Kretzschmar

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KRETZSCHMAR

Kretzschmar est un patronyme originaire de Bohême, peu répandu, mais présent dans le monde entier.


Étymologie

Une KRCMA actuelle en République Tchèque


détail de l'enseigne

Les mots « Krčma (č = tch) » en tchèque, « Кръчма » (krăčma, č = ch) en bulgare ou « Karczma » en polonais,

Enseigne d'une Karczma réputée de Swidnica en Pologne

, même « Korčma » en haut sorabe (langue utilisée en Saxe) et encore « Кърч'ма » en vieux slave, (dans le sens de taverne, Schank en allemand, Kraatschn en dialecte), signifiait « Cour de Justice » (tribunal), et a été germanisé en Kretscham. Il est présent dans les pays germaniques dès le XIVe siècle. La Kretscham est une taverne, une auberge de village qui, le plus souvent, était le siège des prévôts (ou maires : Schultheißen) qui détenaient le droit de broc, (droit ou licence de débit d’alcool) et le lieu où se tenait le tribunal du village (Gerichtskretscham).

Ancienne Kretscham de Haute-Lusace
La Gerichtskretscham de Kunnersdorf en Haute-Lusace allemande

C’était plus généralement les « locator » (personnage ayant reçu l’investiture de son seigneur pouvant n’être que le seul propriétaire de ces droits) qui détenaient ces droits. En Saxe jusqu’à la fin du moyen âge, Kretscham ou Kretzscham désignaient aussi les droits et obligations en vigueur au village dans l’usage des produits destinés au brassage de la bière. Le terme de Kretscham dans le sens « auberge (ou hôtel) de village » a été utilisé jusqu’aujourd'hui en Haute-Lusace, mais est aussi très fréquent en Silésie prussienne. Il faut s’imaginer qu’à cette époque le village ne devait posséder qu’une seule auberge. Le propriétaire de la Kretscham était le Kretschmar, Kretzschmar, Krätschmar, Kretschmer ou encore Kretzschmer, un mot désignant un métier, une profession. Comme beaucoup de noms de métier, ils sont devenus des patronymes dont l’orthographe a été germanisée ayant comme origine Krčmar ou Krečmar en tchèque, Korčmar en haut sorabe (« Schankwirt » aubergiste ou débitant de boissons) en Kretschmar, Kretzschmar, Krätschmar, Kretschmer et Kretzschmer.

En tant que nom de métier et comme tout nom commun, kretschmar avait un pluriel qui était kretschmarn, ce pluriel pourrait être à l’origine de Kretzschman, le « r » ayant phonétiquement disparu, il a pu prendre un deuxième « n » afin de correspondre au « mann » germanique, sens que l’on peut retrouver par assimilation à la traduction du nom de la localité Kretzmar par Herrnskretschen, (kretschen pour auberge et Herr pour maître, patron donc homme !). La localité de Herrnskretschen, nom allemand de Hřensko en République Tchèque, au confluent de la Kamenice et de la Labe (Elbe), comptoir commercial créé au XVe siècle, situé à l'extrémité sud de la Suisse saxo-bohêmienne était dénommée « Kretzmar » sur une carte du Royaume de Bohême et des provinces annexes de 1688, publiée par Frederick de Wit, Bibliothèque Royale de La Haye, mais encore « Kretscham » sur une carte de Haute-Lusace – Oberlausitz. De multiples localités germaniques existantes ou ayant existé comporte le mot « kretscham » comme suffixe, le nom originel de l'auberge ayant été assimilé à celui du village où elle se trouvait. L’origine slave du nom de Kretzschmar ne fait donc aucun doute et nombreux sont ceux qui portent encore ce nom sous ses différentes orthographes : Krčma, Krečmar, Krchma, Kretschmar, Kretchmar, Kretschmer, Kreczmar, Kraczmar, Cretschemer, etc.


Géopatronymie

Le nom de Kretzschmar est peu fréquent en France et est classé au 178304e rang des noms de famille. Pour la période de 1891 à 1990 les actes d'état-civil mentionnent la naissance de 2 Kretzschmar dans le département des Alpes-Maritimes, d'une dans les Bouches-du-Rhône, de 6 dans le Doubs, de 8 dans le Gard, de 2 dans le Loiret, de 4 dans la Moselle, de 9 dans le Nord, de 3 dans Bas-Rhin, d'un dans le Vaucluse, d'un en Vendée, d'un Rhône, de 4 à Paris, de 2 en Seine-et-Marne, de 2 dans les Yvelines, d'un sur le Territoire de Belfort et de 6 dans les Hauts-de-Seine. Soit un modeste total de 64 naissances ! Cette étude ne doit pas être totalement exhaustive car le dénombrement des naissances constatées dans le département du Bas-Rhin devrait être nettement supérieur à 3, d'une part et les naissances constatées dans le département de Saône-et-Loire n'y figure pas. Il est possible de consulter librement les arbres généalogiques Kretzschmar disponibles sur le site "Geneanet". A cela il faut y ajouter les Kretzschmar nés dans le Bas-Rhin pour la période de 1788 à 1891. Quantitativement le nombre de ces naissances reste encore une fois modeste. Dans le monde selon le site « Names Encyclopedia » le patronyme Kretzschmar (95%) est présent 834 fois dans 18 pays et curieusement 45 fois dans 2 pays comme prénom (5%). Du fait de l'importance de l'immigration allemande dés le 16e siècle vers les Etat-Unis, c'est donc sur le territoire américain que le patronyme y le plus présent, 575 fois, puis la Grande-Bretagne pour 65, l'Allemagne 45, le Brésil 24, la France 24, le Danemark 22, la Suisse 21 et le reste du monde 58, ces chiffres sont naturellement approximatifs.


Héraldique

Le généalogiste et héraldiste néerlandais Johannes Baptista Rietstap (1828-1891) a publié à Gouda en 1861, ce que d’aucuns considèrent comme la « Bible » des amateurs de blasons, son monumental Armorial Général, précédé d'un Dictionnaire des Termes du Blason, en deux volumes représentant un ensemble de 2530 pages et plus de 131 000 blasons d’Europe. Cet ouvrage est détenu par la Bibliothèque Nationale, et peut être consulté sur son site GALLICA. En héraldique, le « blason », dénommé aujourd’hui « blasonnement », dans son sens le plus fréquent, est l'action de décrire, ou encore « delire » ou déchiffrer des armoiries. Il s'agit d'un langage technique propre décrivant d'abord le dessin précis d'un blason ainsi que les meubles qui le composent et que rien ne peut décrire autrement, hormis une variante syntaxique, puis les ornements qui lui sont ajoutés. C’est dans cet ouvrage, tome 1, page 1135 que l’on trouve les « blasons » des Kretschmann, Kretschmar, Kretschmer et principalement Kretzschmar et dont voici les copies et leur texte décrypté :


Kre-erkersreuth (Copier) (Copier).jpg

- Kretschmann auf Erkersreuth – Prusse, Saxe-Cobourg, Bavière (Anobli le 8 juillet 1861). Parti d’or et d’azur ; à un homme issant habillé de l’un et l’autre, coiffé d’un bonnet pointu d’argent les bras levés, supportant de sa main dextre un croissant d’argent et en sa senestre une étoile du même surmontée de deux autres étoiles pareilles ; l’écu bordé de l’un et l’autre. Casque couronné Cimier une chouette au naturel, posée au centre d’un serpent d’or, plié en rond. Lambrequin d’or et d’azur.


Kre- silesie (Copier) (Copier).jpg


-Kretschmar de Stolzenhain – Silésie (Chevaliers en Bohême, 1720.) Palé contre-palé de trois pièces de gueules et d’argent, le deuxième compartiment (d’argent) chargé d’une étoile d’or. Casque couronné une étoile d’or, entre un vol coupé alternativement de gueules et d’argent.

- Kretschmar – Hollande, Gueldre (Noblesse du Saint-Empire, 2 mai 1697 ; inclus dans la noblesse néerlandaise, 11 février 1826). Palé contre-palé de gueules et d’argent, de trois pièces, le deuxième compartiment (d’argent) chargé d’une étoile d’or. Casque couronné une étoile d’or, entre un vol, coupé alternativement de gueules et d’argent. Lambrequin d’argent et de gueules. Note : les armoiries de ces Kretschmar sont identiques à celles des Kretschmar de Stolzenhain en Silésie ci-contre.

Kre-nuremberg (Copier) (Copier).jpg


- Kretschmann – Nuremberg. D’azur à un croissant figuré tourné d’argent. Cimier un homme issant habillé d’azur, coiffé d’un bonnet à l’antique du même, tenant de sa main dextre le croissant en barre.






Kre-kienbusch (Copier) (Copier).jpg


- Kretschmar de Kienbusch – Saxe-Cobourg (Anobli 5 juillet 1836). De sinople à la fasce, accosté en chef de deux grandes étoiles accostées, et en pointe de sept petites étoiles, 4 et 3, le tout d’or. Casque couronné Cimier un chasseur issant habillé de sinople, coiffé d’un bonnet du même, portant sur son dos un fusil, la crosse en haut. A noter : le concepteur du document a fait une erreur dans le nom en ajoutant un « i » à « mar » !! Le blason et le nom de l’armorial RIETSTAP sont la preuve de cette erreur.


Kret-zutphen (Copier) (Copier).jpg


- Kretschmer – Zulphen. D’azur à un cœur d’or duquel sortent trois chardons (sans feuilles) du même.




Kret-saxe (Copier) (Copier).jpg





- Kretzschmar – Saxe (Noble du Saint-Empire, 28 juillet 1791.) D’azur à la barre d’argent, Casque couronné Cimier trois plumes d’autruche, une d’argent entre deux de sable. C’est donc Léopold II, empereur du Saint-Empire romain germanique, roi de Bohême et de Hongrie qui anobli les Kretzschmar de Saxe le 28 juillet 1791 avec, vraisemblablement, le titre de Chevalier.



Origine

Les Kretzschmar, originaires de la région des Erzgebirge en Bohême, avaient adhéré aux doctrines du réformateur Jean Huss. La plupart des Hussites subirent l’influence du luthéranisme au XVIe siècle. C’est lors de luttes dirigées contre eux que les Kretzschmar auraient quitté la Bohême pour s’établir en Saxe luthérienne entre 1415 et 1434, à Dresde et sa région et principalement à Neukirchen, aujourd'hui Markneukirchen pour ce qui est de la grande majorité des Kretzschmar français. Les concernant, deux sont arrivés à Strasbourg en 1788 et seul Charles Frédéric Kretzschmar (1765-1835) est le premier de cette lignée, son frère étant décédé en 1794. Trois ou quatre autres ont émigrés vers les Etats-Unis et devraient être à l'origine de nom Kretzschmar de nationalité américaine.

Sur la guerre des hussites. Jan Hus (1369-1415) apparaît comme le précurseur, avec un siècle d'avance, des grands réformateurs du XVIe siècle, de Luther en particulier. Admirateur des écrits de Wyclif, il prend sa défense lorsque ce dernier est condamné. Il est alors excommunié. Prague, sa ville est frappée d'interdit, il doit la quitter pour la Bohême méridionale où il prêche et écrit des traités de théologie. En 1414, il est cité devant le concile de Constance et s'y rend, muni d'un sauf-conduit de l'empereur germanique et roi de bohême Sigismond. Il est cependant condamné pour hérésie et brûlé vif en 1415 et ses écrits sont brûlés. Le mouvement hussite assuma un caractère révolutionnaire dès que la nouvelle de la mort de Hus le 6 juillet 1415 atteignit Prague. Chevaliers et nobles de Bohême envoyèrent au concile de Constance le 2 septembre 1415 une protestation formelle en faveur de la réforme de l’Église, condamnant l’exécution de Jan Hus avec les mots les plus durs. L'empereur Sigismond, qui envoya des lettres de menaces déclarant qu’il noierait bientôt tous les wycliffites et hussites, rendit furieux le peuple. Des troubles éclatèrent alors partout en Bohême. Bien que de nombreux hussites influents aient quitté la ville, les troubles continuèrent à Prague. Le 30 juillet 1419 une procession hussite menée par le prêtre Jan Želivský défenestra les conseillers impériaux depuis les fenêtres de la mairie de Prague. C’est le début de l’insurrection des hussites qui vont résister avec acharnement à cinq croisades que l'Europe envoie à l'appel du pape et du roi de Bohême contre les « hérétiques ». Les croisades vont durer de 1420 à 1434. Ce furent les premiers combats en Europe où des armes portatives à poudre comme les mousquets eurent une contribution décisive.

Les monts Métallifères (en allemand Erzgebirge et en tchèque Krušné hory) sont une chaîne de moyennes montagnes commune à l’Allemagne et à la République tchèque, frontière naturelle entre la Saxe et la Bohême. Ils étaient pratiquement inhabités au Moyen-Âge et couverts de forêts denses. Au XVe siècle, la découverte des gisements d’argent à Jáchymov et d’étain a mené à la colonisation des montagnes et à la création de villes. Le nom est dérivé de la richesse en ressources minérales. Aujourd’hui, ces montagnes sont devenues surtout des lieux touristiques de sports d’hiver. Les activités minières ont cessé avec l'épuisement des gisements.

Carte du Royaume de Bohëme

Les archives de Neukirch-Markneukirchen, dont les plus anciennes ont été détruites par un terrible incendie en 1840, mentionnent des Kretzschmar (voire Kretzschmann) édiles de ce bourg :

• Dans un registre fiscal de 1755 : Kretzschmar, bourgmestre (le prénom manque), et Gottfried Kretzschmar.

• Dans l’histoire de Markneukirchen, 1926, Erich Wild cite : Cornelius Kretzschmar, conseiller de 1697 à 1730, ayant occupé le poste de secrétaire (du bourg) de 1697 à 1715 et de bourgmestre de 1704 à 1730. Gottfried Kretzschmar, conseiller de 1730 à 1767, ayant occupé le poste de secrétaire (du bourg) de 1715 à 1767 et bourgmestre de 1730 à 1762. Johann Gottfried Kretzschmar a été secrétaire (du bourg) de 1767 à 1792.

• Le recensement de la population – Bürgerschaft der Stadt Markneukirchen – des années 1521 à 1722 selon les publications d’Erich Wild en 1934/1938, mentionne : Kretzschmar Gottfried enregistré en 1722 sous le numéro 158, mentionné aussi ci-dessous. Kretzschmar Cornelius enregistré en 1722 sous le numéro 41, mentionné aussi ci-dessous. Kretzschmar Johann Christian enregistré en 1722 sous le numéro 42. Kretzschmar Peter enregistré en 1557 sous le numéro 21.Kretzschmar Conz enregistré en 1523 sous le numéro 27.

• Un registre foncier de 1808 mentionne l’acquisition de terres par, Christian Gottfried Kretzschmar : cadastre de l’époque Nr. 53, valeur 2615 Taler. Christian Gottlieb Kretzschmar : cadastre de l’époque Nr. 220, valeur 743 Taler 18 Groschen. Carl Wilhelm Kretzschmar : cadastre de l’époque Nr. 215, valeur 525 Taler.Johann Gottfried Kretzschmar : cadastre de l’époque Nr. 189, valeur 145 Taler 6 Groschen.

• Le recensement des propriétaires de maison – Hausbesitzer – de Markneukirchen pour l’année 1812 des Kretzschmar sans le « z » : Kretschmar, enregistré sous le numéro 19, profession « grand fourreur ». Kretschmar, enregistré sous le numéro 215, profession « secrétaire de la ville » et artisan travaillant le laiton, et probablement prénommé Carl. Kretschmar, enregistré sous le numéro 249, profession « petit fourreur »,

• Une courte généalogie nous présente Justina Kretzschmar née le 22 avril 1632 et décédée le 19 novembre 1690 ; elle épouse vers 1648/1650 Jacob Augustin né le 30 septembre 1619 et décédé le 20 février 1701 ; ils ont deux enfants Maria (17 février 1655 – 9 avril 1722) et Christian (13 décembre 1670 – 22 août 1743). Tous ces événements ont eu lieu dans une même localité Mittelherwigsdorf en Saxe, situé à l’est de Dresde, aux frontières actuelles de l’Allemagne et de la république Tchèque et la Pologne.

• Enfin Erich Wild mentionne dans son livre sur cette localité, un Hans Adam Kretzschmar « originaire de Wohlhausen » (localité à 2 km au nord-est de Markneukirchen) qui a été nommé, le 2 janvier 1738, Maître de la guilde des luthiers.

Markneukichen, « nid musical (Musikwinkel) » du Vogtland, est mondialement reconnue pour la qualité de ses fabrications artisanales d’instruments par ses maîtres luthiers depuis 350 ans. Elle organise annuellement un concours international de musique, résultat d’une longue tradition encore vivante.

Ayant adhéré aux convictions du réformateur Jean Huss, les Kretzschmar ont adopté la religion protestante et le sont restés, dans leur très grande majorité, jusqu’à nos jours.

Les Kretzschmar Français

Venus de Neukirchen (Markneukirchen) en Saxe avec les savoir-faire dans le métier de la fourrure, ils ont contribué dès 1794 en s'établissant à Wasselonne au développement et à la structuration du métier de fourreur. Ils ont été une référence mondiale dans ce domaine et naturellement aux Etats-Unis où certains membres de cette famille s'y étaient installés également comme fourreurs. Ils ont participé à la formation de nombreux ouvriers qui pour certains en s'alliant à une des filles Kretzschmar ont créé des grandes maisons de fourrures. Ainsi de 1765 à nos jours, on a pu recenser, sur plusieurs générations, 17 Kretzschmar ayant exercer ce métier et 23 parmi les familles alliées. Ils étaient présents à Wasselonne (67), Chalons-sur-Saône, Saint-Cloud, Marseille, Montreuil (93), Paris, Clermond-Ferrand, Lille, Besançon, Toulouse, Mâcon, Lyon, Belfort, Alger.

Les fourrures Kretzschmar à Mâcon,...
..., et à Alger


Le point d'orgue de cette activité à été marqué par la création de la Maison de Chalon-sur-Saône en 1850 par Guillaume Kretzschmar ( 1824-1897), dont les bâtiments originels existent toujours, d'une part et par la rédaction par son fils, Charles Kretzschmar (1851-1931) de son livre « Les animaux à Fourrure », véritable bible du métier de fourreur, dont la notoriété fut également mondiale.


Extrait des « Notes historiques », rédigées par Gustave Rosselet dans « La Revue de la Fourrure » de décembre 1937 : Il y a bientôt un siècle, qu'un ouvrier du Bas-Rhin, M. Guillaume Kretzschmar, qui avait fait son apprentissage chez son père, dans son village natal, après s'être perfectionné à Paris et à Londres, vint s'installer en Saône-et-Loire et fut le créateur de l'industrie de la Fourrure, qui a pris aujourd'hui une si grande extension dans notre contrée. En 1875, M. G. Kretzschmar associait à son affaire son fils aîné, Charles Kretzschmar. Ces deux hommes furent les grands animateurs de la maison; autour d'eux, vinrent se perfectionner dans le métier de nombreux apprentis fourreurs de Dijon, Bourges, Besançon. Clermont-Ferrand, Lille, Marseille, Epinal, Mâcon, Nantes, Bordeaux. Paris, Toulouse, Alger, Roanne, Saint-Étienne, Lyon, Thoissey, etc., etc., et de l’étranger, de Berne, Bâle, Zoug, Zurich, Genève, Stuttgart, Baden-Baden, Bruxelles et même New-York. (Je m'abstiens de citer des noms, craignant d'en omettre). Ces jeunes gens avaient coutume de prendre les repas avec les vieux parents Kretzschmar. Un fourreur d'un âge avancé me disait encore dernièrement : « Qu'ils étaient bons les civets de lapins avec des nouilles, préparés par la « Patronne », et comme nous y faisions honneur » ! Plusieurs de ces apprentis s'en allaient à Paris compléter leur stage, surtout à la Maison Révillon frères. M. Théodore Révillon, dont la vénérable figure est encore si vivante en notre souvenir, avait donné à ses contremaîtres, la consigne que voici : « Ouvrez la porte toute grande aux ouvriers de Kretzschmar de Chalon. »

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Une fois l'an, le 27 février, la foire millénaire des Sauvagines réunissait tous les fourreurs de la région : on achetait..., on vendait..., et après une rude journée de « recettes » savantes et quelquefois fructueuses, ou s'attablait pour faire honneur, je vous assure, à un menu arrosé des vins les plus généreux de notre Bourgogne. La soirée commençait par d'intéressantes conversations techniques souvent ardentes et controversées, sur la façon de faire un « refend », de tirer une « langue », de combiner un « galonnage sans escalier », de réussir une « transposition » savante. Puis c'était les bons mots, les anecdotes, souvent bien corsés, qui semblaient effaroucher les chastes oreilles des dames. C'était le bon temps. Ensuite les chansons commençaient, et tard dans la nuit ou le lendemain, on se séparait avec l'espoir de recommencer l'année suivante. Comme ouvrage de fond, mon beau-père fit paraître « Les Animaux à Fourrures », dont la 2e édition est épuisée. Ce livre d'une incontestable valeur technique est le plus complet, existant en langue française.Ensuite, M. Labbé, actuellement Commissaire général de notre grandiose Exposition des Arts et Techniques, en son temps Directeur de l'Enseignement technique, demanda à M. Kretzschmar de rédiger « Le Livret du Fourreur », petit opuscule incitant les jeunes gens à embrasser le métier de fourreur.

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La notoriété de ce grand fourreur s’affirmait de plus en plus. De Paris un de ses amis intimes, de la Place de la Victoire, le sollicitait instamment pour l'associer à son affaire, lui faisant entrevoir une brillante réussite. De Lyon, un pelletier (pourquoi ne pas le citer ?), M. Courtois père, dont les dignes successeurs sont MM. Lavorel frères, lui fit des propositions intéressantes, auxquelles il ne donna pas suite, désirant rester dans sa ville natale. En 2015 le dernier magasin de fourrure portant encore le nom de « Fourrures Kretzschmar », créé par le père d'Henri Kretzschmar, Jules Albert Kretzschmar, à Lille fin des années 1920 et repris par Monsieur Cortier a fermé ses portes le 28 février 2015, marquant ainsi la fin de 200 ans d'histoire.


Personnalités

Hôtel KRETZSCHMAR de Grendelbruch vers 1936

Parmi celles qui sont françaises :
- Guillaume Kretzschmar (1824-1897) et son fils Charles Kretzschmar (1851-1931), fourreurs à Chalon-sur-Saône, déjà cités ci-avant,
- Henri Kretzschmar, (1896-1956) fourreur à Lille et grand sportif, fondateur du LOSC, et son fils Jean-Jacques Kretzschmar, (1925 - ) footballeur professionnel renommé,
- Claude Kretzschmar (1931- ), réel fondateur du Loto français en 1976, non reconnu officiellement, et du 1er réseau de télétransmission par minitel « FUNITEL ».
- Guillaume Albert dit Willy Kretzschmar, seul de la famille ayant honoré son nom en étant propriétaire d'un hôtel restaurant à Grendelbruch (67). Ce bâtiment existe toujours, le restaurant ayant été dénommé par son propriétaire actuel « AU POT AU FEU ».

D'autres Kretzschmar sont également célèbres en Allemagne comme le handballeur Stephan Kretzschmar ou le musicien Thomas Kretzschmar, et aux Etats-Unis.



Sources

Ensemble du texte, fruit d'une recherche personnelle, extrait du livre en édition privée, réalisé par Jean Pierre Kretzschmar (jeanpierre.k44@gmail.com) sur la famille Kretzschmar et sa généalogie. Illustrations personnelles et familiales, acquises légalement ou encore libres de droits.