Via Podiensis

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La via Podiensis ou route du Puy est l'un des chemins du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, il passe par le Puy-en-Velay. C'est l'une des quatre grandes routes pèlerines de France traversant notre pays à travers « La Margeride », l'Aubrac, Conques et Moissac. Les pèlerins franchissent les Pyrénées par le col de Roncevaux et de là rejoignent Santiago de Compostella en galicien et castillan (Saint-Jacques-de-Compostelle).

Bref historique

Crédentiale
Photo J-P GALICHON

Les premiers pèlerinages datent du Xe siècle. L'évêque du Puy Godescalc (ou Gothescalc) se rend à Saint-Jacques en l'an 950 (ou 951), il est ainsi un des premiers pèlerins non hispanique à se rendre à Saint-Jacques , « inaugurant » ainsi la via Podiensis. L'évêque n'est pas seul dans ce pèlerinage, il est accompagné d'une suite nombreuse dont des ecclésiastiques.

Notons aussi le pèlerinage du comte de Rouergue Raymond II en 961, qui fut tué en cours de route par les Sarrasins.

L'âge d'or du pèlerinage semble être la période allant du XVe siècle au XIVe siècle avec la fermeture des portes de Jérusalem suite à sa prise par les turcs. Du XIVe siècle à la fin du XXe siècle la perte de l'influence du Christianisme entraîna un oubli de celui-ci.

Sous le règne de Louis XIV, les pèlerinages furent réglementés sans doute pour limiter les « bandes » et les « mendiants » qui sévissaient le long du chemin. Une ordonnance royale du 7 novembre 1665 défendit à quiconque d'aller en pèlerinage (Rome, Saint-Jacques en autre) sans permission écrite délivrée par les autorités religieuses (une sorte de passeport).

De nos jours plus besoin du passeport pour se rendre en pèlerinage sur la route du Puy, une crédentiale suffit, prouvant votre « bonne foi ». Elle vous permettra l'accès au gîtes en Espagne. Cette crédentiale ainsi tamponnée auprès des églises, auberges, gîtes ou offices de tourisme vous permettra de recevoir « La Compostella ».

La Compostella 2010.jpg

Depuis 1987, les chemins de Saint-Jacques dont la via Podiensis ; sont Itinéraires Culturels Européens devenant ainsi un symbole de la construction européenne. Depuis décembre 1998, la cathédrale Notre-Dame du Puy, l'Hôtel-Dieu de la ville ainsi que sept tronçons du chemin et 71 monuments (64 monuments et 7 ensembles tels cathédrales, églises, hôpitaux, ponts, clochers ...) entre le Puy-en-Velay et Ostabat sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. » Notons qu'une partie de l'itinéraire Espagnol l'avait été dès 1993.

Le Chemin du Puy est devenu la Via Podiensis en référence au nom latin de la ville du Puy-en-Velay :
Podium (nom qui désignait les pitons volcaniques).

Les hôpitaux Saint-Jacques

Au Moyen Âge, le terme « hôpital » désignait un lieu d'assistance et d'asile et non un établissement de soins. On y recevait les « pauvres du lieu et pauvres passants », c'est-à-dire tous les voyageurs, dont les pèlerins, pauvres « spirituels », qui, même riches, s'étaient dépouillés volontairement pour prendre la route et « suivre pauvres le Christ pauvre. ».

Ainsi, nous trouvons sur la via Podiensis des hôpitaux Saint-Jacques au Puy-en-Velay, Saugues, l'Hospitalet (actuellement la Chapelle Saint-Roch de la Margeride), Figeac, Varaire, Cahors, Moissac, La Peyronelle (à l'entrée de Lectoure), Lectoure, Condom (hôpitaux de Saint-Jacques de Teste et de Saint-Jacques de la Bouquerie).

Le chemin actuel « GR 65 »

En 1970, le comité départemental des Sentiers de Grande Randonnée est désigné pour créer un « nouveau parcours reprenant l'ancien tracé suivi autrefois par les pèlerins de Compostelle dont le nom de code serait GR 65 ». Or les documents pour se rapprocher de l'ancien tracé étaient eux même imprécis comme le Guide du pèlerin, traduction française du dernier Livre du Codex Calixtinus parue en 1938 (Dans le Guide du Pèlerin du XIIe siècle, Aimery Picaud ne donne que trois indications au Chapitre Premier, Les Chemins de Saint-Jacques : il ne cite que trois églises ; Notre-Dame du Puy, Sainte-Foy de Conques et Saint-Pierre de Moissac). Le tracé actuel est donc un compromis entre histoire et intérêt touristique.

Avant le Puy, à partir de Genève, existe la via Gebennensis, qui recueille les pèlerins suisses et allemands et aboutit à la via Podiensis. De Genève à Pampelune, les deux chemins (via Gebennensis + via Podiensis) sont balisés en tant que sentiers de grande randonnée GR 65, avec quelques variantes locales : GR 651 par la vallée du Célé, GR 652 par Rocamadour.

Le "Chemin de Compstelle" par la voie du Puy a une longueur d'environ 1 530 km, il nécessite environ 62 jours de marche (il y a environ 750 km pour atteindre la frontière espagnole, et 780 km de la frontière à Compostelle).

Principales communes traversées par le GR

Dans la Haute-Loire

La Via Podiensis du Puy-en-Velay à Conques

Dans la Lozère

Dans l'Aveyron

Dans le Lot

  • Montredon, le prieuré saint Michel,
  • Saint-Félix, l'église romane Sainte Radegonde,
  • Figeac, la Place des Écritures (représentation de la Pierre de Rosette), l'église Saint-Sauveur et l'hôpital Saint-Jacques.

Certains rejoignaient Gréalou, et atteignaient les rives du Lot à Cajarc.
D'autres suivaient la vallée du Célé jusqu'à sa confluence avec le Lot.

Variante par la vallée du Lot.

  • Faycelles,
  • Gréalou, l'église romane Notre-Dame et le dolmen de Pech-Laglaire,
  • Cajarc, et sa chapelle Sainte-Marguerite,
  • Bach et son église Notre Dame de Bach,

Variante par la vallée du Célé,

Pour les deux variantes les Jacquets (pèlerins) se rejoignaient :

En Tarn-et-Garonne

Pélerin se faisant soigner les pieds - Musée Gadagne à Lyon - Photo J. GALICHON

Dans le Gers

Dans les Landes

  • Aire-sur-l'Adour, la cathédrale Saint-Jean-Baptiste d'Aire, et l'église Sainte-Quitterie d'Aire sur Adour,
  • Miramont-Sensacq, l'église autrefois placée sous l'invocation de Saint Jacques,
  • Pimbo, sa collégiale Saint-Barthélemy.

Dans les Pyrénées-Atlantiques

  • Arthez-de-Béarn et la chapelle de l'ancien hôpital de Caubin,
  • Sauvelade et son abbaye cistercienne,
  • Navarrenx, ses remparts, son église Saint-Germain,
  • Lichos et l'église Saint Just et Saint Pasteur,
  • Aroue, l'église Saint-Étienne,
  • Saint-Palais, l'église Sainte-Marie Madeleine,
  • Ostabat-Asme, la Chapelle Saint-Nicolas, le hameau d'Harambeltz et son prieuré-hôpital dédiée à saint Nicolas,
  • Larceveau-Arros-Cibits, le hameau d'Utziat, son prieuré-hôpital dédiée à Sainte-Madeleine,
  • Saint-Jean-le-Vieux, l'église de Sainte Marie-Madeleine de la Recluse ou de Betbéder, le hameau d'Apat-Ospitale et son prieuré-hôpital,
  • Saint-Jean-Pied-de-Port, la citadelle, la porte Notre-Dame, le pont Notre-Dame, l'église Notre-Dame du Bout du Pont, cette fois on doit tenir le bon bout.

La prochaine étape étant le col de Roncevaux ou Roncesvalles.

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Les Routes de Compostelle, de Denise Péricard-Méa, Paris, Gisserot, 2002, réd. 2006, ISBN 9782877 476720
  • Sacrés chemins de Saint-Jacques de Compostelle, de Léonnard Leroux et Anthony Serex, ISBN 9782847 681055

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