67066 - La Broque

De Geneawiki
Révision datée du 19 juillet 2007 à 16:38 par Moniquef (discussion | contributions) (Aux premiers temps :)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Retour

La Broque
Informations
Pays Portail-regionalisme-FRA.png    France
Département Bas-Rhin
Métropole {{{Métropole}}}
Canton Schirmeck
Code INSEE 67066
Code postal 67130
Population 2687 habitants (1999)
Nom des habitants Broquois
Superficie 2307 hectares
Densité 116,47 hab./km²
Altitude
Point culminant 898 m
Coordonnées
géographiques
07°13'01"E/48°28'39"N
Localisation (avant 2015)
          Arrondissement                 Canton                 Commune      ?
Section Tableau : Modifier

Histoire.png Histoire de la commune

1793 : La Broque et Ban de Salm
1801 : La Broque (Bulleins des lois)

A l’origine de La Broque se trouve un prieuré fondé au IXe siècle et dépendant de l’abbaye bénédictine de Senones.
Sur les terres de cette abbaye, dans la montagne, le comte Henri II de Salm construit en 1190 un château.
Les membres de cette lignée deviennent seuls maîtres du territoire en 1571, mais le domaine étant indivisé, la souveraineté est partagée entre les deux branches de la famille.
La Broque devient ainsi un bourg mi-partie, dont une moitié revient aux ducs de Lorraine, qui la gardent jusqu’en 1751, date à laquelle le prince de Salm, déjà seigneur de l’autre partie, obtient la totalité des droits.

Lors de la réunion de la principauté de Salm à la France, en 1793, la commune est incorporée au département des Vosges, avant d’en être détachée par le traité de Francfort en 1871.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le camp de redressement connu sous le nom de « camp de Schirmeck » se trouve sur son territoire.

Annexes : Vipucelle, Maison-Neuve, Albet, Les Quelles, Salm, Malplaquet, Fréconrupt, La Claquette.

Château de Salm

  • Date de construction : entre 1205–1225
  • Constructeur : Henri III de Salm
  • Vente : entre 1250–1258 à l’évêque de Metz, reprise en fief–oblat par le comte Henri IV
  • Destruction : est cité en ruine en 1564
  • Classement : 6 décembre 1898 par les Monuments Historiques de l’ancienne Elsass–Lothringen

La ruine est assise à 809 m d’altitude sur un socle rocheux en forme de barre, appartenant à une formation géologique permo-triasique définis par le paysage gréseux du massif de la Chatte Pendue. Elle est située dans la forêt Domaniale du Donon, commune de La Broque

Mines de Grandfontaine

Vpoir la galerie de photos : [1]

La cense anabaptiste de Salm

Aux premiers temps :

Les censes de Salm ont fait l’objet d’une étude publiée par C. Jérôme dans le numéro 91 du journal L’Essor. Nous la suivrons très largement. Les registres paroissiaux de Vipucelle complèteront nos sources.

En 1663, il est fait mention des deux « moitresses » ( = métairies) de Salm qui n’ont pas survécu aux guerres. Nous présumerons donc que les familles qui viennent s’y installer dans les années qui suivent le font dans des conditions fort précaires. Il s’agit, pour ce qui a été repéré des familles suiventes:

  • Jean SCHEPPLER [2] et sa femme Suzanne EYER, « manants à Salm, moictriers (= métayers) de Monseigneur le Prince de Salm », font baptiser quatre enfants à la paroisse catholique de Vipucelle de 1686 à 1695 ( son probable parent Luc Scheppler occupe la cense voisine des Quelles)
  • Christine TEPPE et son époux Jost SINGER, « vachers à Salm » décèdent l’un et l’autre en 1685;
  • Melchior ROUPAK et sa femme Elisabeth SCHLECHT sont « moictriers aux Donnons »;
  • Quant à Benoit SCHLASTER, C. Jérome l’a retrouvé comme métayer successivement aux Quelles (avant 1702), au Donon [3] (jusqu'en 1704), puis à Salm (à partir de 1712).

En date du 2 décembre 1715, le Prince de Salm passe contrat avec Bénédict Schlaster (alias Schlecht); le contrat est très favorable au « moictrier » (larges surfaces utilisables, exemption d’impôts) mais en contrepartie celui-ci à la charge de bâtir. Il semble donc que le Prince souhaite refaire à neuf ses propriétés ruinées, et en prenne les moyens. En raison du décès prématuré de Benoit SCHLASTER, c’est son fils Christian qui sera le grand bâtisseur. On retrouve d’ailleurs, sur l’une des fermes, ses initiales, C S, et la date de 1720. Outre cette ferme, Christian batit une autre maison et fait quantité de défrichements.

C’est une sacrée personnalité que celle de Christian SCHLASTER.

Après avoir rebati à neuf, il vend ses biens, le 22 mars 1728, à Jacob FARNY, Christian ROUSHTY et Jean CHARPENTIER (ZIMMERMANN). Les noms de ROUSHTY et de ZIMMERMANN suggèrent des liens avec l'entourage de Isaac KAUFFMANN, prédicateur anabaptiste qui officie clandestinement dans la région de Steffisburg (principalement le village de Homberg) vers 1680 [4]

Et, en 1736, nous le retrouvons sur la Princess Augusta... (où des descendants d'Isaac KAUFFMANN se trouvent également), abandonnant derrière lui ce qu’il avait bâti! Il est permis de penser que ses motivations étaient vraiment désinteressées ! Sa descendance américaine est connue [5] .

Du temps de l'Ancien Jacob KUPFERSCHMITT :

A l'époque de la Révolution, la cense de Salm a à sa tête l'Ancien Jacob KUPFERSCHMITT, qui est confronté à un problème très difficile. En effet, le service militaire devient obligatoire, ce qui est contraire aux principes religieux anabaptistes.

La Convention délègue à Salm, en 1793, Philippe GOUPILLEAU, qui est reçu par l'Ancien Jacob KUPFERSCHMITT dans la même maison où Nicolas AUGSBURGER recevra MICHIELS.

Reçu avec hospitalité, GOUPILLEAU fait un rapport favorable à la suite duquel le Comité de Salut public prend un arrêté autorisant les anabaptistes à faire leur service militaire dans des conditions adaptées (pionniers, charrois) ou à se faire remplacer contre argent. Cet arrêté est précieusement conservé par AUGSBURGER, qui le montre à MICHIELS.

Du temps de l'Ancien Nicolas AUGSBURGER :

Cimetière de Salm, commune de La Broque

Les AUGSBURGER constituent l’une des familles Amish historiques. Un premier Nicolas AUGSBURGER (o ca 1644 Konolfingen, Berne, + sans doute à Saales, 67, chez sa fille) figurait parmi les proches compagnons de Jacob AMMAN. Il avait une fille nommé Madgalena [6] , qui épousa Anton BACHER, installé depuis 1730 dans la ferme de l’Abatteux, ou du Hang (photo plus loin), louée à la commune de Saales (67). Sept générations de BACHER/PECHEUR se sont succédé sur cette ferme.

La famille foisonne des deux côtés de l'Atlantique [7]

La cense de Salm a reçu en 1840 une lettre de Jean GINGRICH, beau-frère de Nicolas AUGSBURGER, relatant son voyage en Amérique et son installation en Illinois [8].

Cette cense a été visitée en 1860 par l'écrivain Alfred MICHIELS, quidé par M. WIEDEMANN [9] , aubergiste aux Deux Clés à Rothau. Laissons parler Alfred MICHIELS :

"M. WIEDEMANN, l'aubergiste des Deux Clés, qui cette fois me servait de guide, dans l'espoir de maigrir un peu, me disait-il, espoir tout à fait chimérique, avait emprunté un parapluie de coton lorsque nous avions vu les premières gouttes tomber une à une sur la poussière.

Ce genre de parapluie n'a qu'un inconvénient, c'est de laisser passer l'eau comme un crible ; dès qu'ils sont mouillés, ils font office d'un arrosoir plutôt que d'un préservatif contre les intempéries du ciel. Quand même d'ailleurs ils n'auraient pas ce petit défaut, les sentiers inégaux, étroits et raboteux des montagnes ne permettraient pas de s'en servir à deux. Or, comme cette espèce d'instrument me cause la plus profonde horreur, j'en abandonnai la jouissance exclusive au digne aubergiste, qui soufflait en grimpant sous ce tamis malencontreux. Il avait ainsi l'avantage de ne recevoir que de l'eau filtrée. Mais, abstraction faite de cette circonstance, nous étions aussi trempés l'un que l'autre. Nous arrivâmes donc tout ruisselants chez le Mennonite."

Il s'agit de Nicolas AUGSBURGER, ancien des anabaptistes de Salm. MICHIELS poursuit :

" Il nous reçut avec le bienveillance douce et tranquille de ces véritables imitateurs du Christ, souriant néanmoins de nous voir métamorphosés en tritons. Sa femme et lui s'empressèrent d'allumer du feu dans le poêle ; nous suspendîmes nos habits alentours après nous être changés tant bien que mal, en ajoutant des pièces d'emprunt à celles que contenait mon havresac. Nous fîmes ensuite un repas frugal, terminé par un verre d'excellent kirsch, aussi pur que la rosée du ciel.

- He bien, vous voyez que j'ai tenu parole, dis-je à l'anabaptiste ; je vous avais promis de revenir, et je suis revenu

- Vous auriez pu choisir un meilleur temps, mon cher Monsieur.

- Pas le moins du monde ! J'ai vu la montagne dans ses humeurs sombres (...) J'ai eu en outre le spectacle de Monsieur WIEDEMANN, pareil à un monument gothique, laissant échapper l'eau pas toutes ses gargouilles ...

Puis, m'adressant à AUGSBURGER :

- Je suis venu, lui dis-je, pour étudier vos principes, vos mœurs et vos cérémonies religieuses."

Nicolas AUGSBURGER, qui dit n'avoir pas besoin de voiles, consent à cette étude. Il répond à de nombreuses questions puis, ses travaux l'appelant au dehors, il propose à MICHIELS d'examiner sa bibliothèque :

"Vous trouverez parmi ces ouvrages, me dit-il, plusieurs traités de médecine et d'histoire naturelle. On vient de toutes part me consulter, même pour les bestiaux, et il m'a fallu apprendre quelques notions sur l'art de guérir. Les docteurs, dans nos montagnes, sont si peu nombreux, et demeurent presque toujours si loin des malades ! Mais je vous laisse. Vous saurez bien vous orienter parmi mon fatras".

Les livres sont en allemand. MICHIELS tombe sur Le médecin prompt et sûr, par Théodore ZWINGLER, docteur en médecine et professeur à Bâle, où le livre a été publié en 1703. Du même auteur, un livre de botanique Théatrum botanicum.

C'est avec ces ouvrages vieux de 150 ans que Nicolas soigne gens et bêtes dans la région, à la grande satisfaction de tous.

MICHIELS trouve également le Martyrenspiegel, aujourd'hui connu en anglais sous le nom de Martyr's mirror, [10] un ouvrage de base sur l'anabaptisme.

En plus des livres de piété, MICHIELS a la surprise d'entendre parler des Mémoires du Diable, un roman de Frédéric SOULIE publié en 1838 [11] . Il s'agit d'un livre fort peu édifiant, se proposant de "tracer un tableau des vices de la société, où toutes les vertus ne sont que des maques d'emprunt derrière lesquels se cache quelque vile passion". Ce ne sont que séductions, assassinats, viols, adultères, incestes, le récit étant censé être dicté par le Diable.

Nicolas lui apprend par hasard avoir eu ce livre, bientôt transformé en sacs dont Mme AUGSBURGER présente quelques uns après avoir farfouillé dans sa cuisine.

Interrogé, Nicolas rougit et explique :

"- J'avais cru, me dit-il avec embarras, que c'étaient des mémoires véritables.

- Y pensez vous ? les mémoires du malin esprit ?

- J'avais lu plusieurs fois l'éloge de cette publication dans les feuilles, quand j'allais à Rothau vendre du seigle, du kirsch ou des pommes de terre.

- Et vous vous étiez imaginé que Satan lui-même

- Hélas oui. J'avais cru que, dans un moment de repentir, il avait fait l'aveu de ses crimes, dévoilé ses artifices. Et, comme Dieu nous apprend qu'il rôde sans cesse autour de nous, qu'il nous dresse constamment des pièges, l'idée m'était venue de lire ses confessions pour me préserver de ses embûches et en préserver mes frères. J'ai donc acheté ce livre, qui m'a coûté une grosse somme, et j'ai bientôt vu qu'il ne pourrait m'être utile."

Ensuite, MICHIELS poursuit sa visite [12] : la ferme des Quelles, la ferme "du Hang (ferme de l'Abatteux, le Hang, Bourg Bruche) [13] , L'Abatteux à la limite des forêts

le "cimetière des innocents", tout près, au Lac de la Maix [14] [15] :

"Bientôt, en effet, nous arrivâmes sur les bords de la pièce d'eau. Ce n'est qu'un étang, et encore, de faibles dimensions. Les montagnes, qui décrivent alentour un demi cercle, lui communiquent cet air sombre, mystérieux, qu'offrent en général les bassins étroits des hautes terres, et que contribue à leur donner la profondeur excessive de leurs eaux. Leur lit en forme d'entonnoir plonge dans les flancs de la montagne. Au centre, nulle herbe ne peut croître ; aussi, la renouée, la salicaire, dessinent elles près des bords une couronne de fleurs roses et blanches, qui étonne par sa régularité.

A droite du lac, l'ancien prieuré achève de tomber en ruines sous l'action du temps, de la pluie et des hivers. Les ronces, les herbes des montagnes y croissent à l'envi, dans le plus pittoresque désordre ….

J'examinai curieusement, on peut le croire, la voûte qui subsiste encore mais croulera bientôt, car elle menace déjà les visiteurs, et n'oubliai point les restes du cimetière des Innocents. Ni le lac ni les ruines n'ont perdu le prestige dont la superstition entourait jadis ces lieux déserts. Les villageois des communes les moins éloignées y montent en foule, un certain jour de l'année ; on y dit la messe sur un bloc de grès, autel rustique que les arbres toujours verts couronnent d'un noir baldaquin ; puis, on fait processionnellement le tour des rives, bannières déployées, au chant des psaumes et des cantiques. La cérémonie a pour but de demander à la Vierge de la sécheresse ou de la pluie, selon le besoin de la campagne."

D'après ce que Nicolas AUGSBURGER a dit à MICHIELS :

"Sous une voûte qui subsiste encore, vous remarquerez parmi les gravois les restes d'un autel. On y venait pendant tout le Moyen Age, et l'on y vient encore, déposer les cadavres des enfants morts sans avoir vécu. La foule croit qu'un ange descend la nuit pour leur administrer le baptême. Le lendemain, on les ensevelissait dans un clos voisin, nommé le cimetière des Innocents ; on les porte de nos jours au cimetière de la commune que leurs parents habitent."

au lac de la Maix

Démographie.png Démographie

Année 1794 1800 1806 1820 1831 1836 1841 1846 1851 1856
Population - - - - - - - - - -
Année 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
Population - - - - - - - - - -
Année 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
Population - - - - - - - - 3 026 3 048
Année 1982 1990 1999 - - - - - - -
Population 2 896 2 628 2 687 - - - - - - -

Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.

Repère géographique.png Repères géographiques

Illustrations - Photos anciennes.png En photos

Familles notables.png Notables

Les maires

Prénom(s) NOM Mandat Observations
- - -
- - -
- - -
- - -
- - -
Jean-Bernard PANNEKOECKE 2001 - -
- - -

Les notaires

A savoir pour vos recherches généalogiques

Horaires d'ouverture de la mairie

lundi et vendredi de 8h00 à 12h00 - mardi, mercredi, jeudi de 8h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00 .

129 Rue du Gal de Gaulle - 67130 LA BROQUE

Tél.: 03 88 47 42 90 - Fax. 03 88 47 18 54

Courriel


Dépouillements des registres paroissiaux



Paul HOSTETTLER Taüferwanderung 1580-1750 ; 2002 ; en allemand ; sur l'émigration des anabaptistes-mennonites de Suisse vers, entre autres, La Broque et sa région ; permet de prolonger ses lignées anabaptistes ; contient des relevés de registres paroissiaux des paroisses suisses de départ, ainsi que de nombreux éléments biographiques ; peut être consulté (référence : CD ROM n° 8) au Cercle généalogique d'Alsace, 5 rue Fischart 67000 Strasbourg.

Archives notariales

Cimetière

CIMETIERE MENNONITE DE SALM LA BROQUE, BAS-RHIN

La création du cimetière mennonite de Salm serait liée à l’installation de cette communauté anabaptiste en Alsace à partir du XVIIIe siècle.
On y trouve les tombes des deux plus illustres « anciens » : Jacob Kupferschmitt, premier objecteur de conscience en France, et l’humaniste médecin Nicolas Augsburger.

Tombe au cimetière de Salm

Remarques

Souveraineté :1789 - principauté de Salm (comté de Salm)
Département :1793 - Vosges - 1919 : Bas-Rhin

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

Copie des registres paroissiaux de Vipucelle La Broque, 1678-1699, par Denis Leypolds ; [16]

Alfred Michiels, Les anabaptistes des Vosges. Première édition pat Poulet-Malassis à Paris ; réimpréssion 1980 aux éditions Jean-Pierre Gyss, édition augmentée d'une introduction de Jean Seguy et John H. Yoder ; et de textes complémentaires d'un grand intérêt, en particulier : - les extraits consacrés aux anabaptistes par Alexandre Frédéric Masson de Pezay dans les Soirées helvétiennes, alsaciennes et franc-comtoises (1771) - Johan Friedrich Luce, Un mariage chez les anabaptistes de Colmar en 1779 - Philippe Goupilleau, Ma visite à Salm (1793) - Hinrich Van der Smissen : Visite chez les anabaptistes des Vosges

Logo internet.png Liens utiles (externes)

  • site de Pierre Juillot (absolument encyclopédique sur la Broque et la vallée de la Bruche [17]