Musée-Mémorial du Linge

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Entrée du mémorial au Collet du Linge Photo B.ohland

La Guerre de 1914-1918 a laissé de très nombreuses traces, physiques, psychiques, et dans les mémoires.

Si des lieux de batailles nous viennent spontanément à l'esprit, comme ceux de la Marne ou de la Meuse, il y en a eu beaucoup d'autres en France, y compris en montagne. C'est le cas dans le Haut-Rhin, plus exactement sur les sommets vosgiens, avec le tristement célèbre Hartmannswillerkopf mais aussi Le Linge, sommet au-dessus d'Orbey, appelé aussi Lingekopf en allemand ou alsacien. À cause des sanglants combats de l'été 1915, le lieu est surnommé « le tombeau des chasseurs alpins »[1].

Un lieu de mémoire a été construit à cet endroit en 1981, lieu exceptionnel par la découverte in situ des vestiges des tranchées et postes de combat, et par les collections présentées dans son musée.


Une bataille meurtrière

Carte des lignes françaises (en rouge) et allemandes (en bleu) sur la ligne de crête
  • Le lieu :
La crête du sommet du Linge, altitude 986 m[2], séparant les vallées d'Orbey et de Munster.
Il ne s'agit pas là d'un point stratégique. Mais les décideurs avaient pour objectif de récupérer les territoires alsaciens conquis par l'ennemi et ici, de « verrouiller les accès de Munster »[3] en s'emparant des hauteurs, pour préserver la vallée conduisant à Colmar.
  • Forces en présence :
- Côté français :
La 7e armée, commandée par le général Louis Ernest de MAUD'HUY (1857-1921). Avec la 47e division commandée par le général Gaston d'Armau de POUYDRAGUIN (1862-1949) et la 66e division dirigée par le général Marcel SERRET (1867-1916). Le colonel Georges BRISSAUD-DESMAILLET (1869-1948) sera chargé de préparer une attaque. Adolphe MESSIMY (1869-1935)[4] y jouera aussi un rôle et sera blessé. Enfin n'oublions pas les nombreux Bataillons de Chasseurs Alpins, dont le 11e, 12e, 14e, 22e, 30e, 54e et 70e BCA.
- Côté allemand
La 129e DI allemande, avec le général Hans GAEDE, commandant les Bavarois du 6e Landwehr et de la 8e division de réserve.
  • Déroulement de la bataille :
hiver 1914/1915 : positionnement, patrouilles et renforcement des positions.
février 1915 : première attaque par les unités allemandes. Occupation de la ligne de crête et des communes de Hohrod et Stosswihr.
avril 1915 : préparation de manœuvres de diversion.
9 et 15 juin : évacuation de la population de Metzeral et Sondernach et reprise de Metzeral par les Français.
20 juillet : grande offensive française sur le Linge et le Rheinackerkopf. sans succès.
jusque fin juillet : contre attaques allemandes et « bombardement général de grand style »[5] par les Allemands le 31.
août : petites manœuvres françaises, puis renoncement à l'offensive. Le 26 : grande offensive allemande avec gaz, lances-flammes et bombardement sur tout le front.
16 octobre 1915 : l'ultime attaque par les Allemands est repoussée.
  • Bilan :
Défaite ou succès ? Cela dépend des points de vue... Mais une véritable hécatombe avec 10 000 Français tués et 7 000 Allemands. Avec plusieurs raisons : difficultés du terrain et rudesse de cet hiver-là, préparation insuffisante de l'artillerie française, « obstination injustifiée de certains grands chefs »[6], ordres mal interprétés ou contre-ordres, restructurations et changements de chefs...

Le mémorial

C'est une association qui est à l'origine de la construction du Mémorial, et sa première tranche est inaugurée en 1981.
Par la suite il est agrandi, et une dernière tranche est réalisée en 2015.

Le site extérieur

Plan des tranchées (françaises à gauche, flanc ouest, et allemandes à droite, flanc est

Installé « au Collet du Linge »[7], à un endroit de la bataille, le mémorial nous permet de découvrir les deux systèmes de tranchées, en vis à vis sur chaque pente de la crête. La surface des tranchées allemandes faisait presque le double de la surface des tranchées françaises. Mais c'est surtout leur réalisation qui fait la différence : les tranchées allemandes étaient solides, car taillées dans le grès et plus ou moins maçonnées, tandis que les galeries françaises étaient simplement creusées dans la terre. Entre les deux demeurait « un étroit no man's land dénudé »[8].
Sur le site sont également dispersés des abris ou postes d'observation, des réseaux de barbelés, des blockhaus...
Enfin, le terrain est parsemé, des deux côtés, de plusieurs croix blanches ou noires en mémoire de soldats tombés à cet endroit et non inhumés dans la nécropole du Wettstein.

Le champ de bataille du Linge est classé aux Monuments historiques depuis 1932[9].



L'intérieur du musée

Le musée propose une projection vidéo nous replongeant dans le contexte de l'époque.

Une galerie est reconstituée, ainsi que des scènes intérieures arrières telles que bureau de décisions, infirmerie, etc.

Sont rassemblés bon nombre de cartes, courriers et documents, des cartes postales ou photos, des armes ou équipements, des paquetages, et de très nombreux objets du quotidien retrouvés sur place.

Y sont également exposées quelques tenues de soldats.


Monuments commémoratifs


Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Dépliant remis lors de la visite
  • Armand DURLEWANGER, Le Linge, 1915, Ingersheim, DELTA 2000, 1993, 24 pages
  • Daniel ROESS, Hautes-Vosges, 1914-1918, les témoins, Bernard Giovanangeli Éditeur, 2012, 159 pages, ISBN : 978-2-7587-0100-2
  • Dominique TOURSEL-HARSTER, Jean-Pierre BECK, Guy BRONNER, Alsace, dictionnaire des monuments historiques, Strasbourg, Éditions La Nuée Bleue, 1995, 662 pages, ISBN 2-7165-0250-1

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Référence.png Notes et références

  1. Daniel ROESS, Hautes-Vosges, 1914-1918, les témoins, Bernard Giovanangeli Éditeur, 2012, 159 pages, ISBN : 978-2-7587-0100-2
  2. Dominique TOURSEL-HARSTER, Jean-Pierre BECK, Guy BRONNER, Alsace, dictionnaire des monuments historiques, Strasbourg, Éditions La Nuée Bleue, 1995, 662 pages, ISBN 2-7165-0250-1
  3. Daniel ROESS, Hautes-Vosges, 1914-1918, les témoins, Bernard Giovanangeli Éditeur, 2012, 159 pages, ISBN : 978-2-7587-0100-2
  4. Non seulement député et ministre de la guerre sous Armand FALLIÈRES et Raymond POINCARÉ, Adolphe MESSIMY rejoint le front en tant que chef de bataillon de réserve. Il commande le bataillon de chasseurs de la Weiss. Il est blessé au Linge. Il est cité à sept reprises et recevra par la suite la Croix de Guerre.
  5. Armand DURLEWANGER, Le Linge, 1915, Ingersheim, DELTA 2000, 1993, 24 pages
  6. Daniel ROESS, Hautes-Vosges, 1914-1918, les témoins, Bernard Giovanangeli Éditeur, 2012, 159 pages, ISBN : 978-2-7587-0100-2
  7. Dominique TOURSEL-HARSTER, Jean-Pierre BECK, Guy BRONNER, Alsace, dictionnaire des monuments historiques, Strasbourg, Éditions La Nuée Bleue, 1995, 662 pages, ISBN 2-7165-0250-1
  8. Armand DURLEWANGER, Le Linge, 1915, Ingersheim, DELTA 2000, 1993, 24 pages
  9. Base Mérimée