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54580 - Villerupt

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Villerupt
Blason de Villerupt
Informations
Pays Portail-regionalisme-FRA.png    France
Département 54 - Blason - Meurthe-et-Moselle.png    Meurthe-et-Moselle
Métropole -
Canton Canton de Villerupt (54-23)

Blason 54580 Villerupt.jpg   54-37   Villerupt (Ancien canton)

Code INSEE 54580
Code postal 54190
Population 9 354 habitants (2012)
Nom des habitants Villeruptiens, Villeruptiennes
Superficie 656 hectares
Densité 1 425 hab./km²
Altitude Mini : 309 m
Point culminant 442 m
Coordonnées
géographiques
49.469722° / 5.928611° (GoogleMaps) Cassini
Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)
Localisation (avant 2015)
          Arrondissement                 Canton                 Commune      ?
Section Tableau : Modifier

Sommaire

Histoire.png Histoire de la commune

Villerupt se compose de trois sections :

- Villerupt proprement dit,
- Micheville,
- Candbonne (ou Cantebonne),
- et quelques maisons au hameau de Sainte Claire.

Historique

La fondation de Villerupt, est sûrement antérieure au XIIIe siècle, puisque le cartulaire de l'abbaye de Villers-Bettnach signale, en 1287, Lou Moulin de Vilrut, Viluirue (tome II, folio 420). Ce même cartulaire signale en 1573 (tome l, titre VII) la forge de Villereux.

Au XVIIIe siècle, le Pouillé de Trêves (liste des bénéfices ecclésiastiques de ce diocèse) parle de Villeront.

En 1749, nous trouvons Ville-Rupt, dans les Mémoires Alphabétiques pour servir à l'histoire générale du Barrois, par de Maillet.

Dans différents documents nous trouvons encore les noms de Villerous, Villerû, de Villaribus (nom latin), de Weiler ou Wyler (noms allemands).

Ces dernières appellations permettent d'attribuer au nom de Villerupt l'etymologie de Villé au Rupt (le Rupt est un ruisseau descendant de Cantebonne qui se réunit à la Vacherie issue de Sainte-Claire pour former l'Alzette, rivière de Luxembourg).

Il existe de sérieuses présomptions sur l'existence de populations dans son territoire actuel :

1- au moment de l’occupation romaine, on a retrouvé sur la côte de Rédange, des vestiges d'anciens thermes Romains (à quelques kilomètres de là existait un camp romain, fondé par l'empereur Titus, et qui porte le nom de Titelberg).
2- peut-être auparavant, car on a découvert dans une caverne appelée « la Roche » située dans le bois de Butte, des haches et autres outils en silex.

Villerupt faisait très probablement partie des Woîvres et plus, spécialement du Matois, et comprenait les vallées de l'Alzette, de la Chiers, et de la Crusnes.

Villerupt dépendait de la seigneurie d'Audun-le-Tiche, ainsi que Audun, Hirps, Cantebonne, une partie de Russange et de Rédange.

Cantebonne à peu près contemporain de Villerupt, s'est appelé Kantebonne. Kantebron et n’offre rien à signaler, sinon que dès le XIIIe siècle, il y existait une chapelle où l’on disait la messe deux fois par an.

En juin 1253, le premier seigneur d'Audun, le comte de Salm donne à son féal cousin Thibaud de Bar, la seigneurie d'Audun.

En 1289, nous trouvons à la tête de la seigneurie d'Audun Jean de Malberg, homme lige du duc de Lorraine. La seigneurie est donc alors rattachée à la Lorraine. Les Malberg se succèdent de père en fils sans incidents particuliers jusqu'à la mort de Claude de Malberg en 1561, décédé sans héritier mâle. La succession passe à ses gendres.

Au moment de la guerre de Trente ans (1618-1648) la seigneurie d'Audun, qui appartenait pour trois quarts à Gabrielle d'Ardres et à son mari Charles d'Haraucourt baron de Chambley, était complètement endettée. À la mort de Gabrielle d'Ardres (1675), en 1679, la seigneurie, vendue par les créanciers est achetée par Henri d'Haraucourt, marquis de Chambley, pour 112 000 francs barrois.

La dernière Haraucourt fut Barbe, chanoinesse de Remiremont. La part de la famille de Crehange échoit à François Louis de Houss, baron de Watrouville qui en 1682, se dit en possession du quart de la seigneurie, les trois autres quarts appartenant aux seigneurs de Chambley, Haraucourt.

En 1725, François Joseph Hurault, est possesseur unique de la seigneurie, sa fille Barbe, marquise de Gerbeviller, épouse de Camille de Lambertye en 1736.

Le 18 juillet 1785, la seigneurie, est mise en séquestre jusqu'en 1786 et elle est vendue par parcelles à la Révolution.

Le territoire est occupé par les Français en 1642 et 1646 par le maréchal de Crequi.

Le 6 février 1679, la ville et la prévôté de Longwy avec toutes ses appartenances et dépendances sont cédées à la France qui, en 1685, érige un bailliage à Villers-la-Montagne, duquel ressortissait la seigneurie d'Audun et par conséquent Villerupt.

À la paix de Riswick en 1697, la France rétrocède la Lorraine, mais se réserve le droit de retenir Longwy, que Louis XlV ne veut pas abandonner après l'avoir fait fortifier par Vauban pour l’opposer à Luxembourg occupé par les Espagnols ( guerre de la succession d'Espagne).

En 1718, la France conserve Longwy avec dix villages. La seigneurie d'Audun, avec d'autres villages restent au duc de Lorraine.

Villerupt n'est donc devenu définitivement Français qu'à la mort de Stanislas Leczinski, en 1766. Pendant les négociations, le duc de Lorraine avait créé un Office de Longwy, qui comprenait les villages devant rester à la Lorraine. En 1751, un bailliage est créé à nouveau à Villers-la-Montagne.

La seigneurie d'Audun avait dépendu aussi du bailliage de Saint-Michel puis de celui d'Etain. En 1725, un recensement obligatoire des chefs de famille de la seigneurie astreints à se présenter au château d'Audun, relève 27 chefs de famille à Villerupt et 18 à Cantebonne ; en 1762, 28 à Villerupt et 18 à Cantebonne.

Les bourgeois de la seigneurie, tous de serve condition, avaient à l'égard de leur maître quelques obligations assez originales. Ils lui devaient, par famille, trois poules, des corvées très nombreuses, la moitié des dîmes.

Audun, Villerupt et Cantebonne sont toujours cités ensemble dans les plaids annaux.

Les bourgeois de Villerupt et Cantebonne sont bannaux du moulin de Thutange situé à Sainte-Claire, et appartenant au seigneur d'Audun, qui l'alimente avec l'affouage de ses sujets.

Le dit seigneur a droit de four bannal et les bourgeois dudit lieu sont tenus d'y faire cuire leur pain à peine de cinq francs contre les défaillants avec confiscation du pain qu'ils auraient fait cuire ailleurs, et le four où ils auraient fait cuire estre abattu et démoli.

Les subjets et bourgeois dudit lieu ne peuvent faire cuire dans leurs fours tartes ou dorez de paste blanche ou noir (sic) ou il y ait levain sinon sous pareil danger d'amende.

En 1786, les forges de Villerupt appartiennent à Nicolas François Camille de Lamberty, marquis de Gerbéviller.

Au spirituel, toute la seigneurie faisait partie de l'archevêché de Trêves, jusqu’à la Révolution, parce qu'au moment de partage (par Dioclétien),de l'empire romain en diocèses, elle était habitée par des Trévirois. Elle était rattachée au doyenné de Luxembourg et divisée en trois paroisses: Russange, avec succursales à Villerupt, et à Soleuvre Rédange.

En 1570, les seigneurs d'Audun étaient collateurs (nommaient le curé, avec l'agrément de l'archevêque) de la paroisse de Villerupt.

Le 9 mai 1570, eut lieu à Russange une visite canonique de l'archevêque de Trêves, et de laquelle est dressé le rapport suivant :

Paroisse de Weiler ou Wyler

Les collateurs sont les seigneurs de Malberg et d'Audun, la patronne Sainte-Marie. Le curé Messire Henri de Messancy. Il y a deux autels et un calice. La dame de Malbourg a une partie des dîmes et le curé l'autre, se montant en moyenne à vingt «maldra» (sestiers) de fruits ordinaires, et la moitié des petites dîmes, valant quinze francs, plus trois voitures de foin et treize jours de terre. Trouvant probablement les revenus insuffisants, le curé demande la portion congrue.

La fabrique a quinze francs de rente et cinq ou six mesures de Bohême d'huile, mais elles ne sont pas payées. Il est prescrit aux synodaux qu'ils prennent hypothèque ou qu'ils mettent opposition. Vers 1307 (taxes générales pour l'entretien du clergé supérieur, cour de Rome) l'église de Villerupt est taxée à 12 sols.

Après la Révolution, Villerupt fait partie du diocèse de Metz jusqu'en 1874, depuis, du diocèse de Nancy. En l'an XII de la République, Villerupt et Rédange dépendaient toujours de la paroisse de Russange. Il y avait à Villerupt 330 âmes. L'une des causes principales de l'intérêt que le duc de Lorraine portait à la conservation de la châtellenie de Longwy est la richesse déjà reconnue de toute la partie orientale de cette portion de son domaine et les revenus assez considérables qu'il tirait du droit de marque des fers. Il y avait alors trois usines dans la prévôté fabriquant annuellement plus de 1 500 milliers de fer à Herserange, Villerupt et Ottange.

La métallurgie

Villerupt a son fourneau avec fonderie et affinerie, il fabrique tous les ans 300 milliers de fer. Le droit de marque du fer est de 6 livres, 15 le millier.

Ceci nous amène à parler de l'histoire de la métallurgie de Villerupt. Car l'évolution de l'industrie du fer domine toute l'histoire de Villerupt. À part les vicissitudes politiques et les malheurs de la guerre que la seigneurie d'Audun-le-Tiche vit trop souvent (ravages de la guerre de Trente ans, en 1631, par les Français, en 1635 par les Suédois de Bernard de Saxe Weimar, par les troupes impériales, Polonais, Hongrois, Croates qui, envoyés pour défendre le pays s'y signalèrent surtout par leurs pillages et leurs atrocités). Par les Espagnols, au moment de la guerre de la Succession d'Espagne.

- Micheville dut payer aux Espagnols 300 livres pour un prisonnier qu’on avait fait.
- Invasion des Autrichiens en 1792, des troupes alliées en 1815, occupation par les Prussiens en 1870-71, la chronique doit s’occuper surtout du développement économique de notre pays, grâce à l'extraction de la mine et au travail du fer.

Cette exploitation de nos richesses minières est beaucoup plus ancienne qu’on ne le croit généralement : elle remonte certainement à l'époque gallo-romaine, et peut-être plus haut encore. Avant le XVIe elle n'a eu qu'une toute faible importance, et il faut se garder d'y attacher l'idée d'une grande industrie, inséparable aujourd'hui de l'industrie du fer.

Cette industrie a pris naissance dès que nos ancêtres ont eu une connaissance suffisante de la fabrication du fer et reconnu par ses effleurements et ses gîtes superficiels l'existence de la puissante formation de minerai que possède la contrée.

La plus grande partie de cette formation, celle qui s'exploite exclusivement aujourd'hui, se compose de minerais oolithiques, c'est-à-dire en petits grains ou en roches, formant des bancs successifs alternés de marne ou de calcaire. C'est la minette.

Au contraire, les gîtes supérieurs à peu près épuisés actuellement étaient constitués par des amas irréguliers de minerais en rognons, plus riches en fer que la minette et ne contenant que peu ou point de phosphore. Ces minerais sont bien connus et dits de fer fort, parce qu'ils fournissent, traités au charbon de bois un fer nerveux et d'excellente qualité qu’on n’obtenait pas jadis avec les Minettes.

Ce sont les seuls minerais qu’on ait employés dans les plus anciennes forges.

Dans une vaste clairière perdue au fond des hauts bois, un grand feu de charbon allumé en plein air sur le sol battu ; à l'entour, de pauvres abris de branchages et en gazon et de petits approvisionnements de minerai et de charbon de bois; pas d'autres outils que de grosses masses de fer pour la main d’œuvre, quelques ouvriers à demi sauvages, tour à tour et suivant le moment, mineurs, bûcherons, charbonniers et forgerons, arrivant péniblement à produire de très petites quantités de fer plus on moins pur.

Ainsi doit-on se figurer les premières forges : c'étaient moins des usines que des sortes d'ateliers rustiques, et il faut ajouter que pendant la plus grande partie du Moyen Âge, ces petites forges n’ont fonctionné qu'avec les hommes et pour les besoins du seigneur féodal voisin, car dans ces temps troubles, il ne se faisait pour ainsi dire aucun commerce du fer.

Leur érection au milieu des bois s'explique : n'utilisant pas de machine, elles n'avaient pas besoin d'un moteur, dès lors, il était inutile de les placer dans la vallée, sur un cours d’eau; comme on n'y produisait que du fer, il ne leur fallait que peu de minerai, alors que leur consommation en charbon devait être relativement très élevée. Il était, donc essentiel de s'établir à portée du combustible, puisque c'était la matière, de plus grosse consommation, mais sans trop s'écarter cependant, des gîtes miniers.

Jusqu’à la fin de l'époque féodale, c'est cette forge rudimentaire qui a fourni tout le fer nécessaire.

Avec le temps, quelques progrès s'étaient réalisés un peu partout. Au soufflage naturel dont les premiers forgerons se contentaient, s'était substitue assez vite le soufflage mécanique.

Progressivement ce dernier avait été amélioré et renforcé, car on avait remarqué qu'un soufflage énergique et continu active et facilite la réduction du minerai. On s'avisa d'employer la force hydraulique pour faire marcher soufflets et marteaux. Peu il peu, mais sans s'écarter encore ni du gîte minier, ni de la forêt qui fournit le combustible, les forges s'installèrent dans les vallées sur les petits cours d'eau. Activée par l'eau, la soufflerie se régularisa, sa puissance s'amplifia, et il en résulta une élévation considérable de la température intérieure du foyer. Alors, au lieu du métal pâteux obtenu jusque là, on vit sortir de ce foyer un métal fluide. C'est la fonte, le fer fondu, dont un travail ultérieur permettra de tirer le fer pur. Enfin, pour produire plus de ce nouveau métal, on agrandira et on surélèvera le foyer. Voilà le haut-fourneau créé.

La nouvelle forge possédait maintenant deux soufflets semblables aux soufflets des forges de village, mais naturellement beaucoup plus gros. Leur jeu alternatif fournissait au haut-fourneau un courant de vent continu, par la tuyère. Vers la fin du XVIIIe sièc1e ces soufflets furent remplacés par des appareils consistant en caisses en bois équipées de soupapes. C'était une machine d'invention anglaise qu'une roue hydraulique actionnait. Quant aux marteaux, ils fonctionnaient également à l'eau. On distinguait le gros marteau d'un poids de cinq à six cents kilos, destiné au premier battage du fer, et le martinet, diminutif du premier et employé à la platinerie. C’étaient d'énormes marteaux emmanchés d’une grosse poutre de chêne et ayant la forme d'un marteau ordinaire. Le martinet battait plus vite que le gros marteau et ses battements précipités formaient un frappant contraste avec les battements lourds du gros marteau.

De perfectionnement en perfectionnement, on arriva à transformer le foyer primitif en haut-fourneau avec l'aspect extérieur et les dispositions intérieures qu'il va conserver désormais.

C'est un haut massif de maçonnerie, au centre et sur toute la hauteur duquel se trouve ménagée une longue cavité cylindrique garnie de pierres, réfractaires; s'élargissant en ventre vers le milieu, restée ouverte par le haut pour le chargement du minerai, et du charbon, enfin se terminant, à la partie inférieure, par un creuset en pierres de taille très dures. C'est de ce creuset qu'après la fusion coule le métal fluide (la fonte), et le laitier surnageant au dessus.

Le haut-fourneau ancien marchait à l’air froid et le vent y pénétrait par un trou pratiqué dans la pierre même du creuset. Il en résultait une grosse consommation de combustible. De même l’ouverture libre du gueulard occasionnait une grosse perte de chaleur. Ces défectuosités ont été corrigées aujourd'hui par le soufflage à air chaud et l'utilisation du gaz et de la chaleur du gueulard.

Le haut-fourneau ancien, n'eut d'ailleurs jamais qu'une faible production, et son fonctionnement ne se régularisa qu’après de longs tâtonnements, et les essais inhérents à toute innovation industrielle.

Au début, la coulée ne se faisait que tous les quatre ou cinq jours. À la fin du XVIIIe siècle on était arrivé à obtenir, par 24 heures, 3 ou 4 coulées de quelques centaines de kilos, sous forme d'un seul lingot allongé appelé gueuse.

Le haut-fourneau ainsi conçu ne fournissant plus que de la fonte, il fallait un nouvel organe approprie à l'élaboration définitive du fer, ce fut le feu d'affinerie, qui consistait en un foyer spécial avec creuset pourvu d'une soufflerie indépendante. La gueuse y était introduite et la fonte, sous l'action du feu intense de charbon, redevenait pâteuse. Armé de son ringard, l'affineur la brassait, c'est-à-dire en exposait toutes les parties à la flamme, afin de brûler le charbon qu'elle contenait en excès, et d'en dégager le fer; puis il rassemblait ce dernier en une loupe qu'il allait faire battre (cingler) sous le gros marteau. Il obtenait ainsi un lingot de fer brut, dont on pouvait déjà tirer parti, mais qui devait passer sous le gros marteau, après avoir été préalablement réchauffé à blanc dans un autre four, la chaufferie, assez semblable au feu d'affinerie.

Les premiers massiaux obtenus subissaient encore un nouveau réchauffage, et lorsqu'ils avaient été portés à une température suffisante, ils étaient battus au martinet. Le fer s'allongeait alors en barres carrées ou plates, de plusieurs mètres de longueur. Il devenait le fer platiné ou martiné. La partie de la forge dans laquelle s’opérait cette transformation s'appelait la platinerie.

Lorsque le fer platiné était destiné à la clouterie, on le passait à chaud dans une sorte de laminoir qui le divisait en longues baguettes carrées de la grosseur du petit doigt. Ces différentes parties existaient à la forge de Sainte-Claire.

Ainsi se présentait dans le pays, au commencement du siècle dernier, la forge, telle que l'avaient faite les progrès et améliorations successives. Vieilles petites forges d'antan, au bord de leur étang dans la verdure d’allées boisées, noircies par la crasse de forge et dont l'approche se décelait par les coups sourds du gros marteau.

Quelques uns se rappelleront les impressions de leur première visite d'enfant à la forge; ils se reverront s'arrêtant craintivement à l'entrée de sa vaste halle sombre, éclairée vivement au fond par la coulée et les feux d'affinerie, où, par les gerbes d'étincelles jaillissant du fer rouge battu sous le marteau; n’osant pénétrer plus avant dans cette halle où s'agitaient les vieux forgerons, au visage noirci et ruisselant de sueur, revêtus de leurs longues chemises de travail en grosse toile grise, ceinturés d'un haut tablier de cuir, les uns brassant avec leur ringard la loupe de fer dans le foyer, les autres la poussant formée et incandescente, sous le marteau.

La mémoire leur retracera l’animation rustique de l'usine: le va et vient de ses ouvriers, tous du pays, celui de leurs femmes et de leurs enfants leur apportant aux heures de repas le manger; celui, enfin de nombreux voituriers venant charger à l'usine ou y amenant le minerai et les bannes de charbon. Par le souvenir leur reviendra encore combien la vieille forge était alors hospitalière aux passants et aux mendiants qui entraient familièrement, pour venir se chauffer ou se sécher auprès des feux ou du gueulard; en ce temps aucun garde n'en défendait l'entrée.

Chaque forge ou fourneau était pourvu d'un bocard employé à piler, ou broyer les meilleures scories du fourneau ou du feu d'affinage, c'est-à-dire les scories contenant le plus de fer en grenailles et de menu charbon: les autres scories étaient mises en tas dans le voisinage des forges.

Ce bocard se composait d'une longue rangée de pilons en bois, hauts de deux mètres, munis chacun par le bas d'une maquette en fonte; vers le milieu de chaque pilon était fixée une dent en fonte, saillante de 20 centimètres ; sur l'arbre de la roue hydraulique, il y avait un grand nombre de cames également en fonte; de là résultait la danse originale de ces pilons placés sur une même lignée, tenus en équilibre par des pièces de bois transversales et produisant un singulier bruit. Ces pilons retombaient dans un long réservoir où se broyait la scorie; un fort filet d'eau continu entrait d'un coté et sortait de l'autre. De là le lavage et la séparation des trois produits du bocard, du menu charbon pour les maréchaux, de la claine pour le mortier à la chaux et du fer pour le feu d'affinage.

Villerupt est au nombre des localités ayant possédé une forge ancienne. L'existence de cette forge se constate dès 1573, mais elle était vraisemblablement de création de beaucoup antérieure à cette date.

En 1627, l'usine appartenait à Gabriel Bernard de Longwy qui venait de bâtir le premier fourneau de la Sauvage. De même que les autres forges de la région, Villerupt est totalement ruinée en 1646, à la suite de l'invasion française et son propriétaire disparaît.

M. le Docteur Coliez de Longwy possède dans sa collection cinq taques fondues à Villerupt et ainsi marquées :

- Martin Beguinet et A. Husson, maîtres des forges à Villerupt (1680).
- MM. Beguinet et A. Husson (sans autres indications).
- Mlle A. C. Husson, maîtresse de forges à Villeru (1688),
- D. A. C. Husson, maître de forges à Villeru (1688).
- Claude Watrin, maître de forges à Villeru (1709).

Une autre taque, figurant le Phénix qui renaît de ses cendres et diverses variantes du même sujet paraissent aussi, par le caractère commun de leur décoration et de leur encadrement, pouvoir être également attribuées à Villerupt.

Ces taques indiquent donc que, dès avant 1680, cette forge avait été remise en activité, et qu'elle a appartenu successivement jusqu'en 1709, au moins, d'abord à Martin Beguinet associé à Mlle A. C. Husson, puis à cette dernière seule, enfin à Claude Watrin.

Ce Martin Beguinet, maître de forges à Villerupt, est celui qui est désigne dans l'histoire de Longwy de Jean Musset (édition de Dartein) comme marchand et maire de Longwy, sous les auspices duquel les Carmes vinrent s'installer à Longwy-Bas. Il vivait encore en 1685, puisque Musset écrit qu'il lui donna les chopinettes d'argent pour son église.

Quatre-vingts ans plus tard, la forge de Villerupt est devenue la propriété de M. de Lavieuville. Elle est affermée à M. Paquin de Metz, se compose d'un haut-fourneau, de trois feux d'affinerie el d'un marteau, et se divise en grande et petite forge.

En 1800, son fermier est un sieur Rochet de Longwy.

Sous le Premier Empire et la Restauration, cette forge prend un certain développement. Aussi compte-t-elle en 1841, trois hauts-fourneaux. Elle produit aussi des tôles réputées. Ce n'est que vers 1870 que les vieilles forges de Villerupt disparaissent, remplacées par les nouvelles usines métallurgiques qui se sont créées depuis et ont fait de la localité un gros centre industriel.

- 1573. La forge de Villerous (Dictionnaire de Bouteiller, Moselle).
- 1631. De Gabriel Bernard, Maître de forges de Villerupt, et de la femme Sauvage, auquel S. A. ait permis de tirer mine au finage de Godbrange, pour le defruictement de la dite forge pendant 9 années qui ont commencé en l'an 1627, payant pour chaque année 12 francs (Mthe.et-Mlle B. 6623).
- 1791. Le village de Villerupt appartient au marquis de Gerbeviller. La forge très ancienne est laissée à bail à M. Paquin de Metz. Elle se compose d’un fourneau avec halle et bocard, une grosse forge avec deux souffleries, une petite forge avec une 3° affinerie, un feu de martinet et les ourdons nécessaires.

Le fourneau va mal. Il pourrait produire un million de fonte. Il coule à 6 charges par gueuse et fait en 24 heures deux gueuses de 1 600 livres l'une. La mine vient de Butte, près d'Audun. Six ouvriers au fourneau, sept à la forge (Dietrich!).

- 1801. En marche, un fourneau, un bocard, deux feux d'affinerie, un gros marteau. Vingt ouvriers, cent quarante bûcherons, charbonniers et mineurs à l'extérieur. Production: 500 000 kilos de fonte en gueuses. Propriétaire: M. de la Vieuville, fermier M. Rochet de Longwy (Cochen-Memoire, statistique de la Moselle).
- 1812. MM. Paquotte frères, fermiers. Même composition que ci-dessus. (Annuaire Verronnais).
- 1817. Les forges de Villerupt consistent en un haut-fourneau, deux feux d'affinerie et deux platineries. Cette usine s'approvisionne en minerai sur les lieux et à Aumetz.

La mine de Villerupt est un fer oxydé schisteux, qui s'exploite par galeries, et que l’on emploie pour faciliter la fusion du minerai d'Aumetz. Elle ne rend que 25 % de fonte.

On vient de découvrir sur le territoire de Villerupt, une mine que l’on nomme mine de Legrand, plus riche que la précédente, qui rend 33 % en fonte et produit un fer tendre d'une meilleure qualité.

Le fourneau de Villerupt consomme annuellement 1 950 000 kilos de minerai qui fournissent, en gueuses 700 000 kilos de fer nerveux.

L'usine occupe 55 ouvriers et 7 employés (Viville, Dictionnaire de la Moselle).

- 1827. Le village de Villerupt est dans un vallon tortueux, dominé par des hauteurs en partie boisées. L'Alzette donne successivement l'essor aux machines d'un haut-fourneau, de deux feux d'affinerie et deux platineries dont l'une est bâtie à proximité de Russange. Des avenues plantées communiquent d'une usine à l'autre. La fonderie consomme annuellement 1 900 000 kilos de mine tirée d’Aumetz, à laquelle on mêle des minerais extraits sur les lieux, pour hâter la fusion de la première.

Elle fournit 700 000 kilos de fer en gueuses par an, affinés et versés en fer platine au commerce (Andenelle.Nord-Est).

- 1828. Les forges de Villerupt consistent en un fourneau, trois feux d'affinerie, une platinerie, une fonderie. Les tôles fortes et les tôles minces de cet établissement sont très belles et très ductiles. (Annuaire Verronnais).
- 1339. Même notice que la précédente, de plus : Le fer blanc est aussi très beau. Les fers de Villerupt sont de très bonne qualité, très forts et très nerveux. Les fers noirs pour corps de poêles, ainsi que la fonte sont également estimés dans le commerce, surtout cette dernière parce qu'elle n'est pas cassante. M. de Redon, propriétaire.
-En 1844 même notice ; la comtesse de Vieuville est propriétaire, et MM. Pacotte frères, baillistes (fermiers).

Forges de Sainte-Claire de Villerupt.

MM. Gautiez frères ont été autorisés, par ordonnance royale du 22 décembre 1838, à convertir en un haut-fourneau destiné à la fusion du minerai de fer, le laminoir à tôle qu’ils possèdent sur le territoire de la commune de Villerupt. En 1847, même notice.

- 1848. Forges de Sainte-Claire de Villerupt.

Cette usine, située sur un faible cours d'eau aux sources de l'Alzette se compose de trois hauts-fourneaux au charbon de bois, d'un feu d'affinerie, d'un marteau. Cette usine qui ne possédait qu'un haut-fourneau destiné à la fabrication du fer fort pour le commerce, s'est agrandie successivement depuis 1838.

Le cours d'eau, faible en apparence, sous une chute de dix mètres au moins, a permis la construction de grandes roues dont l'une activant la soufflerie, a laissé suffisamment de force pour un marteau pendant huit mois de l'année.

En 1846, on y construit deux hauts-fourneaux d'une apparence très simple entourés de taques en fonte sur une base de quatre mètres de diamètre; leur production ne diffère en rien des hauts-fourneaux du pays. Un de ces hauts-fourneaux, au moyen des gaz perdus qui sont recueillis dans des tuyaux de tôle et conduits à huit mètres environ, active une très belle machine à vapeur et soufflerie sortie des ateliers de M. Glavet. Cette machine, d'une puissance de 18 chevaux, permet à cette usine d’obtenir une production de 12 000 kilos de fonte dans les 24 heures.

On fabrique des roues de wagon pour les terrassements de chemin de fer et de grosses pièces mécaniques dont la qualité est appréciée, le reste des fontes est livré au commerce pour la fabrication des fers forts et des fers blancs de première qualité. MM. Gautiez frères, propriétaires.

Forges de Villerupt. Cette usine ou M. de Nothomh va remplacer MM. Pacotte au mois de mai 1848 se compose de deux hauts-fourneaux, sa fabrication est presque uniquement pour les fontes d'affinage, on y fait peu de moulages mais la qualité de ses produits est renommée ; deux forges montées sur ancien système qui fabriquent un fer estimé pour les laminoirs à tôle ; une fenderie dont les produits sont livrés pour la clouterie de Charleville. Nous regrettons que ces usines placées sur un cours d'eau, et à une distance de 4 kilomètres environ soient d'une surveillance moins facile que celles que nous avons décrites plus haut.

Comtesse de la Vieuvil1e, propriétaire. 1849 -- 1850 -- 1855 même notice.

-1857. Forges de Villerupt. Cet établissement qui appartient à MM. le marquis de Lambertye, le comte de Gouy d'Arsy, le comte de Bagneux, le marquis de Gallifet et le comte d'Imecourt, héritiers de Mme la comtesse de Vieuville est dans une situation très avantageuse, les gisements du riche minerai de Butte et de Bockholtz (lieu situé sur le territoire d'Audun-Ie-Tiche) en dépendent; il se compose de deux hauts-fourneaux produisant par jour 8.000 kg. de fonte fort estimée que l'usine livre aux forges du voisinage pour être convertie en produits de tous genres.

Sainte-Claire de Villerupt.

Sainte-Claire est une annexe de la commune de Villerupt. Il y existe quatre hauts-fourneaux rendant par jour 15 000 kg de fonte. 60 ouvriers sont employés dans cet établissement qui est exploité sous la raison Gautiez frères, une partie de la fonte est mise en œuvre sur les lieux et l'autre partie est fournie aux forges des environs.

Le 5 mars 1886, par devant M. Bernard, notaire a Briey, - en presence de MM. Philippe Vivin, boulanger et Jean-Pierre-Nicolas Liby instituteur, est constituée une société à responsabilité limitée au capital de 1 860 000 francs divisée en 372 actions de 5 000 francs.

Cette société, par suite d'héritages, de partages et d'achats est propriétaire indivisement :

1- des forges de Villerupt
2- des forges de Sainte-Claire.
3- de toutes leurs dépendances situées sur les territoires de Villerupt, Russange et Audun-le-Tiche. Dans cet acte de Société, le domaine de Villerupt d'une contenance totale de cinq cents hectares environ, comprend des terres, bois, près et châteaux, bâtiments divers, deux hauts-fourneaux activés au charbon de bois et un fourneau au coke, deux souffleries à vapeur, une soufflerie hydraulique, des halles à charbon, divers accessoires industriels et un matériel considérable. Dans le bois, d'une grande étendue, se trouve du minerai de fer d'alluvion.

Quant au domaine de Sainte-Claire, constitué à l’origine par M. Jean-Baptiste Pacotte, en vertu d'un échange fait entre lui et un sieur Jean-François Barthélemy, meunier à Villerupt, et de diverses acquisitions faites par le même sieur Pacotte, il fut, le 29 janvier 1838, vendu par ses héritiers avec cette désignation :

1- Quatre hauts-fourneaux, marchant au charbon, produisant de la fonte de fer fort.

Et un feu d'affinerie avec marteau hydraulique et ordon en fonte, le cours d'eau des sources de l'Alzette procurant une chute de dix mètres qui fait mouvoir tout le marteau. Deux souffleries en fonte mues par deux machines à vapeur de la force de vingt, à vingt-cinq chevaux ; les gaz des hauts-fourneaux chauffant deux générateurs à vapeur dispensent de l'emploi de tout combustible.

2- Un boccard activé par une machine à vapeur de la force de trois chevaux pour casser le minerai en roche et la castine. Deux boccards hydrauliques pour broyer les laitiers des hauts-fourneaux.
3- Des halles à charbon pouvant contenir quinze mille mètres cubes.
4- Deux lavoirs servant à relaver et mélanger les minerais qui se trouvent sur le parc de l'usine. Un pré de la contenance d'environ soixante ares, avec maisonnette et source d'eau vive, sur le territoire d'Audun-le-Tiche servant à laver le minerai des affectations communales. Un autre lavoir avec des pompes hydrauliques, situé sur le même territoire.
5- Le droit aux affectations dans le minerai de fer fort de Butte et de Bockholtz, évalué annuellement à trois mille ou quatre mille tonnes.
6- Et une maison de maître avec remises, écuries, bureaux, logements d'employés et d’ouvriers, jardin de rapport et d'agrément, petit bois, serres et prairie d'une contenance totale d'environ huit hectares.

Cette société devait durer trente années, à partir du 1er janvier 1866.

En 1881, la compagnie Chatillon-Commentry, prend l'usine de Villerupt et Sainte-Claire en fermage pour une durée de 60 ans, mais en 1894, cède son bail à Aubrives qui devient Aubrives-Villerupt.

En 1909, Aubrives achète les actions, et devient donc propriétaire, toujours sous la dénomination de Aubrives-Villerupt, des anciennes usines de Villerupt et Sainte,Claire qui se sont successivement transformées, au point de constituer un établissement très important.

Il se composait de deux hauts-fourneaux produisant chacun 85 à 90 tonnes de fonte de moulage par 24 heures.

De chaque coté des deux hauts-fourneaux se trouvaient des fonderies d'une capacité de production de 24 000 tonnes de tuyaux de conduite moulés et coulés verticalement et de 9 000 tonnes en pièces coulées à plat et consistant en plaques de regards d'égouts, de caniveaux, gargouilles, appareils hydrauliques, ascenseurs, monte-charges, grues, appareils de distribution d'eau, matériel de chemins de fer et de tramways.

Le personnel s'élevait alors à 8 ou 900 ouvriers.

Quelques années plus tard, sous l'impulsion et grâce aux capitaux d'un groupe nouveau d'actionnaires, de très importants travaux furent exécutés pour doter notamment l'usine d'une nouvelle centrale électrique et de fonderies de tuyaux les plus modernes du monde qui portèrent à 75 000 tonnes par an la capacité de production. Mais cet essor fut interrompu par quatre années de guerre. Les Allemands, après avoir vainement essayé de remettre en marche mines et fourneaux, pillent et dévastent l'usine.

Ce n'est qu'en 1922, après quatre ans de travail acharné, qu’on peut considérer la reconstitution comme à peu près terminée mais la production n'atteignait encore que les 2/3 de celle d'avant guerre. Celle-ci est atteinte en 1927, puis largement dépassée dans les années suivantes.

En 1926, la vieille usine de Laval-Dieu et ses dépendances sont achetées par la Société d'Aubrives-Villerupt.

À partir de 1927 également a commencé l'exécution d’un programme considérable de modernisation qui s'est étendu de la mine aux fonderies de tuyaux, où l’on applique actuellement le procédé de centrifugation en passant par les hauts-fourneaux, l'Atelier central et les fonderies de pièces diverses.

En même temps, la Société poursuivait ses constructions de logements tout en contribuant à l'assainissement et à l'embellissement de nombreux quartiers; elle perfectionnait l'équipement sanitaire de son infirmerie à laquelle un médecin et plusieurs infirmiers sont spécialement attachés et qui possède un appareil de radiographie. Dès 1929, elle mettait à la disposition de son personnel une installation moderne de bains-douches.

En 1936, enfin, le Siège Social de la Société était transféré à Villerupt donnant une importance encore plus grande à notre cité.

Actuellement, quoique touchée comme toute l'industrie française, l'usine de Villerupt de la Société d'Aubrives et Villerupt occupe encore 2 000 ouvriers, et employés à la disposition desquels elle met plus de 500 logements dans ses diverses cités.

Ses fabrications sont les mêmes qu'il y a cinquante ans : tuyaux en fonte et moulages, appréciés dans le monde entier.

Villerupt, cependant, n'eut atteint le degré de prospérité ou nous le voyons aujourd'hui et qui ne représente pas encore le terme de son évolution, si Micheville à son tour n'avait vu surgir de son sol la puissante usine qui s'y trouve. Les Aciéries de Micheville débutent en Octobre 1872, sous la raison sociale Joseph FERRY et Cie, qui se transforment, en mars 1875, sous la raison sociale FERRY-CURICQUE et Cie, et enfin, en décembre 1896, en Société Anonyme des Aciéries de Micheville.

Les Usines de Micheville comprennent, principalement :

- Une exploitation de mine de fer dans les concessions de Micheville et Bréhain, fournissant à l'usine son minerai siliceux.
- Son minerai calcaire provient de la concession des Mines de Landres, dans le bassin de Briey.
- Six hauts-fourneaux.
- Une aciérie Thomas de 5 cornues de 28 tonnes,
- Un four électrique de 28 tonnes,
- Un four Martin en construction de 60 tonnes.
- Deux trains bloomings,
- Un train de 700 pour matériel de voie et gros profils.
- Un train de 500 pour profilés et fers marchands.
- Un train combiné automatique à fers marchands et fil machine.
- Une batterie de fours à coke de 31 fours.
- Deux vastes ateliers d'entretien, comprenant : modelage,
- fonderie, constructions mécaniques, chaudronnerie, atelier de matériel roulant, atelier d'apprentissage,
- et enfin une centrale importante comprenant :
- un groupe chaudière turbine à haute pression de 12 000 kW.
- trois moteurs de 4 200 kW.
- quatre moteurs de 1 000 kW.
- 1 turbo de 2 000 kW.
- 2 soufflantes d'aciérie à gaz.
- 4 soufflantes de hauts-fourneaux à gaz.

Le puissant matériel de ces usines est entièrement moderne et peut permettre d'atteindre une production annuelle de 680 000 tonnes de lingots d'acier. Les œuvres sociales ont été considérablement développées depuis de nombreuses années. Une école ménagère abrite chaque année 80 jeunes filles, dont les parents font partie du personnel des usines. Un hôpital comprenant 64 lits, avec une salle d'opérations chirurgicales, le tout placé sous la haute direction d'un chirurgien en chef, et occupant 20 personnes comme infirmiers, infirmières et personnel annexe.

Un établissement de bains et douches a été construit en 1936, près de la sortie principale de l'usine. Il comprend 78 douches et bains, réalisé conformément aux règles de l'hygiène et du confort moderne, ouvert tous les jours de l'année, au personnel et aux familles, et l'usage en est entièrement gratuit.

À côté de cet établissement, a été crée une piscine d'été, conforme aux dimensions olympiques de 33 m X 12,50 m, avec cabines de déshabillage, douches et tribunes pour les spectateurs; circuit d'eau continu comprenant chauffage, filtration et stérilisation.

Enfin, au dessus de cet ensemble vient d'être terminé, début 1938, un vaste terrain de sport, comprenant: terrain de football, de tennis, basket-ball, pistes de courses, etc. et pouvant recevoir 8 800 spectateurs. Une salle des fêtes est mise à la disposition du personnel ouvrier et employé pour les séances récréatives.

Le nombre des logements mis à la disposition du personnel est de 1 200. Ces logements sont réservés au personnel pour un prix de location modique, diminué de moitié au bout de 10 ans de présence et entièrement gratuit au bout de 20 ans de présence dans l'établissement.

L'effectif actuel de l'usine est de 2 441 ouvriers et 325 à la mine, et 311 employés.

XIXe siècle

Nul donc ne s'étonnera que Villerupt soit devenue une Ville, avec de pareils facteurs de prospérité; de 330 habitants en 1804, de 186 en 1831 il passait à 548 déjà en 1844, à 617 en 1855, à 623 en 1873, à 726 en 1878, à 1 226 en 1881, 3 659 en 1896, 5 449 en 1901, 8 569 en 1911, 9 041 en 1936, 10 070 en 1990.

En 1887, on construisait le premier groupe scolaire, qui était agrandi en 1910. C'est l'actuel groupe Jules Ferry.

En 1913, était commence le groupe Alfred Mézières. Les travaux interrompus par la guerre, ne furent repris qu'en 1922, et le groupe était ouvert en 1924. Aussitôt après était envisagée la construction d'un troisième groupe, le groupe scolaire Raymond Poincaré, qui fut ouvert en 1932.

À Cantebonne, même accroissement de la population scolaire. Les 2 premières classes construites en 1904 furent vite insuffisantes, et après agrandissements successifs, le groupe scolaire se compose actuellement de 12 classes.

Villerupt, avec ses 45 classes, y compris les cours complémentaires de garçons et filles crées il y a quelques années, avec un effectif scolaire de 1 900 élèves, est loin des deux classes de 1887.

En 1902, on construisait une nouvelle église, devant laquelle on aménageait une place. En 1907 s'installe une usine à gaz; en 1908, une nouvelle ligne de chemin de fer est ouverte d'Audun-le-Roman à Villerupt. Un réseau de distribution d'eau est installé en 1928, ainsi qu'un réseau d'égouts. Des travaux de voirie importants ont complètement transformé Villerupt, et en ont fait une ville méconnaissable pour ceux qui l’ont quittée depuis 50 ans.

Et pourtant Villerupt faillit voir son développement entravé par le traité de Francfort en 1871. En effet, les prussiens, sachant qu'il renfermait quelques richesses minières, avaient voulu s'en emparer, et l'avaient un moment fait comprendre dans les territoires annexés. Ce n'est que grâce à l'énergie, à l'habileté de M. Pouyer-Quertier que nous devons d'être restés français.

Le 8 mai 1871, le colonel Laussedat, membre de la commission de délimitation exposait, à Jules Favre ce qu'il pensait des résultats des négociations effectuées avant son arrivée à Francfort.

« Sans doute, remarquai-je, on nous a entrouvert la frontière de Luxembourg, on nous a rendu deux pauvres villages, Tiercelet et Crusnes, et du fer oolithique que l’on trouve partout : mais tout le district du fer d'alluvion, entre Aumetz, Villerupt et Ottange resterait à l'Allemagne ; je vous en conjure, ne consentez pas à cela ».

Au nom de Villerupt, M. Pouyer-Quertier avait fait un mouvement dont je n'avais pas compris le sens, mais, fut expliqué un peu plus tard ...

Le lendemain les plénipotentiaires revenaient avec de nouvelles concessions de la part des Allemands. Au Nord ils n'avaient obtenu que la commune d'Hussigny.

« Tout n'est pas fini encore, je l'espère, me dit M. Pouyer-Quertier en s'asseyant à table et en déjeunant avec ce merveilleux appétit qui lui avait conquis les bonnes grâces de Bismarck. Je vous dirai demain si oui, ou non, nous devons renoncer à Villerupt et au fer fort ».

Je ne m'attendais pas au moyen de persuasion que notre négociateur employa, en désespoir de cause, pour retenir au moins Villerupt et par suite une notable partie du district minier dont j'ai si souvent parlé.

« Asseyez-vous à coté de moi, colonel, me dit, de son ton le plus jovial, M. Pouyer-Quertier, le mercredi matin à l'heure du déjeuner, c'est à-dire après la conférence. Nous avons Villerupt, mais vous ne devineriez pas comment je l'ai obtenu, il faut que je vous conte cela par le menu.
Quand j'ai fait mine, comme chaque jour, d’ouvrir les cartes, le prince m'a prévenu qu'il était inutile de regarder celles du coté de Longwy. Je vous ai fait de ce côté, a-t-il dit, toutes les concessions possibles, mais pour vous prouver que je suis de bonne composition, je veux bien voir encore ce que vous pouvez avoir à me demander du coté de Belfort ».

- Je vous donne partie gagnée, dit M. de Bismarck, et maintenant, j'espère que vous êtes satisfait.
- Eh bien, non, prince, je ne le suis pas, lui ai-je répondu. Si vous étiez le vaincu, je vous donne ma parole que je ne vous eusse pas obligé à devenir Français, et vous me faites Allemand.
- Comment cela? s'est exclamé le grand chancelier, et qui vous parle de prendre votre Normandie? Je ne comprends plus rien à ce que vous me dites en ce moment.
- La chose est pourtant bien simple, prince ; je suis l'un des principaux actionnaires des forges de Villerupt, et vous voyez bien que, de ce coté, vous me faites Allemand.
- Allons, allons, fit M. de Bismarck, je vous laisse Villerupt, mais ne me demandez plus rien ou je vous le reprends.»

Et voila comment la commune de Villerupt est restée française, voilà pour une bonne partie, l’origine de la prospérité de l'industrie métallurgique dans cette contrée où l’on sait qu'elle a pris un développement inespéré.

Depuis longtemps, une rue de Villerupt porte le nom de Pouyer-Quertier, et en 1929, une plaque était posée devant l'Hôtel de Ville avec l'inscription suivante : « À Pouyer Quertier qui sauva Villerupt de l'annexion allemande en 1871, la Ville reconnaissante ».

Le développement de Villerupt fut également interrompu par la guerre. Envahie dès le premier jour, la Ville subit pendant quatre ans, la domination allemande.

Le 5 février 1921, le Ministre de la Guerre lui décernait la Croix de Guerre et la citait à l’ordre de l'armée dans les termes suivants :

« Restée aux mains de l'ennemi pendant quatre années, a supporté vaillamment les représailles d'un ennemi sans pitié. S'est particulièrement distinguée par l'attitude énergique et fière de ses habitants dont plusieurs ont été tués par l'envahisseur. A bien mérité du pays ».

En 1922, un monument, érigé à la mémoire des 133 enfants de Villerupt tombés au Champ d'Honneur, était inauguré par M. REIBEL, Ministre des Régions Libérées.

Source : Notice sur Villerupt, éditée vers 1938, rédigée en 1910 par M. VIVIN et M. le docteur CAZIN, mise à jour grâce à la collaboration MM les directeurs des Aciéries de Micheville, d’Aubrives-Villerupt et de M. le maire

Blason en attente.png Héraldique

  • D'azur à deux bars adossés d'or, accostés de deux croix de Lorraine de même et accompagnés en chef et en pointe de deux croix recroisetées d'argent ; mi parti d'or au haut-fourneau de sable, flambant de gueules sur une terrasse de sable avec une coulée aussi de gueules.

Histoire administrative

  • Département - 1801-1871 : Moselle, 1871-1919 : Meurthe-et-Moselle (Moselle - Allemagne), 1919-2020 : Meurthe-et-Moselle
  • Arrondissement - 1801-2020 : Briey
  • Canton - 1801-1973 : Longwy, 1973-2020 : Villerupt

Résumé chronologique :

  • 1801-.... :
  • Villerupt absorbe, en 1812, le territoire de Thil, puis cède ce même territoire, en 1841, pour recréer la commune.

Patrimoine.png Patrimoine bâti

Repère géographique.png Repères géographiques

Villerupt est une petite ville du Pays-haut lorrain, à proximité des frontières belge et luxembourgeoise. La région est riche en minerai de fer de qualité médiocre (la fameuse minette).


Démographie.png Démographie

Année 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
Population 290 157 327 614 abs. 789 548 abs. abs. abs.
Année 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
Population 561 523 623 726 1 226 1 552 1 720 3 659 5 449 6 636
Année 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
Population 8 569 6 058 9 405 11 005 9 041 7 132 10 111 14 377 14 797 13 401
Année 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2021 - - -
Population 11 465 10 070 9 686 9 594 9 387 9 645 - - - -

Sources : Cassini/EHESS : de 1962 à 1999, population sans doubles comptes, Insee : depuis 2006, population municipale référencée tous les 5 ans.

Cf. : Cassini, INSEE 2006, 2011 & 2015 & 2016.

Familles notables.png Notables

Les maires

Prénom(s) NOM Mandat Observations
- -  
- -  
- -  
- -  
Armand SACCONI 08/03/1959 - 28/09/1986  
Alain CASONI 28/09/1986 - 01/06/1995  
Christiane WITWICKI 01/06/1995 - 2008  
Alain CASONI 2008 - (2020) Conseiller général (1985-)  

Cf. : MairesGenWeb

Les notaires

Prénom(s) NOM Période Observations
Aurore BATAILLE-ADDIEGO 2018 - Étude créée  
- -  
- -  

Les curés

Prénom(s) NOM Période Observations
- -  
- -  
- -  

Ville de naissance de.jpg Ville de naissance ou de décès de

  • Gilles BENEZIO, humoriste sous le nom de DINO, né le 1er juin 1957


Ressources généalogiques

Informations pratiques

Horaires d'ouverture de la mairie

Horaires Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
Matin 9h - 12h 9h - 12h 9h - 12h 9h - 12h 9h - 12h 10h - 12h * -
Après-midi 13h30 - 17h30 13h30 - 17h30 13h30 - 17h30 13h30 - 17h30 13h30 - 17h - -
Commune.png

Mairie
Adresse : 5, avenue Albert-Lebrun - BP 70 - 54190 VILLERUPT

Tél : 03 82 89 33 11 - Fax : 03 82 89 94 24

Courriel : Contact 1, Contact 2

Site internet : Site officiel

GPS : ° / ° (GoogleMaps) ou Cassini / Satellite / IGN / Cadastre (Géoportail)

Commentaire : * Accueil ouvert uniquement le samedi pour l'état civil et le retrait des cartes d'identité et des passeports.

Source : L'annuaire Service Public & Mairie (Juin 2015)

Associations d'histoire locale

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

Livre des familles par le Cercle Généalogique de Longwy

Voir aussi.png Voir aussi (sur Geneawiki)

Logo internet.png Liens utiles (externes)

Référence.png Notes et références