Compagnie Maritime des Chargeurs Réunis

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Présentation

Jules VIGNAL. Président-fondateur des "Chargeurs Réunis".
Les Chargeurs Réunis, compagnie de navigation française à vapeur, est fondée au Havre en 1872.
En 1898, sa flotte regroupe 35 bateaux. Ils transportent en 1891 près de 470,000 tonnes de marchandises et 13600 passagers sur 1 million de milles nautiques. Ils relient principalement le Havre à la cote occidentale d'Afrique, au Brésil, à l'Argentine et à New York.
En 1927, la famille FABRE prend le contrôle des Chargeurs Réunis à travers une OPA hostile, assez rare à l'époque.
En tant qu'administrateur délégué, Leon C. FABRE dirige les Chargeurs Réunis avec son associe Alexis BAPTIFAUT.
Paul C. FABRE préside la Cie FABRE qui contrôle les Chargeurs.
En 1937, les Chargeurs Réunis deviennent indépendants de la Cie Fabre. Léon C. Fabre et Alexis Baptifaut continuent de diriger la société .
En 1945-47, Francis C. Fabre prend le contrôle du groupe dont la flotte a été décimée : il ne reste qu'une quinzaine de navires.
Entre 1964 et 1976, les Chargeurs Réunis reprennent nombre d'armements Français dont la Cie Fabre, Fraissinet, SGTM puis Paquet et enfin l'Union Navale.
Au total, les chargeurs gèrent 64 navires (40 en nom propre et 24 après l'association avec Delmas Vieljeux).
C'est le troisième transporteur européen tout mode de transport confondu.
En Janvier 1980, Jérôme SEYDOUX prend le contrôle des Chargeurs Réunis et progressivement vend toutes les branches du groupe.
En 1981, les Chargeurs Réunis fusionnent avec Pricel, holding du groupe de Jérôme Seydoux, qui en est devenu l’actionnaire principal, le nouveau groupe prenant le nom de Chargeurs SA, dont la Cie Maritime des Chargeurs Réunis est devenue la filiale, avant d’être absorbée au moyen d’une fusion par Chargeurs SA fin 1981, et la création immédiate d’une nouvelle entité appelée Chargeurs Réunis.
En 1990, toute la flotte avait été vendue.
La partie maritime passera à la fin de la décennie sous le contrôle du groupe Delmas-Vieljeux, sous le nom de Chargeurs Delmas puis finalement Delmas, avant que le groupe Delmas-Vieljeux ne passe lui-même sous le contrôle du Groupe Bolloré.
Le groupe Bolloré a finalement vendu en 2005 la compagnie Delmas au groupe CMA CGM alors dirigé par Jacques SAADÉ.
Ce groupe français est actuellement le troisième armement au niveau mondial, derrière le géant danois Maersk et l'italo-suisse MSC.

Création de la la Compagnie française de navigation à vapeur, sous la dénomination Chargeurs Réunis

Jules VIGNAL va prendre l’initiative de rassembler des armateurs du Havre et des négociants-exportateurs, en complétant le tour de table avec d’autres banquiers pour créer la Compagnie française de navigation à vapeur, sous la dénomination Chargeurs Réunis.
D’autant que le très avisé Vignal, nommé dès le départ président des Chargeurs , réunit un tour de table à la fois complémentaire et expérimenté.
Parmi ses huit associés fondateurs, on trouve :
trois autres banquiers,

  • Max Kann (de Max Kann et Cie qui investit également dans le chemin de fer) et
  • Paul Mirabaud (un Français apparenté à la banque genevoise éponyme) ;
  • William-Henry Heydecker (Américain établi en France, fondateur de la société de négoce Bonnemaison & Heydecker implantée à Paris et Buenos Aires, marié à Louise Mathey, fille d’un riche marchand havrais de coton, il décédera dès le mois de juin 1873, à 41 ans, d’une maladie rénale) ;

deux armateurs havrais,

  • Jules Masurier (qui, malgré les accusations de traite négrière portées contre lui, sera élu maire du Havre de décembre 1874 à janvier 1878) et
  • Robert Quesnel (dans les locaux parisiens duquel les Chargeurs vont s’installer provisoirement avant d’établir leur siège boulevard Malesherbes ; il se retirera des Chargeurs dès 1875 pour créer sa propre ligne de vapeurs entre Le Havre et l’Argentine, concurrente des Chargeurs) ;

trois négociants,

  • Henri Fould (chef de la Maison d’exportation Fould-Frères et Cie qui comptait parmi les principaux exportateurs de produits de luxe de Paris),
  • Auguste Leuba (un autre Suisse dont la société familiale de Neuchâtel est exportatrice de produits suisses au Brésil et gros importateur de café) ; et
  • Adolphe Binoche (représenté lors de cette réunion par Jules Masurier,)

M. Francis FABRE quitte la présidence de la Compagnie maritime des chargeurs réunis

M. Francis Fabre exerce depuis quarante ans le double métier d'aviateur et d'armateur. La Compagnie maritime des chargeurs réunis (C.M.C.R.) compte une flotte de quelque cinquante navires (avec ses filiales directes). Ce sont des cargos porte-conteneurs qui desservent les lignes régulières de l'Extrême-Orient et des Antilles (compagnie Fabre) et de l'Afrique du Sud notamment ; des navires transporteurs de vrac (avec l'Union navale) qui naviguent au tramping avec des chargements de minerais ou de charbon, des cargos rouliers, des bateaux spécialement conçus pour le transport des voitures (Carline).
Grâce à sa filiale la Nouvelle Compagnie des paquebots, qui vend les croisières Paquet, les " Chargeurs ", comme disent les habitués du monde maritime, sont le seul armement français, après la " faillite " du France et de la Transat, à exploiter encore sans aucune aide de l'État trois paquebots (Mermoz, Azur, Massalia. La Compagnie maritime des chargeurs réunis (C.M.C.R.) a depuis dix ans conclu maints accords de pool commercial ou même des accords financiers avec des armateurs étrangers (belges, par exemple) et français (Worms, Delmas-Vieljeux, Gazocéan, ex-Messageries maritimes devenues avec la Transat la Compagnie générale maritime).
À la fin de 1978, la C.M.C.R. employait 1 785 personnes dont 1 143 navigants. Après amortissements, l'exercice 1978 s'est soldé par un bénéfice de 1 329 000 F contre 12 961 000 F en 1977. Farouche partisan de la libre entreprise, Francis Fabre avait déclaré le 20 juin dernier devant l'assemblée générale de la C.M.C.R., alors qu'il se disait " au soir de sa carrière " : " N'existe-t-il pas dans la politique maritime française des contradictions, voire dès incohérences, entre les intentions proclamées et les faits ?... Alors que les recettes de l'armement français se forment sur un marché international et concurrentiel, la majorité de ses dépenses continue à faire l'objet de réglementations protectionnistes d'un autre âge qui se traduisent le plus souvent par un surcoût. Que ce soit en matières de régimes sociaux, financiers ou fiscaux, de localisation des commandes (de navires) ou des établissements, d'affrètements, d'assurances, de prescriptions techniques et de réglementation de la vie à bord, les exemples de maintien du carcan administratif sont nombreux. Tout se passe dans notre pays comme si le libéralisme et la concurrence s'appliquaient bien aux recettes maritimes et le protectionnisme et le conservatisme aux surcharges. " [1]

Lignes

  • En juillet 1889, la ligne d’Afrique fut ouverte (avec le VILLE DE MARANHAO) au départ des ports de la façade Atlantique et de la Manche (Dunkerque, Le Havre, Bordeaux)
  • En 1901 la ligne d’Indochine
Le premier service Dunkerque - Indochine fut ouvert par l'AMIRAL DUPERRÉ.
  • En 1905 la ligne Tour du Monde en 1905
C'est l'AMIRAL JAURÉGUIBERRY qui inaugura cette ligne Tour du Monde (245 jours) : après avoir touché l'Indochine, il remontait en Chine et au Japon, puis faisait route sur Hawaï et la côte ouest des États-Unis, touchait le Mexique, Punta-Arénas, puis Montevideo et faisait son retour vers l'Europe.
  • En 1927, les croisières
Les Chargeurs Réunis furent le premier armement au monde à organiser des croisières à partir de 1927 (avec le CAP LAY qui escalait à Bordeaux, Lisbonne, Tanger, Alger et Palma),

Navires

Le 16 octobre 1872, le BELGRANO [2] quittait Le Havre à destination de Rio de Janeiro et Buenos Aires (Brésil), emportant à son bord 450 passagers, pour la plupart des émigrants

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, sur les 75 Liberty Ships alloués à la France en dommage de guerre, 12 le furent aux Chargeurs Réunis :

♦ ABBEVILLE ♦ BACCARAT ♦ BELFORT ♦ BOULOGNE-SUR-MER ♦ CALAIS ♦ CERNAY ♦ GERARDMER ♦ ISIGNY ♦ MONTBELIARD ♦ ROBERT ESPAGNE ♦ SAINT-DIE ♦ TURCKHEIM.

Le transport aérien

Dès 1929, les Chargeurs s’intéressèrent au transport aérien, tout d’abord sur l’Amérique du Sud, mais sans succès, et surtout en Afrique où ils disposaient déjà d’une solide implantation commerciale et c’est sous le nom d’Aéromaritime
En octobre 1949, l’Union Aéromaritime de Transports (UAT) qui deviendra en 1963 l’Union de Transports Aériens (UTA) après fusion avec la Société de Transports Aériens Intercontinentaux (TAI).
Les Chargeurs seront impliqués dans la création d’Air Inter et d’Air Afrique et auront comme filiales UTH (hôtellerie) et UTA Industries (aérien).

Bibliographie

  • Le livre de Jean BEAUGÉ et René-Pierre COGAN : Histoire maritime des Chargeurs Réunis et de leurs filiales françaises.

Archives

Les principales archives conservées sont celles de la Compagnie Générale Transatlantique, des Messageries Maritimes et de la Compagnie Générale Maritime.
D’autres fonds viennent compléter les archives, provenant des compagnies Delmas, Chargeurs Réunis, Le Borgne

Consultation des archives sur rendez-vous

French Lines & Compagnies
54 rue Louis Richard - 76600 Le Havre
Tél. 02 35 24 19 13

Savoir.jpg À savoir

  • L'Amicale des Anciens Chargeurs ( elle regroupe des familles d' Anciens de la Compagnie, marins et sédentaires.

Référence.png Notes et références

  1. Article du Monde Publié le 15 janvier 1980
  2. Mis sur cale aux Chantiers de l'Océan (Le Havre-Graville) sous le nom de LOUIS XIV pour l'armement havrais Quesnel Frères, le navire est lancé le 24 avril 1872. Il est racheté, avant son achèvement, par les Chargeurs Réunis qui le renomment BELGRANO.