Château de Lichtenberg

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Maquette
Photo B.ohland

Voici un château qui est mis en valeur par son environnement mais qui a surtout honorablement défié les siècles.
En effet, de château médiéval construit au XIIIe siècle avec sa chapelle castrale, il est devenu place-forte au temps du Roi Soleil, s'insérant dans le dispositif de défense de la partie orientale du royaume, et a abrité des garnisons jusqu'en 1870.
Malgré sa destruction partielle, ce sont les habitants qui lui ont redonné vie, jusqu'à ce qu'un projet de réhabilitation le transforme en lieu culturel.


Situation

Dans cette partie du Parc régional des Vosges du Nord, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest d'Haguenau, le château de Lichtenberg constitue le point culminant du ban communal du village éponyme.
Il couronne un rocher situé au centre d'un plateau de grès des Vosges, ceinturé d'un « fossé taillé, à la contrescarpe bastionnée à la fin du XVIIIe siècle »[1].

Historique

Haut-Château

Du XIIIe siècle au XVIIe siècle

  • Au tout début du XIIIe siècle les seigneurs de Lichtenberg font construire un château féodal. Un des membres de cette famille, Conrad de Lichtenberg (1240-1299), devenu évêque de Strasbourg, s'occupe de l'aménager et de l'embellir.
  • Quand la famille des Lichtenberg s'éteint au XVe siècle[2], le château devient propriété commune des comtes de Hanau-Lichtenberg et des Deux-Ponts-Bitche.
À partir de 1580, les Comtes de Hanau-Lichtenberg sont désormais les uniques propriétaires. Ils transforment le château en résidence de style Renaissance, et le comte Philippe V de Hanau fait appel à l'architecte Daniel SPECKLIN[3] pour moderniser la défense du domaine, en l'adaptant aux armes à feu.

Du XVIIe siècle au XIXe siècle

  • En 1678, le château est confisqué par les troupes de Louis XIV qui compte bien le transformer en forteresse, afin d'aider Bitche et La Petite-Pierre à protéger la frontière orientale. Des garnisons y sont installées. À la fin du XVIIIe siècle, ce n'est plus une garnison très vaillante, car constituée surtout de blessés ou d'invalides.
  • Le 6 août 1870 a lieu la défaite de l'armée française face aux Allemands, à la bataille de Woerth-Froeschwiller. Trois jours plus tard, les soldats du lieutenant ARCHER sont vaincus par les troupes allemandes ; le château est bombardé et détruit.

Du XIXe siècle au XXIe siècle

  • En 1878, le château est classé aux Monuments historiques[4].
  • En 1913, les ruines servent de décor à une pièce de théâtre en costumes d'époque.
  • Durant les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, les habitants viennent se réfugier dans les casemates du château.
  • À partir de 1970, les habitants se regroupent en associations, commencent à entretenir les lieux, les ouvrir à la visite et les animer. En 1980 a lieu une nouvelle pièce de théâtre : Barbara la belle sorcière.
  • En 1993, un projet de restauration et de mise en valeur est lancé. Des bâtiments contemporains viennent s'intégrer au site d'origine dans le but d'en faire un espace culturel.


Description

Lorsque l'architecte Daniel SPECKLIN accepte les travaux, son premier but est d'améliorer l'enceinte et de fortifier l'entrée.
Le château évolue et se compose de différents éléments :

  • Le haut-château : sur le promontoire central où se concentrent les vestiges médiévaux :
- deux tours imposantes reliées par un bouclier constituent le front ouest,
- à l'arrière s'étale une petite plateforme au milieu de laquelle existe encore une citerne à filtration et sa margelle,
- la base rectangulaire d'un donjon, « peut-être le primitif du XIIIe siècle »[5], mis au jour lors des fouilles de 1992.
  • D'autres bâtiments :
- une entrée originale, formé d'un tunnel coudé verrouillé par deux portes et une herse,
- un chemin couvert reliant divers lieux, protégé par des canonnières,
- un corps construit en équerre, abritant une cour et une cave voûtée,
- un grand bâtiment Renaissance servant d'arsenal,
- deux terrasses d'artillerie aménagées spécialement pour l'usage, nouveau, des armes à feu[6],
- des casemates disséminées à divers endroits et réaménagées durant la Seconde guerre mondiale.
  • La chapelle, près de l'aile sud.

Chapelle castrale

Chapelle
Photo B.ohland

Il y avait autrefois une église médiévale avec crypte.
La chapelle actuelle a été construite au même endroit, entre 1586 et 1599 selon la volonté de Philippe V. Il y fait élever un grand monument funéraire à la mémoire de son père, Philippe IV, inhumé dans la crypte. Philippe V sera aussi inhumé ici, et un grand mausolée sera érigé en sa mémoire. En 1686, LOUVOIS demandera le transfert de ces cercueils à Bouxwiller.
En 1793, la chapelle est déclarée Temple de la Raison. Il faudra attendre 1802 pour qu'elle soit rendue au culte. À partir de 1848 (construction d'une église dans le village), les offices religieux deviennent occasionnels. Il demeure cependant une messe incontournable, pour la fête de saint Louis, patron de la chapelle, le dimanche du "messti"[7]. Le dernier office a lieu en 1939.

La chapelle de douze mètres de long est construite en grès rose des Vosges, avec un toit très pentu. Son chœur à pans coupés est ouvert de trois baies ogivales et est voûté à la façon angevine, avec liernes et tiercerons.
Elle abrite une partie de l'épitaphe dédiée à Philippe IV (mort en 1580) et le grand mausolée en marbre, à la mémoire de son fils Philippe V (mort en 1899).


Sires et comtes

Arbre généalogique des Hanau, Lichtenberg, Deux-Ponts-Bitche et Ochsenstein
(Musée du Pays de Hanau)
Quelques sires de Lichtenberg Naissance Décès Commentaires
 
Conrad de LICHTENBERG 1240 1/08/1299 Chanoine, prévôt, puis évêque de Strasbourg (1273-1299) - À l'origine de la façade occidentale de la cathédrale de Strasbourg
Frédéric de LICHTENBERG Évêque de Strasbourg (1299-1306)
Sigibodo II de LICHTENBERG Évêque de Spire (1302-1314
Jean II de LICHTENBERG 1315 13/09/1365 Évêque de Strasbourg (1353-1365)
Jacques Ier de LICHTENBERG 25/5/1416 5/01/1480 Dernier descendant masculin de la maison des Lichtenberg - À sa mort, la seigneurie est partagée entre ses deux nièces



Quelques comtes de Hanau-Lichtenberg Naissance Décès Commentaires
Philippe Ier de HANAU-LICHTENBERG 8/11/1417 10/05/1480 Épouse en 1458 Anne de LICHTENBERG, une des deux nièces héritières de la seigneurie
Philippe II de HANAU-LICHTENBERG 31/05/1462 22/08/1504 Fils de Philippe er - Participe à un pèlerinage vers Jérusalem, et y est fait chevalier du Saint-Sépulcre
Philippe III de HANAU-LICHTENBERG 18/10/1482 15/05/1538 Fils de Philippe II - A du mal à réprimer le guerre des paysans ; son château de Bouxwiller est saccagé
Philippe IV de HANAU-LICHTENBERG 20/09/1514 9/02/1590 Fils de Philippe III - À la mort de Jacques de Deux-Ponts-Bitche, dernier comte de cette maison, la seigneurie de Lichtenberg lui revient en totalité - Inhumé dans la chapelle castrale, c'est pour lui que son fils fait élever un grand monument funéraire (avec l'épitaphe ci-dessus)
Philippe V de HANAU-LICHTENBERG 21/02/1541 2/06/1599 Fils de Philippe IV - C'est lui qui fait réaménager le château et reconstruire la chapelle - C'est à lui qu'est dédié le grand mausolée de marbre ci-dessus
 


Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Dominique TOURSEL-HARSTER, Jean-Pierre BECK, Guy BRONNER, Alsace, dictionnaire des monuments historiques, Strasbourg, Éditions La Nuée Bleue, 1995, 662 pages, ISBN 2-7165-0250-1
  • Panneaux d'information à l'extérieur et l'intérieur du site

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Référence.png Notes et références

  1. Dominique TOURSEL-HARSTER, Jean-Pierre BECK, Guy BRONNER, Alsace, dictionnaire des monuments historiques, Strasbourg, Éditions La Nuée Bleue, 1995, 662 pages, ISBN 2-7165-0250-1
  2. À la mort de Jacques de Lichtenberg en 1480
  3. Architecte de la ville de Strasbourg
  4. Base Mérimée
  5. Dominique TOURSEL-HARSTER, Jean-Pierre BECK, Guy BRONNER, Alsace, dictionnaire des monuments historiques, Strasbourg, Éditions La Nuée Bleue, 1995, 662 pages, ISBN 2-7165-0250-1
  6. arquebuses et couleuvrines
  7. Coutume qui existe depuis 1313 dans le Bas-Rhin ; fête qui a lieu le plus souvent à l'automne, avec une messe solennelle en l'honneur du patron de la paroisse, suivie d'un marché et d'une fête foraine

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