Grands magasins (Paris)

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Le PRINTEMPS

64 boulevard Haussmann, rue du Havre, rue de Provence, 75009

Le Printemps
rue du Havre, boulevard Haussmann
Photo : C.Angsthelm


Histoire.pngHistoire

  • C'est en 1825 que Jules Jaluzot, (1834-1916) fait édifier, avec son épouse, un grand magasin Au Printemps proche d'une population aisée qu'il souhaite attirer dans le quartier très prometteur de la gare Saint Lazare, également situé à proximité de l'Opéra Garnier alors en construction, et de l'église de la Madeleine. Jules Jaluzot était alors chef de rayon Au Bon Marché, grand magasin de la Rive gauche racheté par Boucicaut en 1852.
  • En 1866, il a l'idée révolutionnaire des soldes, événement qui attire la clientèle, en lui permettant d'écouler ses stocks. En 1866 il développe la vente par correspondance, le succès est tel qu'en moins de dix ans, l'Europe, l'Asie, le Proche-Orient reçoivent des catalogues traduits en plusieurs langues. Au début du XXe siècle, la vente par correspondance représente 25 % du chiffre d'affaires du magasin et 11 millions de catalogues envoyés aux quatre coins de la planète. En 1870, autre coup publicitaire, chaque cliente se voit offrir un bouquet de violettes le premier jour du printemps ; la violette devenant fleur fétiche du magasin. La devise du magasin était E Probitare Decus (Mon honneur, c'est ma Probité) puisque l'innovation du magasin était de mettre en confiance sa clientèle.
  • En 1874, deux ascenseurs sont installés dans l'une des cours du bâtiment ; présentés à l'Exposition Universelle de Vienne en 1873 ces ascenseurs avaient été baptisés ascenseurs de Vienne. Ces ascenseurs assurent le développement du magasin vers le haut, Le printemps s'agrandit avec deux étages supplémentaires et avec l'acquisition de deux bâtiments rue de Provence.
  • Le magasin du Printemps est le premier à être présent lors des grandes expositions universelles : en 1878, il reçoit deux médailles d'argent, et en 1889, il se fait remarquer par l'utilisation de chutes de la Tour Eiffel pour fabriquer des médailles.
  • En 1878, il ouvre un premier rayon de confection pour hommes.
  • Le 9 mars 1881, un incendie détruit le bâtiment alors éclairé au gaz et à la chandelle. À sa reconstruction, Jules Jaluzot change alors le statut en société à commande par actions intéressant les employés et le public.
  • Autre innovation en 1882, l'ouverture d'un département de création de mode avec une couturière, Madame Barutel, qui conçoit des modèles fidélisant ainsi une clientèle.
  • En 1928 et 1929, l'expansion du magasin se développe avec l'ouverture de magasins au Havre, à Rouen, à Lille rebaptisés Printania. Puis le groupe Printemps, la SAPAC, crée deux entités : d'un côté les grands magasins et de l'autre les magasins populaires avec l'ouverture de la chaîne Prisunic.
Ancien magasin Brummel à gauche
  • En 1930, il crée Brummell une griffe pour le prêt-à-porter masculin. Autre coup d'éclat, en 1933, le couturier de luxe Paul Poiret accepte de créer à des prix de série des modèles pour des clientes à budget moyen.
  • En 1952, le magasin de la rue de Provence devient le Magasin Brummel (le nom n'étant plus une simple marque) et s'impose comme l'incontournable grand magasin de la mode masculine. L'enseigne disparaîtra en 1999 au profit du Magasin de l'Homme.
  • En 1958 il crée le département Liste de mariage qui deviendra en 1983 la Boutique Blanche exclusivement dédiée au mariage. Après Paul Poiret, c'est Pierre Cardin qui crée en 1962 des pièces de prêt-à-porter griffées exclusives pour le Printemps.
  • En 1964, c'est l'ouverture du Printemps Nation, dans l'Est parisien en plein développement, avec une spécificité : un sous-sol de 2000 m² consacré à l'alimentation. Puis ce sera au tour de Parly 2 et en 1972 de Vélizy 2 de voir le jour,
  • Autre coup publicitaire en 1967 avec le déploiement d'une piste de ski sur la terrasse du Printemps Haussmann. Opération qui sera renouvelée plusieurs années, avec en 1968 une démonstration de la championne Marielle Goitschel.
  • En 2000, Le Printemps inaugure un nouveau concept de magasin, avec Citadium, temple du sport et du street wear, rue de Caumartin.
Les 150 ans du Printemps en 2015
  • En 2014, nouvelle expansion du Printemps avec l'ouverture d'une surface de 2500 m², sous la Pyramide du Louvre, en s'associant avec le Musée du Louvre, puis l'ouverture d'un second magasin à Marseille au sein du nouveau et luxueux centre commercial Les Terrasses du Port au design contemporain.
  • De nos jours, le Printemps occupe à Paris quatre bâtiments dans le quartier Haussmann, représentant une surface de 45 000 m².
  • Entre 1991 et 2005, le Groupe Pinault-Printemps-La Redoute était propriétaire de la marque ; depuis 2013 c'est un fonds d'investissement Qatari qui en est propriétaire.

Le Magasin du Printemps est inscrit partiellement aux Monuments Historiques depuis le 15 janvier 1975 : [1].


Patrimoine.png Patrimoine bâti

Premier magasin du Printemps en 1900, rue du Havre, boulevard Haussmann
  • C'est l'architecte Paul Sédille (1836-1900) qui conçoit le nouveau bâtiment entre 1881 et 1885, avec un luxe inouï en utilisant le fer comme matériau de base et la pierre dans la décoration. Sur la façade qui a été sauvegardée rue du Havre, trois grandes arcades en plein cintre au rez-de-chaussée, avec des piliers ornés de guirlandes de fleurs qui supportent l'entablement sur lequel repose le second étage avec trois grandes baies vitrées encadrées de chassis de fer et de bronze. Il fait placer entre les pilastres encadrant les baies vitrées, quatre statues représentant les saisons, sculptées par Henri Chapu ; chaque rotonde d'angle est couverte d'un dôme à occuli, couvert en écailles de poisson et surmonté d'un édicule : l'enseigne Au Printemps est inscrit en lettres d'or sur un fond de mosaïque ; à l'intérieur, la nef, surmontée d'une verrière, est bordée de galeries superposées avec de larges allées comportant des comptoirs sur mesure ; le fer est visible et très présent dans la décoration, lui donnant des airs de cathédrale.
Hall central
Le grand escalier
  • Dès 1883 le magasin du Printemps est entièrement éclairé à l'électricité, bien avant que la Ville de Paris ne l'adopte en 1889. Les étages sont éclairés par des lampes alimentées par une machinerie installée en sous-sol.
  • En 1905, les quatre escaliers sont remplacés par un escalier central.
1907 nouveau bâtiment par René Binet
Ferronnerie Art Nouveau
  • Entre 1907 et 1910 un second magasin est construit sur le boulevard Haussmann par l'architecte René Binet (1866-1911) avec les rotondes d'angle extérieures ornées de statues d'Anatole Guillot, ainsi qu'une vaste terrasse. À l'intérieur un vaste hall octogonal de 42 mètres de hauteur, bordé de balcons et de rampes en ferronnerie style Art Nouveau. Trois ascenseurs desservent les six étages ainsi que les deux sous-sols, dont l'un permet d'accéder au premier magasin.
  • En 1912, Le Printemps ouvre la première succursale de son magasin en province à Deauville, mais uniquement pendant la saison estivale. L'atelier Primavera est créé sous l'impulsion de René Guilleré, critique d'art et fondateur de la Société des Artistes Décorateurs, qui, avec son épouse, vont rassembler un collectif de jeunes talents pour créer des meubles et objets en édition limitée. Les salons du paquebot Normandie seront décorés par Primavera.
  • En 1921, un court-circuit provoque un incendie dans le nouveau magasin 2. C'est Georges Wybo (1880-1943), un élève de René Binet, qui refait le magasin à l'identique, y compris les vitraux des coupoles détruits ; il introduira les nouvelles techniques des portes coupe-feu et du vitrage pare-flammes importées des États Unis. Les premiers escalators seront installés. Pour la réouverture en 1924, un spectacle par les Ballets Russes de Diaghilev est donné ainsi que des concerts de jazz au profit de la Croix Rouge.
  • En 2001, Le Printemps innove à nouveau en consacrant entièrement son premier étage à la joaillerie de luxe, dans une ambiance très épurée, sur 3000 m², ainsi que la haute horlogerie et les accessoires d'exception. L'idée sera reprise par les autres Grands Magasins.
  • En 2007, une grande restauration de la façade est conduite par l'architecte en chef des Monuments Historiques, Gabor Mester de Paradaj, nécessitant l'intervention de tailleurs de pierre, de marbriers pour les dégradations liées au vieillissement et à la pollution, ainsi que d'ouvriers en métallerie d'art pour les problèmes de corrosion sur la structure métallique ; après tous les décapages, les mosaïques d'origine sont réapparues. La mise en valeur du bâtiment extérieur étant assurée par des ampoules LED miniatures.


Atrium dans Espace Mode par Yabu Pushelberg
Escalators dans Espace Mode
  • Puis en 2010, agrandissement de l'espace luxe sur trois niveaux de l'Espace Mode ouverts sous une nef centrale, imaginé par le cabinet d'architectes Yabu Pushelberg, dans lequel les créateurs internationaux prestigieux se déploient dans un univers chic et élégant.


La voile et ses pétales
La voile par Yabu Pushelberg
  • En 2018, dans le magasin historique de la rue du Havre, désormais entièrement dédié à l'Homme, Le Printemps fait à nouveau appel au cabinet d'architecture américano-canadien Yabu Pushelberg pour créer un concept architectural de clarté en ouvrant un atrium sur l'ensemble des dix niveaux du magasin afin que le regard embrasse l'ensemble. Pour cela, une immense voile verticale de 30 mètres de haut est installée, qui s'élève entre le deuxième et le sommet du magasin. La voile pèse 24 tonnes et se compose de 17 200 pétales. Une vingtaine d'escalators en inox sont mis en place dans cette ouverture. De plus, Le Printemps ouvre (comme les Galeries Lafayette) un étage pour l' épicerie de luxe, ainsi que des espaces de restauration du 7e au 9e étages offrant une vue panoramique sur Paris.




Magasin 2 par René Binet en 1907, devenu Magasin de la Mode



Les verrières

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75109 - Le Printemps Verrière (2).JPG
Verrière Charras
  • Le première verrière Art Déco est créée par le maître verrier Eugène Brière en 1923. Il faut monter au 6 ème étage du magasin de la Mode pour l'apercevoir, contrairement aux Galeries Lafayette. D'un diamètre de 20 mètres sous une hauteur de 16 mètres, ses motifs sont très simples : des fleurs et des feuilles bleues et oranges ainsi que des feuilles vertes et jaunes allongées qui suivent la progression de chaque pan de verrière vers le haut.
  • Au début de la guerre en 1939, elle est démontée par mesure de protection, ses 3185 panneaux sont mis à l'abri dans les sous-sols d'un entrepôt à Clichy-la-Garenne. Elle ne sera remise qu'en 1973 sous la supervision du petit-fils d'Eugène Brière à l'aide des plans qui avaient été conservés dans l'entreprise.


Verrière Binet
Verrière Binet
  • Le Magasin de la Mode a ouvert en septembre 2021 un espace 7 e Ciel de 1300 m² consacré à la vente en seconde main de vêtements de luxe. L'accès était fermé au public depuis plus de 60 ans. C'était l'ancien réfectoire des employés du Printemps.
  • On aperçoit la verrière Binet, construite par René Binet en 1910, jumelle de sa voisine la verrière Charras : un dôme de verre transparent et une charpente d'acier de style Eiffel apparente.



Pont d'Argent
Le Pont d'Argent, d'une verrière à l'autre
  • Le Pont d'Argent est une structure éphémère des années 1930 reliant les deux coupoles de verre ; l'espace présente un style industriel avec murs de briques apparentes et des charpentes de métal riveté, avec un décor d'origamis composés de 12 000 oiseaux en papier d'argent.
  • Le Pont d'Argent s'ouvre sur une terrasse offrant une vue panoramique sur les toits de Paris.




Grilles historiques
Grilles
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  • Ces trois grilles en bronze et métal ont été installées en 1881 lors de la reconstruction du magasin après un incendie, puis abandonnées en 1930. Entreposées dans les sous-sols depuis plus de cent ans, les grilles donnant sur la rue du Havre ont été restaurées et remises en état dès 2019. Un ancien système à poulies actionné par une manivelle a permis de faire remonter les imposantes grilles du sous-sol jusque dans la rue. Deux grilles seulement ont été remises en place car une vitrine occupe l'emplacement de la troisième porte rue du Havre.
  • Chacune de ces grilles pèse 1500 kg pour une hauteur de 3.30 mètres sur 3.20 mètres de large, elles se manœuvrent en 90 secondes. En 1930, un système électrique a remplacé celui à poulies. Dans leur décor on peut remarquer deux statuettes représentant Hercule et Omphale qui est le symbole du Printemps, dans la mythologie grecque, de la domination des femmes sur les hommes (Omphale ayant réduit en esclavage son amoureux Hercule).
  • L'idée de remettre ces grilles en place a été prise, afin de renforcer la sécurité du magasin suite aux nombreuses manifestations de gilets jaunes qui se sont déroulées dans le quartier, plutôt que d'installer un rideau métallique plutôt disgracieux.


Décors de Noël

  • Après le Bon Marché, précurseur des vitrines animées en France, c'est en 1912 qu'apparaissent Au Printemps les premières vitrines animées avec des automates créés par Gaston Decamps, reconnu pour la qualité de ses automates et l'ingéniosité des mécanismes, qui attirent une foule de visiteurs : les marionnettes à fils apparaissent en 1973, conçues par Jean-Claude Dehix. Les premières vitrines de Noël mettent en scène les animaux célèbres d'après les dessins de Jean Eiffel, puis ce sera au tour de Peynet sur le thème du mariage de la poupée, l'orchestre céleste, la sérénade à la fée ... ; les très belles vitrines se rapprochaient de plus en plus du spectacle grâce à 'intervention de grands décorateurs de théâtre, comme l'Opéra de Paris, pour créer des décors féériques comme la reine des neiges. Elles sont de plus en plus sponsorisées par des marques.



Succursales

en France

  • En 2021, le Printemps possède 19 magasins en France, dont trois à Paris (Haussmann, Nation, Carrousel du Louvre) ; deux en région parisienne ; Parly 2 et Vélizy 2 ; deux à Marseille : Valentine et les Terrasses du Port ; à Brest, Caen Cagnes sur Mer, Deauville, La Valette du Var, Le Havre, Lille, Lyon, Miramas, Nancy, Rennes, Rouen, Tours.
  • Trois magasins ont fermé en 2021 : Metz, Paris Italie 2, et Strasbourg.

à l'étranger

  • Entre 1980 et 1990, le Printemps développe une chaîne de magasins en franchise à l'international : Cascais, Djeddah, Istanbul, Shanghai, Séoul, Denver, Kobe, Kuala Lumpur, Taipei, Bangkok, Singapour,


Les GALERIES LAFAYETTE

40 Boulevard Haussmann, 75009

Galeries Lafayette, angle rue de Mogador et boulevard Haussmann
Photo : C.Angsthelm


Histoire.pngHistoire

  • Deux cousins, Théophile Bader (1864-1942) et Alphonse Kahn (1864-1927), fraîchement arrivés d'Alsace, ouvrent en 1893 une petite mercerie à l'angle de la Chaussée d'Antin et de la rue Lafayette (immeuble aujourd'hui occupé par la marque H&M). C'est un emplacement idéal car proche de la gare Saint Lazare, de l'Opéra et des Grands Boulevards alors très en vogue. Rapidement le magasin séduit aussi bien la clientèle féminine des bourgeoises que celle des employées de bureau.
Rue de la Chaussée d'Antin
Angle rue de la Chaussée d'Antin et boulevard Haussmann
  • En 1896, les Galeries Lafayette rachètent la totalité de l'immeuble du 1 rue Lafayette ; puis en 1905, les immeubles des 38, 40 et 42 du boulevard Haussmann puis le 15 de la rue de la Chaussée d'Antin formant ainsi un important groupe immobilier.
  • L'idée de Théophile Bader est d'en faire un bazar de grand luxe dont le luxe et l'abondance des marchandises séduiraient les clientes. Pour être à la mode avant ses concurrents, il se fait accompagner par une dessinatrice sur les champs de course pour qu'elle copie les tenues portées par les femmes. Puis il acquiert des unités de production afin de créer sa propre marque et confectionner des articles de mode plus accessibles à toutes les bourses. Il démocratise ainsi l'accès à la mode et fait de son magasin une adresse incontournable.
  • En 1969, le Club 20 ans est ouvert dans un nouveau magasin rue de Mogador, destiné aux clients jeunes et proposant non seulement des vêtements mais également de la musique et des objets divers. La mode pour hommes succèdera à ce club 20 ans, puis le Lafayette Gourmet sera ouvert.
  • En 1983, le Groupe Galeries Lafayette acquiert les Nouvelles Galeries qui avait alors 160 magasins dans les centre-villes de province et employant 25 000 personnes. L'enseigne Nouvelles Galeries disparaît en 2007, seule celle de la ville de Langon subsiste.
  • En 1991, le Bazar de l'Hôtel de Ville intègre le Groupe Galeries Lafayette et devient le BHV Marais en 2013.
  • En 2022, le Groupe Galeries Lafayette regroupe les marques : Galeries Lafayette, BHV Marais, La Redoute, Mauboussin, Louis Pion, Bazar Chic, Guérin joaillerie et Royal Quartz Paris. Le Groupe appartient à Madame Moulin, actionnaire majoritaire du Groupe et petite fille de Théophile Bader.

Patrimoine.png Patrimoine bâti

Le grand escalier dans les années 50 créé par Majorelle
Le grand hall du boulevard Haussmann
  • Il confie l'agencement des immeubles à l'architecte Georges Chedanne (1861-1940) ; les premiers aménagements sont terminés en 1907 et le magasin atteindra sa véritable dimension lors de son inauguration en 1912 sous l'impulsion de son élève Ferdinand Chanut qui réalise un véritable chef d'œuvre de l'Art Nouveau en faisant appel à des artistes majeurs de l'École de Nancy, comme Louis Majorelle (1859-1928) pour la rampe de l'escalier d'honneur (inspiré de l'Opéra Garnier) ainsi que pour les ferronneries des balcons ; le maître-verrier Jacques Grüber conçoit la coupole gigantesque ainsi que les vitraux dans un style néo-byzantin.
  • Les voûtes sont ornées de sculptures florales. À la base de la coupole, dix blasons symbolisent les villes de France où les Galeries sont implantées : Lyon pour la soie, Saint Étienne pour la rubannerie. etc.
  • Les bâtiments sont constitués d'une ossature métallique recouverte de pierre. Entre 1910 et 1912 le bâtiment du boulevard Haussmann est prolongé jusqu'à la rue de Mogador. En 1936, l'architecte Pierre Patout décore les façades côté rue de la Chaussée d'Antin de panneaux de marbre blanc alternant avec des colonnes cannelées en verre réalisées par les Ateliers Lalique.
  • En 1909, 22 ascenseurs vitrés sont installés ; il n'en reste que deux de nos jours.
  • Les vitrines sont encadrées de granit foncé bordé d'or, sur un soubassement de marbre fouge. Elles sont conçues comme de petites scènes de théâtre, et attirent une foule considérable tous les ans pendant la période des fêtes de Noël avec ses vitrines animées..
  • Le 19 janvier 1919, les Galeries Lafayette ont lancé un défi aux aviateurs : celui qui réussira à se poser sur son toit recevra la somme de 25 000 Francs ; Jules Védrines remportera le défi mais devra payer une amende pour survol interdit à basse altitude de la capitale. Pour les Galeries Lafayette ce fut un grand coup publicitaire.
  • Le bâtiment principal comprend cinq étages avec de très nombreux rayons, un salon de thé, une bibliothèque, un fumoir.
  • Dès 1913, Théophile Bader met en place une pouponnière pour les employées du magasin et leur assure une caisse de retraite.
  • Alphonse Kahn, malade, se retire en 1912, tout en restant Président du Conseil d'administration jusqu'à sa mort en 1927
  • Pendant l'Occupation, le magasin est placé sous l'administration de Vichy alors que les familles fondatrices sont écartées de la direction.
  • Pour l'évènementiel, en 1951, Edith Piaf donnera un concert devant les vitrines des Galeries Lafayette. En 2012, une campagne publicitaire " Laëtitia Casta au pays des Galeries Lafayette " réalisée par Jean-Paul Goude va insuffler un nouvel esprit avec des campagnes cultes incarnant les valeurs des Galeries Lafayette.
  • En 1958, les Galeries Lafayette lancent une journée pas comme les autres qui deviendra les 3 jours, et sera copiée par tous les autres magasins.
  • En 1959, le magasin Haussmann est surélevé de deux étages.
  • L'escalier d'honneur est démonté en 1974 pour laisser place aux escaliers mécaniques.
  • En 1980, création du Festival de la Mode, une sélection de modèles de créateurs est réalisée pour les Galeries Lafayette, notamment ceux de Karl Lagerfeld ; en 1984, des personnalités sont invitées pour célébrer l'ouverture de l'étage des créateurs tels que Azzedine Alaïa, Jean-Claude Gaultier, Thierry Mugler, Jean-Charles de Castelbajac.... et le rez-de-chaussée est réorganisé pour ouvrir des boutiques de prestige.
  • En 1990, est ouvert le Lafayette Gourmet sur 2300 m² dans le magasin rue de Mogador/boulevard Haussmann.
  • De la terrasse, on a une belle vue panoramique sur Paris. .
  • Les Galeries Lafayette représentent, avec leurs trois magasins, une surface de plus de 70 000 m².
  • En 2004, les Galeries Lafayette reprennent le magasin Marks & Spencer du boulevard Haussmann et en font le Lafayette Maison. Des espaces de restauration occupent le rez-de-chaussée et le sous-sol est réservé à l'épicerie et à l'alimentation..
  • En vue d'attirer les visiteurs étrangers à haut pouvoir d'achat, les Galeries Lafayette tendent de plus en plus à sélectionner les marques de luxe, disposées sur deux étages, qui assurent le prestige du magasin.
  • Les Galeries Lafayette entretiennent un lien historique avec l'univers de la mode et la création contemporaine en accueillant des créateurs majeurs ou encore en révélant des artistes qui deviendront des références. De même les Galeries Lafayette sont engagées dans de nombreuses actions de mécénat dont le Centre Pompidou, le Musée d'Art moderne ou la Villa Noailles à Hyères.
  • Les Galeries Lafayette sont depuis cinq générations une entreprise familiale.
  • Les magasins des Galeries Lafayette sont inscrits dans Paris Art Nouveau.



La coupole

75109 - Galeries Lafayette Coupole illuminée.JPG
Coupole de Grüber
  • Reposant sur une succession de balcons ornés de motifs floraux, la magnifique coupole coiffe les Galeries Lafayette à 33 mètres de hauteur, (43 m de nos jours) comme un véritable diadème. Diversement colorée avec des motifs floraux et des spirales, elle représente plus de 1000 m² de vitraux soutenus par une structure de fer reposant sur des piliers carrés. De son centre, une sphère d'où rayonnent dix faisceaux à ossature métallique, s'appuyant sur un anneau métallique, se termine en son sommet par un lanternon, équipé d'une poulie pour la suspension d'éléments publicitaires et des spectaculaires sapins de Noël.
Ossature métallique extérieure
Extérieur coupole
  • Grâce à la fabrication industrielle, la coupole est installée en six mois seulement, un temps record pour l'époque. La coupole est à double enveloppe : la partie intérieure est richement ornementée, et la partie extérieure, d'ordre technique, est destinée à protéger la première des intempéries et des variations thermiques.
  • Amateur d'art oriental, Théophile Bader commande à Jacques Grüber un Bazar de luxe, dont la lumière chaude émanant de la coupole mettrait en valeur les marchandises. Dans la continuité de l'œuvre de Majorelle et de Chanut, Grüber dessine des motifs géométriques Art Nouveau avec une forte inspiration orientale et néo-byzantine.
  • Alors que les dernières réalisations de l'artiste étaient sur des verres gravés très détaillés, pour ce projet Grüber préfère de nouvelles entreprises qui produisent des verres coulés plus adéquats pour l'ampleur de cette coupole. Il créé une entreprise et se focalise sur l'intensité des couleurs. La palette chromatique des vitraux, du bleu turquoise au rouge vermillon, offre des teintes riches et changeantes au gré de la lumière. Les rayons du soleil animent la verrière dont la surface, loin d'être une simple courbe, donne un mouvement à la lumière.
  • Cette particularité rend d'autant plus complexe le travail du maître-verrier puisque chaque vitrail, de forme différente, ne peut être produit en série.
  • Figure d'innovation, de savoir-faire et d'engagement dans l'énergie de la création, la coupole symbolise les valeurs historiques des Galeries Lafayette : "la rencontre unique de la création et du commerce pour tous".
  • En 1944, en prévision des bombardements possibles, la Préfecture de Paris ordonne que les verrières soient mises à l'abri ; les vitraux sont numérotés et entreposés dans des caisses. À la fin de la guerre, il est décidé de restaurer la coupole à l'identique, mais de nombreux verres originaux ont disparu, ils sont remplacés par du verre blanc.
  • Depuis 2019, la Maison du Vitrail décrasse la coupole et remplace peu à peu les vitraux de verre blanc.



Décors de Noël


Succursales

en France

Galeries Lafayette sur les Champs Elysées
  • La dernière ouverture de magasin est celle sur les Champs Elysées, inaugurée en septembre 2019 par l'arrière petit-fils du fondateur, à l'emplacement du Virgin Mega Store, avec une surface de 6000 m² sur quatre étages (dix fois plus petite que le boulevard Haussmann), et dépourvue de vitrines dans un immeuble 1930. L'escalier monumental Art Déco a été gardé par le designer danois Bjarke Ingels en charge de la rénovation du magasin.


  • Les Galeries Lafayette comptent une petite soixantaine de magasins répartis en France : Agen, Amiens, Angers, Angoulême, Annecy, Avignon, Bayonne, Beauvais, Belfort, Besançon, Béziers, Biarritz, Bordeaux, Caen, Cannes, Châlon-sur-Saône, Chambéry, Clermont-Ferrand, Dax, Dijon, Grenoble, Langon, La Rochelle, La Roche-sur-Yon, Le Mans, Libourne, Limoges, Lorient, Lyon, Marseille, Menton, Metz, Mnntauban, Montpellier, Nantes, Nice, Niort, Orléans, Pau, Perpignan, Reims, Rennes, Rouen, Rosny-sous-Bois, Saintes, Strasbourg, Tarbes, Toulon, Toulouse, Tours.

à l'étranger

  • Des magasins à : Dubaï, Casablanca, Djakarta, Pekin, Shanghaï, Istanbul, Doha. En prévision : Koweit City, Milan.



Le BON MARCHÉ

24 rue de Sèvres, 75007

Le Bon Marché, rue de Sèvres
Photo : C.Angsthelm
75107 - Le Bon Marché Enseigne.JPG



Histoire.pngHistoire

  • En 1838, les frères Videau ouvrent une petite mercerie Au Bon Marché à l'angle de la rue de Sèvres et de la rue du Bac, qui vend des tissus, des accessoires de couture ainsi que des parapluies. Puis en 1852 les frères Videau s'associent avec un de leurs employés; Aristide Boucicaut, pour se partager la copropriété du Bon Marché qui emploie alors une douzaine d'employés et ne compte que quatre rayons de vente, réalisant environ 450 000 francs de chiffre d'affaires.
  • Aristide Boucicaut (1810-1877) et son épouse Marguerite Guérin (1816-1887), couple précurseur et révolutionnaire, transforment la simple échoppe en grand magasin parisien, avec un large choix, où l'on entre librement et circule sans être sollicité par les vendeurs. Les innovations se succèdent avec la politique des prix fixes, et non plus à la tête du client, les marges réduites, les échanges d'articles, l'envoi franco de port et la vente par correspondance, le satisfait ou remboursé est lancé. ;
  • Dix ans après cette association, le chiffre d'affaires est passé de 450 000 F à 7 millions de Francs ; en 1863, effrayé par les innovations de son associé, Paul Videau se retire de l'affaire. Aristide Boucicaut fait alors appel à Henri-François Maillard pour lui prêter le million de Francs dont il a besoin pour réaliser son expansion commerciale.
  • En 1869, le couple est désormais seul aux commandes et fait du Bon Marché une adresse incontournable. Ils instaurent le mois du blanc, des périodes dédiées aux fortes ventes, ils popularisent les soldes, et créent de l’événementiel avec des concerts privés. Le couple ne vend pas seulement des produits mais ils vendent l'envie d'acheter.
  • Autre grande innovation, ils pratiquent une politique vis-à-vis de leurs employés en leur offrant un réfectoire gratuit, un jour de congé payé par semaine, une caisse de retraite qui ouvre droit à un fonds de pension après vingt années d'ancienneté, une caisse de prévoyance alimentée chaque année sur les bénéfices de la société, et surtout la possibilité de monter en grade en passant second, puis chef de comptoir et plus tard gérant.
  • À la mort prématurée du fils des époux Boucicaut en 1879, Marguerite Boucicaut, veuve et sans descendant, transforme l'entreprise commerciale en société par actions dont les membres fondateurs sont les principaux collaborateurs d'Aristide Boucicaut. À la mort de Madame Boucicaut en 1887, elle confie à l'Assistance Publique, son légataire universel, la construction d'un hôpital qui portera son nom, et les employés du magasin reçoivent un leg en fonction de leur ancienneté.


Stèle à Madame Boucicaut et Madame de Hirsch par Paul Moreau-Vauthier
  • Le 5 février 1914, est inauguré un groupe de marbre blanc dans le square des Ménages (depuis square Boucicaut), face au magasin, représentant Madame Marguerite Boucicaut et Madame Clara de Hirsch, représentant les allégories de la Bonté et de la Charité, sculpté par Paul Moreau-Vauthier, d'une hauteur de 3,50 mètres.
  • Le succès du magasin sera immortalisé par Émile Zola dans Au bonheur des dames, un roman de l'activité moderne.
  • En 1970, les frères Willot rachètent la société, et de nombreux magasins à l'enseigne du Bon Marché en province sont fermés.
  • Après rachat en 1984 par le Groupe LVMH, Bernard Arnault décide de repositionner le Bon Marché pour en faire le magasin le plus sélectif de Paris, haut de gamme où les valeurs d'authenticité et le culturel viennent se mêler au plaisir d'acheter. Le Bon Marché est consacré au luxe et sa principale cible sont les clients étrangers. En 2012, le magasin est renommé Le Bon Marché.




Patrimoine.png Patrimoine bâti

  • En 1869 est posée la première pierre de ce qui deviendra le seul édifice spécialement construit et entièrement affecté au grand commerce de nouveautés. L'architecte, Louis-Charles Boileau (1837-1914) et l'ingénieur Gustave Eiffel (1832-1923) sont deux pionniers de l'utilisation fonctionnelle du fer et du verre en architecture : le fer pour l'installation des grandes baies vitrées et le verre pour permettre à la lumière naturelle d'entrer pleinement. L'immeuble est achevé en 1887, avec une superficie au sol de 52 800 m².
75107 - Le Bon Marché Décor premier magasin.JPG
  • Dessiné par Laplanche, le bâtiment, plutôt traditionnel, s'étend alors de la rue du Bac à la rue Velpeau sur une longueur de 45 mètres sur la rue de Sèvres avec une entrée monumentale, et de 35 mètres sur la rue Velpeau. L'édifice se compose de cinq étages avec sous-sol et caves. Les façades sont en roche de Lérouville avec de grandes baies vitrées. Le rez-de-chaussée, le premier et le deuxième étages sont réservés à la vente, le troisième est destiné au réfectoire et à la cuisine pour la préparation de plus de 900 repas, ainsi que quelques chambres pour le logement de quelques employées du magasin, les mansardes étant réservées au personnel des commis. Le premier sous-sol est destiné à la réception des marchandises alors que le second sous-sol abrite le dépôt de charbon, les calorifères, et toute la machinerie.
Rotonde rue de Babylone, rue Velpeau
  • Dans les étages, l'architecte Boileau utilise le métal à profusion, car il préconisait non plus les pleins de l'édifice mais le vide qu'il enveloppe avec plus d'espace, plus de lumière, puisque tous les points d'appui en fer étaient plus fins que la pierre.
  • Cette architecture métallique avait l'avantage de s'adapter à divers usages : en 1875, une galerie de tableaux voit le jour, sur 20 mètres de long et sur deux niveaux de hauteur, où les peintres et sculpteurs pouvaient y exposer, le magasin se faisant l'intermédiaire gratuit entre les artistes et les clients.
Le Lutétia Hôtel
  • Madame Boucicaut a l'idée folle de faire construire un hôtel afin que ses clients étrangers soient logés avec tout le luxe possible près de son établissement. L'hôtel Lutétia ouvre ses portes en 1910, il incarne l'émergence de l'Art Déco dans une Belle Époque sous le charme de l'Art Nouveau, ses façades ont été décorées par Léon Binet, et plus tard par Paul Belmondo avec des compositions imposantes de motifs de treille d'où s'échappent les feuilles de vigne et les grappes de raisin.


  • En 1989, Andrée Putman, désigner française, fait réaliser l'escalator central dans le magasin principal.


Les verrières

  • L'architecte Armand Moisant (1838-1906) avait conçu un toit pourvu de plusieurs verrières avec des vitraux afin d'éviter les problèmes d'isolation thermique et de condensation, ce qui offrait également un éclairage atmosphérique par le haut.
  • La double verrière des halls centraux a toujours été visible alors que toutes les verrières du second étage ont longtemps été occultées sous des plafonds. Depuis 2018, les 14 magnifiques verrières du XIXe siècle, dont deux en style Art Déco avec motifs de fleurs de lotus, ont été restaurées par des artisans d'art et laissent filtrer délicatement la lumière ; elles sont supportées par de fines colonnes ornées de métal. Les plus grandes, en forme de nef, ont permis d'introduire du végétal dans le magasin en créant des jardins d'hiver à plusieurs endroits.
  • La double grande verrière a permis au fil des années l'exposition d'œuvres créatives des artistes invités.


La Grande Épicerie

Rive gauche
La Grande Epicerie, rue du Bac, rue de Sèvres
Marquise Art Déco
  • C'est en 1912 qu'un second bâtiment est construit à l'angle de la rue du Bac et de la rue de Sèvres par l'architecte Louis-Hippolyte Boileau, dans un style Art Déco. Mais un incendie survenu en 1925 oblige l'architecte à reconstruire le bâtiment qui ouvrira ses portes en 1926 dans le même style.
  • Le comptoir de l'Alimentation voulu par les Boucicaut propose pour la première fois dans un grand magasin des thés d'exception ainsi que des conserves fines. Des expositions thématiques par pays sont présentées avec des mises en scène de produits frais qui en font un spectacle unique à l'époque.
  • Dès 1978, la Grande Épicerie de Paris, filiale du Bon Marché Rive Gauche racheté par le groupe LVMH, devient le plus important des magasins alimentaires de Paris, plutôt haut de gamme, très prisé des Parisiens. L'objectif étant de transformer les rayons en objets de désir, entre abondance et rareté. Faire ses courses à la Grande Épicerie est indéniablement devenu un incontournable, un moment privilégié.
  • En 2012, le magasin subit un grand lifting, la mosaïste Mathilde Jonquière réalise plusieurs motifs de fresques pour les divers rayons de la Grande Épicerie.
  • Un restaurant est situé sous la verrière.


Rive droite
la Grande Epicerie Rive droite, rue de Passy
Entrée rue de Passy
  • En 2016, le Groupe LVMH rachète le bâtiment occupé par le magasin Franck & Fils, véritable institution de la mode haut de gamme parisienne au 80 rue de Passy.
  • À l'intérieur, les paliers disparaissent au profit d'une grande trémie centrale de 16 mètres de haut surplombée par une majestueuse coupole de verre. Au centre les escalators, dont le graphisme rappelle ceux de la Rive Gauche, desservent les différents niveaux.
  • La mosaïste Mathilde Jonquière réalise également, comme à La Grande Épicerie Rive Gauche, les éléments décoratifs.avec des carreaux de faïence et des fresques figuratives, pour les différents stands.
  • Les façades extérieures de la rue de Passy et de l'avenue Paul Doumer sont végétalisées de menthe, de thym et de romarin.
  • Au dernier étage, le restaurant est tenu par un chef renommé.


Ancien entrepôt du Bon Marché

Ancien entrepôt du Bon Marché
marquise rue de Babylone


  • Situé rue de Babylone et rue du Bac, cet immeuble a été construit par Gustave Eiffel. Il est occupé depuis 1992 par l'enseigne The Conran Shop.




Œuvres d'art

  • Dès 1875, une galerie de tableaux est mise à la disposition des peintres et des sculpteurs pour y exposer leurs œuvres et se mettre ainsi en rapport avec la nombreuse clientèle qui afflue au Bon Marché. En 1987, Bernard Arnault, Président du Groupe LVMH décide de repositionner le magasin en faisant du Bon Marché un Grand magasin très parisien, haut de gamme, où les valeurs d'authenticité et le culturel se mêlent étroitement. Le Bon Marché reflète à lui seul l'esprit Rive Gauche avec une ouverture sur le monde, un goût pour la culture, un esprit sans cesse renouvelé.
  • De nos jours, les œuvres de jeunes artistes sont exposées en alternance autour des deux halls centraux sur les deux étages.


Exposition Ai Weiwei en 2016 - La Force de l'Art

  • Né le 28 août 1957 à Pékin Ai Weiwei est une figure majeure de la scène artistique contemporaine. Sculpteur, photographe, vidéaste documentaire et architecte, son oeuvre dénonce les contradictions de la modernité de la Chine contemporaine. Ses créations sont volontairement iconoclastes et engagées.
  • En 2003 il a été conseiller artistique pour le Cabinet d'architectes suisse en charge de la construction du stade national de Pékin nid d'oiseau pour les jeux olympiques de 2008. C'est un artiste polymorphe qui refuse la bien-pensance et l'état de fait, certainement l'une des grandes figures pensantes du XXIe siècle.


La SAMARITAINE

9 rue de la Monnaie, 75001

La Samaritaine, côté Seine, nouvelle façade de 2021
75101 - La Samaritaine Logo.JPG.JPG


Histoire.pngHistoire

  • Le nom de la Samaritaine vient de celui d'une pompe à eau réalisée, par le flamand Jean Lintlaër, sur le Pont Neuf à la demande d' Henri IV pour fournir le quartier du Louvre en eau. Cette pompe fut reconstruite entre 1712 et 1729 par Robert de Cotte. Sur cette pompe, figurait une sculpture représentant la rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob. La pompe sera détruite en 1813.
Premier magasin de La Samaritaine en 1900, la Belle Jardinière est créée en 1824
  • En 1870, un vendeur de tissus, Ernest Cognacq (1839-1928), ouvre un petit commerce de nouveautés à l'arrière d'un café rue de la Monnaie et le nomme À la Samaritaine. En 1872, il épouse Marie-Louise Jaÿ (1838-1925), première vendeuse au Bon Marché qui l'aidera à diriger et développer l'enseigne. Le grand magasin de La Samaritaine ouvre en 1900 dans un style Art Nouveau. Comme au Bon Marché, le magasin est organisé en rayons à prix unique, avec la possibilité d'essayer les vêtements. Puis le couple achète petit à petit les immeubles voisins pour s'agrandir. Ils ouvrent le deuxième magasin en 1910, puis deux autres dans les années 1930, tous situés entre la rue de Rivoli et les quais de Seine, totalisant 50 000 m² de surface de vente. En 1917 ils auront également ouvert une Samaritaine de luxe boulevard des Capucines visant une clientèle plus aisée.


Patrimoine.png Patrimoine bâti

  • C'est l'architecte Frantz Jourdain qui est chargé de la conception des magasins et de la construction du nouveau bâtiment côté Seine. Influencé par l'Art Nouveau, il va utiliser des charpentes métalliques en acier, et installer une grande verrière pour faire entrer la lumière. La façade est ornée de frises de motifs floraux ainsi que d'enseignes en mosaïques.
Façade Art Déco 1930 par Henri Sauvage et slogan Moi la Samaritaine m'emballe en 1985
  • En 1926, c'est l'architecte Henri Sauvage qui transforme le bâtiment sur Seine avec notamment des dalles de verre Saint Gobain faisant office de planchers à tous les niveaux et qui donnaient une luminosité exceptionnelle ; il construit des gradins pour les derniers étages dans un style Art Deco.
  • Émile Zola, dans son roman Au bonheur des Dames citera l'architecture de la Samaritaine.
  • Au décès du couple, le neveu d'Ernest, Gabriel Cognacq et son ami Georges Renard reprennent les commandes des magasins. Ils sont tous deux anciens élèves d'HEC.
Magasins 1 et 3 rue de Rivoli
  • Deux nouveaux magasins sont ouverts dans les années 1930 rue de Rivoli, totalisant une surface de vente de plus de 48 000 m² avec ses quatre magasins ; la Samaritaine a longtemps été le plus grand magasin de Paris devançant le Printemps et les Galeries Lafayette. Son slogan publicitaire des années 60 On trouve tout à la Samaritaine est resté mémorable. Le 22 septembre 1985, lorsque le Pont Neuf est emballé par Christo, la Samaritaine affiche le slogan " Moi, la Samaritaine m'emballe ".
  • Gabriel Cognacq décède en 1951, Georges Renard s'associe avec son fils Maurice, qui reprendra la direction plus tard.
  • Après des années d'essor commercial, la Samaritaine voit sa clientèle décliner après le départ des Halles pour Rungis en 1969. Des rayons disparaissent de l'enseigne, et la Samaritaine s'aligne sur les autres grands magasins parisiens. En 1998, elle louera les magasins 1 et 3. Le coup de grâce arrive en 2001 : alors déficitaire, le groupe LVMH devient le principal actionnaire. Pour des raisons de vétusté, le magasin ferme ses portes en 2005.
  • En 2008, alors seul propriétaire, le groupe LVMH annonce un projet de réaménagement avec destruction des façades. De nombreuses associations de défense du patrimoine se sont opposées au projet, ce qui a considérablement retardé la réouverture du magasin. La pandémie du Covid a également repoussé l'ouverture qui aura finalement lieu le 21 mai 2021 après 15 ans de fermeture.
  • Après le chantier colossal pour la rénovation du bâtiment, la Samaritaine réunit, outre son grand magasin de 20 000 m² (plutôt axé sur le luxe) sous la verrière, un hôtel cinq étoiles Le Cheval Blanc de 72 chambres en front de Seine, des bureaux, des logements sociaux (96 situés dans les anciennes réserves du magasin rue de l'Arbre Sec), ainsi qu'une crèche.
  • Outre les façades du bâtiment côté Seine et celles contiguës rue de la Monnaie avec ses faïences, classées Monuments Historiques ainsi que l'escalier monumental Art Nouveau avec ses 272 marches en chêne d'origine, ont été conservés ; les céramiques sous verrière de la frise de paons (424 m²) qui avaient été recouvertes de peinture blanche dans les années 1970 ont été remises en valeur ; elles sont attribuées au fils de Frantz Jourdain. Les dalles de verre qui constituaient les planchers ont été supprimées pour une question de sécurité.

La Samaritaine est inscrite partiellement aux Monuments Historiques depuis le 25 Juillet 1975 ; [2].

À l'ouverture en 2021 :


Le BAZAR DE L'HÔTEL DE VILLE - BHV Marais

52 rue de Rivoli, 75004 Paris

Le Bazar de l'Hôtel de Ville, rue de Rivoli
Photo : C.Angsthelm



Histoire.pngHistoire

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  • Le magasin, situé à côté de l'Hôtel de Ville, ouvre en 1856, quatre ans après l'ouverture du magasin Au Bon Marché.
  • François-Xavier Ruel, (1822-1900) camelot, se rend compte que ses ventes fonctionnent beaucoup mieux au croisement de la rue de Rivoli et de la rue des Archives. Il s'installe d'abord en sous-sol d'un immeuble au 54 rue de Rivoli, puis ses affaires prospèrent et avec son épouse Marie-Madeleine Poncerry ouvre un premier comptoir de bonneterie en 1856, d'abord baptisé Ruel Jeune, puis ensuite Bazar Napoléon car la légende raconte que l'attelage de l'impératrice Eugénie se serait emballé en passant devant le magasin, et François-Xavier Ruel aurait réussi à maîtriser les chevaux. Reconnaissante, l'impératrice lui aurait octroyé une somme importante qui lui permet d'agrandir son magasin.
  • Dès 1860, il acquiert peu à peu les immeubles entre les rues de Rivoli, des Archives, du Temple et de la Verrerie. Il se diversifie en ouvrant un département quincaillerie et outillage (qui fera sa réputation), un rayon jouets, etc.. En 1895, l'enseigne se revendique alors comme le plus vaste et meilleur marché du monde.
  • En 1924, l'enseigne devient le Bazar de l'Hôtel de Ville. Entre 1962 et 1967, le magasin de la rue de Rivoli est rénové et agrandi par Louis Arretche, dans le cadre de la sauvegarde du Marais.
  • Puis en 1963, il est le premier magasin à ouvrir en nocturne une fois par semaine jusqu'à 22 heures.
  • En 1989, la société Les Nouvelles Galeries détient plus de la moitié des actions du Groupe BHV ; et en 1991, le Groupe des Galeries Lafayette acquiert la Société des Nouvelles Galeries Réunies, le BHV et la chaîne Uniprix.
  • Rue de la Verrerie, ouverture en 2007 d'un magasin BHV Homme, habillé d'un mur végétal créé par Patrick Blanc.
  • En 2014, nouvelle rénovation pour le lancement du concept BHV Marais.
  • Depuis 2016, le BHV a créé au 7e et 8e étages un jardin perché (non accessible au public) proposant une agriculture biologique maraîchère sur 1400 m² faisant ainsi du BHV Marais un véritable paysage urbain. En 2020, deux autres boutiques sont ouvertes : une consacrée à l'animalerie La Niche, et une autre pour le vélo Mobicity.
  • Un marché italien de la restauration a été créé par le Groupe Galeries Lafayette Eataly BHV Marais, rue Sainte Croix de la Bretonnerie, il est possible de le rejoindre par différentes cours d'immeubles désormais accessibles au public.



Patrimoine.png Patrimoine bâti

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  • Entre 1879 et 1900, le Grand Bazar de l'Hôtel de Ville acquiert les immeubles de l'îlot compris entre la rue des Archives, rue du Temple, de la Verrerie et rue de Rivoli.
  • En 1904, les architectes Granon et Roger travaillent sur l'édifice et ouvrent de grandes verrières; puis en 1912, le petit-fils de François Xavier Ruel, Henri Viguier demande à l'architecte Auguste Roy de diriger les vastes travaux de transformation pour unifier les façades avec ses pilastres, colonnes et décors sculptés et surtout créer la rotonde d'angle de la rue de Rivoli et rue du Temple (inspirée de celle du Printemps,)
  • Le premier escalier mécanique sera installé en 1954, et en 1962 l'immeuble est surélevé de deux étages par Louis Arretche, dans le cadre de la rénovation du quartier du Marais et du quartier des Halles.


Succursale

  • En 2017, il ne reste que le BHV de Parly 2 en région parisienne.
  • À l'étranger seul subsiste le magasin de Beyrouth ; Pékin, Dubaï, Djakarta et Berlin ont fermé.



GRANDS MAGASINS aujourd'hui disparus

La Belle Jardinière

Immeuble quai de la Mégisserie de nos jours
La Belle Jardinière, quai de la Mégisserie en 1900
  • Magasin créé en 1824 par un mercier, Pierre Parissot, quai aux fleurs dans l'île de la Cité. Son commerce était la vente de vêtements confectionnés, réalisés dans de multiples épaisseurs du même tissu et vendus à prix fixe. Le magasin regroupait dans un même lieu l'espace de vente et son atelier de confection. Sa démarche novatrice étant la fabrication et la commercialisation en grand pour une clientèle populaire.
  • En 1856, il occupait 25 maisons rachetées les unes après les autres pour former un vaste quadrilatère.
  • Mais en 1866, le magasin est exproprié de l'île de la Cité pour la construction de l'Hôtel Dieu. Un nouveau magasin est construit quai de la Mégisserie, face au Pont Neuf, par l'architecte Henri Blondel, et inauguré en 1867 : un grand vaisseau central éclairé par une grande verrière, autour duquel se déploient les galeries.
  • Le grand magasin du Pont Neuf eut de nombreuses succursales en province. L'entreprise est à l'origine des premières succursales fonctionnant en franchise, on en comptait plus de 300 en 1960. Des établissements scolaires y faisaient faire leurs uniformes, et des vêtements militaires y ont été confectionnés.
  • En 1870, le magasin la Samaritaine s'installe dans la rue voisine.
  • En 1972, la Belle Jardinière cesse ses activités, elle est vendue aux frères Willot du Groupe Agache Willot qui y installent l'enseigne Conforama. Puis le bâtiment est racheté en 1994 par la holding Arnault & Associés (Groupe LVMH), déjà propriétaire de la Samaritaine. La Belle Jardinière est également une filiale du Bon Marché.
  • En 2020 les locaux hébergent l'enseigne Conforama sur trois niveaux du quai de la Mégisserie (6000 m²), Go Sport et Habitat. Louis Vuitton Malletier y installe ses bureaux.


Les Grands Magasins du Louvre

Grands Magasins du Louvre, ancien immeuble place du Palais Royal
Rue de Rivoli
  • Les Grands Magasins du Louvre voient le jour en 1855 au rez-de-chaussée du Grand Hôtel du Louvre, premier grand hôtel parisien qui doit accueillir les visiteurs de l'Exposition universelle de 1855, construit en 1852 par les architectes Alfred Armand, Charles Rohault de Fleury et Auguste Pellechet, financé par les frères Pereire. C'est le premier palace parisien construit à la demande du baron Haussmann, situé place du Palais Royal entre le Musée du Louvre rue de Rivoli, et le Palais Royal rue Saint Honoré.
  • Un commis de magasin, Alfred Chauchart, s'associe à Auguste Hériot et Léonce Faré pour ouvrir un magasin de mode, alors situé rue de Rivoli et rue de Marengo. En 1857, Léonce Faré s'étant retiré de l'affaire alors qu'elle prospérait, les deux associés restants rachètent l'ensemble de l'immeuble du Grand Hôtel ; l'hôtel est transféré de l'autre côté de la place du Palais Royal, face à la Comédie Française.
  • Les Grands Magasins du Louvre ouvrent leurs portes en 1877 avec 52 départements et comptoirs répartis sur les quatre étages de l'immeuble.
  • Après la disparition des associés, le fils d'Émile Pereire prend la succession ; en 1889 la société est rebaptisée La Société du Louvre, et ouvre un deuxième hôtel, l'Hôtel Terminus Saint Lazare, puis en 1909 l'Hôtel de Crillon place de la Concorde.
  • En septembre 1943 un bombardier de la Royal Air Force est abattu et explose sur les Grands Magasins du Louvre, provoquant un énorme cratère en son centre, seules les façades résistèrent.
  • Reconstruits, Les Grands Magasins du Louvre ferment leurs portes en 1974, laissant la place Au Louvre des Antiquaires en 1978 : environ 250 commerces d'antiquaires répartis sur trois étages proposant des objets haut de gamme d'Asie et d'Occident. Mais en 2016, faute de fréquentation, le Louvre des Antiquaires ferme ses commerces les uns après les autres.
  • La Fondation Cartier réalise de très gros travaux dès 2018 pour y transférer ses collections jusqu'alors sises boulevard Raspail dans le 14e arrondissement ; Cartier se trouverait alors dans un quartier qui connaît un grand bouleversement avec les rénovations de la Bourse du Commerce/Collection Pinault, le restauration de La Samaritaine, la transformation de la Grande poste centrale du Louvre, la Canopée des Halles, etc...


Les Magasins Réunis

Premier Magasin Réuni ouvert à Paris place de la République
Immeuble construit par Gabriel Davioud
  • C'est Antoine Corbin qui crée en 1890 le premier Magasin Réuni à Nancy, qui deviendra une chaîne. En 1910, son fils Eugène rachète l'un des tout premiers grands magasins parisiens, situé place de la République, construit par Gabriel Davioud (1823-1881) qui fait pendant à la Caserne du Château d'Eau (aujourd'hui Caserne Vérines). L'architecte Marcel Oudin réaménage ce grand quadrilatère pour y établir la première succursale à Paris Les Magasins Réunis.
  • Antoine Corbin rachète également le Grand Bazar de la rue de Rennes à Montparnasse.
  • En 1970, l'enseigne s'affilie aux Grands Magasins du Printemps mais elle disparait en 1983 . La plupart des magasins passent sous la dénomination FNAC, ou bien sont vendus.
  • Les Magasins Réunis comptaient jusqu'à 40 succursales en France métropolitaine et en Guadeloupe.
  • Le bâtiment de la place de la République héberge désormais l'hôtel Crowne Plaza République, ainsi que les enseignes Habitat et Go Sport.



Anciens Magasins Réunis, avenue des Ternes
Façade avenue Niel
  • Eugène Corbin rachète en 1912 le magasin l'Économie Ménagère avenue Niel pour en faire sa seconde succursale parisienne.
  • Le bâtiment construit par Marcel Oudin en 1912 est en béton armé, apparent sur les façades pour mieux en souligner les structures, il est précurseur de l'architecture moderne. Le décor stylisé s'inspire de l'Art Nouveau.
  • Le bâtiment comporte des rotondes avec des coupoles surmontées de lanternes, la mention Les Magasins Réunis s'inscrit toujours sur fond de mosaïques.
  • Depuis 1983, c'est l' enseigne FNAC-Ternes qui occupe le bâtiment.


Les Nouvelles Galeries

  • Chaîne de magasins créée en 1897 par la Société française des grands bazars et nouvelles galeries réunis dans de nombreuses villes de France.
  • En 1928, la chaîne populaire Uniprix est lancée.
  • Au début des années 1980, les Nouvelles Galeries comptaient 160 magasins avec 25 000 employés.
  • En 1997, l'enseigne Nouvelles Galeries est rachetée par Monoprix du Groupe Galeries Lafayette. En 1983 le siège des Nouvelles Galeries est intégré dans le Groupe des Galeries Lafayette.
  • En 2005 dix magasins sont toujours en activité en France, mais en 2007 l'enseigne Nouvelles Galeries disparaît. Seul le magasin de Langon subsiste.

Référence.png Notes et références