Parc Montsouris

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Parc Montsouris
Photo : C.Angsthelm


  • L'origine du nom Montsouris n'est pas complètement élucidée : ce serait une déformation de moque-souris, quolibet attribué aux moulins des hauteurs de Montrouge n'abritant plus que des rongeurs.
  • Le parc est composé de plusieurs scènes offrant des perspectives et des vues étendues. Une perspective oriente le regard sur un point précis alors qu'une vue étendue est proposée au visiteur sans aucun obstacle visuel sur l'ensemble du paysage. Les scènes se composent de plusieurs plans successifs, le regard passant librement de l'un à l'autre.
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  • Le lac de Montsouris propose une vue étendue. Le visiteur découvre au premier plan les berges enherbées, puis la surface miroitante du lac. Il s'étend sur près d'un hectare et était alimenté à l'origine par l'aqueduc d'Arcueil. Il accueille des cygnes noirs, des oies à tête barrée ainsi que des canards. Son regard se poursuit ensuite sur les pelouses en pente douce pour s'achever sur le fond d'une forêt de pins. L'île, ajoutée après la conception du parc, vient rajouter un plan intermédiaire supplémentaire qui interrompt cet enchaînement et en complique la lecture.

Le parc Montsouris est classé aux Monuments Historiques depuis le 19 octobre 1910 : [1].


Histoire.pngHistoire

  • Un vaste projet de rénovation urbaine de Paris est entrepris par l'empereur Napoléon III et le baron Haussmann, Préfet de la Seine. Trois grands parcs publics sont alors créés : les Buttes-Chaumont, Monceau et Montsouris.
  • La capitale, sous le Second Empire, est au bord de l'asphyxie, Paris manque d'air et de lumière. Se souvenant des parcs londoniens découverts lors de son exil en Angleterre, l'empereur veut créer des poumons d'air dans la ville afin de l'assainir.
Vue à vol d'oiseau, fusain de MM Hochereau et Dardoise 1886
  • Le Conseil de Paris décide d'implanter le parc sur les collines de Montsouris. Le terrain a été choisi en raison de ses terres incultivables reposant sur des carrières de calcaire remblayées et recouvertes. Les travaux commencent en 1867 et ne s'achèvent que pour l'Exposition Universelle de 1878. Ils sont interrompus par la guerre contre la Prusse (juillet 1870-janvier 1871) et reprennent en 1872. Mais en 1876 une pétition des habitants circule pour l'ouverture du parc.
  • Devant l'impatience du public, il est partiellement rendu accessible en 1877. Son ouverture aura lieu en mars 1878, à l'exception du lac (mai 1878).
  • La création du parc et la percée de grandes avenues comme celle de Montsouris (future avenue René Coty) contribuent à unifier le 14e arrondissement créé lors de l'annexion en 1860 des communes de la petite banlieue, situées entre l'ancienne barrière des Fermiers Généraux et les fortifications de Thiers, sur une partie de la commune de Montrouge.
  • Avec la réorganisation haussmannienne de la Ville s'affirme la notion de parc public, un espace ouvert à tous. L'empereur veut offrir un lieu de délassement et de récréation aux Parisiens qu'ils soient riches ou pauvres.
  • Le parc recrée la nature pour ceux qui n'ont pas les moyens de partir. Jardin de gare traversé par deux voies ferrées : la ligne de Sceaux et la Petite Ceinture, il incite les promeneurs au voyage. Le lac et ses talus évoquent un paysage suisse.
  • Les visiteurs peuvent se promener, se reposer, se distraire avec de nombreuses activités : les concerts quasi quotidiens de la Garde Républicaine sous le kiosque, le théâtre de Guignol et le café-restaurant.


Alphand et ses collaborateurs

  • La création du Service des Promenades et des Plantations en 1856, dirigé par Jean Charles Adolphe Alphand, s'inscrit dans le cadre des grands travaux de rénovation de Paris.
  • Alphand impose sa vision globale et unifiée de l' aménagement des jardins parisiens. C'est néanmoins un véritable travail d'équipe :
- l'ingénieur Jean Darcel, adjoint d'Alphand, s'occupe du relevé topographique et des travaux d'aménagements du sol,
- tandis que Jean Pierre Barillet-Deschamps, jardinier en chef, choisit la palette végétale et organise les plantations. Horticulteur-paysagiste hors pair, il définit un nouveau modèle paysager et invente la production horticole en série.
- le paysagiste Édouard André travaillera sous sa direction entre 1860 et 1868.
- les travaux du lac des cascades relèvent de l'ingénieur Eugène Belgrand, tandis que l'architecte Gabriel Davioud conçoit le bâti et le mobilier : chalets, restaurants, grottes, belvédères, bancs et abris.



Un jardin paysager français

  • Montsouris et les jardins paysagers parisiens du Second Empire incarnent le modèle de l'école paysagère française du XIXe siècle qui va rayonner à travers toute la France et l'Europe jusqu'aux États-Unis.
  • Le jardin paysager anglais cherche à imiter la nature, le jardin paysager français met en avant la maîtrise de l'homme sur la nature.
  • Il recompose une nature idéalement ordonnée, évoque des paysages découverts lors de voyages lointains. Il permet la démonstration in situ des techniques hydrauliques nouvelles alimentant lacs et cascades artificiels, mais aussi la maîtrise des reliefs. La fascination pour une végétation colorée, exotique et exhubérante fait la renommée des jardins parisiens du Second Empire.

Voyager : les alpages suisses

  • Les voyages fascinent la société du Second Empire, des contrées lointaines des colonies aux paysages des pays voisins. Mais les voyages sont dangereux et coûteux, seuls les plus aisés peuvent se le permettre. Les jardins parisiens répondent à ce goût du voyage et l'offrent à tous les visiteurs.
  • Par l'organisation des espaces, le choix des végétaux et des architectures, Barillet-Deschamps et les ingénieurs du Service des Promenades et Plantations, y évoquent des paysages emblématiques et permettent de voyager sans se déplacer.
  • Autour du lac de Montsouris, les talus couverts de pins évoquent les montagnes suisses, et les pelouses descendant jusqu'à l'eau, dessinent l'ambiance des alpages.

Conquêtes horticoles

  • En écho aux Expositions universelles, le parc Montsouris expose les espèces végétales du monde entier. Barillet-Deschamps, jardinier en chef, développe les moyens de production en série des espèces exotiques : l'horticulture moderne est née.
  • L'application de ces nouvelles techniques dans les serres du Fleuriste de la Muette (créées en 1855), ancêtre du centre de production horticole de la Ville de Paris, permet leur diffusion dans l'ensemble des jardins parisiens. Les corbeilles, compositions florales surélevées en forme d'ellipse, sont des éléments forts du paysage. Leur positionnement oriente le regard du visiteur.
  • Les jardiniers de Montsouris ont retrouvé les espèces végétales exotiques qu'Alphand recensait dans Les Promenades de Paris. Elles sont présentées dans les carrés Alphand à l'entrée du potager.

Progrès techniques

  • Progrès scientifiques et techniques se multiplient au XIXe siècle. La maîtrise de l'homme sur la nature s'affirme aussi dans les jardins. La promotion de la nature artificielle reflète les prouesses techniques capables d'imiter les éléments naturels. Le ciment armé, nouveau matériau, imite le bois rustique et les faux rochers, appelés rocailles. Cette nouvelle technique prend le nom de rusticage. Alphand est le premier à utiliser le ciment armé dans ses grands aménagements.
  • Dans le parc Montsouris le matériau se retrouve dans de nombreux éléments de décor : les balustrades et les escaliers du belvédère, les rochers de la cascade et de la base de la rotonde de l' Équatorial.

Évolutions du parc

Plan du parc 1904
  • Un jardin n'est jamais figé dans le temps. Même si le parc Montsouris garde ses tracés d'origine, il a subi des transformations.
  • En 1930, la voie ferrée de la ligne de Sceaux est rabaissée pour des raisons de modernité et de sécurité permettant la suppression du passage à niveau du boulevard Jourdan. Le pont de pierre qui permettait de passer sous la voie ferrée est détruit. Une nouvelle passerelle permet de passer au-dessus des voies abaissées. Celle-ci forme un nouveau belvédère, (en imitation bois, technique de rusticage) donnant sur le lac et offrant une nouvelle vue panoramique sur la ville.




Patrimoine.png Patrimoine bâti

Le kiosque à musique

Kiosque à musique
  • Le kiosque à musique n'a pas toujours été destiné à la musique. Construit pour l'Exposition d'Électricité de 1881, ce pavillon va retenir l'attention d'Alphand. Il souhaite l'installer dans une promenade publique. remonté dans le parc en 1884, il est transformé en abri pour les promeneurs.
  • À la fin du siècle, les kiosques à musique se multiplient dans les parcs publics et deviennent des lieux d'expression de la chanson populaire. Celui de Montsouris, confirmé comme kiosque à musique à partir de 1889, continue de réjouir le public avec ses concerts.



Le pavillon Montsouris

Pavillon Montsouris
Décor du pavillon


  • Le pavillon a été construit en 1889 pour l'Exposition universelle de 1892. De tout temps de nombreuses personnalités s'y retrouvaient : hommes de lettres, politiques, peintres... Sa verrière a été ajoutée en 1930.


Jardin de gare

Les voyageurs traversaient le parc pour la correspondance entre le ligne de Ceinture et la ligne de Sceaux, par Hubert Clerget 1867-1899
Gare RER Cité Universitaire
  • Volontairement organisé autour de la gare de chemin de fer Paris-Sceaux, le parc de Montsouris est un jardin de gare tel que le définit le paysagiste Édouard André.
  • Le train, nouveau transport moderne, s'expose dans le jardin. Il évoque le voyage. Seul jardin haussmannien à posséder une gare (la gare de Sceaux Ceinture, aujourd'hui gare du RER B), il permet aux voyageurs d'accéder à la ville.
Kiosque de gardien


  • Les kiosques de gardes avec leurs lambrequins de bois découpés au niveau du toit, participent au dépaysement en rappelant les chalets suisses. L'un deux, placé à l'entrée principale est équipé d'une horloge. Rappelle-t-elle au voyageur l'heure de son train à ne pas manquer ?


Du bureau des longitudes à l'Association française d'Astronomie

Association française d'Astronomie
  • Le parc Montsouris accueillait aussi l'observatoire astronomique, dit Bureau des longitudes, qui servait à déterminer les positions géographiques lors des expéditions. Fondé par l'amiral Mouchez en 1875, ce bureau forme les élèves de la Marine mais également les explorateurs.
  • Le pavillon Davioud est aujourd'hui occupé par l'Association française d'Astronomie. Le pôle scientifique du parc était également renforcé par la présence de la Société d'Apiculture, aujourd'hui disparue.


Du Bardo à Météo France

Palais du Bardo, copie du Palais du Bey de Tunis à l'Exposition universelle de 1867, détruit par un incendie en 1991
  • L'implantation d'un observatoire municipal illustra à Montsouris l'importance du mouvement scientifique au XIXe siècle. Lutter contre la pollution, rendre Paris propre, nécessite de disposer de données climatiques.
  • L'Observatoire municipal, ancêtre de Météo France, prend place dans le Palais du Bardo, remonté exprès pour cette occasion dans le parc en 1869.
  • Il comprenait trois services : un service de physique et de météorologie ; un service chimique pour observer la composition de l'air et des eaux de Paris ; un service micrographique pour analyser les microbes et les bactéries de ces deux éléments. Le service de physique et de météorologie était destiné à l'analyse des températures de l'air, de la pression atmosphérique, de la pluviométrie, des direction et vitesse du vent et des nuages.
Les coupoles astronomiques vers 1900
L'Equatorial
  • Deux coupoles astronomiques permettent d'observer le ciel. L'une des deux est détruite au début du XXe siècle, seule L 'Équatorial subsiste.


  • Météo France quitte Montsouris en 2003 mais conserve l'utilisation des instruments modernisés. Cette unique station intra-muros permet à la Ville de Paris de disposer ainsi d'une courbe des températures depuis plus d'un siècle.


La statuaire

  • La statue de La paix armée, édifiée sous la Troisième République, ornait jusqu'en 1984 le square d'Anvers dans le 19e arrondissement. Tenant dans sa main un rameau d'olivier et un glaive, elle scrute l'horizon, partagée entre volonté de paix et désir de revanche.
  • Le monument au colonel Flatters et à ses compagnons : Formé au bureau des longitudes, le colonel Paul Flatters (1832-1881) fut chargé des études du chemin de fer trans-saharien afin d'étendre l'influence française en Afrique. Parti vers le Hoggar avec une caravane militaire de 90 hommes, ils furent massacrés le 16 février 1881 à Bir el-Garama avant d'atteindre leur objectif. Un monument lui rend hommage dans le parc.



Les candélabres Lyre

Lampadaire Lyre


  • Les candélabres au gaz installés dès l'origine, ont été remplacés en 1907 par le modèle 45 en fonte, équipés de luminaires Lyre et fonctionnant à l'électricité.


Les beaux arbres

  • On peut remarquer, entre autres :
- un hêtre pourpre (fagus sylvatica purpurea), 32 m de haut, 3.30 de circonférence
- un hêtre tortillard (fagus sylvatica tortuosa), 5 m de haut, 1.20 m de circonférence
- un séquoia, (sequoia sempervirens), planté en 1935, 30 m de haut, 2.80 m de circonférence
- un platane (platanus acerifolia), 5.30 m de circonférence
- un cèdre du Liban planté en 1878, plus de 20 m de haut ; il y a une cinquantaine de cèdres plantés dans le parc
- un ginko biloba, classé arbre remarquable


  • Cèdre du Liban
  • Cèdre du Liban
  • Cèdre bleu
  • Cèdres et pins
  • Pin et chêne
  • Erable sycomore (Acer pseudoplatanus)
  • Erable
  • Ginko biloba
  • Hêtre tortueux
  • Hêtre pourpre (Fagus sylvatica astropurpurea)
  • Séquoia
  • Bouleau à papier (Betula papyrifera)
  • Arbre pleureur
  • Albizia, arbre à soie
  • Marronnier
  • Tulipier
  • -


    Illustrations - Photos anciennes.png En photos


    Photos 1900


    Référence.png Notes et références

    • Historique affiché dans le Parc.