17218 - Quelques épisodes de l'histoire de la Réforme à Marans

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extrait de : Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis. Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1904.

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QUELQUES ÉPISODES

DE L'HISTOIRE DE LA RÉFORME

A MARANS


Dans un mémoire présenté par le très regretté Philippe Cappon, ingénieur civil, à la séance publique de l'académie de La Rochelle, le 18 décembre 1887, on lit « qu'essentiellement actifs et commerçants, les Marandais avaient, en grand nombre, embrassé les doctrines calvinistes et que, vers 1636, les protestants étaient les plus riches et les plus influents dans le bourg de Marans 1. » On en trouve, en effet, dans toutes les classes de la société, et les religionnaires de Marans comptaient parmi eux des procureurs, des chirurgiens, des apothicaires, des maîtres d'écoIe, des fermiers, des artisans, etc.

1 P. Cappon, Des assemblées de paroisse à Marans avant 1789.

Dès l'année 1562, Marans était en possession d'un temple et, jusqu'en 1599, le cimetière placé auprès de l'église paroissiale fut commun à tous les habitants sans distinction de religion ; mais, à cette époque, à la suite d'une réunion provoquée pour l'exécution de l'édit de pacification, les calvinistes exposèrent que « si, depuis vingt-cinq ans en sçà et auparavant ils avaient usé promiscuement et en commun du grand scimetière proche l'église et prioré, » ils n'en craignaient pas moins que des difficultés ne surgissent du côté des catholiques. Reconnaissant cependant qu'on ne pourrait trouver auprès du bourg d'autre terrain plus propice à faire un cimetière, ils demandaient qu'on leur en attribuât une portion qui serait délimitée. Ce terrain, marqué par des pieux, devait avoir 27 toises de long sur 18 de large, et devait être entouré d'un mur de 8 pieds de hauteur.
Le reste du cimetière devait appartenir aux catholiques, et défense était faite aux uns et aux autres de se troubler dans la jouissance de leurs terrains et dans l'accomplisssement des cérémonies de leurs cultes 1.

« Jusqu'en 1628, les habitants se réunissaient chaque année pour désigner celui de l'une et de l'autre religion qu'ils estimaient le plus capable de remplir la charge de sindic ; mais, après la prise de La Rochelle, les réformés ayant été exclus en fait de toutes les fonctions publiques, avant d'en être exclus légalement par une série d'édits, de déclarations et d'arrêts, nous ne trouvons plus à la tête de la communauté qu'un seul sindic catholique. Les actes d'assemblée continuent cependant à mentionner encore pendant quelque temps la présence d'habitants de l'une et de l'autre religion 2. »

La taille fut pendant le même temps établie par les catholiques et la collecte faite par les réformés.

Au synode national de 1578, les églises de Saintonge furent représentées par Jehan de Chaussepié, pasteur de Marans, et c'est à Marans que se réunirent les synodes de 1650 et 1671. Les principaux pasteurs furent Mathieu Boyer (1588), Antoine Philipponneau (1592-1596), de Chambrisé (1597), Jacob Violette (1616-1624), Chance, Jean Brin, Elie Prioleau, Elizée Baduel, Amiau (1629 à 1684).

Peut-être ne sera-t-il pas sans intérêt, au point de vue de l'histoire locale et pour tous ceux qui aiment à revivre la vie du passé, de connaître quelques-uns des principaux faits qui précédèrent ou suivirent la revocation de l'Edit de Nantes ainsi que les nombreuses vexations imposées ceux qui avaient refusé de se soumettre ou à ceux qui, moins courageux que leurs coréligionnaires, avaient, pour la forme, abjuré la R.P.R. (Religion Protestante et Réformée), tout en continuant en secret les pratiques de leur culte.

Une brochure publiée par M. Cappon nous a fait connaître les persécutions exercées contre deux des plus célèbres calvinistes qui avaient joué un rôle important dans le Poitou, Pierre Boissatran, ministre à Niort, et Boudinot Elie, riche marchand de Marans, défenseurs vaillants et convaincus de la Religion Réformée, qu'une étroite amitié paraît avoir unis 3.

1 Extrait du procès-verbal des commissaires desputez par le roy pour l'exécution de ses édits de pacification au païs d'Aunis (Extrait des registres de la Fabrique). Copie de M. Cappon.
2 P. Cappon, loco citato.
3 P. Cappon, Documents inédits sur P. Boissatran.

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