La population du village est stable, entre 300 et 400 habitants de 1700 à nos jours.
En l'an 1155, il est fait mention de "In Buzido", et vers 1200 du "Castrum de Bosisone". Bouyon fait d'abord partie de la Seigneurie des Laugier en 1351, avant de passer dans le giron des Grimaldi, en partie, de 1364 à 1385. Au final, c'est la maison de Savoie qui l'emporte en 1388. Il faudra attendre 1760, lors de la rectification des frontières, pour que Bouyon revienne à la France.
Aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle, les archives départementales de Nice nous offrent quelques indications historiques. Ainsi, en 1623 Bouyon est érigée en baronnie pour le compte de Napoléon Drago, seigneur du lieu. En 1657, c'est Jean-Baptiste Ribotti qui en est le seigneur. D'autres suivront.
Mais c'est plus particulièrement la petite histoire qui nous intéresse, celle des individus dans leur quotidien. De quoi est-il fait, ce quotidien ? Du travail, bien sûr, la très grande majorité des habitants est composée de paysans. Le mulet est le moyen de transport le plus répandu dans cette région accidentée. Personnage central du village, le prêtre est omniprésent, car la religion est un élément fondamental dans la vie de chaque individu.
Ainsi, l'évêque de Vence effectue souvent des tournées dans "ses" villages. Il passe notamment à Bouyon en 1604, 1611, 1654, 1664, 1670, 1673, 1677, 1683, sans jamais rien signaler dans son rapport. En 1715 toutefois, Jean-Baptiste Olive, vicaire général de Mgr François de Berton de Crillon, évêque de Vence, remarque lors de sa visite de la paroisse et des chapelles rurales, "un grand tableau peint et doré sur le bois, représentant Notre-Dame, saint Jean-Baptiste et saint Antoine, lequel se couvre par deux portes peintes sur la toile, représentant les mistères de nostre Rédemption. "
En 1714, on sait que Bouyon doit fournir un contingent de 3 jeunes hommes, chiffre modeste, lors des levées des régiments nationaux, Nice par exemple en donne 48.
En 1725, une épidémie semble avoir sévi dans le village. On dénombre ainsi 30 morts entre le 1er août et le 30 septembre (la période du terrible hiver 1709 n'avait fait que 24 morts, à titre de comparaison).
En 1755, le village est traversé, ainsi que les communes voisines, par "une bande d'hommes armés au service de la gabelle de France, (...) qu'ils ont traversés pour arrêter un contrebandier dans la vallée de Barcelonnette." Ceci, c'est la version française. La version sarde, plus précise, mentionne "l'entrée de 80 hommes armés dans le territoire de Gattières, Bouyon et Dosfraires, à l'effet de poursuivre et d'arrêter Mandrin", et "qu'il y a lieu d'user de tolérance dans des cas semblables".
Bouyon, tout proche de la frontière entre état Sarde et France (Le Broc, en contrebas, est français), est également un lieu de contrebande : le notaire des Ferres, Alzyari, note ainsi que "la contrebande se fait sans risque d'un État à l'autre". Il rajoute également (dans quel but ?) un "état du village et terroir de Bouyon" qui nous permet de nous faire une idée du village, nous sommes alors en 1759 (apprécions le mélange entre les prêtres et les animaux) : "8 prêtres, 100 mulets, 30 bouriques, 20 paires de bœufs, 1500 bêtes d'average, des cochons pour la provision".
1760 est une année d'importance, même si pour les habitants cela ne change pas grand chose dans leur façon de vivre : Bouyon est rattaché à la France du fait de la remodélisation des frontières.
Hormis quelques anicroches donc, la vie des villageois est rythmée par les mariages, les décès, les naissances, les conflits de voisinages (ainsi en 1787 on signale un procès entre la commune de Toudon, qui, de temps immémorial, a été en possession de la banalité de ses moulins à huile et à grain, d'une part, et Jean-Augustin Focachon, de Bouyon, d'autre part, fermier desdits moulins, qui veut en construire pour son propre compte"), procès et autres scandales, dont la plupart n'ont évidemment laissé aucune trace. Je m'attacherai à retrouver des documents intéressant l'histoire de la commune et de ses habitants.
Viendra ensuite la Révolution française, traumatisme pour l'Histoire mais pas autant qu'on le pense dans le quotidien des individus. La levée en masse des soldats par Napoléon, quelques années plus tard, sera, elle, plus difficilement vécue.
En 1876 un procès retentissant aboutira à la guillotine pour un enfant de Bouyon, Marius Turcan, assassin de son rival amoureux. Sa généalogie avec de nombreuses coupures de presse est consultable sur cette page.
Signalons enfin qu'une fille du village, Antoinette Albertine Foucachon, épousera le tristement célèbre Joseph Darnand, fondateur de la Milice Française connue pour ses exactions durant la seconde guerre mondiale (Darnand sera condamné à mort et exécuté en octobre 1945).
En 1705, lors de sa visite pastorale, l'évêque de Vence mentionne la chapelle des Pénitents Blancs. Elle mesure 41 x 20 pans, soit environ 14 x 7 mètres. Ces dimensions sont encore celle du bâtiment qui figure sur le cadastre de 1841. Mais l'Etat des paroisses de 1846, conservé aux Archives diocésaines de Nice, nous indique que la confrérie ne se réunit plus depuis 1844.
Lors du séisme de 1887 on apprend que l’édifice a eu murs et voûte lézardés.
Aujourd'hui l'édifice a été réduit.
L'église paroissiale de Bouyon est mentionnée dès 1312.
En 1683, elle est dédiée à Saint Trophime.
En 1787, l'église est consacrée à Notre Dame de l'Assomption, d'où son nom de «Saint Trophime et Notre Dame de l'Assomption».
Église entièrement reconstruite après le tremblement de terre de 1887 entre les années 1889 (date sur le linteau de l'entrée) et 1891 sur un plan différent.
Édifice construit avec une nef et deux collatéraux à 4 travées avec voûte en berceau en anse de panier et un clocher-tour accolé.
Fresques de Dominique Lossa (1927).
Édifice inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel en 1995 [2].
Chapelle édifiée en 1714 (date sur la voûte) à l'entrée ouest du village pour éradiquer l'épidémie de peste. les vantaux de la porte ont été mis en place après 1726.
Une restauration importante a eu lieu entre novembre 1985 et décembre 1988.
Édifice inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel en 1995 [3].
Cette fontaine en calcaire[5], a été construite en 1822 par l'entreprise Lombardini sur les plans de l'architecte Goby[6]. C'est par une délibération du 12 mai 1882 que le conseil municipal a décidé sa construction. Elle devait au départ être implantée contre une des maisons de la place de Tourre. Devant le refus des propriétaires et moyennant un surplus de 28000 francs, elle est édifiée au centre de la place devenue depuis place de la Fontaine.
Repères géographiques
Bouyon (Alpes-Maritimes) est un petit village perché (637 m.) de l'arrière-pays, à une trentaine de kilomètres de Nice, préservé de l'afflux des touristes, du bétonnage, des panneaux publicitaires et des odeurs de frites mêlées à la crème solaire, qui défigurent chaque jour un peu plus l'une des plus belles régions du monde : la Côte d'Azur.
Démographie
Année
1793
1800
1806
1821
1831
1836
1841
1846
1851
1856
Population
302
442
500
504
529
600
621
640
648
594
Année
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
1896
1901
1906
Population
492
464
442
426
390
377
333
326
301
258
Année
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
1962
1968
1975
Population
272
195
186
173
185
180
229
288
157
202
Année
1982
1990
1999
2006
2011
2016
2021
-
-
-
Population
229
243
352
436
483
516
-
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-
-
Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.