BRIOT François, sa naissance, sa formation : Différence entre versions

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François est présent à Damblain en 1582, d’après Jules Marchal ; ainsi qu'en 1576 et 1578 si on en croit le fait divers rapporté par Louis Jouve à ce sujet : « Le 11 juillet 1576, François Briot, de Damblain, était aller solliciter le mariage de Denys Briot, de Champigneulles, son parent, avec la fille de Pierre Oudin de Damblain. En revenant du souper de fiançailles, et comme il était nuit, François, qui aurait bu plus que de coutume, sans avoir néanmoins aucune noyse ni querelle avec personne, avait des pierres en mains et en touchait par joyeuseté aux portes des maisons par devant lesquelles il passait, donnant à tous le bonsoir. » Malheureusement, une pIerre lancée atteignit malencontreusement Claude Brutel au front ; au rapport du chirurgien le coup n’était nullement mortel ; il eût été facilement guéri, si Brutel se fut convenablement médicamenté et duement contregardé. Il n’en tint pas compte et alla faucher dès le lendemain et aux jours subséquens, et après avoir vacqué indifféremment à plusieurs ouvrages il mourut cinq semaines après, au très grand regret de François Briot qui, pour être soupçonné d’être la cause de sa mort, s’absenta du pays, y délaissant en grande désolation sa femme et leurs trois enfants. »
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''<small> [[88123 - Damblain#Familles notables|< Retour aux familles notables de Damblain]] </small>''
  
Sur la supplique de François Briot, qui raconte lui-même les faits, il obtint grâce et pardon par lettre de grâce et rémission accordée par Henri de Lorraine au nom du Duc le vendredi saint 1578. Un accord fut fait entre les parties pour secourir la veuve et ses enfants, à qui il donnait la somme de 80 francs, non compris les 30 francs qu’il avait payés à Brutel pendant sa maladie. « Il déclara son intention de se gouverner à l’avenir de façon telle qu’il ne courre plus d’inconvénients semblables ». Il s’agit bien de notre artiste cousin de Denis Briot, époux d'Isabeau Oudin. Ce couple a son premier enfant en février 1578 à Champigneulles. Cette Isabeau à un frère, Pierre, 1560-1643, réformé lui aussi, décédé à Paris en 1643. Ce dernier témoigne en 1606 des "bonnes vies et mœurs " de Nicolas Briot où il écrit bien « cognoistre led. Nicolas Briot dès son jeune âge, mesme a cognu ses pères, grand-mère, grand-père, mère, oncles et tantes, queled. depposant a hanté et fréquenté familièrement »
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< <u>''<small>[[BRIOT François (potier d'étain)]]</small>''</u>
  
«Pierre Oudin, interprette aux langues italiennes et d’Allemagne, demeurant d’ordinaire à Paris, rue du Mûrier, à l’image Sainte Geneviève, agé de 41 ans ou environ, après serment, a dit et depposé, sur ce enquis, cognoistre led. Nicolas Briot dès son jeune âge, mesme a cognu ses pères, grand-mère, grand-père, mère, oncles et tantes, pour estre led. depposant de Frocourt en Bassigny, duché de Bar, distant d’une demi lieue de Dambelin, aussy en Bassigny, duché de Bar, d’où ledit Briot est natif et où sont demeurans tous  ses parens et tous lesquelz père, grand-mère, grands parens et mesme led. Nicolas Briot, led. depposant a hanté et fréquenté familièrement, et par ce moyen recognoist led. Briot pour estre homme de bonne vie, mœurs et de la relligion prétendue réformée, dont il lui a veu faire profession à Ablon, ayant fait la cène à Noël dernier, et tout ce qui a été dit, et a signé» Pierre Oudin
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François Briot est né à Damblain vers 1545-1548 ; son père Urbain puis son frère Didier font commerce d'objets en bronze, Son oncle Étienne Briot est orfèvre et potier d'étain, il tient une école de gravure. Sa mère Jeanne Collin est d'une famille importante de Damblain. Son oncle Guillaume Collin est notaire. Ses cousins germains Nicolas et Mammès Collin (1550-1607) sont avocats. Ce dernier sera procureur général du bailliage du Bassigny de 1599 à sa mort.
  
Pierre Oudin connait François Briot. Pas d’ambiguïté sur la situation de celui-ci : il a trois enfants en 1576. Il s’est marié, est rentré au pays son compagnonnage terminé, âgé d’au moins 23 ans Il a sa maîtrise vers 1570, ce qui le fait naître entre 1545 et 1648. Il est potier d’étain d’après sa réception à la corporation des maréchaux.
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A l’époque de nos artistes, sculpteurs et peintres ne pouvaient être formés qu'en étant « apprentis » de maîtres incontestés et reconnus par leurs pairs. Ce système fonctionnait dans la plus grande partie de l'Europe. L’apprenti accomplissait et exécutait tout d'abord les besognes les plus élémentaires. Il était aide, puis apprenait à graver et à dessiner en copiant des modèles. A la fin de son apprentissage, il travaillait aux ouvrages ébauchés par son maître 
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Après des études au collège, les enfants entraient en apprentissage entre 10-12 ans environ jusqu'à 18-20 ans. Après avoir réaliser leur chef-d’œuvre, ils entreprenaient leur tour de compagnonnage, avant d’acquérir leur maîtrise vers 22-24 ans. Où François Briot a-t-il apprit son art. Deux centres importants d'orfèvrerie existent vers1560 : Nuremberg qui s'éveille, et Lyon où cet art est renommé, tant en orfèvrerie qu'en poterie d'étain. 
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Les parents doivent trouver des contrats, subvenir aux besoins de l'enfant. Le père de François fait le commerce des bronzes et ne doit pas manquer les quatre grandes foires annuelles de Lyon, renommées. Ce canal permet de garder le contact avec la famille. Urbain Briot connait dans cette ville Pierre Woeriot qui a pu l'introduire près de l’orfèvre Simon Costière. Il y connait Jean Jacquemart maître potier d'étain. En 1580 ce dernier rédige et surtout signe son admission à la corporation de Saint-Eloi. Il dû être son maître pour mériter tant de protection et de sollicitude à son arrivée à Montbéliard.
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Il a côtoyé Pierre Woeiriot. Sa marque, trois rosettes à cinq pétales, se retrouve sur un des pommeaux d'épée de Pierre Woeiriot, c'est habituel qu'un maître fasse achever une œuvre par un apprenti. En outre François Briot a dû apprendre l'art de la fonte, de la composition de l’alliage et de la coulée du métal à Damblain, du pays des fondeurs de bronze.
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François est présent à Damblain en 1582, d’après Jules Marchal : " c'est l'année où son frère Didier et sa sœur Catherine, héritiers de feu Urbain Briot et comme ayant droit par cession et démission de Jeannette leur mère, veuve du dit Urbain Briot vivant marchand "  reçoivent leur part, François, expatrié à Montbéliard ne faisant pas partie des ayants droits.
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François Briot était aussi présent en 1576 et 1578 si on en croit le fait divers rapporté par Louis Jouve à ce sujet : « Le 11 juillet 1576, François Briot, de Damblain, était allé solliciter le mariage de Denys Briot, de Champigneulles, son parent, avec la fille de Pierre Oudin de Damblain. En revenant du souper de fiançailles, et comme il était nuit, François, qui aurait bu plus que de coutume, sans avoir néanmoins aucune noyse ni querelle avec personne, avait des pierres en mains et en touchait par joyeuseté aux portes des maisons par devant lesquelles il passait, donnant à tous le bonsoir. » Malheureusement, une pIerre lancée atteignit malencontreusement Claude Brutel au front ; au rapport du chirurgien le coup n’était nullement mortel ; il eût été facilement guéri, si Brutel se fut convenablement médicamenté et duement contregardé. Il n’en tint pas compte et alla faucher dès le lendemain et aux jours subséquens, et après avoir vacqué indifféremment à plusieurs ouvrages il mourut cinq semaines après, au très grand regret de François Briot qui, pour être soupçonné d’être la cause de sa mort, s’absenta du pays, y délaissant en grande désolation sa femme et leurs trois enfants. » <ref>Les Wiriot et les Briot, artistes lorrains du XVIe et du XVIIe siècle : nouvelles ... Jouve, Louis 1814-1896).</ref>
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Sur la supplique de François Briot, qui raconte lui-même les faits, il obtint grâce et pardon par lettre de grâce et rémission accordée par Henri de Lorraine au nom du Duc le vendredi saint 1578. Un accord fut fait entre les parties pour secourir la veuve et ses enfants, à qui il donnait la somme de 80 francs, non compris les 30 francs qu’il avait payés à Brutel pendant sa maladie. « Il déclara son intention de se gouverner à l’avenir de façon telle qu’il ne courre plus d’inconvénients semblables ». Il s’agit bien de notre artiste cousin de Denis Briot, époux d'Isabeau Oudin. Ce couple a son premier enfant en février 1578 à Champigneulles. Cette Isabeau à un frère, Pierre, 1560-1643, réformé lui aussi, décédé à Paris en 1643. Ce dernier témoigne en 1606 des ''bonnes'' ''vies'' ''et'' ''mœurs'' de Nicolas Briot où il écrit bien « cognoistre led. Nicolas Briot dès son jeune âge, mesme a cognu ses pères, grand-mère, grand-père, mère, oncles et tantes, que led. depposant a hanté et fréquenté familièrement »
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« Pierre Oudin, interprette aux langues italiennes et d’Allemagne, demeurant d’ordinaire à Paris, rue du Mûrier, à l’image Sainte Geneviève, agé de 41 ans ou environ, après serment, a dit et depposé, sur ce enquis, cognoistre led. Nicolas Briot dès son jeune âge, mesme a cognu ses pères, grand-mère, grand-père, mère, oncles et tantes, pour estre led. depposant de Brouvennes en Bassigny, duché de Bar, distant d’une demi lieue de Dambelin, aussy en Bassigny, duché de Bar, d’où ledit Briot est natif et où sont demeurans tous  ses parens et tous lesquelz père, grand-mère, grands parens et mesme led. Nicolas Briot, led. depposant a hanté et fréquenté familièrement, et par ce moyen recognoist led. Briot pour estre homme de bonne vie, mœurs et de la relligion prétendue réformée, dont il lui a veu faire profession à Ablon, ayant fait la cène à Noël dernier, et tout ce qui a été dit, et a signé » Pierre Oudin
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Pierre Oudin connait François Briot. Pas d’ambiguïté sur la situation de celui-ci : il a trois enfants en 1576. Il s’est marié, étant rentré au pays son apprentissage et son compagnonnage terminés, âgé d’au moins 23 ans Il a sa maîtrise, ce qui le fait naître entre 1545 et 1648. Il est potier d’étain d’après sa réception à la corporation des maréchaux. Il ne faut pas le confondre avec François Briot, marchand, signalé à Léon Germain par Jules Marchal  en 1543, en même temps qu’Étienne, Urbain et Jean, marchand lui aussi ; signalé encore le15 mai 1556, toujours marchand, et décédé avant 1581, conjoint d’Anne. Imagine-t-on un homme de plus de 60 ans "avec des pierres en main, touchant avec joyeuseté aux portes des maisons "
  
 
Il n'est pas orfèvre d’après A. Tuetey. Extraits de la notice d’Alexandre Tuetey : Le graveur Lorrain François Briot « C'est dans la nouvelle édition de la France protestante, publiée sous la direction de M. Henri Bordier, que l'on voit François Briot qualifié de "célèbre orfèvre du XVIè siècle » …… nous répondrons que tous les textes, sans exception aucune, faisant mention de Briot durant une période de trente ans, lui donnent invariablement le titre de graveur et jamais celui d'orfèvre.
 
Il n'est pas orfèvre d’après A. Tuetey. Extraits de la notice d’Alexandre Tuetey : Le graveur Lorrain François Briot « C'est dans la nouvelle édition de la France protestante, publiée sous la direction de M. Henri Bordier, que l'on voit François Briot qualifié de "célèbre orfèvre du XVIè siècle » …… nous répondrons que tous les textes, sans exception aucune, faisant mention de Briot durant une période de trente ans, lui donnent invariablement le titre de graveur et jamais celui d'orfèvre.
  
Une légende existe disant que François Briot a exécuté aiguière et bassin, en argent pourquoi pas, pour répondre à une commande du Comte. Des orfèvres et potiers d’étain étaient pourtant présents sur place. Comment Briot aurait-il montré tout son talent pour les supplanter. Avait-il une autre œuvre à présenter en référence ? A aucun moment il n’est question de sa profession de potier d’étain à Montbéliard. Jusqu’à preuve du contraire et face à ces supputations, nous nous sommes rangés à une autre plus convaincante. Il a fait son œuvre maitresse avant son arrivée à Montbéliard, n'en déplaise aux édiles locaux. A Montbéliard et Stuttgart, nous le voyons exercer uniquement la profession de graveur et de monnayeur.
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Une légende tenace existe disant que François Briot a exécuté aiguière et bassin, en argent pourquoi pas, pour répondre à une commande du Comte. Des orfèvres et potiers d’étain étaient pourtant présents sur place. Comment Briot aurait-il montré tout son talent pour les supplanter. Avait-il une autre œuvre à présenter en référence ? A aucun moment il n’est question de sa profession de potier d’étain à Montbéliard. Jusqu’à preuve du contraire et face à ces supputations, nous nous sommes rangés à une autre plus convaincante. Il a fait son œuvre maitresse, l'aiguière et son bassin, avant son arrivée à Montbéliard, où il est reçu ''potier d'étain'', n'en déplaise aux édiles locaux. Il ne suffit pas de dire ''être'' ''sûr'' pour détenir ''la vérité, sans arguments .'' A Montbéliard et Stuttgart, nous le voyons exercer uniquement la profession de graveur et de monnayeur.
  
A Damblain il côtoyait des fondeurs de bronze ; pour ses moules, il bénéficiait de l'aide de son oncle Etienne, potier d’étain et orfèvre. Il a pu s’inspirer pour ses modèles de la gravure de Pierre Woeiriot « Esaû vend son droit d’aînesse » On y voit deux aiguières d’inspiration antique (pied et col étroit, grande anse), élégantes, loin des modèles de Boyvin ou Griffet, ou des sifflets de Delaune. Pierre Woeiriot a pu lui fournir ses dessins. Ce dernier écrit qu’il a eu une formation d’orfèvre, qu’il a dessiné et gravé ses modèles
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A Damblain il côtoyait des fondeurs de bronze ; pour ses moules, il bénéficiait de l'aide de son oncle Etienne, potier d’étain et orfèvre. Il a pu s’inspirer pour ses modèles de la gravure de Pierre Woeiriot « Esaû vend son droit d’aînesse » On y voit deux aiguières d’inspiration antique (pied et col étroit, grande anse), élégantes, loin des modèles de Boyvin ou Griffet, ou des sifflets de Delaune. Pierre Woeiriot a pu lui fournir des dessins. Ce dernier écrit qu’il a eu une formation d’orfèvre, qu’il a dessiné et gravé ses modèles
  
 
Il a dû aussi aller en Allemagne pendant sa formation. Quant à savoir qui a copié qui. Etienne Delaune, qui a commencé ses petits ornements en 1573, et lui ont pu puiser aux mêmes sources. L’art de l’ornement se développa à partir de la renaissance italienne et des modèles antiques remis au gout du jour par des artistes comme Rosso ou Le Primatice. Les artistes avaient tous des palettes de modèles. Cela n’enlève rien au mérite de François Briot, qui a montré, comme tous les artistes de son temps, l’étendue de son talent, aussi bien dans la poterie d’étain, que la gravure de monnaies et médailles, de la taille de pierres précieuses ou de la plaque apposée sur la maison de sa mère Jeanne Collin
 
Il a dû aussi aller en Allemagne pendant sa formation. Quant à savoir qui a copié qui. Etienne Delaune, qui a commencé ses petits ornements en 1573, et lui ont pu puiser aux mêmes sources. L’art de l’ornement se développa à partir de la renaissance italienne et des modèles antiques remis au gout du jour par des artistes comme Rosso ou Le Primatice. Les artistes avaient tous des palettes de modèles. Cela n’enlève rien au mérite de François Briot, qui a montré, comme tous les artistes de son temps, l’étendue de son talent, aussi bien dans la poterie d’étain, que la gravure de monnaies et médailles, de la taille de pierres précieuses ou de la plaque apposée sur la maison de sa mère Jeanne Collin
 
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Il eut sans aucun doute pour tuteur Jean Jacquemard potier d’étain à Lyon ; il a côtoyé Pierre Woeiriot. Comme son aîné et tous les artistes Lorrains de son temps, il est passé par Lyon, . Ce dernier rédige et surtout signe son admission à la corporation de Saint-Eloi. Il dû être son élève pour mériter tant de protection et de sollicitude à son arrivée à Montbéliard
 

Version actuelle datée du 28 août 2018 à 10:00


< Retour aux familles notables de Damblain

< BRIOT François (potier d'étain)

François Briot est né à Damblain vers 1545-1548 ; son père Urbain puis son frère Didier font commerce d'objets en bronze, Son oncle Étienne Briot est orfèvre et potier d'étain, il tient une école de gravure. Sa mère Jeanne Collin est d'une famille importante de Damblain. Son oncle Guillaume Collin est notaire. Ses cousins germains Nicolas et Mammès Collin (1550-1607) sont avocats. Ce dernier sera procureur général du bailliage du Bassigny de 1599 à sa mort.

A l’époque de nos artistes, sculpteurs et peintres ne pouvaient être formés qu'en étant « apprentis » de maîtres incontestés et reconnus par leurs pairs. Ce système fonctionnait dans la plus grande partie de l'Europe. L’apprenti accomplissait et exécutait tout d'abord les besognes les plus élémentaires. Il était aide, puis apprenait à graver et à dessiner en copiant des modèles. A la fin de son apprentissage, il travaillait aux ouvrages ébauchés par son maître

Après des études au collège, les enfants entraient en apprentissage entre 10-12 ans environ jusqu'à 18-20 ans. Après avoir réaliser leur chef-d’œuvre, ils entreprenaient leur tour de compagnonnage, avant d’acquérir leur maîtrise vers 22-24 ans. Où François Briot a-t-il apprit son art. Deux centres importants d'orfèvrerie existent vers1560 : Nuremberg qui s'éveille, et Lyon où cet art est renommé, tant en orfèvrerie qu'en poterie d'étain.

Les parents doivent trouver des contrats, subvenir aux besoins de l'enfant. Le père de François fait le commerce des bronzes et ne doit pas manquer les quatre grandes foires annuelles de Lyon, renommées. Ce canal permet de garder le contact avec la famille. Urbain Briot connait dans cette ville Pierre Woeriot qui a pu l'introduire près de l’orfèvre Simon Costière. Il y connait Jean Jacquemart maître potier d'étain. En 1580 ce dernier rédige et surtout signe son admission à la corporation de Saint-Eloi. Il dû être son maître pour mériter tant de protection et de sollicitude à son arrivée à Montbéliard.

Il a côtoyé Pierre Woeiriot. Sa marque, trois rosettes à cinq pétales, se retrouve sur un des pommeaux d'épée de Pierre Woeiriot, c'est habituel qu'un maître fasse achever une œuvre par un apprenti. En outre François Briot a dû apprendre l'art de la fonte, de la composition de l’alliage et de la coulée du métal à Damblain, du pays des fondeurs de bronze.

François est présent à Damblain en 1582, d’après Jules Marchal : " c'est l'année où son frère Didier et sa sœur Catherine, héritiers de feu Urbain Briot et comme ayant droit par cession et démission de Jeannette leur mère, veuve du dit Urbain Briot vivant marchand " reçoivent leur part, François, expatrié à Montbéliard ne faisant pas partie des ayants droits.

François Briot était aussi présent en 1576 et 1578 si on en croit le fait divers rapporté par Louis Jouve à ce sujet : « Le 11 juillet 1576, François Briot, de Damblain, était allé solliciter le mariage de Denys Briot, de Champigneulles, son parent, avec la fille de Pierre Oudin de Damblain. En revenant du souper de fiançailles, et comme il était nuit, François, qui aurait bu plus que de coutume, sans avoir néanmoins aucune noyse ni querelle avec personne, avait des pierres en mains et en touchait par joyeuseté aux portes des maisons par devant lesquelles il passait, donnant à tous le bonsoir. » Malheureusement, une pIerre lancée atteignit malencontreusement Claude Brutel au front ; au rapport du chirurgien le coup n’était nullement mortel ; il eût été facilement guéri, si Brutel se fut convenablement médicamenté et duement contregardé. Il n’en tint pas compte et alla faucher dès le lendemain et aux jours subséquens, et après avoir vacqué indifféremment à plusieurs ouvrages il mourut cinq semaines après, au très grand regret de François Briot qui, pour être soupçonné d’être la cause de sa mort, s’absenta du pays, y délaissant en grande désolation sa femme et leurs trois enfants. » [1]

Sur la supplique de François Briot, qui raconte lui-même les faits, il obtint grâce et pardon par lettre de grâce et rémission accordée par Henri de Lorraine au nom du Duc le vendredi saint 1578. Un accord fut fait entre les parties pour secourir la veuve et ses enfants, à qui il donnait la somme de 80 francs, non compris les 30 francs qu’il avait payés à Brutel pendant sa maladie. « Il déclara son intention de se gouverner à l’avenir de façon telle qu’il ne courre plus d’inconvénients semblables ». Il s’agit bien de notre artiste cousin de Denis Briot, époux d'Isabeau Oudin. Ce couple a son premier enfant en février 1578 à Champigneulles. Cette Isabeau à un frère, Pierre, 1560-1643, réformé lui aussi, décédé à Paris en 1643. Ce dernier témoigne en 1606 des bonnes vies et mœurs de Nicolas Briot où il écrit bien « cognoistre led. Nicolas Briot dès son jeune âge, mesme a cognu ses pères, grand-mère, grand-père, mère, oncles et tantes, que led. depposant a hanté et fréquenté familièrement »

« Pierre Oudin, interprette aux langues italiennes et d’Allemagne, demeurant d’ordinaire à Paris, rue du Mûrier, à l’image Sainte Geneviève, agé de 41 ans ou environ, après serment, a dit et depposé, sur ce enquis, cognoistre led. Nicolas Briot dès son jeune âge, mesme a cognu ses pères, grand-mère, grand-père, mère, oncles et tantes, pour estre led. depposant de Brouvennes en Bassigny, duché de Bar, distant d’une demi lieue de Dambelin, aussy en Bassigny, duché de Bar, d’où ledit Briot est natif et où sont demeurans tous  ses parens et tous lesquelz père, grand-mère, grands parens et mesme led. Nicolas Briot, led. depposant a hanté et fréquenté familièrement, et par ce moyen recognoist led. Briot pour estre homme de bonne vie, mœurs et de la relligion prétendue réformée, dont il lui a veu faire profession à Ablon, ayant fait la cène à Noël dernier, et tout ce qui a été dit, et a signé » Pierre Oudin

Pierre Oudin connait François Briot. Pas d’ambiguïté sur la situation de celui-ci : il a trois enfants en 1576. Il s’est marié, étant rentré au pays son apprentissage et son compagnonnage terminés, âgé d’au moins 23 ans Il a sa maîtrise, ce qui le fait naître entre 1545 et 1648. Il est potier d’étain d’après sa réception à la corporation des maréchaux. Il ne faut pas le confondre avec François Briot, marchand, signalé à Léon Germain par Jules Marchal en 1543, en même temps qu’Étienne, Urbain et Jean, marchand lui aussi ; signalé encore le15 mai 1556, toujours marchand, et décédé avant 1581, conjoint d’Anne. Imagine-t-on un homme de plus de 60 ans "avec des pierres en main, touchant avec joyeuseté aux portes des maisons "

Il n'est pas orfèvre d’après A. Tuetey. Extraits de la notice d’Alexandre Tuetey : Le graveur Lorrain François Briot « C'est dans la nouvelle édition de la France protestante, publiée sous la direction de M. Henri Bordier, que l'on voit François Briot qualifié de "célèbre orfèvre du XVIè siècle » …… nous répondrons que tous les textes, sans exception aucune, faisant mention de Briot durant une période de trente ans, lui donnent invariablement le titre de graveur et jamais celui d'orfèvre.

Une légende tenace existe disant que François Briot a exécuté aiguière et bassin, en argent pourquoi pas, pour répondre à une commande du Comte. Des orfèvres et potiers d’étain étaient pourtant présents sur place. Comment Briot aurait-il montré tout son talent pour les supplanter. Avait-il une autre œuvre à présenter en référence ? A aucun moment il n’est question de sa profession de potier d’étain à Montbéliard. Jusqu’à preuve du contraire et face à ces supputations, nous nous sommes rangés à une autre plus convaincante. Il a fait son œuvre maitresse, l'aiguière et son bassin, avant son arrivée à Montbéliard, où il est reçu potier d'étain, n'en déplaise aux édiles locaux. Il ne suffit pas de dire être sûr pour détenir la vérité, sans arguments . A Montbéliard et Stuttgart, nous le voyons exercer uniquement la profession de graveur et de monnayeur.

A Damblain il côtoyait des fondeurs de bronze ; pour ses moules, il bénéficiait de l'aide de son oncle Etienne, potier d’étain et orfèvre. Il a pu s’inspirer pour ses modèles de la gravure de Pierre Woeiriot « Esaû vend son droit d’aînesse » On y voit deux aiguières d’inspiration antique (pied et col étroit, grande anse), élégantes, loin des modèles de Boyvin ou Griffet, ou des sifflets de Delaune. Pierre Woeiriot a pu lui fournir des dessins. Ce dernier écrit qu’il a eu une formation d’orfèvre, qu’il a dessiné et gravé ses modèles

Il a dû aussi aller en Allemagne pendant sa formation. Quant à savoir qui a copié qui. Etienne Delaune, qui a commencé ses petits ornements en 1573, et lui ont pu puiser aux mêmes sources. L’art de l’ornement se développa à partir de la renaissance italienne et des modèles antiques remis au gout du jour par des artistes comme Rosso ou Le Primatice. Les artistes avaient tous des palettes de modèles. Cela n’enlève rien au mérite de François Briot, qui a montré, comme tous les artistes de son temps, l’étendue de son talent, aussi bien dans la poterie d’étain, que la gravure de monnaies et médailles, de la taille de pierres précieuses ou de la plaque apposée sur la maison de sa mère Jeanne Collin

  1. Les Wiriot et les Briot, artistes lorrains du XVIe et du XVIIe siècle : nouvelles ... Jouve, Louis 1814-1896).