Rue Réaumur

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Les rues du Marché Saint Martin et rue Royale Saint Martin ont été ouvertes en 1765 sur les terrains du prieuré de Saint Martin des Champs. Pendant la Révolution, la rue Royale Saint Martin a été nommée rue de la Fraternité, puis en 1849 rue Nationale.
La rue Réaumur, a été percée à partir de 1895 entre les rues Saint Denis et Notre Dame des Victoires, à côté de la Bourse. La majeure partie de la rue se trouve dans le 2e arrondissement, et l'autre partie dans le 3e.
Ses constructions de façades monumentales, d'une certaine cohérence, aux architectures rendues possibles grâce aux innovations techniques telles que le béton armé, les structures métalliques, les vastes surfaces vitrées, l'apparition des bow-windows, laissent la part belle à la créativité de nouveaux venus ambitieux, désireux de se faire remarquer. Il s'agit également de s'émanciper de la rigueur haussmannienne, la nouvelle règlementation de 1902 favorisant la variété dans le traitement des façades avec la suppression des balcons alignés sur les 2e et 5 e étages, le revêtement des toitures, et permettant les rotondes d'angle. La rue Réaumur peut être considérée comme le véritable marqueur de la fin du style haussmannien pur, le symbole d'un nouveau paysage architectural, une période de transition avant l'arrivée des mouvements modernes.
Les mouvements modernes sont encore dans la posture, l'Art Nouveau se fait de plus en plus présent mais la période sera éphémère avant l'émergence des rationalistes, des fonctionnalistes et de l'Art Déco.

Panneau Histoire de Paris

La rue est inaugurée en 1897 par le président Félix Faure. Elle honore le physicien et naturaliste français René Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757).
Afin de favoriser l'invention architecturale, la Ville de Paris instaure le concours des façades tout d'abord circonscrit à la rue Réaumur, puis il fut étendu à l'ensemble de Paris dès 1898. Six façades sont distinguées, les architectes reçoivent une médaille d'or leur offrant une excellente publicité et pour les propriétaires de l'immeuble récompensé une exonération de la moitié des droits de la voirie relatifs aux bâtiments neufs.
La vingtaine de bâtiments qui furent construits pendant cette période abritèrent majoritairement des industriels liés à l'imprimerie, au textile ainsi qu'à des bureaux.

Quelques bâtiments :

Ancien immeuble Felix Potin
Photo : C.Angsthelm

N° 51 : Ancien immeuble Felix Potin, construit par l'architecte Charles Lemaresquier en 1910. Cet édifice, de style néo-baroque, est nommé La Poivrière grâce à son sublime dôme d'angle et à ses multiples éléments de décoration en ronde bosse.
Entrepreneur innovateur, Félix Potin (1820-1871) avait ouvert sa première épicerie rue Coquenard en 1844, une seconde en 1850 rue du Rocher, dans des rues très passantes ou proches de la gare qui attirent beaucoup de ménagères. En 1860 le frère de Félix Potin ouvre une nouvelle épicerie à l'angle de la rue Sébastopol et de la rue Réaumur, un endroit stratégique tout proche des Halles drainant beaucoup de monde, qui devait être le siège de l'enseigne.
Le magasin, déployé sur deux étages, attire une large clientèle et participe à la renommée de la marque. Au début du XXe siècle l'immeuble est entièrement repensé, travaillé et agrandi par Charles Lemaresquier qui propose des espaces luxueux, une grande boucherie-charcuterie, et une épicerie élégante. Il utilise le béton armé, un matériau très récent pour l'époque qui va permettre de repenser l'architecture utilitaire.
La façade de la rotonde d'angle est parcourue de symboles d'opulence : consoles flanquées de cornes d'abondance, guirlandes de fruits, vases, consoles à feuillages et caducée, attributs d'Hermès le dieu du commerce. Les éléments en ronde bosse ainsi que les courbes néo-baroques soulignent ce fastueux foisonnement. Les éléments peints apportent leur fantaisie polychrome à la pierre de taille.
L'enseigne Félix Potin disparaît en 1995. Elle comptait dès 1923, 70 succursales, 10 usines, 8 chais, 650 chevaux (elle faisait les livraisons à domicile). Les usines de Pantin et de La Villette employaient 1 800 personnes en 1906 et 8 000 en 1927.
Les marquises qui protégeaient les devantures ont été supprimées et, de nos jours, un Monoprix occupe les locaux du rez-de-chaussée.
En 2015, 200 squelettes ont été découverts lors de travaux : à cet endroit se trouvait le cimetière de l'hôpital de la Trinité ouvert en 1348 lors de la grande peste, de grandes fosses avaient été ouvertes, puis il sera à nouveau largement utilisé lors du massacre des Armagnacs par les Bourguignons en 1718, et également lors des épidémies de peste en 1428 et 1466. Il sera détruit à la fin du XVIIIe siècle.


Immeuble cathédrale

N° 61-63 : Immeuble cathédrale
Cet immeuble monumental, en pierre de taille, situé à l'angle de la rue Saint-Denis et de la rue Réaumur, frappe par son originalité par rapport aux autres façades de la rue. Il a été construit en 1898 par deux architectes : Édouard Singery et Philippe Jourdain, ainsi que le sculpteur Jacquier.
Ils ont choisi le thème du temps dans un style où néo-gothique et art nouveau s'entremêlent dans des sculptures aux motifs floraux, un décor en façade digne d'un portail d'église surmonté d'une rosace incluant une horloge décorée de mosaïques sur laquelle figurent les signes du zodiaque. Sont représentés les douze mois de l'année, les quatre saisons sous forme de visages et les signes du zodiaque évoqués sous forme d'animaux. Dans ce pastiche d'église médiévale on peut reconnaître, outre le simili portail, des fenêtres géminées, des gables et des doubles lancettes. Sur la façade des figures sculptées, des colonnettes ainsi que des balcons reposant sur des consoles richement décorées complètent le décor. Le corps central donne accès aux appartements.
La façade imposante cache l'étroitesse de sa construction, seulement cinq mètres de large.
L'immeuble est inscrit aux Monuments Historiques depuis le 2 octobre 2015 : [1].


69 rue Réaumur


N° 69 : Immeuble à vocation industrielle et commerciale, construit par l'architecte Ernest Pergod en 1898. Il se compose de deux étages en pierre de taille surmontés d'une verrière à structure métallique.


73 rue Réaumur

N° 73 :


Maison Louis XIV avec portail à vantaux en bois conservés. Au-dessus du portail garde corps en fer forgé du XVIIe. Immeuble à trois travées irrégulières sur la rue Réaumur et puissant chaînage d'angle avec la rue Dussoubs.


75-77 rue Réaumur

N°75 à 77
Maison Desjardins faisant l'angle avec la rue Dussoubs, élevée entre 1687 et 1688 pour le peintre Martin Desjardins par le maître-maçon Jean Larousse.

75102 - 75-77 rue Réaumur Cygne.JPG

Elle conserve un élégant escalier à rampe en fer forgé jusqu'au second étage. Façade élevée d'un rez-de-chaussée et de deux étages carrés dont l'aspect actuel résulte d'une reprise superficielle sous Louis XVI (menuiseries des baies, lignes de refends). Au centre du rez-de-chaussée, on devine encore l'ancienne porte cochère dont l'arcade est ornée de refends et dont la clé est sculptée d'un cygne.
La maison abrite des bas-reliefs de Martin Desjardins dont deux des quatre bas-reliefs du piédestal de l'ancienne statue de Louis XIV place des Victoires.



Ancien Grand Magasin A Réaumur

N° 82-92 : Ancien Grand Magasin À Réaumur
Construit en 1897 par l'architecte François Constant-Bernard à la demande de Jean-Baptiste Gobert (1848-1921), homme d'affaires originaire de Lorraine qui s'initie aux techniques de vente modernes en Belgique, d'abord dans le commerce du drap puis dans la confection.
Il choisit de s'installer dans 1 000 m² rue Réaumur, alors symbole de modernité. et véritable laboratoire d'une architecture utilisant la charpente métallique et libérant ainsi de larges baies vitrées. Les longues travées symétriques parcourant la façade, les fenêtres géminées à double colonnettes encadrées de pilastres, permettent à la lumière naturelle de pénétrer les locaux. Le propriétaire avait souhaité habiter le dernier étage pour être au plus près de ses ateliers et de ses clients.
Le Grand Magasin, inauguré le 17 avril 1897 en présence du Président Félix Faure, restera dans la même famille jusque dans les années 1960. On y trouvait des articles de grande qualité à prix attractif, confectionnés pour la plupart des articles d'habillement dans les ateliers de Paris, Lille, Arras et Montluçon. Il possédait également plusieurs succursales en province. Il pratiquait la vente par correspondance en diffusant des catalogues à chaque saison.
Jean-Baptiste Gobert créa une fondation pour ses employés malades ou âgés, et il institua une caisse de retraite maladie pour ses salariés. Après son décès en 1921, son épouse ouvre un second magasin au N°94 de la rue Réaumur. Ce sont ses neveux Georges et André Secordel-Martin qui prendront la succession.
À l'angle de la rue Réaumur et de la rue Saint Denis, une horloge spectaculaire domine la rotonde, les mots À Réaumur et Gobert-Martin sont représentés sur fond de mosaïque ; (Martin étant le nom de son épouse Lucia, fille d'un industriel belge). Une large marquise longe tout le linéaire du bâtiment.
L'immeuble a été divisé en locaux commerciaux et en bureaux, et le N° 94 était occupé par la Direction Régionale des Finances publiques.
En 2022, l'immeuble fait l'objet d'une profonde restructuration.



N° 91

91 rue Réaumur


Immeuble commercial à ossature métallique et habillage pierre, construit par Charles de Montarnal en 1897.
Façade composée de cinq travées où dominent les baies vitrées (châssis métalliques de sections fines). Encadrement des portes au rez-de-chaussée en pierre, tapissées de feuilles de vigne.
Immeuble primé au Concours des façades de la Ville de Paris.

93 rue Réaumur

N° 93 :
Immeuble d'angle à pan coupé, de type commercial à ossature métallique et habillage en pierre, réalisé par les architectes Léon Bonnenfant et Denis Destors pour la famille Perin en 1898.
Façade où dominent les baies vitrées (huisseries et colonnettes en fonte aux chapiteaux corinthiens), ornementée de pilastres, consoles à volutes et têtes de lion. Balcon d'angle du premier étage, balustrade filante de l'attique et lucarnes de toit en pierre ouvragées.
Immeuble appartenant au lotissement cohérent de la portion de la rue Réaumur percée à partir de 1895 entre la rue Saint Denis et la rue Notre Dame des Victoires, constitué d'immeubles à vocation industrielle et commerciale, propriétés de commerçants de tissus en gros. Séquence homogène du point de vue de la typologie et de l'époque de construction, considérée comme le laboratoire d'expérimentation de l'architecture commerciale et du Concours des Façades de la Ville de Paris instauré à partir de 1897.


Second magasin A Réaumur, ouvert en 1930


N° 94-96 : Second magasin À Réaumur
Le second immeuble À Réaumur a été ouvert en 1930, il offrait 3 500 m² de surface consacrée à la vente du prêt-à-porter et à la vente par correspondance.


97 rue Réaumur

N° 97 :
Construction en pierre de taille avec structure métallique des architectes Philippe Jolivald et Charles Devillard en 1900, à vocation industrielle et commerciale.
Façade composée de cinq travées où dominent les baies vitrées à arcatures surbaissées (huisseries métalliques et légers pilastres en fonte à chapiteaux corinthiens), ornementée de frontons, médaillons, mascarons, consoles et guirlandes de feuillages. Soubassement et bow-windows latéraux traités en bossage. Balconnets galbés du premier étage et balcon filant en attique à ferronnerie ouvragée.

Entrée secondaire métro Sentier
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Deux des quatre ouvertures en plein cintre du rez-de-chaussée donnent accès au métro Sentier, de type secondaire, à l'angle de la rue Réaumur et de la rue des Petits Carreaux. La station de métro est, avec son entrée principale, classée aux Monuments Historiques depuis le 12 février 2016 [2].



Ancien siège Paris Presse l'Intransigeant

N° 98-100 : Ancien immeuble Paris-Presse l'Intransigeant

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L'immeuble a été construit en 1924 par l'architecte Pierre Sardou pour le journal l'Intransigeant. Le terrain appartenait à Madame Lucia Gobert-Martin, propriétaire des grands magasins voisins À Réaumur. Le journal a été créé en 1880 par Eugène Meyer, plutôt de tendance gauche avec Henri Rochefort (1831-1913) comme rédacteur en chef.. En 1898, le journal se rallie à la presse anti-sémite dans l'affaire Dreyfus. En 1920, Léon Bailby en devient directeur, à tendance nationaliste, le journal sera plutôt de droite. Pierre Mac Orlan, alors grand reporter publiera ses reportages réalisés en Allemagne entre 1916 et 1918, En 1932, le journal est cédé au groupe Louis Dreyfus, et sera plutôt à tendance centriste.
En 1940, le siège du journal est transformé en centre de presse sous contrôle nazi., et publie le Pariser Zeitung, il sera la cible de plusieurs attentats. Au printemps 1944, Maurice Leroy fera imprimer son journal clandestin Liberté par l'imprimerie nazie. En Août 1944, il devient le siège du journal Combat avec Albert Camus comme rédacteur en chef. Depuis 1941, il était le siège du journal clandestin Défense de la France, qui deviendra France-Soir en novembre 1944 et sera dirigé par Pierre Lazaref. (1907-1972). À la Libération en 1944, il hébergea également le siège du journal Franc Tireur.
Pierre Lazareff fut le plus grand patron de presse de son époque, il créa : Le Journal du Dimanche en 1949, France Dimanche en 1959, Télé 7 Jours en 1960 ; rue Réaumur, il dirigeait alors une rédaction de plus de 400 personnes. À la télévision, il est également le créateur de Cinq colonnes à la Une.
France Soir restera rue Réaumur jusqu'à son déménagement à Aubervilliers en 1998. Le titre papier cessera de paraître en 2011. Son fonds de photos, volumineux patrimoine, a été sauvé par la Bibliothèque de la Ville de Paris en 1987, il s'agit de 300 000 tirages, 400 000 négatifs et plaques de verre.

Haut relief sculpté par Henri Edouard Navarre (1885-1971)

La façade fut primée par la Ville de Paris ; elle procédait d'une démarche classique avec ses deux avant-corps en faible saillie, coiffés de deux frontons triangulaires ornés de deux haut-reliefs sculptés par Henri Édouard Navarre, et représentant les divers emplois du journal : la téléphoniste, la dactylo, le reporter, le typographe ...
Une très belle porte en ferronnerie d'art, réalisée par Edgar Brandt, se remarque avec parmi ses arabesques des médaillons dorés ornés d'avion, navire et dirigeable, autant de moyens pour faire circuler les nouvelles du monde.


101 rue Réaumur

N° 101

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Immeuble à rotonde à l'angle de la rue Réaumur et de la rue Cléry, de type commercial, construit en 1895 par l'architecte Albert Walwein.
Corps principal dominé par les baies vitrées, scandé par des pilastres à chapiteaux corinthiens. Façade ornementée par des cariatides engainées de style néo-Renaissance, frontons ouvragés, frises à palmettes, guirlandes, mascarons, têtes de lion et consoles en pierre sculptée. Rotonde couverte d'un dôme en attique. Les sculptures sont de Jacques Perrin.
Immeuble primé lors du Concours des façades de la Ville de Paris.



105 rue Réaumur

N° 105 :

Immeuble commercial présentant une façade composée de cinq travées, construit par l'architecte Charles Ruzé en 1899.
Façade dominée par de larges baies vitrées aux quatre premiers niveaux et rythmée par le traitement particulier accordé aux travées latérales et à la travée centrale, ornementée de pilastres, consoles, mascarons, médaillons, balustres et écoinçons en pierre sculptée.



N° 106 :
Immeuble d'angle à pan coupé de type commercial. Façade dominée aux trois premiers niveaux par de larges baies vitrées . Pan coupé mis en valeur par le dôme en attique, orné d'un œil-de-bœuf et reposant sur un fronton curviligne en pierre sculpté.


108-110 rue Réaumur
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N° 108 à 110 :
Immeuble construit en 1898 par l'architecte Édouard Wattier aux angles des rues de Réaumur, d'Aboukir et des Petits Carreaux, implanté sur deux parcelles. Bâtiments jumeaux, avec tourelles d'angles et vocabulaire de façade accentuant la verticalité des édifices. Une composition de grandes travées vitrées sur les premiers étages avec un traitement assez conventionnel sur les autres étages.



N° 111 : Ancien siège du journal La Petite République (socialiste républicain)
avec Jean Jaurès comme co-directeur et éditorialiste entre 1898 et 1903. Au début de l'affaire Dreyfus et jusqu'en 1898, Jaurès écrivit de nombreux articles défavorables à Dreyfus.

116 rue Réaumur

N° 116 :
Immeuble d'angle à pan coupé de type commercial construit par l'architecte Albert Walwein en 1897.
Façade où dominent les larges baies vitrées, et dont l'ornementation se concentre autour du porche d'entrée : deux atlantes (dont le bas du corps se fond dans une colonnette enguirlandée de fleurs) reposant sur des corbeaux en forme de tête de lion encadrent un médaillon pris dans un fronton triangulaire qui représente Vénus entourée de deux amours. Moulures en feuilles de laurier encadrant la porte et mascarons ouvragés ornant l'angle du soubassement.
Immeuble primé lors du Concours des façades de la Ville de Paris.


117-119 rue Réaumur

N° 117 : Imprimerie centrale de la Bourse/Imprimerie du journal Naie Presse
À l'angle de la rue Montmartre, ensemble immobilier construit au milieu des années 1990 dont les façades du XIXe siècle des bâtiments pré-existants ont été conservés.
Il abritait la Naie Presse, journal fondé par la Kultur Liga, organisation des juifs réfugiés à Paris, et publié en Yiddish, le 1er janvier 1934. Les générations lisant le Yiddish diminuant, le journal disparaît en 1993


118 rue Réaumur

N° 118 :
Immeuble construit par Joseph-Charles de Montarnal (élève de Ginain à l'École des Beaux-Arts) associant les styles Belle Époque et Art Nouveau avec une structure métallique apparente mêlée à une ossature en pierre de taille.
La composition de la façade est symétrique. Le bâtiment s'inscrit dans un cadre en pierre de taille et présente une grande verrière en métal, sur trois niveaux et sur toute la largeur du bâti, ornementée de chapiteaux et balustrades. Les larges baies sont agrémentées d'un décor de feuillages et de volutes inspirées de l'Art Nouveau.
Il illustre l'adaptation des nouveaux canons de l'Art Nouveau aux nécessités de l'activité commerciale.
L'immeuble a été primé au Concours des façades de la Ville de Paris.


119 rue Réaumur

N° 119 :

Bulbe ouvragé

Cet immeuble commercial construit par l'architecte Germain Bousson en 1900 est caractéristique de la période post-haussmannienne. Il présente une façade composée de cinq travées à ossature métallique démontrant la destination commerciale de l'édifice, mais est lourdement masqué par son habillage en pierre, qui donne l'effet d'une gangue en dissimulant trop l'ossature métallique.
Façade où les baies vitrées dominent, scandées par des pilastres à chapiteaux corinthiens. Balustrade des premier et quatrième étages, consoles, ligne de fenêtres en plein cintre à l'attique ornée de mascarons représentant Hermès en pierre sculptée. Bow-windows courbes des travées latérales surmontés de bulbes ouvragés en toiture. Balconnets galbés de l'attique à la ferronnerie ouvragée.
Immeuble primé au Concours des façades de la Ville de Paris.
L'École de la Chambre syndicale de la Mode occupait les locaux, organisme fondé en 1927 par la Chambre syndicale de la Haute Couture ; en 2019, l'École s'est réunie avec l'IFM (fondé en 1986) pour former L'Institut français de la Mode. .


121 rue Réaumur angle rue Notre Dame des Victoires

N° 121 :

Bow windows à vitres galbées

En 1724, Jeanne Antoinette Poisson (future Marquise de Pompadour) avait sa demeure à cet emplacement.
Immeuble d'angle à rotonde, de type commercial, élevé par l'architecte Charles Ruzé en 1900, et sans doute l'une des plus belles réalisations de la rue Réaumur à l'angle de la rue Notre Dame des Victoires.
Les règlements d'urbanisme de 1884 et 1902 poussent au gonflement des toits et en 1893 l'autorisation des bow-windows entraîne l'ondulation des surfaces, cet immeuble en est un parfait exemple. Façade où dominent les baies vitrées, scandées par des consoles et des colonnes ouvragées. Rotonde tréflée composée de trois bow-windows courbes et de ligne de fenêtres ondoyantes en attique. Balconnets dont certains galbés à la ferronnerie ouvragée.. Rotonde couverte d'un dôme en attique.



Ancien siège du journal
Le Petit Parisien

N° 124 : Siège du journal Le Petit Parisien

Portail

Construit en 1904 par Georges Chedanne (architecte de la coupole des Galeries Lafayette) pour le commanditaire le baron Gaston van de Werve et de Schilde.. L'immeuble est caractéristique des constructions industrielles de l'époque Art nouveau avec son ossature visible en acier, les bow-windows du 4ème étage et la brique apparente au 5ème étage. L'architecte fait ici preuve d'une radicalité nouvelle en s'affranchissant de l'usage de la pierre au profit d'une façade presque entièrement métallique et dépourvue de tout ornement. C'est de toute évidence le joyau de cette artère qui marque à lui seul la rupture avec le passé haussmannien. L'édifice était sans doute à l'origine destiné à des commerces de gros de textiles qui avaient besoin de planchers solides pour le stockage. La structure de la construction en poutres métalliques rivetées apparaît nettement sur la façade. D'épaisses poutrelles horizontales séparent les cinq premiers niveaux d'élévation (seuls le 5ème étage en brique et le 6ème étage aménagé sous les combles, n'utilisent pas le métal) ; tandis que de fines poutrelles verticales délimitent les travées et se subdivisent au rez-de-chaussée par d'élégantes courbes en deux lignes verticales portant les bow-window du 4ème étage. Le 5ème étage était destiné à accueillir des logements.
Les quatre premiers étages sont en surplomb par rapport au rez-de-chaussée où s'ouvrent trois grandes portes vitrées dont les deux latérales dessinent des arcades.
La façade métallique tranche avec celle des immeubles voisins qui ne font pas preuve d'une telle audace. Cet immeuble illustre les qualités plastiques d'une charpente an acier coulé, cinquante ans avant les propositions de l'École de Ludwig Mies van der Rohe (1886-1969), architecte allemand naturalisé américain qui posera les bases de ce que deviendront les gratte-ciels américains.
Lors de son inauguration en 1905, l'immeuble accueille l'activité d'un industriel de soierie. Puis il devient le siège de Le Parisien Libéré entre 1944 et 1973, il en a gardé le nom. Le journal dirigé par Claude Bellanger et Émilien Amaury, grands résistants et éditeurs sous l'Occupation de Le Petit Parisien. Publication d'un reportage d'Albert Londres dans le Petit Parisien qui entraînera la fermeture du bagne en août 1923.
Depuis 2017, les 4 500 m² sur six étages sont dédiés aux startups.

L'immeuble est classé aux Monuments Historiques depuis le 9 mars 1965 ; [3].


126 rue Réaumur

N° 126 :

Immeuble commercial à pan coupé avec façade composée de six travées à ossature métallique et habillage en bossage de pierre construit par l'architecte Albert Le Voisvenel en 1899.
Façade où dominent les baies vitrées, dont certaines à arcature surbaissée, à la ferronnerie ouvragée. Toiture du pan coupé en dôme, lucarnes du toit ouvragées.


130 rue Réaumur

N° 130 :

Rotonde

Immeuble d'angle à rotonde, de type commercial, à ossature métallique et habillage pierre de taille construit par l'architecte Charles de Montarnal en 1898, situé à l'angle de la rue Réaumur et de la rue Léon Cladel. Beaucoup de ressemblance avec le N° 97 de la rue.
Sa structure métallique, ornementée de consoles, médaillons, frontons en pierre sculptée et ses larges baies vitrées entre des pilastres à chapiteaux composites confèrent à l'immeuble une grande légèreté. Les parties hautes, les deux derniers étages et les lucarnes avec leur fronton triangulaire cassant la ligne de toit, sont richement décorés de motifs végétaux entre les fenêtres.
De manière générale pour tous les immeubles de la rue, les commerces, ateliers et bureaux se trouvent sur les trois ou quatre premiers étages, avec façade de fer et de verre, alors que les étages supérieurs, réservés aux logements, sont habillés majoritairement de pierre de taille. Un certain nombre de caducées sont apposés sur la façade (c'est l'un des attributs du dieu Hermès dans la mythologie grecque : la baguette signifie le pouvoir, les serpents la prudence et les ailes l'activité).
Rotonde couverte d'un dôme en attique.


132 rue Réaumur

N° 132-134 :

Tour horloge

Immeuble construit en 1899 par l'architecte Jacques Hermant pour la banque spéciale des valeurs industrielles, à l'angle des rues Réaumur et Notre Dame des Victoires, face à la Bourse. Cet édifice est assez caractéristique de la période transitoire que représente la rue Réaumur. Des formes anciennes rivalisent avec une belle densité de surfaces vitrées grâce à l'avancée des techniques du début du siècle.
Construction en pierre de taille, traitement monumental avec une tour horloge surmontée d'un lanterneau, marquant le pan coupé. Sa façade est décorée d'élégants décors avec des mascarons de femmes dans un milieu végétal correspondant au goût Art Nouveau qui transparaît un peu dans ce décor néo-baroque.
Immeuble primé lors du Concours des façades de la Ville de Paris.


Photos - Illustrations



Notes et références

  • Rue Réaumur : Mairie de Paris : Protections patrimoniales 2e arrondissement