75 - Le Panthéon

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Façade
Photo Jérôme GALICHON

Le Panthéon est un monument de style néo-classique situé place du Panthéon sur la montagne Sainte-Geneviève, dans le Ve arrondissement de Paris, au cœur du quartier latin.

Il est entouré notamment de la mairie du Vee arrondissement, le lycée Henri-IV, l'église Saint-Étienne-du-Mont, la bibliothèque Sainte-Geneviève et la Faculté de Droit.

La rue Soufflot lui dessine une perspective jusqu'au jardin du Luxembourg.

Prévu à l'origine au XVIIIe siècle pour être une église qui abriterait la châsse de sainte Geneviève, ce monument a maintenant vocation à honorer de grands personnages ayant marqué l'histoire de France.


Histoire.pngHistoire

  • En 1744, Louis XV, très gravement malade fait le vœu, s'il guérissait, d'élever une somptueuse église, ce fut Sainte Geneviève, patronne de Paris, pour remplacer l'église de l'abbaye Sainte Geneviève très dégradée. Il guérit et n'oublia pas son vœu.
  • C'est l'architecte Jacques-Germain Soufflot (1713-1780) qui fut choisi en 1757 pour diriger les travaux. La première pierre fut posée par Louis XV en 1764.
  • Le monument créé par Souffot est l'un des premiers du néo-classicisme pour l'admiration qu'il portait à l'antiquité grecque et romaine. Au fur et à mesure que l'édifice s'élevait, il se fendillait ; on dit que Soufflot en serait mort de chagrin en 1780 sans avoir achevé son œuvre. C'est son élève Jean-Baptiste Rondelet (1743-1829) qui termina les travaux.
  • En même temps que la construction de l'église, il a percé l'actuelle rue Soufflot, fait construire la faculté de Droit ainsi que sa jumelle, la mairie du Ve.
  • Jusqu'à la construction de la Tour Eiffel en 1889, le Panthéon était le point culminant de la rive gauche de Paris, puisque la montagne Sainte Geneviève est à 60 mètres d'altitude.
VOLTAIRE par Houdon_Photo : B.Ohland
  • Lorsque la Révolution éclate en 1789, l'église n'est pas achevée ni consacrée par l'Église catholique. L'Assemblée constituante décide que l'édifice ne sera pas un temple de la religion mais un temple de la Patrie. Quand meurt Mirabeau le 2 avril 1791, l'Assemblée nationale décide de l'inhumer dans l'édifice et de convertir celui-ci en nécropole nationale. L'église prend alors le nom de Panthéon, du mot grec qui désigne l'ensemble des dieux, comme le temple d'Hadrien à Rome. Mirabeau en sera exclu en 1793 suite aux révélations sur sa trahison, et sera remplacé par Marat qui en sera également exclu lorsque les révolutionnaires renieront la Terreur. Le philosophe Voltaire sera le premier à être inhumé dans la crypte en 1791, et son vieil ennemi Jean-Jacques Rousseau en 1794.
  • En 1806, Napoléon Ier rend l'église au culte catholique mais sa crypte continue de recevoir les corps de célébrités, notamment de nombreux dignitaires de l'Empire.
  • De la monarchie de Juillet (1830-1848) à la Seconde République (1848-1852), le bâtiment renoue avec sa vocation patriotique et laïque.
  • Sous le Second Empire (1852-1870), ainsi que dans les début de la Troisième République, l'édifice est entièrement dédié au culte catholique. Il faut attendre la mort de Victor HUGO en 1885 et l'émotion qui l'entoure pour voir la République renouer définitivement avec la destination laïque et citoyenne du Panthéon.
  • En 1821, sous la Restauration, le roi Louis-Philippe enlève le monument au culte et le rétablit comme nécropole nationale.
  • Le Panthéon a été classé pour la première fois aux Monuments Historiques en 1920, (1920/04/12 : classé MH ; 2008/02/13 : classé MH).



Patrimoine.png Patrimoine bâti

  • Le Panthéon est bâti en forme de croix grecque, sur un socle presque carré, les murs ne sont percés d'aucune ouverture et sont ornés d'une frise ornée de guirlandes.

Extérieur

  • La façade présente un porche en péristyle long de 42 mètres soutenu par 22 colonnes corinthiennes de chacune 20 mètres de haut et 2 mètres de diamètre.
  • Le fronton triangulaire, sculpté par David d'Angers, représente la Patrie accompagnée de la Liberté et de l'Histoire, et la mention Aux grands Hommes, la Patrie reconnaissante est due au député de Paris Claude-Emmanuel de Pastoret.
Photo : C.Angsthelm
  • À 57 mètres au-dessus du fronton commencent les assises du dôme avec une galerie circulaire de 32 colonnes corinthiennes au-dessus desquelles se tient la coupole du dôme de 28 m de diamètre, se terminant par une lanterne à 82 mètres du sol. Sur cette lanterne, une croix de 4 m de haut repose sur un socle et une boule dorée.
  • Pour la colonnade, le tambour est percé de fenêtres et renforcé par quatre piliers. Il s'ouvre sur une double colonnade. De forme circulaire, dite périptère et surmontée d'un dôme, l'ensemble rappelle le Tempietto, construit à Rome par Bramante au XVIe siècle et la cathédrale Saint Paul de Londres.



Intérieur

Photo : B.Ohland_Maquette pierre et plâtre réalisée sous Soufflot et Rondelet vers 1770
Photo B.Ohland
  • Des nefs inégales entre elles, celle de l'entrée et du fond sont plus vastes que les deux nefs latérales. M.de Chennevières a tracé en 1879 le programme général de la décoration intérieure. M.Puvis de Chavannes a retracé la jeunesse et la vie pastorale de Sainte Geneviève dans la nef d'entrée à droite. M.Delaunay a peint deux épisodes de la victoire remportée par Sainte Geneviève sur Attila. Dans la nef au fond, M. JP Laurens a peint les derniers moments de Sainte Geneviève et ses funérailles. Dans les bras de la croix, on voit la bataille de Tolbiac par J.Blanc, le couronnement de Charlemagne par M.H.Lévy, une suite de panneaux de Cabanel représentant les grandes œuvres de Saint Louis.
  • Sous la nef divers monuments : un monument aux généraux de la Révolution par Gasq ; un monument aux orateurs et publicistes de la Révolution par Marqueste ; le monument de Diderot par Terroir.



Le dôme

  • A l'intersection des quatre nefs s'élève le dôme soutenu par quatre piliers quadrangulaires construits par Rondelet. Ces piliers séparés par quatre arcs et quatre pendentifs supportent un entablement, au-dessus duquel s'élève une colonnade identique à la colonnade extérieure. L'entablement de la colonnade supporte les trois coupoles qui forment le dôme.
Photo : B.Ohland
  • La première coupole, décorée de caissons à rosaces, ouverte au centre d'un diamètre de dix mètres, laisse voir la seconde que le baron Gros a décorée d'une fresque représentant L'apothéose de Sainte Geneviève où figurent Louis XVI et Louis XVIII. Sur les pendentifs des allégories relatives au Premier Empire : La Gloire, La Mort, La patrie, La Justice réalisées par Gérard. Cette seconde coupole est éclairée par des croisées cintrées et enveloppée elle-même par une troisième coupole ovoïde supportant la lanterne et la croix.


La crypte

Photo : B.Ohland
  • La crypte est divisée en plusieurs galeries par des piliers doriques. À l'origine, Soufflot avait prévu 277 sépultures pour la communauté des génofévains (chanoines réguliers de l'ordre de St Augustin de la congrégation de Sainte Geneviève). Constituée de quatre galeries, la crypte couvre toute la surface du bâtiment. Devant la porte d'entrée, une niche où fut déposé le cœur de Gambetta. L'atmosphère solennelle et sacrée de l'église haute contraste avec l'austérité des caves sépulcrales.
  • Des politiques, des écrivains, des scientifiques et beaucoup de militaires, 71 grands hommes et 5 grandes femmes reposent actuellement au Panthéon. Quatre personnes sont inhumées sans décret de panthéonisation : l'architecte Soufflot, Marc Schoelcher le père de l'abolitionniste Victor Schoelcher, Sophie Berthelot qui repose aux côtés de son époux, Antoine Veil aux côtés de son épouse Simone Veil.
  • Une plaque en l'honneur des Justes parmi les Nations a été apposée par le Président Jacques Chirac en souvenir des 2700 Justes de France ayant sauvé des milliers de juifs de la mort pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • À l'origine, la tombe du Soldat Inconnu devait reposer au Panthéon, mais les associations d'anciens combattants demandèrent un lieu unique et symbolique, ce fut l'Arc de Triomphe qui fut finalement choisi.


Personnalités illustres

  • En 2020, 76 tombeaux de personnalités reposent au Panthéon.

(par ordre alphabétique) :

- Jean-Baptiste BAUDIN (1811-1851), homme politique et médecin, transféré en 1889:
- François Barthélémy BÉGUINOT (1747-1808), militaire, transféré en 1808:
- Marcellin BERTHELOT (1827-1907), scientifique, transféré en 1907:
- Sophie BERTHELOT (1837-1907), scientifique, transférée en 1907:
- Jean Baptiste Pierre BÉVIÈRE (1723-1807), homme politique, transféré en 1807:
- Louis Antoine de BOUGAINVILLE (1729-1811), navigateur, transféré en 1811:
- Louis BRAILLE (1809-1852), scientifique, transféré en 1952:
- Pierre BROSSOLETTE (1903-1944), résistant, transféré en 2015:
- Pierre Jean Georges CABANIS (1757-1808), médecin, poète et philosophe, transféré en 1808:
- Giovanni Baptista CAPRARA (1733-1810), religieux, transféré en 1810:
- Lazare Nicolas CARNOT (1753-1823), homme politique et scientifique, transféré en 1889:
- Marie François Sadi CARNOT (1837-1894), homme politique, transféré en 1894:
- René CASSIN (1887-1976), résistant, transféré en 1987:
- Gabriel Louis de CAULAINCOURT (1741-1808), militaire, transféré en 1812:
- Antoine César de CHOISEUL PRASLIN (1756-1808), général sénateur, transféré en 1808:
- Charles Pierre CLARET de FLEURIEU (1738-1810), homme politique, transféré en 1810:
- Nicolas de CARITAT, marquis de Condorcet, (1743-1794), homme politique, transféré en 1989:
- Hyacinthe Hugues Timoléon de COSSÉ-BRISSAC (1746-1813), militaire, transféré en 1813:
- Emmanuel CRÉTET (1747-1809), homme politique, transféré en 1809:
- Marie CURIE (1867-1934), physicienne, transférée en 1995:
- Pierre CURIE (1859-1906), physicien, transféré en 1995:
- Jean Nicolas DÉMEUNIER (1751-1814), homme politique, transféré en 1814:
- Jean Marie Pierre DORSENNE (1773-1812), général, transféré en 1812:
- Alexandre DUMAS (1802-1870), écrivain, transféré en 2002:
- Girolamo Luigi DURAZZO (1739-1809), homme politique, transféré en 1809:
- Félix ÉBOUÉ (1884-1944), homme politique, transféré en 1949:
- Léon GAMBETTA (1838-1882), homme politique, transféré en 1920:
- Pierre GARNIER de LABOISSIÈRE (1755-1809), général de cavalerie, comte d'Empire et sénateur, transféré en 1809:
- Geneviève de GAULE-ANTHONIOZ (1920-2002), résistante, transférée en 2015:
- Maurice GENEVOIX (1890-1980), écrivain, transféré en 2020:
- Henri GRÉGOIRE (1750-1831), religieux, transféré en 1989:
- Victor HUGO (1802-1885), écrivain, transféré en 1885:
- Alexandre Antoine HUREAU de SÉNARMONT (1769-1811), artilleur des armées, général d'Empire, transféré en 1811:
- Jean Ignace JACQUEMINOT (1758-1813), avocat et comte d'Empire, transféré en 1813:
- Jean JAURÈS (1859-1914), homme politique, transféré en 1924:
- Charles ERSKINE de KELLIE (1739-1811), religieux, transféré en 1811:
- Joseph Louis LAGRANGE (1736-1813), mathématicien, transféré en 1813:
- Paul LANGEVIN (1872-1946), physicien, transféré en 1948:
- Jean LANNES (1769-1809), militaire, transféré en 1810:
- Claude Juste Alexandre LEGRAND (1762-1815), général, transféré en 1815:
- Jean Pierre Firmin MALHER (1761-1808), militaire, transféré en 1808:
- André MALRAUX (1901-1976), écrivain, transféré en 1996:
- François Séverin MARCEAU (1769-1796), militaire, transféré en 1889:
- Gaspard MONGE (1746-1818), mathématicien, transféré en 1989:
- Jean MONNET (1888-1979), économiste, transféré en 1988:
- Justin Bonaventure MORARD de GALLES (1761-1809), militaire, transféré en 1809:
- Jean MOULIN (1899-1943), résistant, transféré en 1964:
- Michel ORDENER (1755-1811), général de division, sénateur, comte d'Empire, transféré en 1811:
- Paul PAINLEVÉ (1863-1933), mathématicien, homme politique, transféré en 1933:
- Jean-Baptiste PAPIN (1756-1809), homme politique et juriste, transféré en 1809:
- Jean Frédéric PERREGAUX (1744-1808), financier, transféré en 1808:
- Jean PERRIN (1870-1942), physicien, transféré en 1948:
- Claude Louis PETIET (1749-1806), grand organisateur de troupe, transféré en 1806:
- Jean Étienne PORTALIS (1746-1807), homme politique, transféré en 1807:
- Claude Ambroise RÉGNIER (1746-1814), juge, transféré en 1814:
- Louis Pierre Pantaléon RESNIER (1759-1807), homme politique, transféré en 1807:
- Jean Louis Ébénézer REYNIER (1771-1814), militaire, transféré en 1814:
- Jean ROUSSEAU (1738-1813), homme politique, transféré en 1813:
- Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778), écrivain et philosophe, transféré en 1794:
- Louis Charles Vincent LE BLOND de SAINT HILAIRE (1766-1809), militaire, transféré en 1810:
- Victor SCHOELCHER (1804-1893), homme politique, transféré en 1949:
- Jean-Pierre SERS (1746-1809), homme politique, transféré en 1809:
- Nicolas Marie SONGIS des COURBONS (1761-1811), général, transféré en 1811:
- Jacques Germain SOUFFLOT (1713-1780), premier architecte du Panthéon, transféré en 1829:
- Antoine Jean-Marie THÉVENARD (1733-1815), militaire, transféré en 1815:
- Germaine TILLION (1907-2008), résistante, transférée en 2015:
- Théophile Malo de LA TOUR d'AUVERGNE-CORRET (1743-1800), soldat, transféré en 1889:
- Jean-Baptiste TREILHARD (1742-1810), avocat, transféré en 1810:
- François Denis TRONCHET (1726-1806), homme politique et juriste, transféré en 1806:
- Antoine VEIL (1926-2013), homme politique, transféré en 2018:
- Simone VEIL (1927-2017), femme politique, transférée en 2018:
- Joseph Marie VIEN (1716-1809), peintre, transféré en 1809:
- Ippolito Antonio VICENTI-MARERI (1738-1811), évêque, transféré en 1811:
- Justin de VIRY (1737-1813), homme politique, transféré en 1813:
- VOLTAIRE (1694-1778), écrivain et philosophe, transféré en 1791:
- Frédéric Henri WALTHER (1761-1813), général, transféré en 1813:
- Jean Guillaume de WINTER (1761-1812), amiral batave, comte d'Empire, transféré en 1812:
- Jean ZAY (1904-1944), homme politique, transféré en 2015:
- Émile ZOLA (1840-1902), écrivain, transféré en 1908:



Quelques tombeaux


Monument aux morts couleur france.png
Monument aux morts


Illustrations - Photos anciennes.png En photos


Voir aussi