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Hôtel particulier

Sommaire

Définition

Un hôtel particulier se caractérise avant tout comme étant une demeure urbaine appartenant et occupée à l'origine par un unique propriétaire. Ce sont là ses deux seules caractéristiques précises et quantifiables. Il se distingue ainsi en zone urbaine de l'hôtel de rapport, construction urbaine généralement luxueuse, mais dont les appartements sont loués ou vendus à plusieurs particuliers, du palais habité par un prince de sang même si les contre-exemples sont nombreux, ainsi que de la maison bourgeoise, qui n'a quant à elle pas le prestige des trois précédents. Cette résidence urbaine d'un personnage important, de sa famille et de sa domesticité (maisonnée pouvant comprendre plusieurs dizaines de personnes), tranche sur les constructions voisines par son échelle (inférieur à celle du palais), ses matériaux, ou son décor.

Caractéristiques

Un hôtel particulier, demeure urbaine des élites, est en général plus vaste qu'une habitation ordinaire, puisqu'il peut s'étendre sur plusieurs centaines de mètres carrés. Néanmoins, la taille ne peut être intégrée dans la définition de l'hôtel particulier, car il existe de grandes maisons bourgeoises plus vastes que de petits hôtels particuliers. Dans le contexte dense de certaines villes, l'hôtel particulier s'adapte à la taille et à la forme du parcellaire.

Les élites urbaines ne se contentant plus du modèle médiéval et renaissant du pavillon bourgeois, elles font construire des hôtels qui possèdent généralement un portail cocher, un corps de logis central, une cour intérieure (voire deux : une cour d'honneur et une cour de service) ainsi que suivant la place disponible, un jardin d'agrément.

En France, après le modèle de l'hôtel en façade sur rue de style gothique ou Renaissance comme l'hôtel Maillard, se développe à partir du XVIème siècle une disposition qui nécessite de la place (disposition régulièrement employée après la Révolution française, la rue ayant perdu de son prestige) : l'architecte écarte le corps de logis principal le plus loin possible de la rue pour s'établir en retrait en fond d'une cour.

La façade arrière donne sur un jardin loin des nuisances des villes, d'où l'expression « entre cour et jardin ». Quand la surface de la parcelle le permet, ce corps de logis se prolonge par deux ailes latérales (plan en U), formant une cour d'honneur fermée par un mur écran (ce mur de clôture respecte ainsi le continuum des fronts bâtis et la règle d'alignement des façades), voire par deux ailes sur jardin (plan en H)note 3. Ce modèle canonique de l'hôtel entre cour et jardin qui perdure jusque dans les années 1930 est ainsi typiquement une demeure aristocratique qui exprime une volonté de manifester publiquement le prestige du propriétaire avec une grande cour (il existe cependant une volonté de ne pas être ostentatoire, par piété, prudence ou souci de discrétion) et parfois d'autant plus d'ostentation que la noblesse est de fraîche date ou que la haute bourgeoisie, de fortune récente, aspire à se fondre dans l'aristocratie.

Une variante de ce modèle en France, à partir du règne de Louis XIV, est le type pavillon ou maison de plaisance lorsque le propriétaire dispose d'un terrain suffisant (le plan en quadrilatère usuel, plus ou moins régulier, fait place à un plan massé qui existait déjà au xvie siècle, avec le corps de logis sans ailes, flanqué de pavillons carrés débordants et s'éloignant des murs mitoyens au lieu de s'y appuyer, ce qui évoque ainsi les dispositions du château). Au fil des siècles ou en fonction du site (hôtel se donnant à voir sur une place urbaine, hôtel sur le bord d'un cours d'eau), la rue regagne ses lettres de noblesse, et la structure de l’hôtel particulier subit une véritable révolution : le logis principal vient se replacer sur le devant (hôtels entre rue et cour avec ou sans jardin) mais devient souvent plus petit en raison de la pression immobilière, ses propriétaires bourgeois préférant vivre le long du domaine public, associé au commerce.

Le XVIIème siècle est marqué par un doublement des logis en hauteur et en profondeur pour certains hôtels, dans un souci d'agrandissement des appartements et de commodité plus grande. La formule du corps de logis « simple en profondeur » (avec des fenêtres pouvant créer un effet de « lanterne » » et de transparence » si elles sont placées dans l'axe les unes des autres) est remplacée par celle du « double en profondeur » (deux logis en parallèle, séparés par un mur de refend). Cette dernière favorise le développement du comble à la Mansart qui évite de construire d'immenses combles droits coûteux en bois et de perdre beaucoup d'espace, et facilite la distribution, en multipliant le nombre de pièces, variant leur taille et leur forme (pièces ovales ou octogonales à la place des traditionnelles pièces carrées ou rectangulaires)5.


Sélection d'Hôtels particuliers (sur Geneawiki)

Bibliographie

  • Alexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris, du Moyen Âge à la Belle Époque, Éditions Parigramme, 2011, 327 p.