Hôtel de Ville de Paris

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Histoire

Photo . C.Angsthelm
  • La place de Grève est l'une des plus grandes places de Paris au Moyen-Âge et le lieu de débarquement des embarcations qui approvisionnent Paris, créée en 1141 pour désengorger le port de Landry situé sur l'Île de la Cité. La place a également été le cadre de grandes manifestations parisiennes, réjouissances (tels que les feux de la Saint Jean entre autres) et révoltes, et aussi, de 1310 à 1830, le lieu des exécutions capitales.
  • En 1263, sous le règne de Louis IX, Saint Louis, les marchands organisés en corporations élisent ceux qui peuvent être considérés comme les représentants de la première municipalité de Paris. La corporation des marchands d'eau étant la plus importante sur la place de Grève, c'est son blason qui deviendra le blason de la Ville.
  • En 1357, Etienne Marcel, Prévôt des marchands, achète au dauphin Charles V une maison dite maison aux piliers (parce que située en place de Grève sur les berges de la Seine), pour en faire le siège de l'administration communale.
Boccador 1465-1549 premier architecte de l'Hôtel de Ville
  • Deux siècles plus tard, la maison sur piliers risquant de s'effondrer, un nouvel édifice fut commandé par François Ier à l'architecte Domenico de Cortone en Italie, dit le Boccador. Pierre Violle, prévôt des marchands, pose la première pierre en 1533, la partie nord du bâtiment ne sera achevée qu'en 1628 sous Louis XIII, du fait des guerres de religion.
  • Le 15 juillet 1789, Jean Sylvain Bailly, mathématicien et astronome, sera le premier maire de Paris après l'assassinat du dernier Prévôt des marchands, Jacques de Flesselles. En tant que maire de Paris, c'est lui qui, le 17 juillet 1789, remettra la cocarde tricolore à Louis XVI (le blanc symbolisant les Bourbons, le bleu et le rouge étant les couleurs de Paris).
  • Le 21 mai 1790 un statut juridique est enfin reconnu à la capitale et Jean-Sylvain Bailly, député du Tiers Etat et Président de l'Assemblée Nationale est nommé comme maire, mais non élu, alors que le conseil municipal est élu par les citoyens. Jean Sylvain Bailly sera guillotiné en 1793 après avoir été jugé par le Tribunal révolutionnaire pour avoir fait tirer sur la foule et défendu la monarchie.
  • En novembre 1791, Jean Pétion de Villeneuve, avocat, est élu maire de la Commune de Paris. En 1792 il prend part à l'insurrection qui aboutit à la chute de la monarchie, et il mettra fin à ses jours en 1794 après avoir tenté de soulever la Normandie contre la Convention.
  • Il n'y aura plus de maire jusqu'en 1848. Sous l'Empire, Napoléon ne veut pas de maire de Paris, simplement que les maires des douze arrondissements aient la responsabilité de l'enregistrement de l'état-civil. Paris est sous la double autorité du Préfet de la Seine et de la préfecture de Police (créée en 1800).
  • Le 19 mars 1803, la Place de Grève deviendra Place de l'Hôtel de Ville.
  • Pendant les Trois Glorieuses, en 1830, la commission municipale présidée par le marquis de La Fayette y prend ses quartiers ; le 31 juillet 1830, du balcon de l'Hôtel de Ville, le Général La Fayette donnera l'accolade au duc Louis-Philippe d'Orléans, ce qui permettra la transition entre Charles X et le roi Louis-Philippe.
  • Le 28 février 1848, la seconde République fut proclamée de l'Hôtel de Ville par Lamartine.
  • En 1853, le baron Georges-Eugène Haussmann devient Préfet, poste qu'il occupera dix sept ans durant lequel il transformera complètement Paris et en fera l'une des plus belles villes du monde. Le baron cumule également les fonctions municipales et Paris, qui s'agrandit de plus en plus, se divise en vingt arrondissements.
  • Pendant la Commune de Paris, le bâtiment est incendié le 24 mai 1871, la bibliothèque historique, qui contenait plus de 120 000 livres, et la collection l'état-civil des parisiens(nes) antérieure à 1860 disparaîtront, (une autre collection d'Etat-civil déposée au Palais de la Cité brûlera également lors de l'incendie du Palais. On peut trouver quelques vestiges du bâtiment répartis dans Paris.
  • L'Hôtel de Ville sera détruit car les ruines ne pouvaient être réutilisées, et reconstruit entre 1874 et 1882 par les architectes Théodore Ballu (1817-1885) et Edouard Deperthes (1833-1898), ayant emporté le concours. L'inauguration du nouvel Hôtel de Ville aura lieu le 13 juillet 1882. La décoration picturale des nombreux salons d'apparat ne sera achevée qu'en 1906.
  • Après la Commune, Paris n'aura plus de maire, un Président du Conseil agit en tant que représentation, mais sans pouvoir, la Troisième République n'octroie l'autorité qu'au Préfet de la Seine.
75104 - Hôtel de Ville de Paris plaque commémorative 1944.jpg
  • Sur le mur du pavillon à l'angle de la rue de Rivoli et de la Place, une plaque rappelle que le 20 Août 1944, à l'aube, les résistants occupent l'Hôtel de Ville durant trois jours et quatre nuits et résistent aux assauts de l'ennemi. Le 23 août le Comité parisien de Libération s'y installe, le soir du 24 août les soldats de la division Leclerc arrivent sur les lieux.
  • Le 25 août 1944, Paris est libéré, le Général de Gaulle se rend à l'Hôtel de Ville et prononce un discours mémorable, dont cette phrase historique : Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré !.
  • Le Comité Parisien de Libération prend les pouvoirs en été 1944 du Conseil général de la Seine ainsi que ceux du Conseil municipal jusqu'en mars 1945. L'Hôtel de Ville sera géré par la gauche jusqu'en 1947 avec le socialiste André Le Troquer, puis ce sera le neveu du général de Gaulle, Pierre de Gaulle, gaulliste du RPF (Rassemblement pour la République) qui sera nommé Président du Conseil municipal. Lui succéderont Édouard-Frédéric Dupont, Pierre-Christian Taittinger. En Juillet 1964, la Région parisienne étant devenue totalement ingérable en raison de son expansion urbaine et démographique, les départements de la Seine et de la Seine et Oise disparaissent au profit de sept nouveaux départements, on parle de la Région Île de France.
  • C'est Valéry Giscard d'Estaing, en 1975, qui rétablit la fonction de maire de Paris. En mars 1977, Jacques Chirac sera élu maire de Paris, premier maire depuis 1871. Élu Président de la République en mai 1995, c'est Jean Tibéri qui lui succède. En mars 2001 ce sera le socialiste Bertrand Delanoë qui sera élu. Mais le maire n'a toujours pas toutes les attributions d'un maire puisque les domaines sensibles de la police et de l'ordre public restent sous l'autorité du Préfet de Paris et du Préfet de police.
  • En 2016, Anne Hidalgo, élue, regroupera les quatre arrondissements du centre de Paris, puis ayant obtenu le pouvoir de redistribuer certaines attributions entre l'État et la Ville, ses décisions suscitent de nombreuses polémiques notamment en matière de circulation.


Extérieur
  • Entre 1837 et 1848, sous Louis-Philippe, au bâtiment d'origine qui ne comportait que le pavillon central actuel, furent ajoutées deux ailes en retrait à la façade Renaissance. Puis deux pavillons d'angle furent construits perpendiculairement. L'édifice devint alors un quadrilatère avec deux cours intérieures. Seule la façade principale resta dans l'esprit italien du Boccador alors que les autres façades, réalisées par les architectes Godde et Lesueur, le furent dans le style de l'époque Louis-Philippe. Avec les travaux d'extension, le bâtiment passa de 4 000 m² à 9 600 m².
  • La façade mesure 143 mètres de long. Son campanile de 50 mètres de haut est orné à la base de quatre chimères (par Auguste Cairn). Le fronton central est composé d'une horloge entourée des allégories du Travail et de l'Instruction (par Ernest Eugène Hiolle), et de deux statues allongées représentant la Seine et la Marne (par Aimé Millet).
  • Le cadran de l'horloge est tombé à terre au moment de l'incendie de 1871 et a pu être sauvé, il pèse une tonne et demie. Le mécanisme du XVIIIe a subi d'importants dommages dans la chute et a dû être remplacé. C'est la maison Henry-Lepaute qui l'a remise en fonction en 1889. Cette horloge est remontée chaque mardi par l'horloger de la Ville de Paris.
  • Au-dessus de l'horloge, le blason de la Ville de Paris encadré par la Vigilance et la Prudence (par Charles Gauthier), et dominant l'ensemble, la statue de la Ville de Paris (par Jean Gautherin).
  • Deux statues en bronze représentant les allégories des Arts (par Laurent Marqueste) et de la Science (par Jules Blanchard).
  • Dix statues de chevaliers disposées sur le toit, en cuivre repoussé primitivement doré, sont l'œuvre de Aimé Perrey, François Pascal et Victorien Tournier.
  • Les façades sont ornementées de grandes figures de la Ville de Paris. Parmi les 108 statues d'artistes, savants, politiciens, industriels, tous nés à Paris, seules cinq femmes sont représentées : Madame Marie de Rabutin-Chantal marquise de Sévigné, Madame de Staël, Madame Roland, Madame Elisabeth Vigée Lebrun, et George Sand. Quelques statues d'origine ont pu être sauvées après l'incendie, un grand nombre a été rajouté.
  • Les blasons des grandes villes sont également représentés (Nice, Marseille, Nîmes, Grenoble, Chambéry, Saint Étienne, Clermont, Lyon, Besançon, Dijon, Troyes, Nancy, Reims, Lille, (Strasbourg et Metz étant sous annexion allemande n'y figurent pas). Sont présentes également les allégories des Beaux-Arts, de la Science, des Lettres, du Génie Civil, de l'Industrie, de l'Agriculture.

L'Hôtel de Ville de Paris est classé aux Monuments Historiques depuis le 15 janvier 1975 [1].



Statuaire de l'Hôtel de Ville du XVI e siècle


Statuaire du XIXe siècle


Sur la façade rue Lobau :


Intérieur
  • L'Hôtel de Ville se présente davantage comme un palais que comme un bâtiment administratif fonctionnel. De nombreux artistes de renom sous la IIIe République se sont partagés les nombreuses commandes picturales des somptueux Salons.

La grande Salle des Fêtes

  • est de loin, le plus beau des salons d’apparat de l'Hôtel de Ville qui rappelle La Galerie d'Apollon au Louvre avec sa voûte en anse de panier et divisée en cinq travées : compartiments à larges moulures dorées, figures en stuc, grandes compositions décoratives ; de grandes arcades et des tribunes à balustrade, des pilastres à chapiteau corinthien se dressent entre les arcades. Une vaste composition allégorique de Benjamin Constant (1845-1902) peinte sur le compartiment central de la voûte représente La Ville de Paris conviant le Monde à ses fêtes. De part et d'autre de cette composition, La Danse à travers les âges par Aimé Morot (1850-1913), et La Musique à travers les âges par Henri Gervex (1852-1929). Dans les espaces séparant ces compositions, des enfants sculptés soutiennent des cartouches peints en grisaille, chaque cartouche portant en lettre d'or Liberté, Égalité, Fraternité. Sur les voussures des deux extrémités de la Salle, deux femmes assises sculptées en relief encadrent un cartouche aux armes de la Ville de Paris. Une figure sculptée en ronde-bosse, représentant cariatide et atlante, de chaque côté de la Salle semble supporter la voûte. Seize pendentifs contenant des figures allégoriques représentent les régions de France et des colonies. Dans les angles de la voûte, quatre figures allégoriques personnifient : le Chant, la Musique, la Danse, la Poésie.

L'Escalier d'Honneur

  • Escalier monumental, à double volée, en marbre blanc veiné, d'une cinquantaine de marches rompue par un palier intermédiaire, (sans doute inspiré de celui de Jean-François Chalgrin au Palais du Luxembourg, mais qui n'était qu'à une seule volée). La décoration d'ensemble de l'Escalier d'Honneur et des galeries du pourtour fut confiée à Luc-Olivier Merson en 1889. La coupole du palier de l'Escalier d'Honneur fut confiée à François Schommer qui composa Les Chansons des rives de la Seine.
  • Dans un des salons d'introduction, qui s'ouvre au sommet de l'Escalier d'Honneur, Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) a peint deux toiles monumentales : L'Été et L'Hiver ainsi que quatre figures en camaïeu sur les écoinçons des arcs.

Le Salon aux Arcades

  • Trois artistes ont dirigé la décoration de ce Salon : Jules Lefebvre (1834-1912), Albert Besnard (1849-1934) et Léon Bonnat (1833-1922). Les panneaux des arcades latérales sont décorés de vues de Paris, les panneaux des piliers séparatifs sont ornés de figures symboliques.

Le Salon Lobau

  • Le peintre d'histoire Jean-Paul Laurens (1838-1921) composa plusieurs grandes scènes historiques puisées dans L'Histoire de France de Jules Michelet, ayant obtenu la liberté de les traiter à sa manière. Il traita : Louis VI donne aux Parisiens leur première charte ; Etienne Marcel protégeant le Dauphin ; La grande révolte des Maillottins ; L'arrestation du conseiller Broussel pendant la Fronde ; La réception du roi Louis XVI à l'Hôtel de Ville le 17 juillet 1789.

L'ancienne Grande Salle à manger aujourd'hui Salon Georges Bertrand

  • Vaste salle dotée de murs lambrissés en chêne, percée de grandes baies en plein cintre flanquées de pilastres et colonnes à chapiteaux composites. Georges-Jules Bertrand (1849-1929) a peint le plafond avec L'hymne de la Terre au Soleil dans le pavillon central, Le Pain et Le Vin dans les petits compartiments, et dans les lunettes au-dessus des portes les Allégories des Aliments supplémentaires. Des caissons sur le pourtour du plafond dans lesquels un chien de chasse, un renard, ou un lièvre encadrent la tête d'un animal ; mouton, sanglier, bœuf... ainsi que des armes de chasse, des cors, des trompettes présentent les trophées animaliers. Sur les côtés, des niches présentent six figures allégoriques : la Chasse par Louis Ernest Barrias, le Chant, la Moisson, la Vendange, le Toast par Jean-Antoine Idrac, la Pêche par Alexandre Falguière.



Vestiges de l'Hôtel de Ville incendié en 1871, disséminés dans Paris
  • Très peu de vestiges subsistent :
- une fenêtre dans les jardins du Trocadéro :
- l'arcade d'une porte d'entrée, au parc Monceau :
- l'intrados de la porte centrale et deux caissons du plafond, au musée Carnavalet :
- un bas-relief en bronze de la base de la statue équestre de Henri IV par Lemaire, au musée Carnavalet :
- une statue en bronze de Louis XIV par Coysevox, au musée Carnavalet :



Les maires

Prénom(s) NOM Mandat Observations
Jean Sylvain BAILLY 1789-1791  
Jérôme PÉTION de VILLENEUVE 1791 1792  
Philibert BORIE 1792-1792 du 7 juillet au 13 juillet 1792  
Henri LEFEBVRE d'ORMESSON 1792-1792 le 21 novembre, une seule journée  
Antoine René BOUCHER 1792-1792 du 15 octobre 1792 au 2 décembre 1792  
Nicolas CHAMBON 1792-1793 du 30 novembre 1792 au 2 février 1793  
Jean Nicolas PACHE 1793-1794  
Jean Baptiste FLEURIOT-LESCOT 1794-1794 du 10 mai au 27 juillet 1794  
-  
Louis GARNIER PAGÈS 1848-1848 du 24 février au 5 mars 1848  
Armand MARRAST 1848-1848 du 9 mars au 19 juillet 1848  
-  
Étienne ARAGO 1870-1870 du 4 septembre au 9 novembre 1870  
Jules FERRY 1870-1871 du 16 novembre au 18 mars 1871  
-  
Jacques CHIRAC 1977-1995 démissionne de son poste lorsqu'il est élu Président de la République le 7 mai 1995  
Jean TIBÉRI 1995-2001  
Bertrand DELANOË 2001-2014  
Anne HIDALGO 2014-  
- -  

Cf. : [ MairesGenweb]

(N.D.L.R. Voir sur le site MairesGenweb)


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