BRIOT François, sa naissance, sa formation

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François est présent à Damblain en 1582, d’après Jules Marchal ; ainsi qu'en 1576 et 1578 si on en croit le fait divers rapporté par Louis Jouve à ce sujet : « Le 11 juillet 1576, François Briot, de Damblain, était aller solliciter le mariage de Denys Briot, de Champigneulles, son parent, avec la fille de Pierre Oudin de Damblain. En revenant du souper de fiançailles, et comme il était nuit, François, qui aurait bu plus que de coutume, sans avoir néanmoins aucune noyse ni querelle avec personne, avait des pierres en mains et en touchait par joyeuseté aux portes des maisons par devant lesquelles il passait, donnant à tous le bonsoir. » Malheureusement, une pIerre lancée atteignit malencontreusement Claude Brutel au front ; au rapport du chirurgien le coup n’était nullement mortel ; il eût été facilement guéri, si Brutel se fut convenablement médicamenté et duement contregardé. Il n’en tint pas compte et alla faucher dès le lendemain et aux jours subséquens, et après avoir vacqué indifféremment à plusieurs ouvrages il mourut cinq semaines après, au très grand regret de François Briot qui, pour être soupçonné d’être la cause de sa mort, s’absenta du pays, y délaissant en grande désolation sa femme et leurs trois enfants. »

Sur la supplique de François Briot, qui raconte lui-même les faits, il obtint grâce et pardon par lettre de grâce et rémission accordée par Henri de Lorraine au nom du Duc le vendredi saint 1578. Un accord fut fait entre les parties pour secourir la veuve et ses enfants, à qui il donnait la somme de 80 francs, non compris les 30 francs qu’il avait payés à Brutel pendant sa maladie. « Il déclara son intention de se gouverner à l’avenir de façon telle qu’il ne courre plus d’inconvénients semblables ». Il s’agit bien de notre artiste cousin de Denis Briot, époux d'Isabeau Oudin. Ce couple a son premier enfant en février 1578 à Champigneulles. Cette Isabeau à un frère, Pierre, 1560-1643, réformé lui aussi, décédé à Paris en 1643. Ce dernier témoigne en 1606 des "bonnes vies et mœurs " de Nicolas Briot où il écrit bien « cognoistre led. Nicolas Briot dès son jeune âge, mesme a cognu ses pères, grand-mère, grand-père, mère, oncles et tantes, queled. depposant a hanté et fréquenté familièrement »

«Pierre Oudin, interprette aux langues italiennes et d’Allemagne, demeurant d’ordinaire à Paris, rue du Mûrier, à l’image Sainte Geneviève, agé de 41 ans ou environ, après serment, a dit et depposé, sur ce enquis, cognoistre led. Nicolas Briot dès son jeune âge, mesme a cognu ses pères, grand-mère, grand-père, mère, oncles et tantes, pour estre led. depposant de Frocourt en Bassigny, duché de Bar, distant d’une demi lieue de Dambelin, aussy en Bassigny, duché de Bar, d’où ledit Briot est natif et où sont demeurans tous  ses parens et tous lesquelz père, grand-mère, grands parens et mesme led. Nicolas Briot, led. depposant a hanté et fréquenté familièrement, et par ce moyen recognoist led. Briot pour estre homme de bonne vie, mœurs et de la relligion prétendue réformée, dont il lui a veu faire profession à Ablon, ayant fait la cène à Noël dernier, et tout ce qui a été dit, et a signé» Pierre Oudin

Pierre Oudin connait François Briot. Pas d’ambiguïté sur la situation de celui-ci : il a trois enfants en 1576. Il s’est marié, est rentré au pays son compagnonnage terminé, âgé d’au moins 23 ans Il a sa maîtrise vers 1570, ce qui le fait naître entre 1545 et 1648. Il est potier d’étain d’après sa réception à la corporation des maréchaux.

Il n'est pas orfèvre d’après A. Tuetey. Extraits de la notice d’Alexandre Tuetey : Le graveur Lorrain François Briot « C'est dans la nouvelle édition de la France protestante, publiée sous la direction de M. Henri Bordier, que l'on voit François Briot qualifié de "célèbre orfèvre du XVIè siècle » …… nous répondrons que tous les textes, sans exception aucune, faisant mention de Briot durant une période de trente ans, lui donnent invariablement le titre de graveur et jamais celui d'orfèvre.

Une légende existe disant que François Briot a exécuté aiguière et bassin, en argent pourquoi pas, pour répondre à une commande du Comte. Des orfèvres et potiers d’étain étaient pourtant présents sur place. Comment Briot aurait-il montré tout son talent pour les supplanter. Avait-il une autre œuvre à présenter en référence ? A aucun moment il n’est question de sa profession de potier d’étain à Montbéliard. Jusqu’à preuve du contraire et face à ces supputations, nous nous sommes rangés à une autre plus convaincante. Il a fait son œuvre maitresse avant son arrivée à Montbéliard, n'en déplaise aux édiles locaux. A Montbéliard et Stuttgart, nous le voyons exercer uniquement la profession de graveur et de monnayeur.

A Damblain il côtoyait des fondeurs de bronze ; pour ses moules, il bénéficiait de l'aide de son oncle Etienne, potier d’étain et orfèvre. Il a pu s’inspirer pour ses modèles de la gravure de Pierre Woeiriot « Esaû vend son droit d’aînesse » On y voit deux aiguières d’inspiration antique (pied et col étroit, grande anse), élégantes, loin des modèles de Boyvin ou Griffet, ou des sifflets de Delaune. Pierre Woeiriot a pu lui fournir ses dessins. Ce dernier écrit qu’il a eu une formation d’orfèvre, qu’il a dessiné et gravé ses modèles

Il a dû aussi aller en Allemagne pendant sa formation. Quant à savoir qui a copié qui. Etienne Delaune, qui a commencé ses petits ornements en 1573, et lui ont pu puiser aux mêmes sources. L’art de l’ornement se développa à partir de la renaissance italienne et des modèles antiques remis au gout du jour par des artistes comme Rosso ou Le Primatice. Les artistes avaient tous des palettes de modèles. Cela n’enlève rien au mérite de François Briot, qui a montré, comme tous les artistes de son temps, l’étendue de son talent, aussi bien dans la poterie d’étain, que la gravure de monnaies et médailles, de la taille de pierres précieuses ou de la plaque apposée sur la maison de sa mère Jeanne Collin

Il eut sans aucun doute pour tuteur Jean Jacquemard potier d’étain à Lyon ; il a côtoyé Pierre Woeiriot. Comme son aîné et tous les artistes Lorrains de son temps, il est passé par Lyon, . Ce dernier rédige et surtout signe son admission à la corporation de Saint-Eloi. Il dû être son élève pour mériter tant de protection et de sollicitude à son arrivée à Montbéliard