Famille Prudhomme de la Boussinière : Différence entre versions

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Alain Texier, docteur d’État en droit et spécialiste du droit nobiliaire écrit dans son ouvrage ''Qu'est-ce que la noblesse ?'' au sujet de la noblesse dite "inachevée": « Comme les mots l'indiquent, il s'agit de familles issues d'auteurs qui ont été en possession de la noblesse personnelle acquise et transmissible, ou d'un titre personnel ou non, et qui n'en ont pas obtenu le maintien à titre héréditaire. (...). C’est une connaissance insuffisante des institutions de l’Ancien Régime qui a permis la naissance d’expressions ou formules erronées appliquées çà et là à cette noblesse d’office, telle que : « nobles inachevés » (...) leur noblesse ne reposait pas sur une obligation de faire (20 ans de service), mais sur une obligation de ne pas faire (ne pas céder la charge avant 20 ans) ».  Il conclut pour les charges au 1er degré : « Le titre d’écuyer héréditaire dans ces familles le 23 juin 1790 a été rétabli avec son hérédité au profit des officiers et des descendants mâles par les chartes de 1814 et 1830. »<ref>Alain Texier ''Qu'est ce que la noblesse?'', page 48</ref>.
 
Alain Texier, docteur d’État en droit et spécialiste du droit nobiliaire écrit dans son ouvrage ''Qu'est-ce que la noblesse ?'' au sujet de la noblesse dite "inachevée": « Comme les mots l'indiquent, il s'agit de familles issues d'auteurs qui ont été en possession de la noblesse personnelle acquise et transmissible, ou d'un titre personnel ou non, et qui n'en ont pas obtenu le maintien à titre héréditaire. (...). C’est une connaissance insuffisante des institutions de l’Ancien Régime qui a permis la naissance d’expressions ou formules erronées appliquées çà et là à cette noblesse d’office, telle que : « nobles inachevés » (...) leur noblesse ne reposait pas sur une obligation de faire (20 ans de service), mais sur une obligation de ne pas faire (ne pas céder la charge avant 20 ans) ».  Il conclut pour les charges au 1er degré : « Le titre d’écuyer héréditaire dans ces familles le 23 juin 1790 a été rétabli avec son hérédité au profit des officiers et des descendants mâles par les chartes de 1814 et 1830. »<ref>Alain Texier ''Qu'est ce que la noblesse?'', page 48</ref>.
  
<nowiki>De manière générale beaucoup d'experts en droit nobilitaire tel que Bernard Lutun (polytechnicien et historien), Régis Valette, le Vicomte Albert Révérend et le Comte Georges de Morant, la Société Héraldique de France, l’annuaire de la Noblesse, le Baron Henri de Woelmont de Brumagne s'accordent à dire que la noblesse des secrétaires du roi ayant été congédiés de leur charge après la suppression de la noblesse ne devrait pas être remise en question. Le Comte de Sémainville résume l'affaire ainsi dans son "Code de la Noblesse Française" (1860) : "Tous les officiers qui n'ont pu [...] accomplir, dans le degré requis, le nombre d'années exigé par les règlements, se trouvent par le fait, dispensés d'une condition qu'il n'ont pu remplir. La noblesse dont ils jouissaient et qu'ils étaient en train aussi bien qu'en volonté d'aquérir pleinement à titre héréditaire, doit leur appartenir à eux ainsi qu'à leurs enfants." Il conclut : "La seule chose qu'on soit en droit de leur demander pour sa justification, ce sont les provisions d'office [...] au premier degré [...]."</nowiki><ref>[https://books.google.fr/books?id=1_kaAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false] Comte de Sémainville, "Code de la noblesse française" page 411</ref>  
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<nowiki>De manière générale beaucoup d'experts en droit nobilitaire tel que Bernard Lutun (polytechnicien et historien), Régis Valette, le Vicomte Albert Révérend et le Comte Georges de Morant, la Société Héraldique de France, l’annuaire de la Noblesse, le Baron Henri de Woelmont de Brumagne s'accordent à dire que la noblesse des secrétaires du roi ayant été congédiés de leur charge après la suppression de la noblesse ne devrait pas être remise en question. Le Comte de Sémainville résume ainsi l'affaire dans son "Code de la Noblesse Française" (1860) : "Tous les officiers qui n'ont pu [...] accomplir, dans le degré requis, le nombre d'années exigé par les règlements, se trouvent par le fait, dispensés d'une condition qu'il n'ont pu remplir. La noblesse dont ils jouissaient et qu'ils étaient en train aussi bien qu'en volonté d'aquérir pleinement à titre héréditaire, doit leur appartenir à eux ainsi qu'à leurs enfants." Il conclut : "La seule chose qu'on soit en droit de leur demander pour sa justification, ce sont les provisions d'office [...] au premier degré [...]."</nowiki><ref>[https://books.google.fr/books?id=1_kaAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false] Comte de Sémainville, "Code de la noblesse française" page 411</ref>  
  
 
Les historiens et spécialistes de l'Ancien Régime François Bluche (agrégé de l'université et professeur d'histoire) et Pierre Durye (licencié en histoire et géographie et ancien élève de l'École nationale des chartes), dans l'ouvrage ''L'anoblissement par charges avant 1789'' (1962 et réédité en 1998) écrivent : « C'est en vain qu'une récente tentative a été faite pour prétendre que les secrétaires et leurs descendants jouissent de la noblesse héréditaire dès les lettres de provisions. La jurisprudence réunie à cet effet prouve, au contraire, que si le fils d'un secrétaire du roi échappe aux tailles comme noble, il ne s'agit pas là d'un privilège définitif mais qui vaut seulement  « tant et si longtemps que son père sera revêtu de la charge de secrétaire du roi, s'il décède en la possession d'icelle, ou obtient lettres de vétéran. » Cette doctrine est renforcée par l'instruction du garde des sceaux du 6 mars 1789 :  « Les personnes pourvues de charges donnant la noblesse, mais qui ne les ont pas acquises par 20 ans d'exercice, ne peuvent pas être considérées comme nobles et ne doivent conséquemment pas être assignées, quoiqu'elles possèdent des fiefs » (...).  À la Restauration ni les offices ni l'anoblissement par charges ne sont rétablis. Aucune loi ne définit la position du gouvernement à l'égard de la  « noblesse inachevée ». (...) Comme un certain nombre de « nobles inachevés »  reçoivent des lettres patentes de reconnaissance de noblesse, on pense parfois que Louis XVIII admet ipso facto la qualification d'écuyer en 1790 comme un titre héréditaire que seul un cas de force majeure n'a pas permis de légaliser à l'époque. Il n'en est rien, comme le montre la lecture des lettres patentes, des délibérations de la commission du sceau ou des rapports du commissaire du roi au sceau<ref>[https://books.google.fr/books?hl=fr&id=y9YTAAAAIAAJ&focus=searchwithinvolume&q=%22pour+pr%C3%A9tendre+que+les+secr%C3%A9taires+et+leurs+descendants%22 François Bluche, Pierre Durye, ''L'anoblissement par charges avant 1789'', Imprimerie centrale de l'ouest, 1962, page 54, vue 1.]</ref>{{,}}<ref>[https://books.google.fr/books?hl=fr&id=y9YTAAAAIAAJ&focus=searchwithinvolume&q=%22ou+des+rapports+du+commissaire+du+roi%22 François Bluche, Pierre Durye, ''L'anoblissement par charges avant 1789'', Imprimerie centrale de l'ouest, 1962, page 54, vue 2.]</ref>.
 
Les historiens et spécialistes de l'Ancien Régime François Bluche (agrégé de l'université et professeur d'histoire) et Pierre Durye (licencié en histoire et géographie et ancien élève de l'École nationale des chartes), dans l'ouvrage ''L'anoblissement par charges avant 1789'' (1962 et réédité en 1998) écrivent : « C'est en vain qu'une récente tentative a été faite pour prétendre que les secrétaires et leurs descendants jouissent de la noblesse héréditaire dès les lettres de provisions. La jurisprudence réunie à cet effet prouve, au contraire, que si le fils d'un secrétaire du roi échappe aux tailles comme noble, il ne s'agit pas là d'un privilège définitif mais qui vaut seulement  « tant et si longtemps que son père sera revêtu de la charge de secrétaire du roi, s'il décède en la possession d'icelle, ou obtient lettres de vétéran. » Cette doctrine est renforcée par l'instruction du garde des sceaux du 6 mars 1789 :  « Les personnes pourvues de charges donnant la noblesse, mais qui ne les ont pas acquises par 20 ans d'exercice, ne peuvent pas être considérées comme nobles et ne doivent conséquemment pas être assignées, quoiqu'elles possèdent des fiefs » (...).  À la Restauration ni les offices ni l'anoblissement par charges ne sont rétablis. Aucune loi ne définit la position du gouvernement à l'égard de la  « noblesse inachevée ». (...) Comme un certain nombre de « nobles inachevés »  reçoivent des lettres patentes de reconnaissance de noblesse, on pense parfois que Louis XVIII admet ipso facto la qualification d'écuyer en 1790 comme un titre héréditaire que seul un cas de force majeure n'a pas permis de légaliser à l'époque. Il n'en est rien, comme le montre la lecture des lettres patentes, des délibérations de la commission du sceau ou des rapports du commissaire du roi au sceau<ref>[https://books.google.fr/books?hl=fr&id=y9YTAAAAIAAJ&focus=searchwithinvolume&q=%22pour+pr%C3%A9tendre+que+les+secr%C3%A9taires+et+leurs+descendants%22 François Bluche, Pierre Durye, ''L'anoblissement par charges avant 1789'', Imprimerie centrale de l'ouest, 1962, page 54, vue 1.]</ref>{{,}}<ref>[https://books.google.fr/books?hl=fr&id=y9YTAAAAIAAJ&focus=searchwithinvolume&q=%22ou+des+rapports+du+commissaire+du+roi%22 François Bluche, Pierre Durye, ''L'anoblissement par charges avant 1789'', Imprimerie centrale de l'ouest, 1962, page 54, vue 2.]</ref>.

Version du 13 septembre 2019 à 00:48

La famille Prudhomme de La Boussinière est originaire de la Sarthe selon la généalogie donnée par Henri Frotier de La Messelière dans les filiations bretonnes. Elle remonte sa filiation suivie à Guillaume Prudhomme, marchand et paroissien de Mareil-en-Champagne en 1674. [1].

Une branche éteinte de cette famille fut anoblie par lettres patentes en 1825 et une branche subsistante est issue de René-Jean-François Prudhomme de La Boussinière qui acquit en 1782 une charge anoblissante de secrétaire du roi.

Origines

Le premier connu de la filiation de cette famille suivie par des archives visibles est Guillaume Prudhomme, marchand et paroissien de Mareil-en-Champagne dans la Sarthe[1].

Albert Révérend indique que d’après une tradition, cette famille Prudhomme viendrait d’Angleterre et se serait fixée en Quercy puis dans le Maine où elle a formé deux rameaux, l’un qui a possédé la terre de Meslay et l’autre celle de la Boussinière.[2]

Lors de son anoblissement la famille Prudhomme de La Boussinière a reçu les mêmes armoiries que Charles Prudhomme de Meslay.[3]

Selon Claude Drigon de Magny "En 1666, Guillaume de Prudhomme, quatrième fils de Charles de Prudhomme de Meslay, s'établit à la Verrerie du Plessis, près Mareil en Champagne, et fut la souche des Prudhomme de la Boussinière, seigneurs des paroisses de Brains, Saint-Christophe et autres lieux".[4]

Généalogie

  • Guillaume Prudhomme, marchand et paroissien de Mareil-en-Champagne dans la Sarthe, marié à Louise Houdebert, dont Guillaume qui suit[1].
    • Guillaume Prudhomme, notaire royal de Mareil-en-Champagne, né le 19 avril 1674 à Mareil-en-Champagne « fils d'honorable Guillaume Prudhomme, marchand »[4] et mort le 3 septembre 1762, marié à Marie Cryé, fille de René Cryé, syndic de Joué-en-Charnie et de Marguerite Pichard dont René qui suit[1].
      • René Prudhomme, sieur de la Boussinière, né en 1701 et mort à Brains le 13 septembre 1788, procureur du roi au grenier à sel de Loué en 1736, puis conseiller du roi à l'hôtel de ville du Mans, directeur de la société d'agriculture du Mans, marié au Mans le 20 janvier 1727 à Marie-Jeanne Bainville, mort le 19 avril 1743, eut plusieurs enfants dont Jacques-Guillaume René-François (né en 17288) curé du Mans puis évêque constitutionnel du Mans et René-François-Jean qui suit[1].
        • René-Jean-François Prudhomme de la Boussinière, seigneur des Touches, Monceaux et de Brains, conseiller du roi en l'élection du Mans, subdélégué de l'intendance, mort au Mans le 16 novembre 1800, marié en 1765 à Françoise Lefebvre de la Croix[1]. Conseiller-secrétaire du roi en 1782 en la chancellerie établie près le parlement de Grenoble[5]. Il eut deux fils : René-Jean François (1766-1863) auteur d'une branche ainée éteinte anoblie par lettres patentes du 16 avril 1825[6] qui suit, et Jacques François (1773) auteur d'une branche cadette subsistante[1] donnée comme de noblesse inachevée[7].
Branche ainée éteinte
  • René-Jean-François Prudhomme de la Boussinière, né le 20 octobre 1766 et mort le 8 janvier 1863, marié le 3 décembre 1796 à Élisabeth Burrows[1]. Il fut anobli avec réglement d'armories par lettres patentes du 16 avril 1825[6], dont :
    • Marie-Élisabeth-Françoise de la Boussinière, mariée à Charles du Hardas de Hauteville[1];
    • Adolphe-Jacques-François-Marie Prudhomme de la Boussinière, marié le 25 novembre 1832 à Henriette-Matilde de Lancrau de Bréon, mort sans postérité le 10 février 1885[1];
    • Edouard Prudhomme de la Boussinière, mort en 1886, laissant un fils naturel reconnu[1][5].
Branche cadette subsistante
  • Jacques-François Prudhomme de la Boussinière, né au Mans le 17 novembre 1773 et mort aux Touches en Brains en 1853, marié 1° le 23 février 1808 à Lucie-Louise-Gabrielle-Marie Goislard; 2° à la Flèche le 29 septembre 1819 à Henriette- Augustine-Marie de Kermel, dont quatre postérité.[1][6]:
    • Olivier Prudhomme de la Boussinière, fils d'Henriette de Kermel, marié à Marie de Kermel, d'où postérité[6];
    • Louis-Ferdinand Prudhomme de la Boussinière (1814-1855), fils de Lucie Goislard, lieutenant-colonel, tué à la bataille de Sébastopol le 18 juin 1855, marié en 1851 à Marie-Léonie Godard de Rivocet, dont une fille[6];
    • Sidonie Prudhomme de la Boussinière[6], fille de Lucie Goislard;
    • Thérèse Prudhomme de la Boussinière[6], fille de Lucie Goislard.

Armes

  • D’azur aux 2 épées d’argent montés d’or posées en sautoir, et au chef d’argent chargé de 3 merlettes de sable.
  • Précédemment : D'azur aux 2 épée d'argent la garde d'or posées en sautoir, aux 3 merlettes de même, 2 aux flans une en pointe de l'écu.

Noblesse

René-Jean-François Prudhomme de La Boussinière acheta en 1782 une charge de conseiller-secrétaire du roi près le parlement de Grenoble qu'il occupa pendant huit ans jusqu'en 1790 lors de la suppression des charges du secrétaire du roi, peu après la suppression de la noblesse. La charge de secrétaire du roi conférait la noblesse héréditaire au premier degré (c’est à dire immédiatement) avec l’obligation de ne pas se démettre (par la vente de la charge ou par une démission ou par un renvoie) de sa fonction avant 20 ans d’exercice sous peine de perdre sa noblesse. [8]

  • Régis Valette dans Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle mentionne cette famille originaire du Maine et avec pour principe de noblesse : "secrétaire du roi 1782-1790"[9].
  • F de Saint-Simon dans le Dictionnaire de la noblesse française écrit : "Anobli en 1655, révoqué en 1664, réanobli en 1699; déroge au XVIIIe siècle, noblesse inachevée par suite d'une charge de secrétaire du roi à la fin du XVIIIe siècle, anobli pour une branche éteinte le 16 avril 1825."[10].
  • Pierre-Marie Dioudonnat dans Le simili nobiliaire français écrit : "Anoblie en 1655, anoblissement révoqué en 1664. Rétablie dans sa noblesse en 1699. René Jean François Prudhomme de la Boussinière (1738-1800) est pourvu en 1782 de la charge de secrétaire de conseiller secrétaire du roi en la chancellerie établie près le parlement de Grenoble. La Révolution laisse cette fois la famille en état de noblesse inachevée. Le secrétaire du roi laisse deux fils. Le cadet Jacques François né en 1773, poursuit la descendance. L'aîné est anobli par lettres patentes du 16 avril 1825. Il a deux fils : le premier mourra sans postérité en 1885, tandis que le second décédé en 1886 laissera un fils naturel reconnu"[5].

Avis d'auteurs sur la noblesse de la charge de secrétaire du roi

Alain Texier, docteur d’État en droit et spécialiste du droit nobiliaire écrit dans son ouvrage Qu'est-ce que la noblesse ? au sujet de la noblesse dite "inachevée": « Comme les mots l'indiquent, il s'agit de familles issues d'auteurs qui ont été en possession de la noblesse personnelle acquise et transmissible, ou d'un titre personnel ou non, et qui n'en ont pas obtenu le maintien à titre héréditaire. (...). C’est une connaissance insuffisante des institutions de l’Ancien Régime qui a permis la naissance d’expressions ou formules erronées appliquées çà et là à cette noblesse d’office, telle que : « nobles inachevés » (...) leur noblesse ne reposait pas sur une obligation de faire (20 ans de service), mais sur une obligation de ne pas faire (ne pas céder la charge avant 20 ans) ». Il conclut pour les charges au 1er degré : « Le titre d’écuyer héréditaire dans ces familles le 23 juin 1790 a été rétabli avec son hérédité au profit des officiers et des descendants mâles par les chartes de 1814 et 1830. »[11].

De manière générale beaucoup d'experts en droit nobilitaire tel que Bernard Lutun (polytechnicien et historien), Régis Valette, le Vicomte Albert Révérend et le Comte Georges de Morant, la Société Héraldique de France, l’annuaire de la Noblesse, le Baron Henri de Woelmont de Brumagne s'accordent à dire que la noblesse des secrétaires du roi ayant été congédiés de leur charge après la suppression de la noblesse ne devrait pas être remise en question. Le Comte de Sémainville résume ainsi l'affaire dans son "Code de la Noblesse Française" (1860) : "Tous les officiers qui n'ont pu [...] accomplir, dans le degré requis, le nombre d'années exigé par les règlements, se trouvent par le fait, dispensés d'une condition qu'il n'ont pu remplir. La noblesse dont ils jouissaient et qu'ils étaient en train aussi bien qu'en volonté d'aquérir pleinement à titre héréditaire, doit leur appartenir à eux ainsi qu'à leurs enfants." Il conclut : "La seule chose qu'on soit en droit de leur demander pour sa justification, ce sont les provisions d'office [...] au premier degré [...]."[12]

Les historiens et spécialistes de l'Ancien Régime François Bluche (agrégé de l'université et professeur d'histoire) et Pierre Durye (licencié en histoire et géographie et ancien élève de l'École nationale des chartes), dans l'ouvrage L'anoblissement par charges avant 1789 (1962 et réédité en 1998) écrivent : « C'est en vain qu'une récente tentative a été faite pour prétendre que les secrétaires et leurs descendants jouissent de la noblesse héréditaire dès les lettres de provisions. La jurisprudence réunie à cet effet prouve, au contraire, que si le fils d'un secrétaire du roi échappe aux tailles comme noble, il ne s'agit pas là d'un privilège définitif mais qui vaut seulement « tant et si longtemps que son père sera revêtu de la charge de secrétaire du roi, s'il décède en la possession d'icelle, ou obtient lettres de vétéran. » Cette doctrine est renforcée par l'instruction du garde des sceaux du 6 mars 1789 : « Les personnes pourvues de charges donnant la noblesse, mais qui ne les ont pas acquises par 20 ans d'exercice, ne peuvent pas être considérées comme nobles et ne doivent conséquemment pas être assignées, quoiqu'elles possèdent des fiefs » (...). À la Restauration ni les offices ni l'anoblissement par charges ne sont rétablis. Aucune loi ne définit la position du gouvernement à l'égard de la « noblesse inachevée ». (...) Comme un certain nombre de « nobles inachevés » reçoivent des lettres patentes de reconnaissance de noblesse, on pense parfois que Louis XVIII admet ipso facto la qualification d'écuyer en 1790 comme un titre héréditaire que seul un cas de force majeure n'a pas permis de légaliser à l'époque. Il n'en est rien, comme le montre la lecture des lettres patentes, des délibérations de la commission du sceau ou des rapports du commissaire du roi au sceau[13]Modèle:,[14].

Philippe du Puy de Clinchamps, spécialiste de la noblesse française et auteur d'ouvrages sur cette dernière, écrit dans La noblesse (1968) : « La Restauration ne considérait donc pas la noblesse inachevée comme un droit automatique à une noblesse parfaite (...), conclusion, on ne peut guère nier que les familles qui ne pensèrent pas ou ne surent pas faire confirmer leur noblesse inachevée sous la Restauration ne peuvent pas en droit strict être considérées comme des familles nobles ou ayant appartenu à la noblesse et il est peut-être bon de souligner que les victimes de la suppression des charges avaient été indemnisées en 1791 (en assignats, il est vrai).»[15].

Pierre-Marie Dioudonnat écrit dans son ouvrage Le Simili-nobiliaire français : « On peut légitimement parler de noblesse inachevée pour désigner les familles dont l’auteur titulaire d’une charge en 1790, n’a pas pu respecter les obligations fixées par les textes (...). Le problème de la noblesse de ces officiers et de leurs descendants ne se posera qu’à partir de 1814 et du rétablissement de la noblesse par Louis XVIII (...). Il est constant que sous la monarchie restaurée ni les anciens titulaires des offices abolis en 1790-1791 (ou leurs descendants) , ni le pouvoir royal ne considèrent ceux-ci comme nobles. Aucun d’entre eux, sollicitant anoblissement ou reconnaissance de noblesse ne se voit opposer la possession d’une noblesse parfaite. Au contraire, même quand la commission du sceau, rendant au roi un avis favorable au demandeur, déplore que les évènements révolutionnaires, assimilés à la force majeure, aient empêché le solliciteur ou son auteur de parvenir à la noblesse, elle souligne par là qu’il n’est, à l’évidence, pas noble (...). Sauf anoblissement ultérieur, les descendants des titulaires de charges anoblissantes n’ayant pas fait leur temps, même si c’est à cause d’un bouleversement historique sans précédent, ne peuvent aujourd’hui figurer dans la noblesse subsistante. »[16].

Référence.png Notes et références

  1. 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 et 1,11 Henri Frotier de la Messelière, Filiations bretonnes. 1650-1912, Tome VI, Paris, 1976, pages 429-430.
  2. [1]
  3. [2]
  4. Registres paroissiaux et d'état civil de la Sarthe : Mareil-en-Champagne 1673-1741 folio 20/558 19 avril 1774.
  5. 5,0 5,1 et 5,2 Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-nobiliaire français, éditions Sedopols, 2002, page 442.
  6. 6,0 6,1 6,2 6,3 6,4 6,5 et 6,6 Albert Révérend, Les familles titrées et anoblies au XIXe siècle : titres, anoblissements et pairies de la Restauration, 1814-1830. Tome V, Paris, 1905, page 438.
  7. F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, page 824.
  8. Alain Texier "Qu'est ce que la noblesse" - Tallandier 1995
  9. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle, Editions Robert Laffont, page 259.
  10. F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975.
  11. Alain Texier Qu'est ce que la noblesse?, page 48
  12. [3] Comte de Sémainville, "Code de la noblesse française" page 411
  13. François Bluche, Pierre Durye, L'anoblissement par charges avant 1789, Imprimerie centrale de l'ouest, 1962, page 54, vue 1.
  14. François Bluche, Pierre Durye, L'anoblissement par charges avant 1789, Imprimerie centrale de l'ouest, 1962, page 54, vue 2.
  15. Philippe du Puy de Clinchamps, La noblesse PUF, 1968, page 71.
  16. Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire français, Sedopols, 2002, page 16.