Guerre Franco-Prussienne - 1870-1871

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soldat mort sur un champ de bataille Guillaume Régamey
Soldat mort sur un champ de bataille, Guillaume Régamey, Musée Carnavalet

La guerre franco-allemande, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870

Prologue

La guerre franco-prussienne ou franco-allemande eut lieu entre 1870 et 1871. Ce conflit se termina par la capitulation de la France, qui perdit quelques territoires en Alsace, en Lorraine, dans le Doubs, et dans le territoire de Belfort.

Elle obligea des Français à choisir entre la nationalité allemande et la nationale française, on les appellera les Les optants

L’Empire français déclare la guerre.

En 1870, les états membres d’Allemagne du nord, dirigés par la Prusse, manifestent leur hostilité à la politique européenne de Napoléon III.
Contre toute attente, l’Empire français leur déclare la guerre.
Le 19 juillet 1870, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse.
Cette déclaration fut remise au comte de Bismarck par le chargé d'affaires de France à Berlin.

L’armée du Rhin

L’armée impériale française s’organise en 8 corps d’armées regroupant 23 divisions d’infanterie et 6 de cavalerie, plusieurs unités, l’ensemble devant constituer une armée unique, l’armée du Rhin.

La défaite de la France

"Nouveau Paon", caricature d'André Gill
"Nouveau Paon", caricature d'André Gill

Le conflit oppose la France au royaume de Prusse et à ses alliés allemands jusqu’en 1871.
À la défaite de la France, le traité de Francfort qui est signé le 10 mai 1871 marque la fin du conflit et la paix avec l’Allemagne.

Du côté français, le nombre de militaires tués pendant cette guerre est estimé entre 105 000 et 140 000.

Batailles & évènements

Il se déroule presque exclusivement sur le sol français et connaît deux périodes bien distinctes.

  • La première se solde par la capture de l'empereur et conduit au siège de Paris.
  • Durant la seconde, des armées républicaines surgies des provinces tentent de libérer la capitale.

Leur échec entraîne un armistice et la paix de Francfort

  • 1er août 1870
Les 3e et 10e Bataillons de Chasseurs à Pied sont engagés immédiatement : le 3e dans les premières opérations et le 10e dans les rues de Sarrebrück. Le caporal Pivet du 10e est le premier français à pénétrer dans la ville allemande. C’est l’euphorie et on parle de la « victoire de Sarrebruck ».
Les Français perdent 86 hommes dont 10 tués, les Prussiens 128 hommes dont 19 tués.
  • 4 août 1870
La division Douay du 1er corps d’armée aux ordres jusqu’au 17 août du maréchal de Mac Mahon est écrasée à 1 contre 7 à Wissembourg par la IIIe armée prussienne du Kronprinz. Le 1er corps d’armée de 46 000 hommes échappe à l’écrasement grâce au sacrifice des cuirassiers à Reichshoffen.
  • 6 août 1870
Dès le 6 août, une armée française est battue à Forbach et perd la Lorraine.
Le même jour, le maréchal de Mac-Mahon est battu à Froeschwiller-Woerth et perd l'Alsace.
  • 14 août 1870
Bataille de Borny sous le commandement de Bazaine commandant en chef de l’armée du Rhin
  • 16 août 1870
Les 15 et 16 août, les batailles de Rezonville et Gravelotte sont engagées. 32 000 Français et 422 canons sont opposés à 90 000 prussiens et 222 canons.
Les premiers ont 1 500 tués, 10 000 blessés, 5 500 disparus, les seconds 5 000 tués, 10 000 blessés et 1 000 disparus.
  • 18 août 1870
La bataille de Saint-Privat, plus connue sous le nom de la bataille de Gravelotte, est l'une des batailles les plus importantes de la guerre franco-prussienne.
Elle fut l’une des plus meurtrières de la guerre franco-allemande car elle engageait des effectifs importants : 140 000 hommes de l’armée française ont combattu. 12 000 sont blessés, morts ou disparus. Côté allemand, ce sont plus de 20 000 hommes qui sont mis hors de combat.
  • 20 août 1870
Investissement de Metz
  • 30 août 1870
Bataille de Beaumont sous le commandement de Mac-Mahon
  • 1er septembre 1870
Sedan - Les armées prussiennes et saxonnes sous le commandement en chef du roi de Prusse battent l'armée de Mac-Mahon, 25000 français sont fait prisonniers
  • 2 septembre 1870
Napoléon III qui est à Sedan envoie une lettre au roi de Prusse, où il dit qu'il veut rendre son épée au roi. Il est prisonnier du roi.
Les négociations de capitulation sont conduites par le général et baron Moltke avec l'assistance du comte de Bismarck.
Le 2 septembre 1870 la capitulation de Sedan est conclue à midi, avec le général de Wimpffen
  • 4 septembre 1870
À Lyon et Paris, à l'annonce du désastre, les opposants proclament la République.
Le général Trochu, natif de Belle-Île-en-Mer, devient le président du Gouvernement de la Défense nationale, qui s'est saisi du pouvoir.
Le Gouvernement de la Défense Nationale décide de relancer la guerre pour empêcher les Allemands d'annexer l'Alsace et une partie de la Lorraine.
  • 9 septembre 1870
Capitulation de Laon
  • 19 septembre 1870
Combat de Châtillon avec l'armée de Paris
Le siège de Paris Dès le 19 septembre, les soldats prussiens encerclent Paris par le sud, l’ouest et le nord tandis que l’état-major allemand s’installe à Versailles. Un long siège commence. Il prendra fin quatre mois plus tard avec la signature d’un armistice le 26 janvier 1871.
  • 29 septembre 1870
Par un décret en date du 29 septembre, le gouvernement demande aux préfets d’organiser immédiatement des compagnies de gardes nationales mobilisées.
  • 11 octobre 1870
La bataille des Aydes
C’est après la défaite de Sedan le 2 septembre 1870 et l’encerclement de Paris le 18, que les prussiens arrivent dans le Loiret par Malesherbes et Pithiviers et marchent en direction d’Orléans. C’est un combat décisif et meurtrier qui se déroule au niveau des Aydes, où l’armée française tente en vain d’arrêter l’ennemi. Orléans est envahie et reste sous l’emprise prussienne jusqu’au 9 novembre. L’Armée de la Loire remporte alors la victoire à Coulmiers, contraignant les prussiens à évacuer Orléans.
  • 27 octobre 1870
Le maréchal François Achille Bazaine capitule à Metz avec son armée d'environ 180 000 hommes.
Le maréchal Bazaine refuse de se rallier au Gouvernement de la Défense nationale, par haine de la République.
Il renonce en définitive à poursuivre le combat avec l'espoir d'obtenir de Bismarck le droit de se retirer au centre du pays et, une fois la paix revenue,
La capitulation de Metz livre aux Allemands 3 maréchaux, 6 000 officiers et 173 000 soldats !
  • 11 janvier 1871
Le 11 janvier se déroule la bataille du Mans qui se solde par une défaite décisive pour la France.
  • 18 janvier 1871
Le gratin de toute l'Allemagne proclame l'Empire dans la Galerie des Glaces de Versailles.
  • 20 janvier 1871
Le gouvernement de la Défense nationale se résout à demander l'armistice.
  • 28 janvier 1871
L'armistice est signé pour quatre semaines, le temps d'élire une nouvelle assemblée. Bismarck tient en effet à ce que le futur traité de paix soit avalisé par un gouvernement légitime.
  • 3 novembre 1870
    18 février 1871
Belfort est investie le 3 novembre mais les Prussiens ne sont en mesure de la bombarder qu'à partir du 3 décembre.
Elle est dès lors soumise à un déluge de fer et de feu qui va durer 73 jours et causer des destructions considérables.
L'armistice du 13 février 1871 met fin aux combats. Le colonel Denfert-Rochereau et ses hommes quittent Belfort, les 17 et 18 février, avec armes et bagages.
  • 1er mars 1871
Les vainqueurs défilent dans Paris, capitale endeuillée et silencieuse.
Saturés d'humiliation, des Parisiens proclament une Commune insurrectionnelle.
  • 18 mars 1871
Début de la Commune de Paris
  • 10 mai 1871
Traité de paix de Francfort

Les morts

La guerre de 1870-1871 est moins meurtrière que les deux suivantes:

En six mois et quelques jours seulement, il y a eu :

  • 139 000 morts du côté français (dont 23 500 de la variole, les Prussiens étant vaccinés mais pas les Français). Et 143 000 blessés.
(pour les pertes françaises, les chiffres restent fragiles et incertains.)
  • 50 927 morts pour les Allemands, dont seulement 24 031 tués (par le feu) et 14 138 disparus (les disparus sont finalement des morts à quelques exceptions près).
Soit un total de 65 065 morts ou disparus. Et 89 228 blessés.

Les prisonniers de guerre

Du côté des prisonniers, c’est pire : 400 000 soldats sont emmenés en captivité en Allemagne en l’espace de six mois !

Les principales captures de prisonniers par les armées allemandes ont eu lieu successivement

  • le 6 août à la bataille de Woerth (9 000),
  • le 2 septembre à la capitulation de Sedan (75 000),
  • le 28 septembre : redditions suite aux sièges de Strasbourg (17 000) ,
  • le 29 octobre 1870 : redditions suite aux sièges de Metz (142 000).
  • en février 1871 : 87 000 hommes de l’Armée de l’Est furent internés en Suisse

Les Prussiens les répartissent en urgence dans 200 lieux de détention, des bâtiments militaires désaffectés, ou des camps provisoires.

Officiellement, la libération doit intervenir après la ratification du traité de paix, mais le rapatriement commence après le préliminaire de paix, soit en mars 1871 (l’essentiel des libérations). Une interruption intervient en avril, puis les libérations reprennent le 10 mai 1871, après la signature du traité de Francfort. La captivité a duré 10 mois.

Les lieux de mémoires

Sources : Ministère des Armées (Extrait de la plaquette des lieux de mémoire de la guerre de 1870)

Les musées

  • Musée de la Maison de la dernière cartouche de Bazeilles (08)
  • Musée Guerre et paix en Ardennes (08)
  • Musée de la Guerre 1870 de Loigny-la-Bataille (28)
  • Musée de Pontarlier-Château de Joux (25)
  • Musée et Citadelle de Belfort (90)
  • Woerth Musée de la bataille du 6 août 1870 (67)
  • Citadelle de Bitche (57)
  • Musée de la Guerre de 1870 et de l’Annexion (57)

Les lieux de sépultures

  • CRYPTE-OSSUAIRE DE CHAMPIGNY-SUR-MARNE (Val-de-Marne)
Entre 1870 et 1918, Champigny-sur-Marne a été appelé communément « Champigny-la-Bataille », rappelant le combat le plus sanglant du siège de Paris. En souvenir des combattants français et allemands tombés au cours de la bataille et dont l’identification avait été rendue impossible, le département de la Seine fit édifier, à Champigny, un monument commémoratif sous lequel l’État a construit une crypte-ossuaire. Inaugurée le 2 décembre 1878, elle abrite les corps de près de 1000 soldats français et 400 soldats allemands.
  • OSSUAIRE DE BAZEILLES (Ardennes)
Un ossuaire rassemblant les ossements d’environ 3000 soldats français et allemands, tués dans les combats de Bazeilles, fut construit entre 1876 et 1878. Il se présente sous la forme d’une crypte semi-souterraine, constituée de quatorze alvéoles, séparées en deux par une allée centrale. Les corps des soldats français reposent à droite, ceux des soldats bavarois à gauche. Seuls les ossements des soldats français sont encore visibles. La crypte est couverte par une terrasse sur laquelle est érigé un monument commémoratif.
  • NÉCROPOLE DE METZ-CHAMBIÈRE (Moselle)
Après 1870, les Allemands établirent à Chambière leur cimetière de garnison. Sept ossuaires renferment les corps de 6270 combattants décédés principalement dans les structures médicales de la région. Chaque tombe collective rassemble près de 1200 corps, excepté dans la septième où reposent 433 Français inconnus. En tombes individuelles reposent 177 combattants, principalement des officiers. En 1918, le cimetière devint nécropole nationale accueillant dès lors les soldats tombés au cours des deux guerres mondiales.
  • HALLE DU SOUVENIR ET CIMETIÈRE FRANCO-ALLEMAND DE GRAVELOTTE (Moselle)
Le cimetière militaire de Gravelotte regroupe des corps de soldats allemands et français décédés suite aux combats qui eurent lieu autour de Metz en août 1870. Créé en 1873 par l’armée allemande, il rassemble près de 7000 combattants allemands et français en tombes individuelles et collectives. En 1905, il fut réaménagé à l’occasion de la construction de la Halle du Souvenir.

La guerre de 1870 a fondé les bases d’une prise en charge des sépultures des combattants par les États. Par le traité de Francfort du 10 mai 1871, les gouvernements français et allemand s’engagèrent à entretenir les tombes des soldats sur leurs territoires respectifs, organisant pour la première fois l’aménagement des sépultures de guerre.

Ressources généalogiques

Le Comité international de la Croix-Rouge
Le CICR possède des archives sur la guerre franco-prussienne, y compris des listes de militaires français blessés, prisonniers de guerre ou décédés en Allemagne.
Le "Comité international de Genève pour le secours aux blessés" (qui deviendra la Croix-Rouge) a publié six listes de blessés français recueillis par les troupes allemandes chez Georg, libraire à Bâle et Genève.

Les archives départementales
Rendez-vous sur le site des archives du département de résidence de votre ancêtre à ses vingt ans.
Cherchez quel était son bureau de recrutement, en fonction de sa commune de résidence.
Vous pourrez consulter l'ensemble des documents relatifs au service national :

  • Les registres des matricules de la Garde nationale mobile.
  • Les registres des matricules du Contingent départemental

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Tableau historique de la guerre franco-allemande - Stilke & Van Muyden, 1871 - 614 pages

Voir aussi.png Voir aussi (sur Geneawiki)

  • Durant le conflit opposant la France à l'Allemagne en 1870-1871, le Comité international de Genève pour le secours aux blessés (qui deviendra la Croix-Rouge) a publié six listes de blessés français recueillis par les troupes allemandes
Pour découvrir les listes des Blessés français recueillis par les troupes allemandes (1870-1871)

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