Ouvrir le menu principal

Jean Aicard


< Retour à la page de Toulon

Jean AICARD.
Poète, romancier, auteur dramatique.
Président de la Société des gens de lettres.


Jean AICARD, poète, romancier, auteur dramatique, président de la Société des Gens de Lettres.
Né à Toulon (Var) le 4 février 1848, décédé à Paris le 13 mai 1921.

Petite notice historique :
Un délicat et un vibrant : on pourrait avec ces deux mots définir le caractère de Jean Aicard.
Le nouveau président de la Société des gens de lettres a l'âme tendre d'un poète, la fougue exubérante du méridional; et le contraste est exquis entre l'impétuosité de l'homme de Provence et la sensibilité épanouie dans ses vers.
Jean Aicard est un poète en qui chantent des inspirations suaves : ses chansons ont des sourires et des larmes, et ses poèmes que le soleil inonde ont des coins de fraîche rosée. Jean Aicard est le peintre des paysages de lumière, des flots bleus où se balancent les tartanes et des collines rôties où frissonnent les pins; il est le chantre des idylles paysannes et bourgeoises; et Miette et Noré sont dans la langue de Lamartine, presque avec autant d'harmonie et de grâce, la Mireille du grand troubadour Mistral.
A vingt ans, Jean Aicard était poète : à l'heure où d'autres pâlissent sur les livres, à l'ombre de quelques Facultés, il s'en allait, lui, courant après les rimes, écoutant chanter la vague ou les rossignols, le long des rives ensoleillées. L'Académie de Draguignan lui donnait des récompenses, et celui qui devait plus tard cueillir les prix de l'Institut, moissonnait les lauriers de Provence.
Jean Aicard qui préside aujourd'hui la Société des gens de lettres sera demain académicien, et tous les amis des lettres s'en réjouiront, car c'est un vrai poète, un prosateur parfait, un auteur dramatique dont les oeuvres injustement jugées contiennent des pages superbes.
En puis, c'est un sympathique, un honnête homme; avec sa figure ravagée, ses yeux de braise, ses cheveux où le mistral a l'air de souffler, ses gestes qui battent l'air, ses poumons qui crient, tonnent et barytonnent, Jean Aicard est, dans les lettres, une physionomie originale et de tous respectée.
(La Petite Revue, 7e année, 1er semestre, p. 257, 28 avril 1894.)