Place Vendôme

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Photo : C.Angsthelm
  • Située entre l'Opéra, le Jardin des Tuileries, et le Le Louvre, la place est l'un des plus beaux ensembles architecturaux de Paris voulu par Louis XIV, devenu un des hauts lieux de la joaillerie de luxe française et internationale. Les hôtels particuliers, devenus propriété des émirs et milliardaires, côtoient les grands noms de la haute couture, de l'orfèvrerie qui rivalisent de créativité et transmettent leur savoir-faire dans le secret des hôtels.


Sommaire

Historique

Monogramme Louis XIV
Plan de la place en 1739
  • En 1686, Louis XIV demande à Louvois, surintendant des Bâtiments, la construction d'une Place des Conquêtes destinée à recevoir sa statue équestre. Les travaux pour la construction d'une place carrée commencent en 1687 sous la direction de l'architecte Jules Hardouin-Mansart. Ce sera la place Louis-le-Grand. À la mort de Louvois, Jules Hardouin-Mansart change le plan initial et lui donne sa forme actuelle octogonale, avec percée de la rue côté nord vers l'église du couvent des Capucines (qui deviendra rue de la Paix après destruction du couvent sous le Premier Empire) et côté sud vers la rue Saint Honoré et le portail des Feuillants (qui deviendra rue de Castiglione après démolition des couvents sous le Premier Empire).
Lampadaire d'Hittorff
  • La place doit son nom actuel à l'hôtel situé rue Saint Honoré et habité, dès 1609, par le duc César de Vendôme, fils d' Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, hôtel qui fut rasé à la demande de Louis XIV pour l'aménagement de la Place.
  • Le pavage de la place a été refait en 1992, il se compose de grandes dalles de granit avec des pavés au centre. Les lampadaires d'Hittorff sont décorés de motifs bleu et or.


Colonne Vendôme

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  • Au centre de la place, la statue de Louis XIV, réalisée par François Girardon (1628-1715), représentait Louis XIV à cheval en empereur romain. Cette statue fut renversée le 7 août 1792 et envoyée à la fonte, (à l'exception du pied gauche qui est conservé au Musée Carnavalet).
  • En janvier 1793, le corps de Louis-Michel Le Pelletier de Saint Fargeau, aristocrate et régicide, assassiné dans un café du Palais Royal, fut exposé dans une mise en scène grandiose comme premier martyr de la Révolution.
  • En 1805, Napoléon 1er rentre victorieux de sa campagne en Allemagne et de sa victoire à Austerlitz contre l'empereur d'Autriche François Ier et du Tsar Alexandre 1er. En janvier 1806 il décide d'ériger la colonne de la Place Vendôme à la Grande Armée en utilisant le bronze des 1200 canons pris à l'ennemi.
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  • Vivant Denon, directeur du Musée Napoléon, est chargé de diriger le projet. Les architectes Jean-Baptiste Lepère et Jacques Gondoin imaginent une colonne de pierre de 44 mètres de haut sur laquelle sont fixées les plaques de bronze. Elle s'inspire de la colonne Trajane à Rome. Le peintre Pierre-Nolasque Bergeret (1782-1863), élève de David, dessine les scènes de la campagne de l'empereur : le camp de Boulogne sur Mer face à l'Angleterre, les batailles, le retour de l'empereur à Paris à la tête de sa Garde en janvier 1806. Une équipe d'une dizaine de sculpteurs réaliseront les 425 plaques qui s'enroulent en spirale jusqu'à la statue.
  • La première statue, réalisée par le sculpteur Antoine-Denis Chaudet, (1763-1810) représente Napoléon Imperator, le front ceint d'une couronne de laurier tenant une Victoire ailée dans sa main gauche. La colonne est inaugurée le 15 août 1810, mais Napoléon est absent de la cérémonie, il venait d'épouser Marie-Louise, fille de l'empereur d'Autriche, dont la colonne rappelait la défaite en 1805.
  • Sur le socle, une inscription dédicatoire en latin, qui se traduit par : Napoléon, empereur auguste, a consacré à la gloire de la Grande Armée, cette colonne, monument formé de l'airain conquis sur l'ennemi pendant la guerre d'Allemagne en 1805, guerre qui, sous son commandement, fut terminée en trois mois.
  • En 1814, les alliés contre Napoléon entrent en vainqueurs dans Paris ; Napoléon abdique à Fontainebleau et part en exil sur l'île d'Elbe. La statue de Chaudet est descendue de la colonne et remplacée par un drapeau orné d'une fleur de lys, symbole de Louis XVIII et du nouveau régime, la Restauration (1814-1830).
Le Petit Caporal par Charles-Emile Seurre (Hôtel des Invalides)
  • En 1831, sous la Monarchie de Juillet, la popularité de Napoléon Ier devenant plus grande, le roi Louis-Philippe décide l'installation d'une nouvelle statue de l'empereur. Le sculpteur Charles-Émile Seurre (1798-1858) choisit de réaliser la statue de Napoléon en Petit Caporal, vêtu de sa redingote et de son chapeau, la main gauche dans son gilet, et la poitrine ornée de la croix de la Légion d'Honneur.
  • En 1863, Napoléon III fait remplacer la statue de Seurre par une oeuvre de Auguste Dumont représentant Napoléon Ier en empereur romain. La statue de Napoléon en Petit Caporal est visible de nos jours dans la Cour d'Honneur de l'Hôtel des Invalides.
  • En 1870, Napoléon III est vaincu par les Prussiens, et en 1871 une partie de la population parisienne se soulève contre le gouvernement et les autorités de la ville, c'est la Commune, mouvement insurrectionnel entre mars et mai 1871. Le 12 avril 1871, la destruction de la colonne symbole de la force brute et de fausse gloire est votée sur proposition du peintre Gustave Courbet (1819-1877). Président de la Fédération des artistes de Paris d'inspiration communaliste. La colonne est abattue le 16 mai 1871. Lorsque la Commune est renversée, Courbet est condamné à rembourser la totalité des frais de reconstruction avec la statue, mais, exilé en Suisse, il ne s'acquitte jamais de sa dette, et la IIIe République décide que la colonne sera réparée et relevée, ce qui sera fait le 28 décembre 1875. Une copie de la statue en empereur romain réalisée par Chaudet sera exécutée par Augustin Dumont (1801-1884).
  • La colonne a été restaurée de nombreuses fois, la dernière fois en 2017 grâce notamment au sponsoring de l'Hôtel Ritz.

La colonne est classée aux Monuments Historiques depuis le 31 mars 1992 [1].


Hôtels autour de la Place

Plan BNF XVII e
  • En 1699, toutes les façades des hôtels donnant sur la place sont dessinées par Jules-Hardouin Mansart afin de former un ensemble homogène. Les acquéreurs de parcelles font bâtir leur hôtel derrière la façade par leur propre architecte ; Robert De Cotte, Germain Boffrand, Le Maître, Jacques V Gabriel, Jean Baptiste Bullet de Chamblain.
  • À chaque angle, la place présente un pan coupé, et les hôtels situés au milieu des grands côtés, ont un avant-corps à trois arcades soutenu par des colonnes corinthiennes, et un fronton triangulaire.
  • Des mascarons, réalisés par Jean-Baptiste Poultier (1653-1719) au-dessus des arcades en plein cintre des rez-de-chaussée, identiques à la Place des Victoires.
  • Des pilastres corinthiens réunissent les deux étages qui sont couverts de lucarnes et d'œils-de-bœuf (les lucarnes sont agrandies au cours du XIXe siècle).
  • La Direction régionale des Affaires Culturelles s'est chargée de la réfection globale de la place en restaurant les portes cochères à leur place d'origine, les rez-de-chaussée recomposés, les menuiseries de couleur uniforme, les vitrines redevenues des fenêtres.




Hôtels côté pair :

N° 2 : Hôtel Marquet de Bourgade

Hôtel Marquet de Bourgade
  • L'hôtel se trouve à l'angle de la Place Vendôme et de la rue Saint Honoré.
  • L'hôtel est construit, derrière la façade de J.Hardouin-Mansart, en 1714 par l'architecte Robert de Cotte pour Noël Beaudet de Morlais, directeur des pépinières du roi Louix XIV. Le fermier général Maurice Marquet de Bourgade en est propriétaire en 1728.
  • De nos jours il appartient au groupe LVMH avec deux de ses marques : Guerlain et Louis Vuitton.

L'hôtel est classé aux Monuments Historiques, avec les hôtels N° 4 et N° 6, pour leurs façades et leurs toitures depuis le 3 avril 1933 : [2]

N° 4 : Hôtel Heuzé de Vologer, ou Hôtel de Lambertye

Hôtel Heuzé de Vologer
  • L'hôtel est construit en 1709, derrière la façade de J. Hardouin-Mansart, par l'architecte Jacques V Gabriel pour le marquis Laurent François Heuzé de Vologer.
  • Entre 1842 et 1934, il est, avec l'hôtel Thibert des Martrais, transformé en établissement hôtelier Hôtel du Rhin. Suite à son élection à la présidence de la République en 1848, le prince Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III y résidera.
  • Aujourd'hui il appartient au Groupe LVMH avec sa marque Louis Vuitton.

L'hôtel est classé aux Monuments Historiques avec les N° 2 et 6 pour leurs façades et toitures depuis le 3 avril 1933 : [3]

N° 6 : Hôtel Thibert des Martrais, ou Hôtel Paulze

  • Hôtel construit par Robert de Cotte en 1712, derrière la façade par J.Hardouin-Mansart, pour Charles Icard. En 1718, il sera la propriété de l'avocat, conseiller-secrétaire de Louis XIV, Jacques Thibert des Martrais, puis du fermier général Jacques Paulze en 1757.
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  • A formé l'hôtel de voyageurs Hôtel du Rhin avec le N° 4, l'Hôtel Heuzé de Vologer, entre 1842 et 1934.
  • Une plaque sur la façade rappelle que le compositeur-interprète Henri Salvador (1917-2008) habitait un appartement au dernier étage entre 1962 et 2008.

L'hôtel est classé aux Monuments Historiques avec les N° 2 et 4 pour leurs façades et toitures depuis le 3 avril 1933 : [4]

N° 8 : Hôtel Delpech de Chaumot, ou Hotel de Chimay

Hôtel Delpech de Chaumot
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  • L'hôtel est construit, derrière la façade de J.Hardouin-Mansart, par l'architecte Pierre Le Maître en 1714 pour le financier Paul Delpech de Chaumot.
  • En 1754 l'hôtel est loué à Marc d'Alsace Hénin-Liétard, prince de Chimay jusqu'en 1766.
  • En 1771, au décès du seigneur de Chaumot, la propriété est acquise par le marquis Michel-Etienne Le Pelletier de Saint Fargeau. En janvier 1793 le corps de Louis-Michel Le Pelletier de Saint-Fargeau est ramené chez son frère place Vendôme où il meurt. Madeleine-Charlotte Le Pelletier, princesse de Chimay résidera dans l'hôtel jusqu'à sa mort en 1794.
  • En 1781, l'hôtel est loué au marquis et à la marquise de Marigny, frère et belle-sœur de la marquise de Pompadour.
  • L'hôtel est vendu en 1803 au notaire Louis Léger qui le loue successivement au banquier Delarue puis au duc Louis-Joseph de Caumont La Force.
  • Pendant la Commune en 1871, l'hôtel est incendié, seule la façade subsiste. L'hôtel est entièrement reconstruit en 1872.
  • De nos jours, depuis 2012, il est la propriété de la république d'Azerbaidjan.
  • Une plaque rappelle que dans l'immeuble, la société Maurice Duclos abrita, à partir du mois d'août 1940, le réseau Saint-Jacques qui établit en avril 1941 la première liaison radio entre Paris et Londres.

L'hôtel est classé pour sa façade aux Monuments Historiques depuis le 6 mai 1927 : [5].


N° 10 : Hôtel de Latour-Maubourg, ou Hôtel Maleteste

Hôtel de Latour-Maubourg
  • Urbain Aubert de Tourny, secrétaire du roi, receveur général des finances de Caen et président de la chambre des comptes de Rouen, acquiert le terrain en 1711 et fait construire l'hôtel en 1717, à l'arrière de la façade de J.Hardouin-Mansart, par Jacques V Gabriel, pour agrandir sa propriété, suite à la donation de l'hôtel Baudard de Saint James au N°12 de la place. Mais en 1717, le marquis de Tourny est contraint de vendre son hôtel pour malversation envers le Trésor, le maréchal Hector de Faÿ de La Tour-Maubourg devient propriétaire. En 1750, le maréchal vend l'hôtel à Louise-Françoise Fillion de Villemur. En 1776, la fille de la comtesse Marie-Louise Françoise de Saint Séverin d'Aragon vend l'hôtel au marquis Jean-Louis de Villey de Maleteste, hôtel qui est loué à l'ambassade de Venise.
  • Entre 1790 et 1791, pendant la Révolution, le marquis loue l'hôtel au Comité des Finances Publiques, puis entre 1792 et 1799 au Comité de l'administration départementale, qui occupera également l'hôtel voisin au N°12 de la place.
  • En 1830, le Crédit algérien s'y installe, puis ce sera la Compagnie générale de Suez.
  • En 1897, le professeur de la gynécologie moderne, Samuel Pozzi, loue un appartement, jusqu'à sa mort en 1918.
  • Des maisons de couture occupent les locaux : Martial et Armand entre 1906 et 1945, puis la maison Caron en 1949.
  • À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la famille Rothschild achète l'hôtel, ainsi que l'hôtel attenant, et y installe les bureaux de la société minière et métallurgique de Peñarroya, les hôtels sont réunis par leur cour intérieure pour y installer un parking souterrain.
  • Depuis 1971, le Crédit Foncier de France en est propriétaire.
  • Elle abrite aujourd'hui les ateliers de la maison Chaumet, ainsi que la maison Patek Philippe et Hublot.

L'hôtel est inscrit aux Monuments Historiques, pour sa façade, depuis le 6 avril 1927 : [6].

N° 12 : Hôtel Baudard de Saint-James

Hôtel Baudard de Saint-James
  • L'hôtel a été construit en 1702, derrière la façade de J. Hardouin-Mansart, par l'architecte Jacques V Gabriel pour le compte de Louis Dublineau, Docteur en Sorbonne, et prieur de l'abbaye de Longchamp.
  • En 1777, l'hôtel est acquis par Claude Baudard de Saint James (1738-1897), baron de Sainte Gemmes (nom transformé en Saint-James par anglophilie), Trésorier général de Marine, qui le fait décorer par François-Joseph Bélanger et par le peintre Jean Jacques Lagrenée.
  • En 1814, le banquier Isaac Thuret acquiert l'hôtel qui sera à la fois le siège de la banque Thuret ainsi que le domicile privé de la famille Thuret.
Plaque Frédéric Chopin
  • En 1848 l'hôtel est loué en partie, à l'ambassade de Russie en France, et également par appartements dont Frédéric Chopin occupera l'un d'eux de 1849 jusqu'à son dernier souffle en 1855.
  • En 1855, l'hôtel est vendu à Basile Parent, leurs héritiers le revendent par adjudication en 1866 à l'industriel Constant Say, déjà propriétaire de l'hôtel de La Fare, au N°14. En 1871 sa fille Marie-Charlotte Say, Princesse Amédée de Broglie, en devient propriétaire, et revend l'hôtel en 1920 à la Société Minière de Peñaroya, propriété de la famille Rothschild.
  • Les hôtels Baudard de Saint-James et de Latour-Maubourg sont vendus en 1971 au Crédit Foncier de France.
  • C'est le siège de la joaillerie Chaumet, (déjà installé au 15 Place Vendôme en 1805, et qui s'installera au N°12 en 1907). Lors des Journées du Patrimoine on peut admirer les dessins et copies des œuvres réalisées notamment pour l'impératrice Joséphine de Beauharnais ainsi que pour l'impératrice Eugénie, et de nombreuses familles royales. Depuis 1999, Chaumet est entré dans le giron du Groupe LVMH. L'hôtel a été restauré par l'architecte d'intérieur Patricia Grosdemange, et à rouvert ses portes en 2020 ; il abrite à la fois la boutique, l'atelier de Haute joaillerie et les salons décorés par François Joseph Bélanger (1744-1818), classés MH, et dans lesquels Frédéric Chopin aurait composé sa dernière œuvre.

L'hôtel est classé partiellement aux Monuments Historiques : pour son Salon du premier étage, le 2 mai 1927, et pour sa façade et toiture le 17 mai 1930 ; [7].


N° 14 : Hôtel de la Fare

Hôtel de La Fare
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  • L'architecte Jacques-Jules V Gabriel (1667-1742) fait construire en 1702 un hôtel, à l'arrière de la façade de J. Hardouin-Mansart, sur la parcelle qu'il a acquise, pour son beau-père Mathurin Besnier, avocat au Parlement. À peine terminé, l'hôtel est vendu en 1704 au financier Claude François Paparel, qui sera condamné à mort en 1716 pour malversation à l'instigation de son gendre le marquis Philippe Charles de La Fare (1687-1752), maréchal de France. Paparel est finalement gracié et revend l'hôtel à Simon Le Clerc. En 1817 l'hôtel est vendu au comte James Alexandre de Pourtalès, qui le revend en 1840 au duc Armand François de Richelieu (1804-1879).
  • En 1848, l'industriel Constant Say achète l'hôtel et fait de nombreux embellissements, notamment le plafond du grand salon peint par Paul Baudry. En 1853, la chapelière Madame Barenne s'installe au rez-de-chaussée, a pour cliente l'impératrice Eugénie de Montijo.
  • En 1871, Jeanne Say, vicomtese Christian de Tredern, hérite de l'hôtel et l'habite jusqu'à son décès en 1916.
Hôtel de La Fare avant rénovation
  • À sa mort, ses héritiers vendent l'hôtel à la banque américaine JP Morgan Chase & Co, qui en est toujours propriétaire de nos jours, pour le siège de la banque française.

L'hôtel de la Fare est classé partiellement aux Monuments Historiques pour sa façade et sa toiture depuis le 17 Mai 1930 : [8].

N° 16 : Hôtel Moufle de la Tuilerie ou Hôtel Serres

Hôtel Moufle de La Tuilerie
  • En 1724, l'architecte Germain Boffrand (1667-1754) construit l'hôtel pour l'entrepreneur Pierre Grandhomme, à l'arrière de la façade de J. Hardouin-Mansart. En 1733, il appartient au Trésorier général de la Marine, Barthélémy Moufle de La Tuilerie (1728-1795).
  • En 1778, l'hôtel est loué au docteur allemand Franz-Anton Mesmer, qui y installe un cabinet de magnétisme.
  • En 1785, l'hôtel est acheté par Jean-Pierre Serres qui fait réaliser de nombreuses décorations à tous les étages. Ces décors, de style Empire, démontés au XXe siècle, sont acquis par le décorateur Barriol qui les lègue au Musée des Arts Décoratifs. Le fils de Jean Pierre Serres occupe l'hôtel jusqu'en 1821 et le vend à Louis Gilbert Roche des Escures, son fils Damien Étienne Roche garde l'hôtel jusqu'en 1881.
  • Entre 1848 et 1854, l'hôtel est loué au journal officiel de la deuxième République puis du Second Empire Le Moniteur Universel qui en fait son siège.
  • En 1886, l'hôtel est vendu à la Ville de Paris qui le garde jusqu'en 1936.
  • De nos jours, c'est une copropriété privée.

L'hôtel est classé aux Monuments Historiques, notamment pour la décoration de l'antichambre, la chambre et du salon du premier étage, depuis le 10 août 1927 ; ainsi que pour la toiture et la façade depuis le 11 décembre 1942 : [9].

N° 18 : Hôtel Duché des Tournelles, ou Hôtel Milon d'Inval

  • C'est l'un des six financiers à l'origine du lotissement, Nicolas-Jérôme Herlaut qui achète la parcelle en 1703, pour agrandir son hôtel situé au N°20. En 1723, Guillaume Cressart, syndic des rentes de l'Hôtel de Ville achète la parcelle et fait construire son hôtel par l'architecte Germain Boffrand, derrière la façade de J. Hardouin-Mansart. Dix ans plus tard l'hôtel est vendu à Louis-Auguste Duché des Tournelles, fermier général. Sa fille, Élisabeth-Louise de Scépeaux épouse en 1769 Nicolas-François de la Tour d'Auvergne et apporte l'hôtel en dot. L'hôtel est vendu en 1774 à Jean-Louis Milon d'Inval, receveur général des finances, et restera dans la famille jusqu'en 1836.
  • En 1862, l'hôtel accueille le Cercle des Mirlitons, composé d'amateurs et de jeunes élégants du monde artistique, les artistes y tiennent des expositions et des comédies y sont jouées.
  • En 1897, la maison Pinaud, parfums et cosmétiques, y installe sont siège.
  • Depuis 1997, l'hôtel est la propriété de la maison Chanel. Après avoir fait restaurer l'hôtel par l'américain Peter Marino, elle y installe sa division joaillerie-horlogerie.

L'hôtel est classé partiellement aux Monuments Historiques pour sa façade et sa toiture, depuis le 18 novembre 1930 : [10].

N° 20 : Hôtel de Parabère, ou Hôtel de Fitz-James

  • Nicolas-Jérôme Herlaut , (1650-1716), banquier et Trésorier général des Régiments des Gardes françaises et des Gardes suisses, est, en 1704, le plus grand acheteur des six financiers lotisseurs de la Place Louis Le Grand, et l'un des premiers habitants dans son hôtel Herlaut bâtit en 1703 par l'architecte Germain Boffrand, derrière la façade de J.Hardouin-Mansart. Il possède 32 arcades à lui tout seul. Herlaut meurt subitement dans son hôtel en 1716 et par testament légue son hôtel à l'épouse et au fils du ministre Chamillart (1652-1721), (ministre à qui il devait sans doute sa fortune douteuse constituée en grande partie des immeubles de la Place Louis Le Grand). Chamillart a des soucis avec la Justice et doit se séparer d'une grande partie de cet héritage. À la mort de son fils, le ministre, en 1717, fait cadeau de l'hôtel à la maîtresse du Régent, la marquise Madeleine de La Vieuville, veuve de César-Alexandre de Baudéan-Parabère.. En 1720, la marquise loue l'hôtel à Charles de Nocé, déjà propriétaire du N°26. Après la mort de Chamillart en 1721, le financier John Law de Lauriston (1671-1729) achète les arcades d'Herlaut et devient ainsi maître d'une grande partie des immeubles de la place.
  • En 1764, l'hôtel est acheté par Elisabeth de Ligniville, veuve de Corday de La Garde. Elle le loue, de 1780 à 1785, au duc Jacques-Charles de Fitz-James ; de 1788 à 1789, à la banque Pache & Cie ; en 1790, au comité de l'Assemblée constituante ; en 1791, à la Compagnie française des Indes orientales qui y installe son siège.
  • L'hôtel est acquis en 1805 par Jean Baptiste Boscary de Villeplaine, qui y décède en 1827. Le duc de Lévis est locataire de l'hôtel en 1815.
  • L'industriel Gustave Lebaudy en devient propriétaire et y décède en 1889.
  • Dans la cour du N°20, un élégant bâtiment, style Louis XVI, construit en 1908 par l'architecte René Sergent pour les frères Duveen, célèbres antiquaires britanniques, leur sert de magasin parisien.

L'hôtel est classé partiellement aux Monuments Historiques pour le Salon du premier étage le 2 mai 1927 et pour sa façade et sa toiture, depuis le 24 septembre 1930 : [11]

N° 22 : Hôtel de Ségur

Hôtel de Ségur
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  • Le financier Alexandre Lhuillier achète la parcelle en 1705. Sa fille, Marie de La Vieuville revend le terrain en 1718 au banquier John Law de Lauriston, qui se fait construire un hôtel par Jacques V Gabriel (1667-1742), à l'arrière de la façade de J. Hardouin-Mansart. En 1720 il vend l'hôtel à la marquise de Parabère, maîtresse du Régent, qui y réside. En 1732, la marquise s'en sépare au profit de Nicolas-Alexandre de Ségur, Président au Parlement de Bordeaux, qui en fait sa résidence parisienne jusqu'à son décès en 1755.
  • Puis l'hôtel change de mains en 1757, 1766, 1782 et 1807. Au début du XIXe siècle, il appartient à la famille Delfau de Pontalba qui le loue au financier Isaac Pereire.
  • Entre 1872 et 1874, l'hôtel est loué à la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur, pendant la reconstruction de l'hôtel de Salm-Palais de la Légion d'honneur, détruit pendant les évènements de la Commune de Paris.
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  • En 1906, le joaillier Van Cleef & Arpels s'installe dans l'hôtel et ouvre sa première boutique. En 1966, ils ont notamment réalisé la couronne de l'impératrice Farah Dhiba pour son couronnement en utilisant les pierres appartenant au Trésor National d'Iran ; 36 émeraudes, 36 rubis, 106 perles et 1469 diamants. En 2012, la maison Van Cleef crée L'École des arts joailliers, vouée à la culture joaillière où ses gemmologues, sertisseurs, laqueurs, initient à ses savoir-faire un public avide de connaissances.
  • À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le baron Élie de Rothschild fait enlever les boiseries du Salon Boffrand, réalisées entre 1720 et 1723 par les menuisiers Taupin, Le Goupil et Desgoulons, pour les transposer dans l'hôtel Masseran (rue Masseran, 75007).

Associé à l'hôtel Boffrand, l'hôtel de Ségur est classé partiellement aux Monuments Historiques pour sa façade , depuis le 6 mai 1927 : [12]


N° 24 : Hôtel Boffrand, ou Hôtel Chaban

Hôtels Boffrand et de Nocé
  • L'architecte Germain Boffrand (1667-1754) achète une parcelle place Vendôme et y construit un hôtel en 1715, derrière la façade réalisée par J. Hardouin-Mansart. À peine terminé, il le vend à un commis aux finances, Thomas Quesnet, qui le revend en 1724. En 1746, l'hôtel est vendu à Nicolas Mouchard de Chaban ; entre 1787 et 1793, son fils le loue à Jean-Baptiste François Gigot d'Orly qui y installe un cabinet d'histoire naturelle.
  • Après la Révolution, Jacques Jules Michau de Montblin acquiert l'hôtel ; sa fille hérite de l'hôtel et ses descendants garderont l'hôtel jusqu'au début du XXe siècle.

Associé avec l'hôtel de Ségur (N°22), l'hôtel est classé partiellement aux monuments Historiques pour sa façade depuis le 6 mai 1927 : [13]

N° 26 : Hôtel de Nocé, ou Hôtel d'Orcy

Hôtel de Nocé
  • L'hôtel se trouve à l'angle de la Place, avec la rue de la Paix.
  • L'hôtel est construit en 1718, à l'arrière de la façade de J. Hardouin-Mansart, pour Charles de Nocé, premier gentilhomme de la chambre du Régent qui le revend en 1720 à Gaspard Moïse de Fontanieu, l'un des promoteurs de la Place. Puis Jean Cottin, directeur de la Compagnie des Indes l'acquiert en 1760 ; son fils revend l'hôtel en 1782 à Jean-Baptiste François Gigot d'Orly, alors locataire de l'hôtel Boffrand avec son cabinet d'histoire naturelle.
  • En 1801, après la Révolution, le notaire Marc Collin l'achète et le revend en 1814 à l'encadreur Marc-Antoine Chaise qui le transforme en immeuble de rapport ; le comédien Lucien Guitry (1860-1925) (père de Sacha Guitry, 1885-1957) en sera un des locataires, ainsi que la comtesse Virginia de Castiglione (1837-1899), maîtresse de Napoléon III, qui y vivra cloîtrée dans le noir de 1878 à 1894.
  • En 1893, Frédéric Boucheron, est le premier joaillier à s'installer sur la Place et y ouvre sa première boutique, (il était installé depuis 1853 au Palais-Royal). Le groupe Kering, présidé par François-Henri Pinault, propriétaire de Boucheron, acquiert la totalité de l'immeuble en 2016. En 2017 une importante restauration a lieu avec Michel Goutal, architecte en chef des monuments historiques et le décorateur Pierre-Yves Rochon, afin de retrouver l'écrin d'origine. Au second étage, un appartement accueille les réceptions de la griffe, ainsi que la mise à disposition pour un séjour des invités de prestige. La bibliothèque qui garde les archives de Boucheron, a conservé une magnifique fresque chinoise peinte à la main à la fin du XVIIIe. Les lustres et lampes proviennent des maisons Lalique et Tisserant et les tapis réalisés par la maison Tai Ping.


L'hôtel est classé partiellement aux monuments Historiques pour sa façade et sa toiture depuis le 17 mai 1930 : [14]


N° 28 : Hôtel Gaillard de la Bouëxière, ou Hôtel de la Porte

Hôtel Gaillard de la Bouëxière
  • L'hôtel se situe à l'angle de la Place et de la rue Danielle Casanova.
  • L'hôtel est construit en 1711, à l'arrière de la façade de J.Hardouin-Mansart, par l'architecte Jacques V Gabriel pour le banquier John Law de Lauriston (1671-1729) qui avait acquis de nombreuses parcelles sur la Place. Il ne l'habite pas et cède l'usufruit au fermier général du roi, Paul Étienne de Rancy, qui en deviendra propriétaire. Son fils, Gilles Brunet de Rancy vend l'hôtel en 1724 à Jean Gaillard de la Bouëxière, secrétaire du roi et fermier général, possesseur d'une immense fortune . En 1759, l'hôtel passe à son gendre Emmanuel Hocquard de Montfermeil, puis est cédé en 1766 au ministre de la Marine Armaud de La Porte qui le garde jusqu'à son décès en 1792. Acquis par le notaire Marc Colin. qui le cède à son successeur Maître Alexandre Rousseau qui y demeure jusqu'en 1816.
  • L'hôtel est acquis en 1817 par Amable Beaurain qui le transmet en dot en 1837 à sa fille Clarisse lors de son mariage avec Jean Étienne Régnault Nitot (descendant de la famille Nitot, fondateur de la joaillerie Chaumet). La famille Nitot en reste propriétaire jusqu'au début du XXe siècle, pour s'installer au N° 12, dans l'hotel Baudard de Saint James. La famille est également propriétaire du N° 15 de la Place, l'hôtel de Gramont.
  • La maison Charvet (fondée en 1838) s'y installe en 1981, c'est le temple de la chemise de luxe sur mesure (il a été le chemisier du Général de Gaulle) ; Charvet a été racheté en 1965 par la famille Colban. C'est la plus ancienne boutique de la Place Vendôme.

L'hôtel est classé partiellement aux monuments Historiques pour sa façade et sa toiture depuis le 16 février 1928 : [15]


Hôtels côté impair :

N° 1 : Hôtel Bataille de Francès, ou Hôtel d'Affry - Hôtel Bristol

Hôtel Bataille de Francès
  • L'hôtel se trouve à l'angle de la Place Vendôme et de la rue Saint Honoré.
  • En 1718, Pierre Perrin, secrétaire du roi Louis XIV, achète une parcelle et fait construire son hôtel par l'architecte Armand Claude Mollet, derrière la façade de J. Hardouin-Mansart. En 1736, Jean Batailhe de Francès, receveur général des finances s'en porte acquéreur. En 1787, l'hôtel est loué à Louis-Auguste Augustin d'Affry, général au régiment des gardes suisses jusqu'à son décès en 1793. En 1788, l'administration des domaines dirigée par Gigot de Gerville s'y installe.
  • En 1815, le restaurateur Jean-Marc Massinot le loue pour installer un commerce. En 1827, il devient propriétaire de l'hôtel après le décès de Louis-François de Batailhe de Francès, et achète le N°358 de la rue Saint Honoré pour agrandir son hôtel.
  • Antoine François Gauthier des Orcières, dit de l'Ain , député de la Convention nationale et aux États Généraux de 1789, est locataire sous le Directoire.
  • Entre 1842 et 1843, Massinot loue l'hôtel à l'ambassade de la République du Texas.
  • En 1858, l'hôtel est vendu et transformé en établissement hôtelier sous le nom de Hôtel Bristol. Le roi Edouard VII y avait ses habitudes.
  • En 2014, la célèbre maison genevoise Chopard acquiert l'hôtel pour imposer sa boutique emblématique (ouverte depuis 2004), et son envie de s'étendre dans le domaine du luxe.
  • L'hôtel de Vendôme est en cours de restauration avec le support du décorateur Pierre-Yves Rochon, et devrait rouvrir ses portes au printemps 2022, avec ses 19 chambres et 10 suites dans une atmosphère très parisienne qui est une véritable signature.

L'hôtel est classé partiellement aux monuments Historiques pour ses façades et ses toitures depuis le 17 mai 1930 : [16]


N° 3 : Hôtel de Coëtlogon ou Hôtel Giraud

  • En 1718, le financier John Law de Lauriston se porte acquéreur de la parcelle non bâtie de l'architecte Pierre Bullet. Il fait construire un hôtel, à l'arrière de la façade de J. Hardouin-Mansart, par Jacques V Gabriel en 1719 qu'il revend, alors qu'inachevé, en 1720 au vicomte de Loyat, René-Charles-Élisabeth de Coëtlogon, procureur général syndic aux États de Bretagne. Le vicomte revend l'hôtel achevé au fermier général Marie-Olivier de Montluçon en 1729. Puis l'hôtel est vendu successivement à Jacques-Olivier de Vaugier, receveur des finances à Lyon en 1729 ; Jean-Louis Loiseau de Béranger de Mauléon en 1778 ; Michel de Laborde de Montpezat, conseiller à la cour des aides en 1780 ; Philippe Laurent de Joubert en 1783.
  • En 1788, le sculpteur Jean Baptiste Giraud en devient propriétaire et y installe sa galerie de sculptures.
  • En 1839 l'hôtel est acheté par Roger Monlenard, qui achète également l'hôtel au N° 5 et les fait communiquer. L'hôtel consiste en un corps de logis double en profondeur faisant encoignure et s'étendant en aile à gauche de la cour. Les deux hôtels formeront l'Hôtel Bristol qui reçoit toutes les têtes couronnées d'Europe : Edouard VII, le prince Alexandre de Serbie, le roi Charles Ier du Portugal. L'hôtel ferme ses portes en 1914 à l'aube de la Première Guerre mondiale.
  • Les hôtels du N° 3 et du N° 5 sont achetés en 1919 par la société foncière de la Place Vendôme, et loués à la Banker's Trust Co. D'importants travaux sont entrepris par l'architecte Charles Knight en 1920.
  • Depuis 1989, le sultan du Brunei, est propriétaire des deux hôtels qu'il fait entièrement restaurer par l'architecte d'intérieur Jérôme Garcia. On peut remarquer que les rez-de-chaussée de ces deux hôtels n'ont aucun commerce.
  • Au printemps 2021, les hôtels du 3 et du 5 de la Place sont en restauration.

L'hôtel est classé partiellement, avec le N° 5, aux monuments Historiques pour ses façades et ses toitures depuis le 13 août 1990 : [17]



N° 5 : Hôtel d'Orsigny, ou Hôtel Durfort

  • John Law de Lauriston fait construire un hôtel, derrière la façade de J.Hardouin-Mansart, par Jacques V Gabriel entre 1719 et 1721 qui le revend inachevé à Jacques de Gueutteville d'Orsigny.
  • L'hôtel consiste en un corps de logis semi-double en profondeur, ayant quatre croisées de face sur la place et faisant retour en papillon.
  • Puis il aura successivement comme propriétaires : Étienne le Texier de Menetout en 1744, puis en 1777, son petit-fils Félicité Jean Louis de Durfort, ambassadeur de France à Venise ; en 1788, le banquier Guillaume Sabatier d'Espeyran, et en 1808, Henri Bouchon.
  • Acheté en 1839 par Roger Montenart qui en fait avec l'hôtel du N° 3, également acquis, l'Hôtel Bristol qui recevra de nombreuses têtes couronnées d'Europe. L'hôtel Bristol fermera ses portes en 1914.
  • En 1919, la société foncière de la Place Vendôme achète les deux hôtels (N°3 & N°5) qu'elle loue à la Banker's Trust Co.. D'importants travaux sont réalisés en 1920 par l'architecte Charles Knight.
  • La société informatique IBM France en est locataire entre 1948 et 1989.
  • Depuis 1989, le sultan de Brunei est propriétaire des deux hôtels, et fait réaliser de grands travaux de rénovation par l'architecte d'intérieur Jérôme Garcia. Les deux hôtels sont très rarement habités.
  • Au printemps 2021, les hôtels du N° 5 et du N° 3 de la Place sont en rénovation.

L'hôtel est classé partiellement, avec le N° 3, aux monuments Historiques pour ses façades et ses toitures depuis le 13 août 1990 : [18]


N° 7 : Hôtel de Créquy ou Hôtel le Bas de Montargis

Hôtel de Créquy
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  • Jules Hardouin Mansart, propriétaire des parcelles du N° 7 et du N° 9 de la Place, revend les deux lots à son gendre Claude Le Bas de Montargis, trésorier extraordinaire des guerres, qui fait construire en 1704 un hôtel au N°7 pour son usage personnel, à l'arrière de la façade réalisée par J. Hardouin-Mansart. En 1708, il cède l'usufruit de l'hôtel à la marquise de Créquy. Puis en 1719, il vend l'hôtel à son gendre le Président du Parlement , Charles Jean-François Hénault (1685-1770), qui épouse en 1714 la fille de Claude Le Bas de Montargis.
  • L'abbé Pierre-Joseph Alary, sous-précepteur de Louis XV , locataire à l'entresol, fonde en 1724 le Club de l'Étoile, réunissant tous les samedis soirs une vingtaine de participants férus de lettres et de politique (parmi lesquels Montesquieu, le marquis d'Argenson, Mme de Pompadour, l'abbé de Saint Pierre,...) ; en 1731 ces dîners sont interdits par Louis XV et le club fermé par le cardinal de Fleury.
  • En 1759 l'hôtel appartient au fermier général Nicolas Delay de La Garde, puis en 1790 à sa veuve, Élisabeth de Ligneville.
  • En 1794, l'hôtel est loué au département de la guerre, et acheté par l'État qui l'affecte au quartier général de l'État-major et de la Division et de la Place de Paris entre 1812 et 1861. En 1823, Jean Jacques Claret de Fleurieu acquiert l'hôtel, et renouvelle le bail à l'état-major de la Place. Après soixante sept ans de location, l'État expulse la famille Claret de Fleurieu en 1862 et devient propriétaire de l'hôtel, jusqu'en 1899.
  • Baudelaire est locataire de l'hôtel en 1845.
  • En 1915 la maison de couture Beer achète l'hôtel qu'elle occupe depuis 1900.
  • En 1930, le projet de la Compagnie foncière Vendôme, dont l'un des actionnaires est le suédois Ivar Kreuger, est de construire un immeuble de bureaux en utilisant le maximum de terrain, seule, la façade classée sera conservée. La construction de l'ensemble est confiée à André Ventre en 1930.
  • Le siège de la Banque de Suède et de Paris, fondée par Ivar Kreuger, est ensuite occupé par la BNP. Puis un passage public est créé pour relier la Place Vendôme à la rue Saint Honoré, appelé Cour Vendôme.
  • L'hôtel à pan coupé est situé dans l'angle entre l'hôtel d'Orsigny et l'hôtel de Villemaré.

L'hôtel de Créquy ou Hôtel Le Bas de Montargis est classé partiellement aux Monuments Historiques pour sa façade.



N° 9 : Hôtel de Villemaré

Hôtel de Villemaré
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  • Jules-Hardouin Mansart acquiert les parcelles du N° 7 et du N° 9 sur la Place, et y érige les façades en 1699. En 1707, il vend ces deux lots à son gendre Claude Le Bas de Montargis, qui revend la parcelle N° 9 en 1708 au fermier général du roi Bonaventure Le Lay de Villemaré qui fait construire son hôtel par l'architecte Jean-Baptiste Bullet de Chamblain entre 1708 et 1716.
  • À son décès, son fils Jean-Bonaventure Le Lay de Guébriant loue l'hôtel en 1747 à Françoise-Gilonne de Montmorency-Luxembourg, veuve du duc d'Antin. En 1750 il vend l'hôtel au fermier général du roi Louis XV, François-Balthazar Dangé (1696-1777), qui ajoute une aile à l'hôtel, et le fait décorer par Jean-Baptiste Oudry, peintre et graveur, sur le thème des Fables de La Fontaine. Le Cabinet des Fables est exposé au Musée des arts décoratifs de Paris.
  • L'hôtel est vendu à son décès en 1777 au Trésorier des États du Languedoc, Philippe Laurent de Joubert. En 1794, ses héritiers cèdent l'hôtel à l'État qui y installe successivement :
- Sous la Convention : la Liquidation de la Dette publique :
- Sous le Premier Empire : l'intendant du domaine de la Couronne Impériale :
- Sous la Restauration : le baron Eugène François d'Arnault de Vitrolles jusqu'en 1816 :
- En 1818 : le Grand veneur de France ; le duc de Richelieu en 1819 ; le maréchal Jacques Alexandre Law de Lauriston à partir de 1824 ;
- Après la Révolution de Juillet, le comte Camille de Montalivet, administrateur de la Liste civile, réside à l'hôtel ;
- En 1849, l'hôtel est le quartier général de la Première division militaire, et de la Garde Nationale :
- En 1870, le département de la Guerre reprend possession de l'hôtel, et en 1880 le Gouvernement militaire de la Ville de Paris ; l'état-major occupant l'hôtel voisin au N°7. En 1898, le Gouvernement militaire et l'état-major s'installent à l'hôtel des Invalides :
- En 1899, l'hôtel est acheté par l'Union des Assurances de Paris, qui fait partie du Groupe d'Axa depuis 1996 :
- Entre 2000 et 2015, est le siège le cabinet d'avocats Clifford Chance.

La façade de l'hôtel est classée aux Monuments Historiques depuis 1862.


N° 11 : Hôtel de Simiane, ou Hôtel de La Chancellerie

  • La parcelle a été cédée en 1703 par le roi à Jules Hardouin-Mansart qui la revend à son gendre Claude Le Bas de Montargis, déjà propriétaire des N° 7 et 9 de la Place. Ce dernier revend sa parcelle à la comtesse Simiane de La Coste qui fait construire son hôtel, au dos de la façade réalisée par J. Hardouin- Mansart, par Germain Boffrand entre 1708 et 1714.
  • En 1717, le Régent achète l'hôtel pour y loger le Grand chancelier de France dont les bureaux étaient au N° 13 ; les deux hôtels sont réunis en 1718 pour former l'Hôtel de la Chancellerie. Les travaux d'embellissement sont confiés à l'architecte Robert de Cotte (1656-1735).

L'hôtel est classé aux Monuments Historiques, avec l'Hôtel de Bourvallais au N° 13 de la Place : [19].


N° 13 : Hôtel de Bourvallais, ou Hôtel de la Chancellerie - Ministère de la Justice

Hôtel de Bourvallais
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  • L'hôtel est construit en 1702 par Madame de La Vieuxville sur les plans de Robert de Cotte, à l'arrière de la façade de J.Hardouin-Mansart. Elle le vend au Président Guyou de Bruslon en 1706 qui le donne en dot à sa fille lors de son mariage avec Paul Poisson de Bourvallais, fermier général. Paul de Bourvallais, alors traitant financier qui passe des marchés avec le Trésor royal, est accusé de malversations et doit restituer de fortes sommes. En 1716, ses biens sont mis sous séquestre et sont affectés au roi contre paiement des créanciers de M. de Bourvallais. En 1718, l'hôtel est acquis par le Trésor public et un conseil du roi l'attribue à la Chancellerie de France.
  • Danton, ministre de la Justice, s'y installe en 1792. Cambacérès y réside entre juillet et décembre 1799.
  • En 1739, le roi se porte acquéreur de terrains donnant sur la rue Cambon pour agrandir le jardin.
  • En 1793, un incendie détruit partiellement l'hôtel, la bibliothèque est l'une des rares pièces à avoir été sauvegardée.
  • L'hôtel est restauré sous Napoléon III par l'architecte Destailleurs, sous les ordres du Garde des Sceaux Peyronnet.; un bâtiment sur cour fut édifié, avec notamment la salle à manger d'apparat au premier étage
  • Le Ministère de la Justice est chargé de veiller au bon fonctionnement de la justice. Le ministre placé à sa tête porte le titre de Garde des Sceaux, depuis juillet 2020, Me Eric Dupond-Moretti. Les services centraux du ministère sont nommés la Chancellerie, terme hérité de l'ancien office de chancelier de France qui constituait le premier des grands offices de l'Ancien Régime.
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  • On remarque sur la façade, un mètre-étalon en marbre, apposé en 1796, commandé par la Convention nationale pour encourager l'usage du nouveau système métrique. Sur les 16 mètres réalisés entre 1796 et 1799, par le marbrier Corbel sur les dessins de l'architecte Chalgrin, et placés dans les lieux les plus fréquentés de Paris, deux subsistent aujourd'hui dans la capitale.


L'hôtel est classé aux Monuments Historiques depuis le 22 février 1982, pour sa façade et ses toitures sur la Place Vendôme ; les pièces du premier étage donnant sur la Place : le grand salon, la salle à manger et le boudoir ; les pièces donnant sur le jardin au rez-de-chaussée : le Salon d'angle, la salle des Sceaux, et la bibliothèque ; et au premier étage sur le jardin : salon d'angle, grand salon, salon des portraits et salle à manger d'apparat. L'hôtel est inscrit aux Monuments Historiques le 7 novembre 1991 pour les bâtiments et les sols (à l'exclusion des bâtiments donnant rue Cambon) du Ministère de la Justice. [20]

N° 15 : Hôtel de Gramont - Hôtel Ritz

Hôtel de Gramont et Hôtel Crozat
  • En 1705, Jeanne Baillet de La Cour se porte acquéreur d'une parcelle et se fait construire un hôtel par l'architecte Pierre Bullet entre 1708 et 1710, à l'arrière de la façade de J. Hardouin-Mansart. En 1710, sa fille Anne Baillet de la Cour épouse le duc Charles-Antoine de Gramont. Devenue veuve en 1720, la duchesse vend l'hôtel à Daniel François de Gelas de Voisin, comte de Lautrec, qui l'habite pendant trente ans. En 1750, l'hôtel est acquis par Charles Michel de Villette, secrétaire du roi. En 1775, Claude Darras, secrétaire du roi, en devient propriétaire et loue l'hôtel en 1788 à la Direction de la liquidation de la dette publique, puis le vend en 1792 au Crédit Immobilier de France.
  • En 1810, François-Régnault Nitot, joaillier officiel de Napoléon I er, acquiert l'hôtel. La famille y reste jusqu'en 1897, date d'achat par l'homme d'affaires suisse César Ritz, (1850-1918) qui veut en faire un établissement hôtelier de luxe.


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  • César Ritz avait compris avant les autres qu'une clientèle huppée était prête à payer pour des prestations et un décor exceptionnels. Il s'associe avec un grand expert de la cuisine française, Auguste Escoffier (1846-1935), le roi des cuisiniers qui modernise la cuisine française et élabore de nombreuses nouvelles recettes.
  • Les travaux de transformation sont réalisés par l'architecte Auguste Mewès, et l'hôtel Ritz est inauguré le 1 er juin 1898. Toutes les chambres ont l'électricité, le téléphone et la première salle de bains, installée en 1902 dans la suite du Prince de Galles ; le mobilier, censé incarner les Arts décoratifs français, est de style Louis XV et Louis XVI. L'hôtel est équipé d'ascenseurs.
  • Coco Chanel (1883-1971), créatrice de mode, y loue une suite pendant plus de trente ans et y meurt en 1971. Ernest Hemingway, est également un client assidu, un des bars porte son nom. Un des salons porte le nom de Marcel Proust.
  • En 1979, la veuve de Charles Ritz vend l'hôtel à l'homme d'affaires égyptien, Mohammed Af-Fayed.
  • Entre 2012 et 2016, d'importants travaux sont entrepris pour obtenir le label palace par l'architecte Thierry Despont, et orchestrés par Didier Beautemps. En 2018, le Ritz met en vente aux enchères son mobilier, et en 2020 vend également 1500 lots de vaisselle dont un service commandé par César Ritz en 1898.

L'hôtel de Gramont est classé aux Monuments Historiques depuis le 4 mai 1927 pour le Salon, le cabinet du XVIIIe, et le boudoir donnant sur la Place au premier étage ; depuis le 17 mai 1930 pour sa façade et ses toitures : [21]



N° 17 : Hôtel Crozat - Hôtel Ritz
  • En 1699, le financier Antoine Crozat achète une parcelle et y fait construire un hôtel par son architecte Pierre Bullet entre 1700 et 1702, à l'arrière de la façade de J. Hardouin-Mansart. En 1787, l'hôtel est vendu au fermier général François Deville, qui sera guillotiné, sa veuve loue l'hôtel à la Chancellerie, alors voisine au N°13, jusqu'en 1828.
  • Le banquier Johan Georg Schickler acquiert l'hôtel en 1828. L'hôtel est vendu en 1910 au Crédit Foncier de France qui le loue immédiatement à l'hôtel Ritz voisin.
  • Mohammed Al-Fayed achète l'hôtel en 1998 et l'annexe définitivement à son hôtel.

L'hôtel Crozat est classé aux Monuments Historiques avec l'hôtel de Gramont : [22]


N° 19 : Hôtel d'Évreux

Hôtel d'Evreux
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  • Le financier Antoine Crozat (1655-1738) achète la parcelle, mitoyenne de la sienne au N° 17, en vue de faire construire un hôtel et l'offrir en dot à sa fille pour son mariage avec Louis-Henri de la Tour d'Auvergne, comte d'Évreux. L'hôtel est construit par Pierre Bullet en 1707, derrière la façade de J.Hardouin-Mansart. En 1718, le comte d'Évreux se sent trop à l'étroit dans cet hôtel et fait construire un hôtel rue du Faubourg Saint Honoré, c'est l'actuel Palais de l'Elysée, résidence du président de la République.


Cour d'honneur


  • L'hôtel est considéré comme un chef d'oeuvre de l'architecture classique de la fin du début du XVIIIe siècle : le bâtiment s'organise autour d'une grande cour, le logis principal est entre cour et jardin à l'arrière, et les bâtiments donnant sur la place sont destinés à la location ; l'originalité de cette cour est sa forme ovale.
  • Pierre Bullet, architecte des deux hôtels mitoyens, a conçu une interpénétration des deux volumes : une enclave de l'hôtel Crozat donne sur l'hôtel d'Évreux.
  • En 1738 l'hôtel passe à son fils Louis-Antoine Crozat, puis en 1752 à la fille de ce dernier, épouse du maréchal de Broglie.
  • En 1896, le Crédit Foncier de France devient propriétaire de l'hôtel ainsi que des hôtels Castanier et l'hôtel des Vieux rue des Capucines.
  • Depuis 2003 c'est l'émir du Qatar qui est propriétaire de l'ensemble immobilier du Crédit Foncier de France. Une importante restauration a eu lieu en 2009.

L'hôtel est inscrit aux Monuments Historiques depuis le 8 août 1957, et classé depuis le 24 septembre 1930 pour : sa façade et sa toiture de la Place Vendôme ; les façades et toitures dans la cour, ainsi que les façades donnant sur la cour en hémicycle ; façade avec fronton donnant à l'ouest sur jardin ; salon à boiserie et plafond peint au rez-de-chaussée ; au premier étage : salon Directoire, salon jaune Second Empire, salle à manger Second Empire, grand escalier, grand salon ; pour ses façades et toitures correspondantes aux N° 9, 11, 13, 15 de la rue des Capucines : [23]




N° 21 : Hôtel de Fontpertuis, ou Hôtel Darnay

Hôtel de Fontpertuis
  • La parcelle est acquise en 1718 par le financier John Law de Lauriston qui fait construire un hôtel par Jacques V Gabriel, à l'arrière de la façade de J. Hardouin-Mansart. Après son décès, l'hôtel passe à son frère, puis à ses neveux qui le revendent en 1773 au fermier général Jean Baptiste Darnay. L'hôtel est vendu au botaniste Charles Louis L'Héritier de Brutelle en 1789. Plusieurs propriétaires se succèdent, jusqu'en 1894, l'hôtel est cédé au Crédit Foncier de France.
  • Entre 1935 et 1954, la maison de couture Elsa Schiaparelli loue l'hôtel et le fait décorer par Jean Michel Frank et Albert Giocometti. Puis elle revient en 2012, et partage l'hôtel avec le joaillier Reza et l'horloger Dubail.
  • En 2021, l'hôtel est toujours la propriété du Crédit Foncier de France.

L'hôtel est classé aux Monuments Historiques, avec l'hôtel d'Évreux attenant, depuis le 24 septembre 1930 pour sa façade et sa toiture [24]


N° 23 : Hôtel de Boullongne, ou Hôtel de Montbreton

Hôtel de Boullongne et Hôtel Peyrenc de Moras
  • La parcelle est acquise par l'architecte Pierre Bullet qui fait construire son hôtel, derrière la façade de J. Hardouin-Mansart, en 1712. À sa mort, son fils Jean-Baptiste Bullet de Chamblain vend l'hôtel à John Law de Lauriston qui manque de s'y faire massacrer suite à la faillite de son système. En 1723, l'hôtel est acheté par le perruquier Abraham Peyrenc de Moras puis revendu à Guillaume Tavernier de Boullongne, qui fait décorer l'un des salons de panneaux décoratifs par le peintre Nicolas Lancret. À son décès en 1743, son fils hérite de l'hôtel et le cède en 1750 à Jean Baptiste Boucher, trésorier des colonies d'Amérique. L'hôtel est vendu en 1768 au receveur des finances de Grenoble, Jean Daniel Marquet de Montbreton. Puis la famille Leemans acquiert l'hôtel en 1811. Le Crédit Foncier de France s'en porte acquéreur en 1861.
  • Le duc Edmond de la Croix de Castries est locataire de l'hôtel pendant la rénovation de son hôtel particulier, entre 1840 et 1860.
  • En 1907 le parfumeur Coty achète l'hôtel et y ouvre une boutique. En 2003, l'émir du Qatar achète l'hôtel ainsi que l'hôtel d'Évreux voisin.
  • En 1975, le joaillier Cartier y ouvrait sa boutique Must, et depuis 1979 le joaillier Bulgari y a son siège.

L'hôtel est classé partiellement aux Monuments Historiques depuis le 3 avril 1931 pour sa façade et sa toiture : [25]


N° 25 : Hôtel Peyrenc de Moras

  • L'hôtel se situe à l'angle de la rue de la Paix et de la rue des Capucines. John Law de Lauriston achète la parcelle en 1718 et fait construire un hôtel, à l'arrière de la façade de J. Hardouin-Mansart, par l'architecte Jacques V Gabriel en 1720. Puis il le vend, ainsi que l'hôtel de Boullongne voisin, en 1723 au marquis Abraham Peyrenc de Moras.
  • L'hôtel est vendu en 1753 au trésorier général Charles-François Michel de Roissy ; son fils, Joseph Charles, en restera propriétaire jusqu'en 1826.
  • L'historiographe Franz Jacob Moreau habite l'hôtel depuis 1797, qui abrite le dépôt des anciennes chartes et monuments historiques.
  • En 1852, Alexandre Gabriel Lemonnier, joaillier attitré de Napoléon III, achète l'hôtel et ouvre une boutique au rez-de-chaussée. Mais en 1870, à la chute du Second Empire, il vend l'hôtel au Crédit Foncier de France.
  • En 2003, l'émir du Qatar est propriétaire de l'hôtel. Le joaillier Bulgari occupe la boutique du rez-de-chaussée sur les trois façades.

La façade et la toiture de l'hôtel sont classées aux Monuments Historiques.


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Référence.png Notes et références