Canton de Bréhal

De Geneawiki
Révision datée du 18 août 2006 à 22:54 par JTT (discussion | contributions) (Elections de l'an XII. Membres du collège électoral d'arrondissement)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

< Retour aux cantons de la Manche

Canton de Bréhal
Pays Drapeau de la France    France
Département 50 - Blason - Manche.png    Manche
Arrondissement(s) Blason Coutances-50147.png    Coutances
Bureau centralisateur /
chef-lieu
20px    Bréhal
Code INSEE {{{Code_Insee}}}
Nb. communes 14
Population - hab. (1999)
Superficie - hectares
Densité - hab./km²
Point culminant
Localisation
Carte cantonbrehal.png
        Arrondissement             Canton              Chef-lieu     ?

Les communes

Le Canton de Bréhal (Département de la Manche) est composé des 14 communes suivantes :


Avant 1949, la commune d'Equilly était rattachée au canton de Bréhal, elle est depuis cette date rattachée au canton de La Haye-Pesnel.

Elections de l'an XII. Membres du collège électoral d'arrondissement

Prénom(s) NOM Domicile Nais. Enf Profession avant 1789 Profession actuelle Revenus
Odé-Julien LEBOUCHER Bourey 1754 Marié 2 Cultivait les belles lettres Agent municipal et maire 6500 F
Pierre BROSSARD Coudeville 1754 Marié 4 Employé dans les aides Maire 2000 F
Albert DEPIERRE Cérences 1768 Marié 1 En bas âge Agent municipal et maire 2500 F
Adrien-Jacques MAHE Hudimesnil 1758 Marié 5 Cultivateur Maire 4000 F
Nicolas GUILLOT Bricqueville 1755 Marié 4 Cultivateur Juge de paix depuis 8 à 10 ans 600 F
Pierre FREMIN Bricqueville 1762 Marié Cultivateur Maire actuel 4000 F
Pierre-Marie JOURDAN Muneville 1765 Cel. Cultivateur Maire actuel 2000 F
Gilles-Dominique BURNOUF Bréhal 1734 Veuf 3 Cultivateur Cultivateur 500 F
Hilaire BURNOUF Bréhal 1768 Marié 2 Cultivateur Greffier du juge 500 F
Jacques-Marguerite LEMONNIER Bréhal 1755 Cel Curé de Muneville sans fonctions 2000 F
Paul-Gratien LEMONNIER Bréhal 1739 Marié 6 Cultivateur Agent municipal 2000 F
Pierre-Louis LE POIDEVIN Cérences 1744 Marié 10 Cultivateur Maire 2000 F
F


source : AD 50 document non coté, copie de Arch. nat., F1cIII. Manche 2 (Elections an XI-1810) Deux exemplaires (N° 47, et N° 53 : " Elections de l'an XII. Collèges électoraux d'arrondissement. Liste des membres qui composent le collège électoral de l'arrondissement communal de Coutances" [Au total : 188 membres] - Dépouillement des PV des collèges électoraux (session 1811 - Sénat, corps législatif)

Les conseillers généraux

Un seul conseiller pour Bréhal et Montmartin jusqu'en 1848.

Prénom(s) NOM Mandat Observations
Paul-Bernard BROHON 1833 - 1843 -
Antoine LEFEBVRE 1844 - 1848 (1800-1869), né à Cérences, juge au Tribunal de Coutances
Gustave BROHON 1848 - 1864 (1804-1870), né à Bréhal, maire de Bréhal, conseiller d'arrondissement
François-Dominique PLAINE 1864 - 1880 (1815-1892), sous-préfet de Coutances (1848-1857), maire de Coutances
Vicomte Théodore de la BELLIERE 1880 - 1927 -
Léon-Georges LE PESANT 1927 - 1940 (1875-1944), né à Bricqueville-sur-Mer, vétérinaire
René RAPILLY 1945 - 1949 (1901-1987), né à Saint-Lô, médecin, maire de Bréhal
André-Emile GANNE de BEAUCOUDREY 1949 - 1949 (1883-1949), né à Beaucoudray, maire de Cérences
René RAPILLY 1949 - 1955 (1901-1987), né à Saint-Lô, médecin, maire de Bréhal
Jean GIROT 1955 - 1984 (1914-1984), né à Saint-Pair-sur-Mer, agriculteur, maire de Coudeville
Bernard ROLLAND 1984 - 2000 né en 1926 à Granville, retraité, adjoint au maire de Bréhal
Jean-Marie REMOUE 2000 - ... -
- - -

Démographie et analyse

Année 1794 1801 1806 1820 1831 1841 1851 1861 1872 1876
Population 13 082 - 13 916 13 892 13 344 13 366 12 804 11 757 - 10 999
Année 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931
Population 10 720 10 603 9 999 - 9 119 - 8 869 7 889 - 8 126
Année 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 -
Population 7 860 7 933 8 120 8 050 7 600 7 886 8 503 8 881 9 577 -

Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.

Note : Afin d'avoir une série homogène la commune d'Equilly n'a pas été prise en compte pour le temps où elle a été rattachée au canton.

PopulationBrehal graphe jtt.jpg

Quelques éléments d'explication concernant le choix de cette représentation :

- Bréhal, chef lieu du canton mais aussi station balnéaire.
- La Meurdraquière, une commune rurale à l'intérieur des terres représentative d'une agriculture bocagère.
- Bricqueville-sur-Mer, une commune "cotaise" avec une agriculture maraichère et une forte population de marins au XIXe siècle.
- Enfin la population du canton.

Nous pouvons relever que Bréhal sur cette période de 200 ans voit sa population doubler avec une nette accélération ces 30 dernières années puisqu'elle gagne 1000 habitant de 1968 à 1999.

Bricqueville-sur-Mer, a une population qui correspond à 44% de celle enregistrée en 1806. Elle a stabilisé sa population dans les années 70 et croit de nouveau puisqu'elle gagne 100 habitants dans la dernière décennie du XXe siècle.

La Meurdraquière a une population qui correspond à 20% de celle de 1800. Elle n'a pas réussi à enrayer son déclin puisqu'elle perd encore des habitants entre 1990 et 1999.

Ces évolutions sont assez conformes à celles enregistrées par l'INSEE pour la Basse-Normandie. Cette dernière notait pour la période 1982-1999 une concentration sur les zones littorales et péri-urbaines. Une bonne part des communes du canton voient leur population augmenter du fait de l'attraction de Granville. Il en va ainsi pour Longueville, Anctoville, Bréville notamment. L'attractivité de la région vis à vis des retraités est de plus en plus marquante, c'est le cas pour l'ensemble des communes du canton même si certaines à l'intérieur des terres n'en profitent pas autant que les communes côtières.

Concernant l'évolution de la population du canton, nous pouvons périodiser de la façon suivante :

- 1806 à 1841 : une lente érosion
- 1841 à 1911 : une chute vertigineuse
- 1901 à 1975 : une relative stagnation
- 1975 à 1999 : une démographie dynamique

1806 à 1841 : une lente érosion

L'agriculture connait une période de prospérité. Cependant, ce n'est pas le seul facteur de la vitalité démographique. la stabilité démographique est ausi liée à la forte natalité que ne compense pas une mortalité pourtant très élevée.

1841 à 1911 : une chute vertigineuse

il est habituel de dater la crise économique et agricole de 1846 à 1852. Celle-ci, du fait de la main d'oeuvre agricole surabondante, va être un des éléments déclencheur de l'exode rural. Certains spécialistes de cette période incriminent aussi la mécanisation des activités textiles entrainant, par la même, une perte de revenus or une partie des habitants du canton est déclarée exercer la profession de tisserand.

Après ces années de crise, une période d'accalmie prévaut pour l'agriculture. A partir des années 1870, la contraction des prix et des revenus va entrainer une nouvelle phase des années 1880 à 1914 que l'on appelle "la grande dépression de l'agriculture".

Dans le même temps, l'industrie granvillaise de la pêche à la morue (à Terre-neuve) grande pourvoyeuse d'hommes va amorcer un lent déclin. Le quartier de Granville qui possédait le plus grand nombre de marins sous Louis XVI était largement dépassé par d'autres sous la IIIème République. La guerre de 1914 fut fatale à cette industrie de la grande pêche tout du moins dans le port de Granville.

De la conjugaison de ces éléments, du point de vue démographique, le canton aura perdu pendant cette période un tiers de sa population.

1901 à 1975 : une relative stagnation

8869 habitants en 1911, 7889 en 1921, 7886 en 1975, nous aurions pu prendre comme début de période 1921. Faute de moyens pour mesurer les effets de la "saignée" chez les hommes disparus pendant la guerre 14-18, l'épidémie de grippe espagnole de 1919, nous avons préféré faire ce choix.

Pendant toute cette période, du fait de la mécanisation continue de l'agriculture, l'exode rural a continué. Le maintien de la population s'est effectué grâce à l'allongement de la durée de la vie et au baby-boom. Dans les années 1960 et 1970, la population jeune a quitté le canton au profit des villes et surtout de l'Ile de France annonçant ainsi une désertification. Cependant, dès cette période, a commencé à s'installer une population travaillant hors de la commune maintenant ainsi le niveau de population.

1975 à 1999 : une démographie dynamique

Nous avons déjà noté que cette évolution était liée à l'arrivée d'une nouvelle population. Il faut noter comme conséquence de cette évolution le viellissement de la population. Certes, il s'agit d'un phénomène général lié à l'amélioration de l'espérance de vie mais dans le cas du canton ceci est accentué du fait de l'ampleur des migrations.

Dans la plupart des communes les agriculteurs qui étaient plus que majoritaires jusque dans la première moitié du XXème siècle, sont désormais minoritaires voire inexistants. Ce phnomène local est aussi national puisque les agriculteurs ne représentent plus que 3,9% de la population totale dans la France d'aujourd'hui. A une population essentiellement agricole s’est donc substituée une population ne travaillant pas dans la commune d’habitat. De ce point de vue nous pouvons parler comme le fait l'INSEE de "rurbains".

Nous pouvons dire qu'aujourd'hui, il y a cohabitation entre deux sociétés rurales. La première population que l'on peut qualifier de "traditionnelle", est représentative des paysans attachés à leurs terres et à leurs villages. Elle est largement représentée par le troisième et quatrième âge. La seconde population habitant la campagne et travaillant en ville dont les modes de vie s’apparentent de plus en plus à ceux des urbains ou dans la situation locale ayant fait sa vie ailleurs. Cette cohabitation n’exclue pas les divergences de points de vue, notamment dans les choix de gestion de la commune. Nous pouvons dire que la rupture est en train de se réaliser avec la communauté villageoise, institutionnalisée par le conseil municipal mais dont l'existence était antérieure à la révolution.

On peut penser que dans quelques années le "rurbain" aura totalement pris la place du "rural traditionnel".


sources : Histoire de la France rurale (tome 3) ; publications de l'INSEE sur le recensement 1999