive la République ! Cela va sans dire ; pour mon compte, je ne l’ai jamais crié d’aussi bon cœur Telle a été cette journée d’Albertville »

Le 2e bataillon des mobiles de la Savoie

  • Commandant : M. Dubois.
  • Aide-Major: M. Beauregard.

État des Officiers.

PREMIÈRE COMPAGNIE
A la formation.

  • Capitaine : M. Finas.
  • Lieutenant : M. Collomb.
  • Sous-lieutenant : M. Martin.

Au licenciement.

  • Capitaine : M. Finas.
  • Lieutenant: M. Martin.
  • Sous-lieutenant : M. Faure.

DEUXIÈME COMPAGNIE.
A la formation.

  • Capitaine : M. Pey.
  • Lieutenant : M. Sogno.
  • Sous-lieutenant : M. Anselmi.

Au licenciement.

  • Capitaine: M. Pey.
  • Lieutenant : M. Sogno,
  • Sous-lieutenant : M. Pravaz.

TROISIÈME COMPAGNIE.
A la formation.

  • Capitaine : M. Cottarel.
  • Lieutenant : M. Mestrallet.
  • Sous-lieutenant : M. Mareschal.

Au licenciement.

  • Capitaine : M. Cottarel.
  • Lieutenant : M. Mareschal.
  • Sous-lieutenant: M. Fontaine.

QUATRIÈME COMPAGNIE.
A la formation.

  • Capitaine : M. Roman.
  • Lieutenant : M. Fortin.
  • Sous-lieutenant : M. Carie.

Au licenciement.

  • Capitaine : M. Roman.
  • Lieutenant : M. Sanguet.
  • Sous-lieutenant ; M. Carquet.

CINQUIÈME COMPAGNIE.
A la formation.

  • Capitaine : M. Perrier.
  • Lieutenant : M. de Tours.
  • Sous-lieutenant : M. Sanguet.

Au licenciement.

  • Capitaine: M. Fortin.
  • Lieutenant : M. de Tours.
  • Sous-lieutenant : M. Piot.

SIXIÈME COMPAGNIE.
A la formation.

  • Capitaine : M. Brunet.
  • Lieutenant : M. Bertallot.
  • Sous-lieutenant : M. Roux,

Au licenciement.

  • Capitaine : M. Fardel.
  • Lieutenant : M. Bertallot.
  • Sous-lieutenant : M. Poncet

SEPTIÈME COMPAGNIE.
A la formation.

  • Capitaine : M. Philippi.
  • Lieutenant : M. Fardel.
  • Sous-lieutenant : M. Sevez.

Au licenciement.

  • Capitaine : M. Philippi.
  • Lieutenant : M. Sevez.
  • Sous-lieutenant : M. Chapelier.

COMPAGNIE DE DÉPOT.

  • Capitaine: M. Miédan.
  • Lieutenant : M. Mollard.
  • Sous-lieutenant : M. Salomon.

Le capitaine Dubois

Le commandant Dubois qui, au début de la campagne était capitaine au G78 régiment d'infanterie, avait gagné tous ses galons à la pointe de l'épée.

Engagé à 17 ans, le 11 février 1842, au 1er régiment de la brigade de Savoie, il avait fait toutes les guerres d'Italie, 1848-1849 et 1859, les guerres d'Afrique en 1863 et avait assisté aux premières batailles de la campagne de 1870. Blessé en 1849 d'un coup de baïonnette, en 1859 d'une balle au pied gauche, il portait toutes les médailles d'Italie, et avait été fait chevalier de la Légion d'honneur par décret du 13 août 1863; c'était un de ces hommes dont la main ferme pouvait seule former la mobile. Sous sa direction, nous pouvions être tués, anéantis, mais nous ne pouvions pas déchoir; et, en fait, s'il a été un des chefs les plus valeureux de l'armée française, on peut dire aussi qu'il a été le meilleur soldat de son bataillon.

Si, pendant ces deux terribles campagnes de la Loire et de l'Est, le 2° bataillon des mobiles de la Savoie a rempli son devoir; si, comme le dit le général Aube, il a pu être classé dans les troupes d'élite; s'il a contribué, dans la mesure de toutes ses forces, à la défense du territoire, c'est grâce au chef dévoué, énergique et expérimenté qui était à sa tête, au commandant Dubois.

Sous-lieutenant : M. Poncet

Jean Maxime CHAMIOT-PONCET, né à Beaufort le 28 septembre 1845 et baptisé le lendemain.
Il est percepteur à Chambéry en 1870, puis à Aime, et il est nommé à Montmélian en 1882. Il prend sa retraite en cette ville en 1902. [1]

Durant la guerre de 1870, il est incorporé le 26 août à la 2ème compagnie du 2ème bataillon formé dans le département de la Savoie. Devant le besoin pressant de cadres, il connaît un avancement rapide : il est nommé sergent-major dans la 1ère compagnie le lendemain même de son incorporation, avant d’être promu adjudant le 7 décembre suivant. Le 12 janvier 1871, il passe dans le corps des sous-officiers, avec le grade de sous-lieutenant dans la 6ème compagnie 35.
Après une période d’instruction et d’entraînement, son bataillon reçoit l’ordre de se rendre dans la région de Besançon et quitte Albertville le 2 novembre. Il prend son premier cantonnement près de Besançon et, le 18, est enfin équipé avec des fusils Chassepot. Le même jour, il reçoit l’ordre de se rendre à Gien pour renforcer l’armée de la Loire commandée par le général d’Aurelle de Paladines.
Le surlendemain, il est agrégé à trois divisions d’infanterie pour former le 20ème corps d’armée sous les ordres du général Crouzat.
Le 2ème bataillon, qui n’a guère eu l’occasion jusque là de se frotter à l’ennemi, se distingue à la bataille de Beaune-la-Rolande le 28 novembre. Environ 30.000 Français tenteront de reprendre la localité défendue par 25.000 Prussiens.
Les mobiles savoyards, au coude à coude avec les zouaves, feront une charge énergique contre les lignes ennemies, sous un feu nourri d’artillerie, et manqueront d’emporter la place.
Mais les Prussiens ont reçu des renforts, tandis que les Français attendent en vain l’arrivée du 18ème corps. Ne pouvant plus avancer, ils reculent en bon ordre et passent la Loire à Jargeau. Le combat a été meurtrier et 200 Savoyards (tués et blessés) sont mis hors de combat.
Le bataillon de mobiles est épuisé et dans un état misérable. Après un cantonnement de repos à Bourges, il reçoit l’ordre de se transporter avec le 20ème corps d’armée sur le front est pour renforcer l’armée de Bourbaki.
Le 19 décembre, il part pour Chalon-sur-Saône, et fait le trajet en partie en chemin de fer. Le 1er janvier 1871, il est à Dole d’où, avec d’autres formations, il remonte et repousse les Allemands jusqu’à Villersexel. Cette position stratégique est défendue vigoureusement par l’ennemi, mais elle reste finalement aux mains des Français le 9 janvier.
Puis, c’est la bataille d’Héricourt, destinée à débloquer Belfort. Pendant trois jours, du 15 au 17, l’armée de Bourbaki tente en vain de forcer les lignes ennemies, et doit se replier. L’hiver est glacial, une neige abondante succède à des pluies torrentielles, et ces conditions climatiques ont raison de la santé de nombreux mobiles.
La retraite commence jusqu’à la frontière suisse et les ennemis, qui talonnent sans relâche une armée en déroute, tentent d’empêcher qu’elle ne passe la frontière.
L’armistice, signé le 28 janvier, exclut la zone d’opérations de l’armée de l’Est, qui est attaquée par surprise le lendemain à Chaffois.
Finalement, une bonne partie de l’armée peut franchir la frontière suisse, comme un accord avec le gouvernement helvétique le lui permet. Elle y restera jusqu’à la mi-mars, désarmée et internée.
Durant toute cette campagne, les mobiles de la Savoie ont enduré les pires souffrances : faim, froid, efforts physiques importants.

Morts pour la Patrie

Morts de la guerre de 1870 à 1871, qui furent plus de trois cents pour les deux départements de Savoie, en particulier des soixante treize " mobiles ", qui tombèrent entre le 15 et 16 janvier 1871 dans la vallée de la Lizaine près de Montbéliard (Doubs)

En voici quelques noms :

Prénom(s) NOM Naissance Décès Observations
Louis ARBARETE 3 mai 1848
La Ravoire
(Savoie)
25 janvier 1871
Arles
(Bouches du Rhône)
Garde Mobile 1er Bataillon 3e Compagnie Garde Mobile de Savoie
Fils de Claude ARBARETE et de Charlotte CHAMBON ✞  
François Émile BURNET MERLIN 3 février 1845
Saint-Nicolas-la-Chapelle
(Savoie)
20 novembre 1870
Gien
(Loiret)
Soldat, Garde mobile de la Savoie, 2e bataillon -2e compagnie
Fils de Gabriel BURNET MERLIN et Marie Alexandrine RIMBOUD
✞Mort à l'Hospice civil de Gien  
Pierre DEMEURE Né en 1844
Saint-Genix-sur-Guiers
(Savoie)
18 décembre 1870 -
Lyon-2e
(Rhône)
Soldat, Garde mobile de la Savoie, 2e bataillon -2e compagnie
Fils de Pierre DEMEURE et Josephte GAUTHIER
✞ au domicile d'un particulier  
Louis DUCRUET 1er novembre 1847
Ruffieux
(Savoie)
10 janvier 1871
Vichy
(Allier)
Garde Mobile 2ème Compagnie Bataillon de Savoie
Fils d' Aymard DUCRUET et de Josèphe BURDET ✞  
Félix NOEME Né en 1843
Monthion
(savoie)
12 février 1871
Lyon 9e
(Rhône)
Soldat à la garde mobile de la Savoie
Fils de Jean NOEME et Françoise GAILLARD
✞ Mort à l'hôpital  
Pierre RIVIÈRE - 28 novembre 1870
Beaune-la-Rollande
(Loiret)
Caporal au 2e bataillon, 7e compagnie,
Blessé le 28 novembre 1870 à Beaune-la-Rollande (Loiret) et disparu, acte transcrit au tribunal de Chambéry (Savoie)  
- - - ✞  


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Monument aux Morts d'Albertville

Le 22 mai 1899 à Albertville inauguration du monument élevé à la mémoire des soldats morts durant la guerre de 1870 en particulier du 2ème bataillon des mobiles de Savoie exécuté par l’artiste Jean Baptiste Weitmen sous la présidence de M Krantz ministre de la guerre, du général Zédé gouverneur militaire de Lyon, sénateur et député ainsi que le commandant Dubois du 2ème bataillon de mobile de la Savoie

Monument aux Morts de la place Monge à Chambéry

C'est seulement en 1910 que le comité local du Souvenir Français proposa de fixer la mémoire de ces combats, en érigeant un monument à Chambéry.

Sur le socle, on peut lire : " Aux Savoyards morts pour la patrie "

Monument commémoratif d'Annecy

Avenue de Genève
Inscriptions :

Aux Savoyards qui de leur sang ont scellé l'annexion en combattant pour la France 1870 1871
~~
A Victor CURTAT né à Annecy le 27 Août 1852
Chasseur du Mont Blanc qui s'est emparé du drapeau du 61e Poméranien à Dijon le 23 Janvier 1871
Vivre libre ou mourir
~~
Aux Chasseurs des Alpes et du Mont-Blanc du Bataillon de Savoie
A la 4e Brigade de l'armée des Vosges 1870 1871
~~
"Soldats de Savoie, aujourd'hui comme toujours vous avez bien mérité de la France et de la République"
Général Garibaldi au Bataillon de Savoie 23 Janvier 1871 à la bataille de Dijon
~~
"Passant va dire à la Savoie que ses enfants sont morts et que pas un n'a fui"
Lieutenant Mogenier, usine Bargy (Dijon) le 23 Janvier 1871
~~
"Que vive ? France A moi la Savoie"
Commandant Michard 1ère attaque de Talant (Dijon) novembre 1870

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Sources

  • Le 2e Bataillon des mobiles de la Savoie pendant la guerre de 1870-1871 ; Campagne de la Loire ; Campagne de l'Est / par Léon Martin,... Martin, Léon (notaire à Albertville). Auteur du texte BnF Gallica ; Le livre
  • Journal officiel de la République Française - 1875 - page 26

Référence.png Notes et références

  1. Centre Généalogique de Savoie (Pascal DURANDARD) Généalogies savoyardes - Famille Chamiot-Poncet, de Villard-sur-Doron



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