Historique du Gard

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Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de l'ancienne province de Languedoc.

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Epoque Celtique

Antérieurement à la conquête romaine, le territoire formant aujourd'hui le département du Gard était occupé par les Volces Arécomiques ; ils étaient venus, vers l'an 400 avant J.C., remplacer sur ce sol les Ibéro-Ligures, qui l'avaient peuplé avant eux. Nous savons par les géographes anciens que les Volces Arécomiques s'étaient établis dans les vallées arrosées par le Gardon et sur la rive droite du Rhône, que leur capitale était Nemausus, et qu'autour de cette capitale se groupaient vingt-quatre oppida moins importants. L'histoire ne nous en a pas transmis les noms ; mais les textes épigraphiques, dont le trésor s'augmente chaque jour par de nouvelles découvertes, nous en ont conservé un certain nombre. L'étude de ces noms et l'identification incontestable de quelques-uns avec les localités qui ont remplacé ces anciens centres de population nous permettent d'entrevoir d'après quel système les habitants primitifs, ou au moins les Celtes, à l'époque de leur autonomie, s'étaient groupés sur cette partie du sol de la Gaule.

C'est par vallées que le pays était organisé. dans la contrée montagneuse, l'oppidum était assis au point culminant de la vallée, et par conséquent près de la source du cours d'eau qui l'arrose, ou tout au moins dans la partie supérieure de ce cours d'eau : dans la plaine ou la région des marais, l'oppidum était situé d'ordinaire au confluent de deux rivières. L'oppidum et le cours d'eau qui occupait le fond de la vallée, grande ou petite, portaient (et portent encore presque toujours) le même nom. Ainsi l'oppidum des Virinnenses, VIRINNE (aujourd'hui Védrines, communes du Caylar et de Vauvert), se trouvaient au confluent du Vistre et du Rhôny ; - l'oppidum celtique dit de Nages, encore subsistant, commande la vallée du Rhôny (Rouanis), dont le nom latin, Saravonicus, est commun à ce cours d'eau et à un village annexe de Nages appelé aujourd'hui Solorgues, antérieurement Sérorgues, et Saravonicos dans une charte de 960 ; - celui des Statumenses, STATVMAE (aujourd'hui Seynes), était situé sur une ramification du Serre-de-Bouquet, où la rivière des Seynes prend sa source ; - les Vatrutenses avaient pour oppidum VATRVTE (aujourd'hui Vié-Cioutat, commune de Monteils), sur une hauteur dont le pied est baigné au N. et à l'O. par la Droude.

Aux oppida que nous venons de citer, et à d'autres que nous pourrions citer encore, sont venus, après la conquête romaine, se superposer des oppida gallo-romains : aussi leur dénomination celtique s'est-elle souvent plus ou moins altérée ; parfois même elle semble avoir disparu tout à fait : mais ce n'est jamais sans avoir laissé quelques traces. Ainsi le nom de VATRVTE a disparu, mais la rivière s'appelle encore la Droude ; et l'appellation populaire de Vié-Cioutat (Vetus-Civitas), que portent encore les ruines considérables de cet oppidum, nous avertit qu'il y a eu là jadis une petite ville gallo-romaine. Nous pouvons cependant signaler un oppidum purement celtique, perdu au milieu des bois, dans la partie montagneuse de l'ancien évêché d'Uzès, aux limites du Vivarais, qui a conservé encore aujourd'hui intacts sa forme et son nom celtiques : celui du Garn (Cairn).

Administration Romaine

Sous les Romains, auxquels les Volces Arécomiques se soumirent 121 ans avant Jésus-Christ, le territoire actuel du département du Gard fit d'abord partie de la Province romaine (114 ans avant J.C.).Sous Auguste, les Arécomiques furent incorpérés à la Narbonnaise, créée par cet empereur en l'an 26 avant J.C. ; puis, quand la Narbonnaise fut divisée en deux provinces, la première et la seconde, la Civitas Nemausensis et son territoire firent partie de la Première Narbonnaise.

Vers la fin du IVe siècle, sous Honorius, Uzès (Ucecia), qui n'avait été jusqu'alors qu'un castrum du pagus Nemausensis, devint à son tour une civitas et le chef-lieu du pagus Uceciensis ou Uticensis.

Le pagus Nemausensis est intégralement compris dans le département du Gard ; il n'en est pas tout à fait de même du pagus Uceciensis, comme nous le verrons tout à l'heure.

Le pagus Nemausensis était borné au N. par le pagus Gabalitanus et le pagus Uceciensis, qui arrivait de ce côté à deux lieues de Nîmes, et franchissait même le Gardon, qui semblerait devoir être, dans cette partie inférieure de son cours, la limite naturelle ; à l'O., il était borné par le pagus Rhutenensis et le pagus Lutevensis ; au S., il avait pour limite le pagus Magalonensis et la mer ; à l'E., le Petit-Rhône et le pagus Arelatensis.

Le pagus Uceciensis s'étendait : au N., jusqu'au pays des Helviens ; à l'O., il rencontrait le pagus Gabalitanus et le pagus Nemausensis ; au S., encore le pagus Nemausensis ; et enfin, à l'E., le le Rhône.

Le Pont du Gard

Sous l'administration romaine, le territoire était traversé ou sillonné par des voies nombreuses et bien entretenues. La plus importante était la via Dominitia, qui menait d'Italie en Espagne. Elle entrait dans le département en sortant d'Arles (ARELATE), remontait la rive droite du Rhône jusqu'à Beaucaire (VGERNVM), passait par Jonquières, Redessan, Manduel, entrait à Nîmes par la porte d'Auguste et en ressortait par la porte de France ; de là, elle se dirigeait sur la station d'Ambrussum (Aujourd'hui dans l'Hérault, mais qui appartenait au pagus Nemausensis), en traversant Milhaud (Amiglavum), Bernis, Uchaud (Ad Octavum), Vestrie, Codognan, Mus, Gallargues, et franchissant le Vidourle sur un beau pont de pierre, dont plusieurs arches se voient encore.

De Nîmes rayonnait six autres voies, voies secondaires, dont les traces ont pu être reconnues ; ce sont :

  • La voie de Nemausus à Gabalum, par le Malgoirès, Boucoiran, Ners (où elle traversait le Gardon sur un pont dont plusieurs arches subsistaient encore au siècle dernier - XVIII siècle, NdR), Vézénobres (Venedubrium), Broucen (Voroangus, tout près d'Alais), Chamborigaud, Portes, Génolhac, Vielvic et Villefort. Cette voie se bifurquaient sur Anduze (ANDUSIA) entre Boucoiran et Ners, probablement avant de passer le Gardon.
  • La voie de Nemausus à Albenate (chez les Helviens), par Sainte-Anastasie (Marbacum), où elle franchissait le Gardon sur un pont situé en amont du pont du XIIIe siècle, connu sous le nom de pont de Saint-Nicolas, Uzès (VCETIA), Vallérargues, Lussan, Barjac, Vagnas, Vallon (Aballo) et Ruoms. (Des milliaires subsistent dans ces quatres dernières localités.)
  • La voie de Nemausus à Alba Helviorum, par Marguerittes, Sernhac, Sainte-Colombe (pont sur le Gardon, un peu en amont du pont suspendu de Remoulins), Valliguières, Bagnols (Balneoloe), le Pont-Saint-Esprit, Saint-Just-d'Ardéche (Legernate) et Bourg-Saint-Andéol (Bergoiata). Cette voie se bifurquait sur Avignon (Avenio) après avoir passé le Gardon.
  • La voie de Nîmes en Rouergue, par Montpezat, Quissac (Cotiacum), Sauve, Ganges (Aganticum) et le Le Vigan (AVIGANTUS = Arisitum).
  • La voie de Nîmes à Sommlère (Summidrium), par Saint-Césaire, Nages (Anagia), Calvisson, Aujargues et Villevieille. Cette voie traversait le Rhôny sur un pont qui sert encore à la route actuelle.
  • La voie, plus récente, de Nîmes à Arles par Bellegarde (Pont-Aerarius de l'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem).

Il n'est pas un point du département où l'on n'ait découvert et où l'on ne découvre à chaque instant des restes d'oppida, de villae, etc. qui prouvent qu'il fut alors un des points les plus peuplés et les plus florissants de la Narbonnaise.


Divisions Ecclésiastiques

A l'époque où il fut fondé, en 393, l'évêché de Nîmes comprenait tout le pays des Volces Arécomiques, c'est-à-dire qu'il embrassait, outre le département du Gard, une assez grande partie du département de l'Hérault. En 419 on en détacha le diocèse d'Uzès, et il dut même céder une partie de son territoire pour la formation des diocèses de Maguelonne et de Lodève. En 798 il s'augmenta du petit diocèse d'Aristum, qui, démembré de l'évêché d'Uzès en 526, revint alors, comme une compensation, à celui de Nîmes ; en 1694, il fut de nouveau restreint par l'érection de l'évêché d'Alais.

La circonscription de l'évêché d'Uzès, depuis 419 jusqu'en 1790, ne subit de modification importante que celle que nous venons de signaler ; c'est-à-dire qu'il fut, en 526, diminué du pagus Arisitensis, qui, deux siècles et demi plus tard, fut incorporé au diocèse de Nîmes. Il y eut bien, au commencement du XVe siècle, entre ces deux diocèses, quelques échanges de paroisses faisant limite.

Le diocèse d'Alais fut formé, en 1694, de sept archiprêtrés pris au diocèse de Nîmes, qui fut réduit à quatre.


Gouvernement des Carolengiens - Féodalité

Conquise par les Wisigoth, la Septimanie fut ensuite occupée par les [1] Sarrasins, ayant été sollicité par les barons locaux pour les délivrer de la rudesse de l'administration carolingienne. Cette présence nord-africaine de courte durée avait été très favorablement accueillie par les populations, qui avaient pu bénéficier en peu de temps des avancées techniques musulmannes.

Version I - Histoire de la ville de Nismes, H. Gautier 1724.

L'an 724, les habitants de Nismes, tous Chrétiens, reçurent la Religion de Mahomet, par le moyen des Sarrasins qui étaient revenus d’Espagne, dont ils s’étaient rendus les maîtres, et qui étaient sortis du Royaume de Fez. Nismes défendit pendant quelque temps le passage de la rivière du Vidourle à ces nouveaux conquérants Mores, mais ces derniers l’ayant traversée, ils s’établirent à Gualargues, à trois lieux de Nismes.

Une autre troupe de Sarrasins campant, distant d’environ quatre lieues, prirent ensuite Nismes, Avignon, Arles, Lyon, Poitiers, et conservèrent leurs conquêtes du Languedoc jusqu’en l’an 736 environ vingt années.

Pendant ce temps-là, l’exercice de la religion cessa dans Nismes, les églises furent changées en Mosquées, et la religion Chrétienne interdite.

En 731, Charles Martel fit plusieurs dégâts à Nismes, faisant la guerre contre le Comte de Bourgogne à qui appartenaient Marseille, Arles, et toute la Provence, de même que Nismes, Montpellier, Béziers, et le Roussillon, et ruina la ville de Nismes soixante ans, ou environ, après la première prise par Wamba.

Encore trois ans après, Nismes se relevant de tant de malheurs, Maurice, Duc de Provence fit soulever tous les Goths Espagnols, qui vinrent trois ans après piller tout ce que Charles Martel avait déjà désolé, avec les Villes d’Avignon, et plusieurs autres, de manière que Charles Martel repris les armes de nouveau, retourna en Languedoc, suivit jusqu’à Narbonne Antymus roi Sarrasin, qu’il vainquit, et remit à son obéissance Arles, Avignon, Nismes, Montpellier, Agde, et Béziers, brûlant et rasant toutes ces villes, ce qui causa la plus grande désolation de Nismes, dont du depuis elle n’a pu se relever sur les ruines que fort faiblement, et peu à peu. Tout cela arriva après que Charles Martel eut délivré la Guyenne des Sarrasins, par la célèbre bataille de Poitiers, où il en fit périr trois cent soixante et quinze mille. Il assiégea les Sarrasins la même année dans Nismes l’an 736, il brûla la ville, et renversa toutes les maisons que le feu n’avait pu consumer, les Temples, les Basiliques, les Tours, les Murs, les Aqueducs, les Ponts, etc… furent tous renversés de fonds en comble, dont il ne nous reste que ceux que nous connaissons à ce jour.


Alors le Mahométisme finit avec la destruction entière de la ville. Seulement l’Amphithéâtre ayant résisté aux flammes, il ne fut brûlé qu’en partie, et les bas sièges renversés, qui fut quelque temps après le refuge des Visigoths, qui vinrent du côté des Alpes, se logèrent dans les caves des Arènes, et y rétablirent le Christianisme l’an 743.

A cette occasion de la démolition entière de la ville de Nismes, on peut dire que sont devenues Sparte, Athènes, Corinthe, Thèbes, et tant d’autres villes si fameuses. A peine en connaît-on les noms, et il faut les chercher dans leurs propres ruines.

Ce fut en ce temps là, en 737, 38, et 39, que Mauran Provençal appela à son secours Lienstprend Roi Lombard, qui s’empara de toutes les villes ruinées par Charles Martel, ce qui fut encore un autre fâcheux contretemps pour Nismes. Mais Charles Martel de retour chassa le Lombard et le Provençal de manière que depuis ce temps-là la domination des Goths a été entièrement abolie en Languedoc.


Version II - Antiquités de la ville de Nismes, Léon Ménard, 1760.

Ce fut sous les murs de Nismes que Constance, général d’Honorius, livra bataille à Constantin, lorsque la division se fut mise parmi les chefs de l'empire à sa décadence.

Bientôt la féconde Narbonnaise attira les hordes des peuples nomades qui inondèrent l'empire. Les Visigoths ravagèrent Nismes, et finirent par eu rester possesseurs. Après de longues convulsions et des désastres épouvantables, un traité, passé en 475 entre Euric, roi des Visigoths, et l'empereur Nepos, légitima leur conquête

Nismes ne sortit de la domination des Romains que pour déchoir chaque jour de sa grandeur première, et lorsque les Francs, à leur tour, étendirent leur sauvage domination dans le midi des Gaules, après la bataille de Vouillé, Nismes encore devint un lieu d'attaque et de défense, et vit compléter la dégradation de ceux de ses monument qui étaient restés débout. Son Amphithéâtre devint une citadelle, qui, prise et reprise plusieurs fois par les Francs et les Visigoths, subit toutes les mutilations que la force humaine put opérer dans ces courses hostiles, qui avaient la rapidité d'un incendie

Vers le commencement du VIIIe siècle, au moment où l'Occitanie ( elle portait ce nom depuis peu de temps ) voyait déjà fleurir les arts et renaître sa prospérité, Zama, qui venait de faire la conquête de l'Espagne, et qui la gouvernait pour le calife Omar Il, passa les Pyrénées et ravagea toute la Narbonnaise sous l'étendard de Mahomet. Comme en Espagne, il laissa au peuple vaincu le culte de leurs pères ; mais les moeurs douces et généreuses de ces Maures séduisirent bientôt les fidèles. Déjà beaucoup de chrétiens étaient devenus musulmans, lorsque Abdérame tenta la conquête du reste de la France


Charles-Martel, ayant réuni à la hâte quelques troupes, se porta au-devant de lui et lui livra bataille près de Poitiers. Abdérame y fut tué et son armée entièrement détruite


Peu de temps après, Jusifs, un des généraux des Maures, profitant de l'absence de Charles-Martel, qui était passé en Bourgogne, essaya de replacer la Septimanie sous leur dépendance. Il entra dans une ligue contre Charles-Martel ; mais celui-ci, ayant calmé les troubles de la Bourgogne, revint sur les bords du Rhône, vainquit de nouveau les Maures, leur enleva Avignon, et pénétra jusqu'à Narbonne, malgré le puissant secours envoyé d'Espagne sous la conduite d'Amozos, qu'il tua de sa propre main.

Mais, pour punir le peuple du soulèvement auquel il avait pris part, Charles-Martel fit raser Béziers, Agde, Maguelonne, fit brûler les portes de Nismes, détruisit les murs, et poussa le délire de la vengeance jusqu'à essayer de détruire l'Amphithéâtre par le feu on voit encore les traces de cette barbare entreprise qui eut lieu en 737.

A cette époque, Nismes rentre graduellement dans la barbarie, et perd chaque jour de son importance nous ne le voyons plus figurer que dans nos discordes civiles. Des scènes de carnage s'y renouvellent à tout instant, et n'ont pas même le mérite de solliciter l'intérêt du lecteur, il ne se réveille qu'à l'époque à jamais déplorable des guerres de religion. http://www.nimausensis.com/Nimes/NimSarrasins.htm http://www.cr-languedocroussillon.fr/uploads/Document/WEB_CHEMIN_2844.pdf

Pépin le Bref reconquit la Septimanie en 759. Dès le IXe siècle, les comtes ou vicomtes, gouverneurs amovibles de certaines portions de territoire sous l'autorité des rois, se transformèrent en possesseurs héréditaires à peu près indépendants. Un vicarius était chargé d'administrer et de rendre la justice en leur nom.

C'est à cette époque qu'on peut remarquer, dans nos chartes, la synonymie presque constante du comitatus et du pagus, le premier finissant, au Xe siècle, par remplacer l'autre.

Le comté de Nîmes, devenu ensuite vicomté, était un fief du comté de Toulouse. Au XIIIe siècle, les vicomtes de Nîmes relevaient des rois d'Aragon.

Pendant la période féodale, le pagus ou comitatus Nemausensis était divisé en vicarioe. Voici celles dont les chartes nous ont révélé l'existence :

  • Vicaria Andusiensis, l'Andusenque ;
  • Vicaria-ante-duos-Quardones, le canton actuel de Saint-André-de-Valborgne ;
  • Vicaria Salandrenca, la Saladrenque ;
  • Vicaria Arisiensis, l'archiprêtré du Vigan ;
  • Vicaria Vallis-Anagioe, la Vaunage ;
  • Vicaria Littoraria, la région des Marais, entre la Vaunage et la mer.

Du pagus ou comitatus Ucetiensis nous n'avons jusqu'ici retrouvé que les noms et les limites (assez incertaines pour les deux premières) de quatre circonscriptions :

  • Vicaria Caxoniensis, partie inférieure de la vallée de la cèze, ayant pour chef-lieu Bagnols. Elle formera plus tard, sous l'administration royale, les deux vigueries de Bagnols et de Saint-Saturnin-du-Port ;
  • Vicaria Planzes, partie moyenne de la vallée de la Cèze ;
  • Vallis Miliacensis, la vallée du Tave, ayant pour chef-lieu Laudun ;
  • Vicaria Medio-Gotensis, le Malgoirès.

Capétiens - Administration civile, judiciaire et militaire

C'est en 1258 que le vicomté de Nîmes fut vendue à saint Louis et incorporée au domaine royal, et en 1270 qu'eut lieu la réunion complète du pays de Languedoc. C'est aussi à partir de cette époque que sous l'influence de la royauté, chaque jour plus affermie, les diverses parties des pays réunis à la couronne reçurent une organisation générale et d'ensemble. La sénéchaussée de Beaucaire et de Nîmes, créée dès 1215 par Simon de Montfort, devint en 1270 une sénéchaussée royale ; elle comprenait, outre les deux diocèses de NÎMES et d'Uzès, ceux de Mende, de Maguelonne, du Puy-en-Velay et de Viviers.

  • Le diocèse de NÎMES se composa dès lors de huit vigueries, d'importance fort inégale :
Viguerie d'Aiguesmortes, composée de 8 villes, villages ou communautés.
Viguerie d'Alais 26
Viguerie d'Anduze 36
Viguerie de Beaucaire 17
Viguerie de Lunel 5
Viguerie de Nîmes 33
Viguerie de Sommière 74
Viguerie du Vigan-et-Meyrueis 29
  • Le diocèse d'Uzès comptait cinq vigueries, encore plus inégalement formées :
Viguerie de Bagnols, composée de 25 villes, villages ou communautés.
Viguerie de Roquemaure 14
Viguerie de Saint-André-de-Villeneuve 2
Viguerie de Saint-Saturnin-du-Port 1
Viguerie d'Uzès (haute et basse) 136

La plupart de ces vigueries royales reproduisent, sous des dénominations parfois différentes, mais en conservant presque les mêmes circonscriptions, les vigueries féodales qui les avaient précédées, et qui n'étaient elles-mêmes que la reproduction plus ou moins exacte de circonscriptions antérieures. Ainsi la viguerie royale d'Anduze, c'est la viguerie féodale du même nom ; la viguerie royale du Vigan-et-Meyrueis, c'est identiquement la vicaria Arisiensis ; la vicaria Littoraria répond à la viguerie d'Aiguesmortes ; enfin la vicaria Vallis-Anagioe devient le noyau de la viguerie royale de Sommière.

Chacune des vigueries de la sénéchaussée avait à sa tête un viguier, administrant sous l'autorité du sénéchal et rendant la justice, sauf les cas royaux.

Cette organisation générale fut modifiée au XVIIe siècle pour le gouvernement civil et militaire. Pour la police et les finances, les trois diocèses de Nîmes, d'Uzès et d'Alais appartenaient à la généralité de Montpellier, où résidait l'intendant. Cet intendant était représenté, dans chacun des trois diocèses, par des subdélégués.

  • Le diocèse de Nîmes était divisé en deux départements :
    1. Celui de Nîmes, ayant un subdélégué pour tout le diocèse, excepté Beaucaire ; ce subdélégué résidait à Nîmes ;
    2. Celui de Beaucaire, ayant un subdélégué pour la ville et le port de Beaucaire seulement.
  • Le diocèse d'Uzès avait trois départements :
    1. Celui de Villeneuve-lez-Avignon, où résidait un subdélégué ;
    2. Celui de Pont-Saint-Esprit, avec un subdélégué ;
    3. Celui d'Uzès, avec un subdélégué dont l'administration embrassait les deux vigueries d'Uzès : la haute ou les Cévennes, et la basse ou la Côte-du-Rhône, à l'exception des deux petites vigueries du Pont-Saint-Esprit et de Villeneuve- lez-Avignon.
  • Le diocèse d'Alais était partagé en deux départements :
    1. Celui du Vigan, où résidait un subdélégué dont l'autorité s'étendait à tout le diocèse, sauf la ville d'Alais ;
    2. Celui d'Alais, avec un subdélégué pour la ville d'Alais seulement.


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