Rue Mouffetard

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Rue Mouffetard, partie basse
Photo : C.Angsthelm
Plaque de rue

Rue Mouffetard

  • La rue Mouffetard est l'une des plus anciennes voies de la capitale, qui reliait Paris à Lyon. Située sur la montagne Saint Geneviève, et traversée par la Bièvre, un affluent de la Seine qui coupait la rue au Moyen-Âge, devenue souterraine en 1912 ; la rue se prolongeait alors jusqu'à la place d'Italie (1500 m de long) mais dès l'église Saint Médard elle fut absorbée lors des travaux du baron Haussmann par la rue de Bazeilles et l'avenue des Gobelins, elle ne mesure plus que 600 m de long.
  • L'origine du nom Mouffetard est assez discutée, certains pensent à une déformation du lieu-dit Mont-Cétard que la rue traversait, mais il proviendrait plus vraisemblablement du mot mouffette ou moffette en raison des exhalaisons malodorantes de la Bièvre dans laquelle les tanneurs, tripiers, écorcheurs et riverains déversaient leurs déchets et colorants.
Panneau Histoire de Paris
  • Elle porta plusieurs appellations au cours de son histoire : rue Saint-Marcel, rue Saint Marceau. De nos jours elle est familièrement appelée la Mouffe par les habitants du quartier.
  • La rue Saint Médard est la voie principale du Bourg Saint Médard, une petite agglomération au milieu des vignes qui apparaît lorsque la cité gallo-romaine de l'Île de la Cité est progressivement abandonnée. Au XIVe siècle, quelques aristocrates et la bourgeoisie aisée font construire des hôtels particuliers à la campagne dans cette vallée de la Bièvre, à l'extérieur de la ville ; le quartier prend alors le nom de Riche Bourg.
  • Dès le milieu du XVIe siècle, les hôtels particuliers sont vendus et les jardins privés sont lotis de maisons jointives, une nouvelle population de commerçants et d'artisans implantent leurs ateliers et leurs boutiques.
  • En 1763, le marquis de Sade y fut arrêté dans sa garçonnière.
  • Au début du XXe siècle, le quartier Saint Médard était l'un des plus pauvres de Paris. La vallée de la Bièvre n'était plus qu'un égout, le Riche Bourg était devenu un endroit insalubre et malodorant, et le refuge d'une population indigernte. André Warnod écrivait en 1912 dans Comœdia "des cloaques infâmes avec des maisons branlantes tombant en ruine et habitées par des chiffonniers et des mécréants de toutes sortes qui vous crient des injures lorsqu'on s'avance dans leur domaine" [1]. Victor Hugo est également venu dans cette rue pour trouver l'inspiration de son œuvre Les Misérables grâce à son atmosphère et à sa beauté rappelant le Moyen-Âge.
  • De nos jours, dans le quartier Saint-Michel vivant et pittoresque, la rue Mouffetard est une rue cosmopolite où se mélangent toutes les origines sociales, où l'on croise des comédiens et des artistes connus qui prennent un verre en terrasse. Dans le haut de la rue, de très nombreux restaurants de toutes les cuisines du monde cohabitent le long de ses pavés alors que dans le bas de la rue, près de l'église Saint Médard, ce sont plutôt des commerces de proximité et un marché pour les habitants du quartier.
  • Des scènes du film Le fabuleux destin d'Amélie Poulain furent tournées dans la rue, ainsi que des scènes du film Julie & Julia avec Meryl Streep.


Place de la Contrescarpe
  • La Place de la Contrescarpe se situe en haut de la rue Mouffetard :
  • Créée au début du XXe siècle, elle doit son nom à la contrescarpe, le talus extérieur du fossé devant l'enceinte Philippe-Auguste.
Fontaine place de la Contrescarpe
  • De nos jours c'est un lieu touristique très couru avec ses nombreuses terrasses de café fréquentées par des célébrités telles que Ernest Hemingway, Depardieu, Miou-Miou .....
  • Le terre-plein central est occupé par une fontaine, mise en place en 1994.


N°1 : Ancien cabaret La Pomme de Pin : Jusqu'à sa démolition en 1853, c'était le doyen des cabarets de Paris ; ce petit coin de la rue Mouffetard et Contrescarpe a vu tous les illustres buveurs, depuis Villon jusqu'à Chapelle, depuis le curé de Meudon jusqu'au chanoine de Saint-Victor. Depuis son origine, le cabaret de la Pomme de Pin n'était qu'un cabaret obscur et enfumé. Là se rendait Villon pour rafraîchir en tout temps sa muse gaillarde et qui l'a successivement célébré dans son Grand Testament, son Petit Testament et dans ses revues franches. Il ne savait pas de plus grand plaisir, dit-il que : d'aller sans chausse, en eschappin, tous les matins, quand on se liève, au Trou de la Pomme de Pin. Marot s'y rencontrait avec Rabelais. (...) Ce n'était pas seulement les poètes qui allaient à ce fameux cabaret : de grands seigneurs, des gentilshommes y venaient parfois faire tapage. C'était aussi le rendez-vous des mousquetaires en congé. (...). La mode resta longtemps fidèle au cabaret de la Pomme de Pin, après l'ordre des Coteaux et ses coryphées, on y retrouve le commandeur du Louvre, le marquis de Saint Evremont, de Silléry, des chevaliers du Temple, les roués de la Régence, les deux Vendôme, les petits abbés, les chevaliers, toute la débauche élégante du règne de Louis XIV. Là s'arrêtèrent les beaux jours du cabaret, le café parut et le cabaret fut détrôné. Une clientèle moins brillante et plus nombreuse succéda aux poètes, aux épicuriens et aux seigneurs débauchés. Cette clientèle plébéienne, qui a constitué jusqu'à ce jour l'existence du doyen des cabarets, lui promettait encore de longs jours de fortune, si le marteau n'était venu y mettre un terme.". [2]

Façade ancienne boucherie fin XVIIIe

N° 6 : Ancienne boucherie de la fin du XVIIIe ou début XIXe avec sa façade rouge ornée de deux bœufs dorés, sellés, et de médaillons de moutons. À l'instar des autres commerces de bouche, les boucheries devaient indiquer la tenue de leur activité par le biais d'une enseigne de la corporation ainsi que des barreaux qui permettaient de ventiler la boutique tout en la protégeant. Les barreaux ainsi que les crochets qui permettaient de suspendre les quartiers de viande les différenciaient des tavernes. La boucherie fut fermée dans les années 1970. Elle est classée aux Monuments historiques depuis le 23 mai 1984 : [3]

Enseigne Au nègre joyeux en 2009 avant son enlèvement

N° 14 : Ancien magasin de café Au nègre joyeux qui portait depuis 1897 sur sa façade, une enseigne en bois et une illustration qui furent maintes fois vandalisées. Elles furent enlevées en 2017 sur décision du Conseil de Paris. Mais la Mairie du Ve arrondissement, ainsi que certains membres du Conseil de Paris et du Conseil pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage (CNMHE) demandent que cette enseigne soit remise en place "pour dire l'Histoire et lutter contre les préjugés racistes ; faire disparaître une trace du passé colonial dans Paris finirait par conduire à un oubli de cette histoire".

  • L'illustration montre un noir vêtu d'un costume du XVIIIe avec souliers à boucle, pantalon à rayures et veste de velours, avec une serviette autour du cou, il est représenté à gauche pour bien montrer qu'il est chez lui, face à lui une femme blanche placée à droite, de toute évidence une domestique avec gants blancs, serviette, tablier et portant une coiffe de servante, elle apporte à l'homme un plateau d'argent avec une chocolatière. De toute évidence l'enseigne renverse le cliché raciste selon lequel l'homme noir servirait la femme blanche.
  • L'enseigne est déposée au Musée Carnavalet dans la section des enseignes.


Cabaret du chiffonnier

N° 23 : Plaque Cabaret du chiffonnier : à l'époque il ne s'agissait pas de cabaret au sens montmartrois du terme, mais plutôt d'un établissement vendant du vin au détail. Les clients, une fois échauffés, avaient l'habitude de pousser la chansonnette.
Il rassemblait sous l'Empire, une clientèle de traîne-ruisseaux, décrit en 1910 par Léon Daudet dans Paris vécu.
En 1935, siège de la revue anarchiste Les cahiers de Spartacus ; Victor Serge y publia "16 fusillés : où va la révolution russe ?" [4]

N° 34 : Pan de mur de l'enceinte de Philippe Auguste qui mesurait 2569 m sur la rive gauche.

Plaque Compagnons maçons creusois

N° 38 : En 1815 : Lieu de rendez-vous des Compagnons maçons creusois.. Ancienne auberge À l'écu d'Écosse.

N° 40-42 : Dans la cour, une maison ancienne qui était en 1789 la propriété de Jacques-Denis Antoine (1733-1801) architecte qui réalisa, entre autres, l' Hôtel de la Monnaie quai Conti à Paris.

N° 45 : Demeure de Germain Nouveau en 1915, poète (1851-1920).

N° 51-53 : Trésor de la rue Mouffetard : En 1938, des ouvriers italiens qui démolissent les deux immeubles insalubres trouvent dans un des murs des rouleaux de petits jetons jaunes. L'un des ouvriers va montrer un des jetons au bijoutier qui lui affirme qu'il s'agit de monnaie d'or Louis XV. L'ouvrier prévient le commissariat et le lendemain, le commissaire de Mouffetard, l'entrepreneur et un huissier se rendent sur le chantier. En poursuivant les fouilles, ils trouvent des dizaines de rouleaux de pièces d'or, des parchemins et des fragments de testaments de Louis Nivelle Écuyer, Conseiller, Secrétaire du Roi, Audiencier de la Chancellerie du Palais. Dans le testament du 16 novembre 1756, il destinait le butin à sa fille Anne-Louise-Claude Nivelle, mais malheureusement le sieur Nivelle décède brusquement avant d'avoir prévenu sa fille. Monsieur Nivelle menait semble t-il une double vie, il habitait rue de la Coutellerie et vivait une vie rangée avec son épouse et sa fille, et il louait l'appartement de la rue Mouffetard pour une vie mystique et irrationnelle en s'adonnant à des pratiques douteuses.

N°52


N° 52 : Un exemple de cour d'immeuble, pavée, entourée de végétation, un petit havre de paix loin de l'effervescence de la rue.


Fontaine du Pot-de-Fer

N° 60 : Fontaine du Pot-de-Fer (ou Fontaine Saint-Marcel, ou encore Fontaine Mouffetard) date de 1624 et restaurée en 1671 par Michel Noblet (1605-1677), architecte ordinaire du roi. Elle est liée au projet d'aqueduc initié par Henri IV et son ministre Sully pour alimenter les Parisiens en eau potable. Il fournit également principalement les bassins et fontaines du jardin du Palais du Luxembourg que la reine Marie de Médicis se faisait construire. Cet aqueduc menait les eaux du plateau de Rungis par des galeries souterraines et un pont enjambant la vallée de la Bièvre au niveau des communes d'Arcueil et de Cachan. La fontaine est alors un des rares points d'eau du bourg Saint Médard, puis du quartier Saint Marceau annexé à la Ville de Paris en 1730. La fontaine en pierre de taille présente une double façade décorée de refends, dominée par une terrasse à reliefs de coquilles et de volutes. Un robinet distribuait l'eau.

La fontaine est classée aux Monuments Historiques depuis le 24 février 1925 : [5].

Caserne Monge
Entrée caserne place Monge

N° 62 : Caserne Monge : (anciennement Caserne Mouffetard) abrite une unité de la garde républicaine. Elle a été bâtie à l'emplacement du couvent des religieuses hospitalières de Notre-Dame de la Miséricorde dont la communauté a été supprimée en 1790 à la Révolution. Le couvent a été occupé par l'armée puis démoli entre 1824 et 1830 pour être remplacé par la caserne qui avait son entrée principale rue Mouffetard jusqu'en 1880.

N° 64 : Maison natale de Charles Garnier, (1825-1898) architecte, entre autres, de l'Opéra de Paris, le théâtre Marigny, le casino et l'établissement thermal de Vittel, le casino et l'opéra de Monte-Carlo.

N° 65 : Échoppe du tailleur Auguste Besnard en 1880, qui créa le pantalon style patte d'éléphant, qui a donné en argot le mot bénard .

Au Vieux Chêne

N° 69 : Cabaret Au Vieux Chêne : en 1848, siège d'un club révolutionnaire dans un bal populaire. Possède sur la façade une enseigne en bois d'épave d'un bateau échoué dans l'estuaire de la Seine, sculpté et recouvert d'un plâtre mélangé à de l'alun pour le protéger. En 1880, s'y tenait un club révolutionnaire après la Commune.

75105 - Rue Mouffetard N° 73.JPG
Cour du N° 73

N° 73 . Théâtre des arts de la marionnette qui a remplacé le Théâtre Mouffetard en 2013. Petit théâtre de 213 places à vocation populaire accessible à tous, et notamment jeune public : spectacles musical, dramatique, classique, contemporain...

Plaque La Maison pour Tous

N° 76 : La Maison pour Tous ou La Mouffe : fondée par Catherine Descroix (1883-1950) qui arrête ses études pour ouvrir Chez nous, une maison de jeunes avant la lettre, dans ce quartier particulièrement touché par la pauvreté. Aidée de Marthe Levasseur (dite Mère Louve) (1895-1987), fondatrice de la branche louveteaux des Éclaireurs de France), elles ouvrent un premier local rue de l'Épée de Bois, et animent un service de relogement ouvrier. Elles sont également aidées par André Lefèvre (1886-1946) (totemisé Vieux Castor). L'association est affiliée au Sillon créé par Marc Sangnier (1873-1950), promoteur du catholicisme social.
En 1919, Chez nous intègre le 76 rue Mouffetard, qui servait de siège pour divers syndicats et pour une université populaire où des conférences étaient organisées avec des personnalités telles que Charles Péguy, Lucien Herr, Jean Jaurès, Trotski, ou encore Lénine... Un cinéma pour enfants est ouvert par André Lefèvre qui commence à s'intéresser au scoutisme. C'est en 1922 que débute l'association La Maison pour Tous. C'est d'abord une maison des gosses qui accueille les enfants du quartier et leur propose toutes sortes d'activités. De nombreuses activités culturelles et sociales y sont organisées : cinéma, bibliothèque, sorties, groupes de chant, bar antialcoolique et restaurant, colonies de vacances en province, gestion d'une caisse des solidarités et des loyers pour les familles défavorisées du 5e arrondissement.
Pendant la guerre, La Mouffe reste très active malgré les convocations de la Gestapo pour activités interdites, notamment contre les Éclaireurs de France.
Après la guerre, La Mouffe prend encore plus d'ampleur ; des comédiens, chanteurs, cinéastes..... y feront leurs premiers pas : Raymond Rouleau, Raymond Devos, Ariane Mouchkine ; des artistes comme Barbara, Jean Ferrat ou Anne Sylvestre et bien d'autres s'y produisaient gratuitement, la recette des spectacles allant aux œuvres sociales. Coluche venait souvent manger au restaurant communautaire.

N° 76

En Mai 68, le député-maire du Ve, Jean Tibéry s'oppose à la Maison pour Tous en prétextant un manque de garantie d'apolitisme, c'est le début de la fin, et la Maison pour Tous est expulsée des lieux en 1978. Ce fut la première Maison de la Culture en France.
Les bâtiments ont été rasés et depuis 1980 une nouvelle bibliothèque Mohammed Arkoun est ouverte qui propose une collection de plus de 14 000 CD riche en rock psychédélique et rock progressif, des animations musicales, conférences et concerts sont proposées.
En 1900, siège de la coopérative La prolétarienne du 5e, créée par des militants de la revue Le Mouvement Socialiste.


Ancien portail d'un hôtel particulier du XVIIIe

N° 81 : Ancien portail doté de pilastres doriques et d'un fronton triangulaire, le linteau est orné d'une table avec une agrafe sculptée. Un hôtel particulier s'y élevait au XVIIIe siècle.

N° 89 : Lors des journées de 1848, une tentative de médiation eut lieu avec les insurgés qui tenaient la barricade à cet emplacement. Une compagnie de la garde mobile y a été désarmée le le 23 juin.

N° 91 : Autrefois s'élevait à l'angle le cabaret À l'Épée de Bois, qui donna son nom à la rue adjacente.

Passage des Patriarches


N° 99 : Passage des Patriarches : passage typique du 5ème arrondissement, exclusivement piétonnier.

Cinéma A l'Epée de Bois

N° 100 : Cinéma de quartier, indépendant, À l'Épée de Bois : deux petites salles (75 et 65 places) projetant des films d'art et d'essai ayant obtenu un certain succès, qui sont en 4e ou 5e semaines d'exploitation. Une dizaine de films sont projetés chaque semaine, des films français et étrangers, en version originale seulement.

  • C'est Madeleine Hartmann, réalisatrice, qui a créé ce cinéma en 1978 en rachetant le rez-de-chaussée et le sous-sol. De 1965 à 1971 c'était un théâtre d'avant garde L'Épée de Bois, le nom a été gardé ; cela s'explique par la proximité de la rue éponyme.


Passage des Postes


N° 104 : Passage des Postes : passage piétonnier typique situé face au passage des Patriarches. Percé en 1830, pour relier la rue Mouffetard à l'ancienne rue des Postes (actuelle rue Lhomond), il est pavé et doté d'une rigole latérale pour faciliter l'écoulement des eaux.

Enseigne A la bonne source

N° 122 : Maison portant une enseigne polychrome À la bonne source : enseigne du XVIIIe siècle en relief peint représentant deux personnages tirant de l'eau d'un puits. Cette enseigne malicieuse est celle d'un marchand de vin ; la scène bucolique n'est pas innocente puisqu'elle cache un jeu de mots qui s'inscrit dans la lignée des panneaux à calembours et rébus, pratique courante dès la fin du XVe. L'eau tirée du puits sans fin fait référence à un puissant vin.
L'enseigne est classée aux Monuments Historiques depuis le 29 mars 1928 : [6].

Maison à pignon XVIIe

N° 127 : Maison d'angle à pignon du XVIIe présentant une façade composée d'une seule travée rue Mouffetard et élevée de trois étages sur rez-de-chaussée. Sur la rue Daubenton, trois lucarnes passantes sur un soubassement en pierres.

Façade décorée du N° 134

N° 134 : Façade d'immeuble assez remarquable décorée par le maçon italien Adigheri, avec quatre panneaux représentant des scènes champêtres, et une fresque avec volutes et arabesques montrant gibier à poil et à plumes ainsi que des animaux d'élevage dans des tonalités or et brun. Réalisée en 1930 à la demande du boucher Facchetti installé au rez-de-chaussée, le maçon adopta le procédé du sgraffite ou sgraffito (griffé) d'inspiration Renaissance. Cette technique de décoration s'était développée à Florence et à Sienne, on peut en voir des exemples dans le Tyrol autrichien à Innsbruck ou encore en Allemagne.


N° 140 : Au XVIIIe siècle, cette maison portait l'enseigne Au nom de Jésus. À la fin du XIXe, elle accueillait le journal anarchiste La Révolte.

N° 141 : Église Saint Médard

Square Saint Médard

Attenant à l'église, le Square Saint Médard : Autrefois cimetière de l'église Saint-Médard qui fut le théâtre de scènes effrayantes dès l'inhumation de François de Pâris le 1e mai 1727, ardent défenseur de la doctrine janséniste. Sa tombe devint vite un objet de vénération pour les pauvres haillonneux que François de Pâris avait aidé toute sa vie. Le jour même de l'enterrement un miracle se produisit, une crise de folie mystique déferla dans les jours qui suivirent et les guérisons miraculeuses se succédèrent sur la tombe du diacre. Les éclopés ramassèrent des poignées de terre pour s'en faire un onguent, ou bien elle était mêlée à la soupe. La multiplication de ces prétendus miracles finit par inquiéter les autorités catholiques et notamment l'archevêque de Paris, Mgr. de Vintimille du Luc, ennemi notoire des jansénistes, qui décréta le 17 juillet 1731 qu'il était désormais interdit d'honorer le tombeau du diacre et de lui rendre un culte religieux. Mais une singulière épidémie de convulsions se développa malgré la répression de la police contre les miraculés et leurs zélateurs. Les pélerins hurlaient, gémissaient, tombaient en pâmoison, leur corps semblait comme possédé, les muscles se raidissaient, les yeux se révulsaient. Certains convulsionnaires iront même jusqu'à torturer et crucifier d'autres pélerins dans leurs accès de folie. On les appellera les convulsionnaires de Saint Médard. De peur que les troubles se propagent dans tout Paris, le roi Louis XV interdit l'accès du cimetière dès le 29 janvier 1732 et le ferma, soit cinq ans après le décès de François de Pâris. Le lendemain un message fut adressé au Roi : "De par le Roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu". On dit néanmoins que les convulsionnaires ont continué de se réunir dans les appartements privés jusqu'à la Révolution, voire au-delà.

La rue Mouffetard débouche sur la place Moustaki : officiellement inaugurée le 23 mai 2017. Une fontaine de Guy Lartigue agrémente le centre de la place.


Rues adjacentes


Référence.png Notes et références

  1. Comœdia, 11 octobre 1912, page 3
  2. Histoire de Paris, par Jacques Antoine Dulaure, édité en 1854
  3. Base Mérimée
  4. 1 octobre 1936, Front populaire, UPRV, p.344
  5. Base Mérimée
  6. Base Mérimée