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85177 - Saint-Nicolas-du-Poiré - Ouest-Éclair du 24/04/1941

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Article de l'Ouest-Éclair, 24 avril 1941

L'église du Poiré-sur-Velluire

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Il se dégage de l'église du Poiré-sur-Velluire, comme un charme vieillot, une grâce désuète que l'on analyse sans doute difficilement, mais qui ne vous laisse pas insensible.

Ce n'est certes pas un de ces monuments resplendissants de sculptures images immortelles d'une foi vivace. Ce temple de la chrétienté est un modeste sanctuaire dont l'auvent rustique s'ouvre sur une place plantée de marronniers et de tilleuls. Son clocher n'est nullement vertigineux et ne prétend point à être le plus prés du ciel: L'ensemble de l'édifice. au contraire. a des formes basses comme pour mieux échapper aux coups de vent venus de la mer par dessus le marais. Quelle est son histoire?... Nous empruntons à M. l'abbé Ratier, curé de la paroisse de Poiré-sur-Velluire, ces documents « Au début du XVe siècle. le Poiré n'était qu'un petit village qui comportait surtout deux groupes de maisons ; l'un situé à l'endroit appelé, encore aujourd'hui, la Boissiére et le Pâtis; l'autre, massé prés des douves du Chatelliers. Ces deux groupes d'habitations se trouvaient séparés par un chemin de terre qui. partant du Pontreau, face au château de Velluire, se dirigeait vers Coussay et le Langon.

« Il est probable qu'a cette époque existait déjà une chapelle au Poiré puisqu'un manuscrit du XIVe siècle nous parle d'une Confrérie de Saint-Nicolas établie au Poiré-sur-Velluire qui payait une redevance aux Evêques de Maillezais. Il nous est cependant impossible de savoir si cette chapelle se trouvait à l'emplacement de l'église actuelle, mais ceci nous explique pourquoi la paroisse a été mise sous le patronage de saint Nicolas.

« A la fin du XVe siècle et au début du siècle suivant, la chapelle existait au lieu et place de l'église. C'était un bâtiment rectangulaire qui comprenait le chœur et qui ne devait pas dépasser le milieu de l'édifice actuel. Peut-être même cette chapelle n'allait-elle guère plus loin que le pilier où se trouve maintenant la chaire? C'était donc une toute petite chapelle. ; sans bas-côtés, chapelle de dévotion, mais non pas église paroissiale, puisque l'église de la paroisse était, à cette époque. celle de Coussay.

« C'est vers la fin du XVIe siècle, alors que le Poiré grossissait sans cesse aux dépens de Coussay, que l'on songea a établir un service religieux régulier dans la chapelle Saint-Nicolas du Poiré. Il fallut alors agrandir le bâtiment et prolonger la vieille chapelle jusqu'au clocher qui. très probablement, date de cette époque.

Dans la première moitié du XVIIe siècle, la chapelle du Poiré devint définitivement église paroissiale. Un prêtre, l'abbé Boileau, en fut le premier curé (1632 à 1664). Ce fut lui qui, aidé de Messire Bertrand Barlot, seigneur du Châtelliers, fit reconstruire les voûtes du chœur où il a inscrit son nom, en même temps qu'on gravait aux deux clefs de voûtes les écussons des Châtelliers-Barlot. Le même abbé Boileau fit placer, dans le chœur, le beau retable qu'on y voit encore et au milieu de ce retable, le tableau de la Nativité, que l'on attribue au pinceau d'un élève de Poussin. La construction des deux chapelles latérales permit, vraisemblablement à la même époque, un nouvel agrandissement; on les relia à la nef du milieu, en perçant, de chaque côté, trois grandes baies dans les murs primitifs qui furent soutenus, eux-mêmes, par quatre gros piliers. Les chapelles, à l'intérieur, paraissent les plus anciennes parce que les voûtes et les murs n'ont pas été restaurés. En réalité, elles sont les parties les plus récentes de l'église. L'effet produit par ces chapelles est des plus heureux : il ne parait nullement qu'elles aient été surajoutées au bâtiment central; avec les majestueux piliers qui les séparent de la nef du milieu, elles semblent un prolongement naturel de celle-ci. »

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