Corps d'Armée - 1914-1918

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Présentation

Définition

Le Corps d'Armée (C.A) est né sous la révolution, formalisé sous le Consulat, le corps d'armée est la première grande unité interarmes pouvant mener le combat de façon autonome. La Loi d'organisation militaire de 1873[1] crée en France métropolitaine 18 corps d'armée, correspondant au découpage territorial des régions militaires et un corps d'armée spécial, le 19e en Afrique du Nord (Algérie - Tunisie).[2]
A la veille de la guerre, il existe, en métropole, 21 corps d'armée :
20 corps d'armée correspondant chacun à une région militaire, numérotés de 1 à 18, 20 à 21.[3]
un corps d'armée colonial réparti dans les ports et les gouvernements militaires de Paris et Lyon.

Corps d'Armée français en 1914

Lors de l'entrée en guerre, le corps d'armée français est la grande unité de référence. Composé d'environ 40 000 hommes, (près de 9000 chevaux et 120 canons de 75), il est constitué sur la base de 2 divisions d'infanterie[4] à 2 brigades, elles-mêmes formées de 2 régiments de 3 bataillons[2].
Il compte également une artillerie de corps d'armée, rattaché à la brigade d'artillerie.
une brigade de cavalerie[5] et une brigade d'artillerie de campagne à 2 régiments chacune.[2]

19e Corps d'Armée

Le 19e Corps d'Armée[6] est une formation correspondant au territoire des divisions d'Algérie et de la division d'occupation de Tunisie (D.O.T).
Le 19e Corps d'Armée n'est pas engagé en tant que tel sur les fronts européens. Il lui revient pendant la Grande Guerre d'assurer la défense des possessions françaises d'Afrique du Nord et de fournir à la métropole un nombre croissant de contingents au fur et à mesure que la guerre se prolonge[2].

36e Corps d'Armée

Dès la fin de la «course à la mer» et pratiquement jusqu'à la fin de la guerre, le 36e C.A français occupe une position originale, couvrant Dunkerque, appuyé sur la mer du Nord, encadrant l'armée belge, séparé du reste des forces françaises par les armées britanniques qui tiennent le front d'Ypres. Il est de ce fait, parmi les premiers et jusqu'en 1918, engagés dans des opérations qui présentent systématiquement un caractère interallié[2].

Gouvernement Militaire

Le Gouvernement Militaire est le nom spécifique donné à deux circonscriptions militaires spécifiques de la France métropolitaine pour désigner les départements, arrondissements ou cantons qui relèvent de l'autorité du général commandant de la place de Paris (essentiellement départements de la Seine et de la Seine-et-Oise) et de celui commandant la place de Lyon (département du Rhône et communes voisines de l'Ain et de l'Isère)[2].
Le gouverneur militaire de Paris (G.M.P) n'est responsable avant la guerre que de la discipline générale, du service courant et des mesures d'ordre public, les questions de mobilisation et d'instruction des troupes restant du ressort des commandants de corps d'armée stationné dans et autour de Paris[2].
L'avance allemande en août 1914, la création du camp retranché de Paris (C.R.P) et l'afflux des troupes à proximité immédiate de la capitale entraînent l'attribution de prérogatives opérationnelles qui en font, du fait de sa proximité avec les autorités gouvernementales et les services centraux du ministère, un subordonné et/ou un interlocuteur tout à fait particulier du commandant en chef (ainsi des relations entre Joffre et Gallieni)[2].
Le gouverneur militaire de Lyon est également, dès le temps de paix, le commandant du 14e corps d'armée. Après la déclaration de guerre, les fonctions sont différenciées et les compétences du gouverneur en titre sont étendues du fait de la proximité de la zone des armées et des frontières avec la Suisse et l'Italie[2].

Région Militaire

La loi du 24 juillet 1873, qui reste en vigueur, quelques adaptations, jusqu'à la Grande Guerre, pour créer des régions militaires (RM, numérotées de 1 à 18 et 20 puis 21 en métropole), dont les responsabilités sont désormais à la fois territoriales et opérationnelles. Le général commandant la région est donc, dans le même temps, le commandant le corps d'armée correspondant.
Organisées sur l'ensemble du territoire selon le même modèle, les régions militaires constituent le pivot de l'organisation militaire française et forment chacune un ensemble cohérent, autonome, passant théoriquement sans difficulté du temps de paix au temps de guerre puisque l'ensemble des formations, unités, services et établissements relèvent de la même autorité[2].

Composition d'un corps d'armée (d'infanterie)

Quartier Général

  • Général commandant le corps d'armée
  • Général commandant l'infanterie
  • Général commandant l'artillerie
  • Chef d'état major et l'état major
  • Commandant des troupes et direction des services
  • Unité de quartier général

Troupes

-2 compagnies de sapeurs-mineurs
-1 compagnie d'équipage de pont
-1 compagnie de parc
-1 détachement télégraphique (D.T) : sapeurs télégraphistes du 8e Régiment du Génie
-1 section de projecteur

Services

-1 équipe mobile de réparation (E.M.R)
-10 sections de munitions d'artillerie (S.M.A)
-5 sections de munitions d'infanterie (S.M.I)
  • Intendance
-1 section de commis et d'ouvriers d'administration (S.C.O.A)
-1 groupe d'exploitation
-1 «troupeau de bétail» (T.B)[7]
-1 compagnie de ravitaillement de viande fraîche (R.V.F)
-2 sections de convoi administratif (C.V.A.D)
  • Service de Santé
-une section d'infirmier militaire (S.I.M)
-1 groupe de brancardier de corps (G.B.C)
-8 ambulances
-6 sections d'hospitalisation (S.H.O)
-1 section sanitaire automobile (S.S.A)
  • Service vétérinaire
  • Justice Militaire
  • Prévôté : 1 Légion de Gendarmerie (L.G)
  • Service de la trésorerie et des postes
  • détachement de remonte mobile
  • 1 escadron du train des équipages militaires (ETEM)
Le train des équipages attelle aussi les voitures du Service de l'Intendance, du Service de Santé, de la trésorerie et des postes, les boulangerie de campagne.

Corps d’Armée en 1914-1918

Mobilisation

à la mobilisation, en métropole
Corps d'Armée Quartier Général Division d'Infanterie Région Militaire[8] - Départements
Corps d'Armée existant à la mobilisation
1er Corps d'Armée Lille 1re et 2e D.I 1re R.M - Nord - Pas de Calais
2e Corps d'Armée Amiens 3e et 4e D.I 2e R.M - Aisne - Oise - Somme - une partie de Paris - Ardennes - Meuse
3e Corps d'Armée Rouen 5e et 6e D.I 3e R.M - Calvados - Eure - Seine inférieure - une partie de Paris
4e Corps d'Armée Le Mans 7e et 8e D.I 4e R.M - Eure et Loir - Mayenne - Orne - Sarthe _ une partie de Paris
5e Corps d'Armée Orléans 9e et 10e D.I 5e R.M - Loiret - Loir et Cher - Seine et Marne - Yonne - Aube - une partie de Paris
6e Corps d'Armée Châlons sur Marne 12e, 40e et 42e D.I 6e R.M - Oise - Ardennes - Marne - Meuse - Meurthe et Moselle - une partie de l'Aisne
7e Corps d'Armée Besançon 14e et 41e D.I 7e R.M - Ain - Doubs - Haute–Saône - Jura - Territoire de Belfort - Vosges - Rhône
8e Corps d'Armée Bourges 15e et 16e D.I 8e R.M - Cher - Côte d’Or - Nièvre - Saône et Loire
9e Corps d'Armée Tours 17e et 18e D.I 9e R.M - Deux Sèvres - Indre - Indre et Loire - Maine et Loire - Vienne
10e Corps d'Armée Rennes 19e et 20e D.I 10e R.M - Côte du Nord - Ille et Vilaine - Manche
11e Corps d'Armée Nantes 21e et 22e D.I 11e R.M - Finistère - Loire inférieure - Morbihan - Vendée
12e Corps d'Armée Limoges 23e et 24e D.I 12e R.M - Charente - Corrèze - Creuse - Dordogne - Haute –Vienne
13e Corps d'Armée Clermont-Ferrand 25e et 26e D.I 13e R.M - Allier - Cantal - Haute–Loire - Loire - Puy de Dôme
14e Corps d'Armée Lyon 27e et 28e D.I 14e R.M - Basses–Alpes - Drôme - Hautes–Alpes - Haute–Savoie - Isère - Savoie - une partie de Lyon
15e Corps d'Armée Marseille 29e et 30e D.I 15e R.M - Alpes Maritimes - Ardèche - Basses Alpes - Bouches du Rhône - Corse - Gard - Var - Vaucluse
16e Corps d'Armée Montpellier 31e et 32e D.I 16e R.M - Aude - Aveyron - Hérault - Lozère - Pyrénées Orientales - Tarn
17e Corps d'Armée Toulouse 33e et 34e D.I 17e R.M - Ariège - Haute Garonne - Gers - Lot - Lot et Garonne - Tarn et Garonne
18e Corps d'Armée Bordeaux 35e et 36e D.I 18e R.M - Charente Inférieure - Gironde - Landes - Basses Pyrénées - Hautes Pyrénées
20e Corps d'Armée Nancy 11e et 39e D.I 20e R.M - Aube - Haute Meuse - Meurthe et Moselle - Vosges
21e Corps d'Armée Toul 13e et 43e D.I 21e R.M - Haute – Marne - Vosges
Gouvernement Militaire
de Paris (G.M.P)
Paris Camp Retranché
de Paris (C.R.P)
- Seine - Seine et Oise
Corps d’Armée Colonial
devient 1er CAC en juin 1915[9]
Paris
Hôtel des Invalides
2e et 3e D.I.C - Brest - Paris - Toulon

Afrique du Nord

en Afrique du Nord (AFN):
Corps d'Armée Quartier
Général
Division
19e Corps d'Armée[10] Alger Division d'Alger, d'Oran et de Constantine, D.O.T


Au cours des hostilités

Cette organisation évolue :
Entre 1914 et 1918, douze nouveaux corps d'armée dont un colonial et deux autres corps de cavalerie, sont créés par regroupement de divisions, transformation de certains groupes de divisions de réserve et création de divisions nouvelles. Deux d'entre eux et un corps de cavalerie sont dissous au cours des hostilités.


Corps d'Armée date de création Division d'Infanterie à la création
Corps d'Armée créé durant la Grande Guerre
30e Corps d’Armée[11] 21.01.1916 72e, 132e D.I
31e Corps d’Armée[12] 12.10.1914 64e, 70e D.I
32e Corps d’Armée[13] 12.10.1914 42e D.I, Division Marocaine (D.M)
33e Corps d’Armée[14] 12.10.1914 45e, 70e D.I, D.I Barbot
34e Corps d’Armée[15] 20.03.1915 133e, 157e D.I
35e Corps d’Armée[16] 15.12.1914 37e, 61e D.I
36e Corps d’Armée[17] 22.05.1915 29e, 133e D.I
37e Corps d’Armée[18] 10.06.1915 63e D.I et 89e D.T
38e Corps d’Armée[19] 22.06.1915 52e, 123e D.I
39e Corps d’Armée[20] 26.03.1916 67e, 88e D.I
40e Corps d’Armée[21] 17.12.1916 7e, 73e D.I
1er Corps d’Armée Colonial [22] 21.06.1915 2e et 3e D.I.C
2e Corps d’Armée Colonial[23] 21.06.1915 10e et 15e D.I.C

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Histoire de l'Armée française 1914-1918, François Cochet et Rémy Porte, Tallandier, 2017
  • Inventaire des archives de la Guerre : Série N 1872-1919, vol. 1 : Introduction, guide des sources, bibliographie par Pierre Guinard, Jean-Claude Devos et Jean Nicot,chapitre IV, A Les Grandes Unités, 3. Corps d'armée, page 97 (vue 105), imprimerie La Renaissance - Troyes - 1975
  • Dictionnaire de la Grande Guerre 1914-1918, sous la direction de François Cochet et Rémy Porte, Robert Laffont, 2008
  • La France devant la conscription, Géographie historique d'une institution républicaine 1914-1922, Philippe Boulanger, Economica, 2001


^ Sommaire

Visuel sources.png Sources

  • Armées Françaises dans la Grande Guerre (AFGG)
  • Annuaire officiel de l’Armée française 1914
  • Journal Officiel République Française, Lois et décrets - J.O.R.F
  • Répartition et emplacement des troupes de l'armée française, Paris, Imprimerie Nationale - 1914
  • Journaux des Marches et Opérations des grandes unités- J.M.O- 1914-1918 - cote 26N 1 à 570
  • Musée du Génie d'Angers: pdf : Août 1914 - L’armée française en ligne de bataille
  • Almanach Hachette 1915, «petite encyclopédie populaire de la vie pratique»
  • Almanach Hachette 1917, «petite encyclopédie populaire de la vie pratique»


^ Sommaire

Logo internet.png Liens utiles (externes)


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Voir aussi.png Voir aussi (sur Geneawiki)

Référence.png Notes et références

  1. Réorganisation des armées active et territoriale
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 2,7 2,8 et 2,9 Dictionnaire de la Grande Guerre
  3. Le 19e corps d'armée n'entre pas en tant que corps d'armée mobilisé dans la composition des corps d'armée actifs
  4. 4,0 et 4,1 Sauf le 6e Corps d'Armée à 3 D.I
  5. en temps de paix, 1 régiment de cavalerie en temps de guerre
  6. J.O.R.F 30.09.1873, page 6130, article 1
  7. voir Almanach Hachette 1917, «petite encyclopédie populaire de la vie pratique», Ire partie : Encyclopédie de la guerre, § comment le soldat peut manger de la viande fraîche, page 67-68
  8. Décret du 31.12.1913 portant sur la création d'une 21e Région Militaire, J.O.R.F 02.01.1914, page 108
  9. A.F.G.G, 1er C.A.C, tome 10.1, vue 897
  10. Annuaire officiel de l'armée française 1914, 19e C.A, vue 92
  11. A.F.G.G, 30e C.A, tome 10.1, vue 813
  12. A.F.G.G, 31e C.A, tome 10.1, vue 821
  13. A.F.G.G, 32e C.A, tome 10.1, vue 829
  14. A.F.G.G, 33e C.A, tome 10.1, vue 839
  15. A.F.G.G, 34e C.A, tome 10.1, vue 847
  16. A.F.G.G, 35e C.A, tome 10.1, vue 857
  17. A.F.G.G, 36e C.A, tome 10.1, vue 865
  18. A.F.G.G, 37e C.A, tome 10.1, vue 873
  19. A.F.G.G, 38e C.A, tome 10.1, vue 879
  20. A.F.G.G, 39e C.A, tome 10.1, vue 887
  21. A.F.G.G, 40e C.A, tome 10.1, vue 893
  22. A.F.G.G, 1er C.A.C, tome 10.1, vue 897
  23. A.F.G.G, 2e C.A.C, tome 10.1, vue 907


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