Domestique

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Définition

"Les domestiques sont tous ceux qui font partie d'une maison et qui, subordonnés à la volonté du maître, en reçoivent des gages"[1]

Le « Manuel complet des domestiques » de 1836 différencie ainsi les domestiques en fonction de leur principales tâches :
  • «Soins des aliments ou service de la nourriture : auxquels de rattachent les cuisinières, et cuisiniers, les maîtres d’hôtel, les aides de cuisine : ce service comprend le choix, la disposition, la conservation des substances alimentaires et tout ce qui concerne les repas et le service de la cave.
  • Le service des étrangers c’est-à-dire tout ce qui concerne la conduite à tenir à l’égard des visites, des assemblées, des personnes qui reçoivent dans la maison une amicale hospitalité
  • Soins de la maison et service du mobilier : qui comprennent les occupations des femmes de ménage, femmes, valets de chambre, frotteurs, concierge, …. Tous les conseils relatifs à la propreté, à l’élégance, à la bonne tenue de l’intérieur trouveront place ici
  • Soins de la personne et des vêtements : s’adresse aux valets et femme de chambre chez les gens opulens, à la domestique chez les personnes à la fortune plus modeste ; cette partie contiendra tous les détails du nettoyage, blanchissage, repassage, enlevage des tâches, et tous les modes de réparation éprouvés
  • Soin des enfants qui concernera les bonnes d’enfants et le soin des maladies
  • Soins de l’écurie : il s’agira ici du pansement des chevaux, de l’entretien des voitures, et donc toutes les obligations imposées au domestique homme chargé du service général, aux cochers et aux valets d’écurie »

Présentation

La domesticité s'est généralisée dans la société bourgeoise du XIXe siècle, où un nombre considérable de « gens de maison » contribuaient au niveau de vie et au raffinement des familles bourgeoises.

Les gens de maison

Les différentes tâches

Dans les grandes maisons les activités sont divisées par thématique :
La bouche :

  • chef cuisinier rôtisseur,
  • saucier,
  • filles de cuisine

L’hôtel :

  • maitre d’hôtel,
  • valets de pied chargé du nettoyage des appartements de réception et du service de table ;
  • argentiers chargés de l’entretien des cristaux et de l’argenterie,
  • femme de charge qui commande les femmes de chambre chargées du linge et des appartements privés,
  • le piqueur qui assure le service de l’écurie et de la remise.

Dans les maisons bourgeoises le personnel étant moins qualifié, les tâches seront moins diversifiées et le personnel plus polyvalent.

Il existait beaucoup de « bonnes » et de domestiques occasionnels, qui venaient pour la plupart de la campagne, de la province, venus à Paris dans l’espoir de gagner plus.

Les domestiques à Paris selon le recensement

Sexe 1896 1901 1906 1911
Hommes 35.691 35.891 36.525 18.798
Femmes 159.747 170.220 173.803 124.184

Les domestiques agricoles

Dans les fermes les plus grandes, surtout avant la mécanisation, les besoins de main d'œuvre étaient importants.

Lorsque la main d'œuvre familiale ne suffisait pas, on faisait appel à "des domestiques" : des ouvriers agricoles, des journaliers, des servantes, etc.

Les domestiques agricoles et servantes de ferme, représentant environ 60 % des salariés agricoles, étaient, sous le couvert de partager la "vie de famille" de leur employeur, assujettis au rude travail de la ferme du matin au soir.

De plus, logés par leur employeur, ils subissaient, avec ou sans famille, la cruelle loi du logement dit "accessoire au contrat de travail".

Leurs conditions de vie au 19e et début du 20e siècle

Le logement

Les domestiques étaient autrefois logés par les maîtres, en fonction du style de propriété, du lieu. Ce logement était plus ou moins exiguë. Dans les villes les bonnes pouvaient même dormir sur des lits pliants, dans des couloirs ou alcôves non éclairés, dans la cuisine. Les nourrices dormaient dans la chambre des enfants. [2]

Dans les grandes maisons, les domestiques sont logés au dernier étage dans les mansardes que l'on atteint avec des escaliers de service, ce sont des chambres non chauffées. Certaines possèdent un simple évier. Pour d'autres le seul poste d'eau est à l'étage. Ces chambres ont rarement des fenêtres, certaines juste un simple vasistas.

L'uniforme

La femme de chambre doit porter un tablier festonné, brodé ou garni de dentelle. La cuisinière a des tabliers de toile blanche et des tabliers de toile bleue pour les grosses besognes.
La femme de chambre qui suit sa maîtresse pour une sortie doit avoir une toilette simple qui ne doit pas s'éloigner de la mode du moment.
Une bonne à tout faire est coiffée d'un bonnet blanc tout simple. Elle a un tablier bleu pour le nettoyage, un tablier de toile blanche pour faire la cuisine et un tablier de percale pour le service de table.
En Angleterre toutes les femmes doivent avoir les cheveux bien rangés sous des bonnets à dentelle.

Durée de travail

Les journées sont forts longues : de 15 à 16h/jour.
Le repos est strictement limité : rarement avant 10 h, parfois à 11h le domestique va se coucher et il doit être à son service à 7h du matin.

Le salaire

En général, c'est l'usage suivi dans chaque localité, que ce soit à la ville ou à la campagne, qui détermine le montant des gages, et il convient de ne pas trop s'en écarter. Le rang, la condition des maîtres, la nature des services pourront faire évoluer ces gages.

Les services d’un valet

« le service d’un valet de chambre comporte ordinairement le soin des appartements ; le service de table ; l’entretien de l’argenterie, des couteaux, des lampes ; cuivres, carreaux ; le bois, les feux ; le balayage de la rue ; répondre à la porte. …

aussitôt levé, ouvrir les persiennes, faire le service de Monsieur ; en hiver, dresser les feux, monter le bois et le charbon ; balayage de la rue ; premier déjeuner pris rapidement, ce n’est pas le moment de perdre du temps ; faire les appartements ; s’habiller, mettre le couvert, servir le déjeuner ; déjeuner soi même ; après, ôter le couvert et remettre la salle à manger en état ; service d’office ; argenterie, couteaux, lampes cuivres, carreaux, …
à la nuit allumer les lampes, fermer les persiennes ; mettre le couvert du dîner, servir.
Après le dîner des domestiques, ôter le couvert et remettre tout en ordre, sans rien laisser traîner, ce qui compliquerait le travail du lendemain ».

Référence.png Notes et références

  1. Traité des lois de l'organisation judiciaire et de la compétence des juridictions civiles - Guillaume Louis Julien Carré, Victor-Adrien Foucher - Ed. Dupont et Cailleux Paris 1834
  2. Les Domestiques en France - Cusenier - 1912