Canton de Bréhal demographie

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Année 1794 1800 1806 1820 1831 1836 1841 1846 1851 1856
Population 13 082 - 13 916 13 892 13 344 - 13 366 - 12 804 -
Année 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
Population 11 757 - - 10 999 10 720 - 9 999 - 9 119 -
Année 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
Population 8 869 7 889 - 8 126 7 860 7 933 8 120 8 050 7 600 7 886
Année 1982 1990 1999 2009 - - - - - -
Population 8 503 8 881 9 577 11 148 - - - - - -

Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.

Note : Afin d'avoir une série homogène la commune d'Equilly n'a pas été prise en compte pour le temps où elle a été rattachée au canton.


PopulationBrehal graphe jtt.png

Quelques éléments d'explication concernant le choix de cette représentation :

- Bréhal, chef lieu du canton mais aussi station balnéaire.
- La Meurdraquière, une commune rurale à l'intérieur des terres représentative d'une agriculture bocagère.
- Bricqueville-sur-Mer, une commune "cotaise" avec une agriculture maraichère et une forte population de marins au XIXe siècle.
- Enfin la population du canton.

Nous pouvons relever que Bréhal sur cette période de 200 ans voit sa population doubler avec une nette accélération ces 30 dernières années puisqu'elle gagne 1000 habitant de 1968 à 1999.

Bricqueville-sur-Mer, a une population qui correspond à 44% de celle enregistrée en 1806. Elle a stabilisé sa population dans les années 70 et croit de nouveau puisqu'elle gagne 100 habitants dans la dernière décennie du XXe siècle.

La Meurdraquière a une population qui correspond à 20% de celle de 1800. Elle n'a pas réussi à enrayer son déclin puisqu'elle perd encore des habitants entre 1990 et 1999.

Ces évolutions sont assez conformes à celles enregistrées par l'INSEE pour la Basse-Normandie. Cette dernière notait pour la période 1982-1999 une concentration sur les zones littorales et péri-urbaines. Une bonne part des communes du canton voient leur population augmenter du fait de l'attraction de Granville. Il en va ainsi pour Longueville, Anctoville, Bréville notamment. L'attractivité de la région vis à vis des retraités est de plus en plus marquante, c'est le cas pour l'ensemble des communes du canton même si certaines à l'intérieur des terres n'en profitent pas autant que les communes côtières.

Concernant l'évolution de la population du canton, nous pouvons périodiser de la façon suivante :

- 1806 à 1841 : une lente érosion
- 1841 à 1911 : une chute vertigineuse
- 1901 à 1975 : une relative stagnation
- 1975 à 1999 : une démographie dynamique

1806 à 1841 : une lente érosion

L'agriculture connait une période de prospérité. Cependant, ce n'est pas le seul facteur de la vitalité démographique. la stabilité démographique est aussi liée à la forte natalité que ne compense pas une mortalité pourtant très élevée.

1841 à 1911 : une chute vertigineuse

il est habituel de dater la crise économique et agricole de 1846 à 1852. Celle-ci, du fait de la main d’œuvre agricole surabondante, va être un des éléments déclencheur de l'exode rural. Certains spécialistes de cette période incriminent aussi la mécanisation des activités textiles entrainant, par la même, une perte de revenus or une partie des habitants du canton est déclarée exercer la profession de tisserand.

Après ces années de crise, une période d'accalmie prévaut pour l'agriculture. A partir des années 1870, la contraction des prix et des revenus va entrainer une nouvelle phase des années 1880 à 1914 que l'on appelle "la grande dépression de l'agriculture".

Dans le même temps, l'industrie granvillaise de la pêche à la morue (à Terre-neuve) grande pourvoyeuse d'hommes va amorcer un lent déclin. Le quartier de Granville qui possédait le plus grand nombre de marins sous Louis XVI était largement dépassé par d'autres sous la IIIème République. La guerre de 1914 fut fatale à cette industrie de la grande pêche tout du moins dans le port de Granville.

De la conjugaison de ces éléments, du point de vue démographique, le canton aura perdu pendant cette période un tiers de sa population.

1901 à 1975 : une relative stagnation

8869 habitants en 1911, 7889 en 1921, 7886 en 1975, nous aurions pu prendre comme début de période 1921. Faute de moyens pour mesurer les effets de la "saignée" chez les hommes disparus pendant la guerre 14-18, l'épidémie de grippe espagnole de 1919, nous avons préféré faire ce choix.

Pendant toute cette période, du fait de la mécanisation continue de l'agriculture, l'exode rural a continué. Le maintien de la population s'est effectué grâce à l'allongement de la durée de la vie et au baby-boom. Dans les années 1960 et 1970, la population jeune a quitté le canton au profit des villes et surtout de l'Ile de France annonçant ainsi une désertification. Cependant, dès cette période, a commencé à s'installer une population travaillant hors de la commune maintenant ainsi le niveau de population.

1975 à 1999 : une démographie dynamique

Nous avons déjà noté que cette évolution était liée à l'arrivée d'une nouvelle population. Il faut noter comme conséquence de cette évolution le vieillissement de la population. Certes, il s'agit d'un phénomène général lié à l'amélioration de l'espérance de vie mais dans le cas du canton ceci est accentué du fait de l'ampleur des migrations.

Dans la plupart des communes les agriculteurs qui étaient plus que majoritaires jusque dans la première moitié du XXème siècle, sont désormais minoritaires voire inexistants. Ce phénomène local est aussi national puisque les agriculteurs ne représentent plus que 3,9% de la population totale dans la France d'aujourd'hui. A une population essentiellement agricole s’est donc substituée une population ne travaillant pas dans la commune d’habitat. De ce point de vue nous pouvons parler comme le fait l'INSEE de "rurbains".

Nous pouvons dire qu'aujourd'hui, il y a cohabitation entre deux sociétés rurales. La première population que l'on peut qualifier de "traditionnelle", est représentative des paysans attachés à leurs terres et à leurs villages. Elle est largement représentée par le troisième et quatrième âge. La seconde population habitant la campagne et travaillant en ville dont les modes de vie s’apparentent de plus en plus à ceux des urbains ou dans la situation locale ayant fait sa vie ailleurs. Cette cohabitation n’exclue pas les divergences de points de vue, notamment dans les choix de gestion de la commune. Nous pouvons dire que la rupture est en train de se réaliser avec la communauté villageoise, institutionnalisée par le conseil municipal mais dont l'existence était antérieure à la révolution.

On peut penser que dans quelques années le "rurbain" aura totalement pris la place du "rural traditionnel".


sources : Histoire de la France rurale (tome 3) ; publications de l'INSEE sur le recensement 1999.