79249 - Cahier de doléances - Saint-Gelais

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Extrait de Département des Deux-Sèvres: Cahier de doléances des sénéchaussées de Niort et de Saint-Maixent, et des communautés et corporations de Niort et Saint-Maixent pour les États généraux de 1789, Léonce Cathelineau , Imprimerie G.Clouzot - Niort , 1912 , 463p.


SAINT-GELAIS

Dép. : Deux-Sèvres. — Arr. et Cant. : Niort.

Gén. : Poitiers. — Elect. : Niort. — Dioc. : Poitiers.

Marquisat ressortissant par appel de Saint Maixent.

Princip. cult. : blé.

Seigneur en 1750 : de Nonan.

Seigneur en 1789 : dame marquise Duplessis-Châtillon de Nouart et Saint-Gelais, dame de Cherveux, veuve du comte de Narbonne.

Popul. en 1790 : 700 habitants.

Taille : 7.442 L 15 s (princip. : 3.640 L 15 s ; access. : 1.714 L ; capitat. : 2.088 L).


PROCÈS-VERBAL

Date : ler Mars 1789.

Président : Pierre Corbin, syndic

Population : 120 feux.

Comparants : Jacques Etienne Piet, prêtre curé de ladite paroisse ; Charles Gairault, Nicolas Geoffrion, Louis Fraigneau, Pierre-Louis Chenier, Thomas Rouget, André Cassin, François Gibault, Pierre Vergnault, Pierre Girault, Jean Albert, Etienne Raimond, Jacques Raimond, Charles Boinot, Pierre Guyon, Jean Charles, Louis Charles, Jacques Renaud, Jean Sabourau, Pierre Juin, Henri Rouvreau. Pierre Moinard, Louis Soyer, Louis Suire, Louis Baudou, Philippe Simonnet, Pierre Boutin, Simon Emerit, Pierre Dejoux, Nicolas Soulisse.

Députés : Pierre-Louis Chenier, et Nicolas Geoffrion.

Suivent 16 signatures.


CAHIER DE DOLÉANCES

Cahier de la rédaction des doléances, plaintes et remontrances de la paroisse de Saint-Gelais, coté et paraphé par nous syndic de ladite paroisse et président de la municipalité, la dame dudit lieu étant absente.

Première demande. — Lesdits habitants demandent le rétablissement de leurs ponts qui est de nécessité absolue pour conduire les bois de la Gâtine à Niort et les vins de Saintonge et d'Aunis dans ledit pays de Gâtine, et pour sortir les fourrages des prairies qui sont possédées par les différents habitants de ladite paroisse de Saint-Gelais et par ceux de Rouvre et de Cherveux.

Seconde demande. — Ils souhaitent la diminution de la taille et de la capitation qui sont de 7.563 L 15 s, ce qui est exhorbitant pour une paroisse qui n'est composée que de cent vingt feux dans laquelle il se trouve plus de cent personnes mendiantes ce qui constitue plus d'un sixième de ladite paroisse.

Troisièmement. — Ils demandent que lesdits pauvres ainsi que ceux des paroisses voisines soient confinés chacuns dans leurs paroisses, et pour pourvoir à leurs besoins que tous les propriétaires et spécialement le sieur prieur qui a un bénéfice considérable dont le revenu se porte à plus de cent lieux, ce qui paraît être contre l'intention des fondateurs, qui n'en ont sûrement point eu d'autres que de soulager les pauvres des endroits où leurs biens étaient situés.

Quatrièmement. — Ils demandent de faire en personne leur corvée suivant les premières ordonnances, c'est-à-dire à une lieue ou une lieue et demie de distance, ou plus près s'il est possible, et non suivant le caprice des voyeurs, (1) comme il se pratique depuis longtemps de marquer par des bornes la tâche de chaque paroisse, afin que le syndic et les autres habitants de la paroisse sachent à quoi s'en tenir et que leurs fortunes ne dépendent plus desdits voyeurs qui, pour obliger les corvoyeurs à leur donner de l'argent, assignent l'ouvrage à cinq à six lieues de distance, ce qui rend ledit ouvrage impossible.

(1) Officier proposé à la police des chemins et à celle des rues. — F. Godefroy. Dictionnaire de l'ancienne langue française.

Cinquièmement. — On demande qu'on accorde chaque année aux membres de chaque municipalité quelques gratifications pour les indemniser du temps, papier et voyages qu'ils sont obligés de faire, et principalement au syndic et greffier.

Sixièmement. — Ils demandent aussi qu'on accorde aussi des indemnités à ceux des paroissiens qui dans le cours de l'année seront reconnus avoir fait des pertes de bestiaux ou en avoir souffert par les grêles ou intempéries de l'air.

Septièmement. — Ils demandent la suppression du centième denier qui souvent occasionne des procès considérables entre les traitants et les héritiers qui, ne sachant point les lois, laissent passer le temps prescrit ; ce sont là les demandes que les syndics, membres de la municipalité et habitants de la paroisse de Saint-Gelais qui se sont soussignés, ont donné ordre à leurs proposés, de faire au nom de ladite paroisse à l'assemblée du cinq de ce mois pardevant monsieur le Sénéchal ou son Lieutenant à Saint-Maixent promettant d'avoir pour agréable moyennant qu'ils se conforment audit cahier que nous leur avons remis entre les mains pour y avoir recours en cas de besoin et ont signé.

Fait au lieu accoutumé des assemblées de ladite paroisse de Saint-Gelais le premier mars 1789.

(Suivent 16 signatures, celles de : Corbin, syndic; Piet, curé de Saint-Gelais ; Chenier et Geoffrion, députés ; C. Magnon, greffier, etc.).