Technique des verrières au XIXème siècle

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Le vitrail est une conception décorative formée de diverses pièces de verre qui tire son effet de la translucidité de son support.

Le vitrail est né au début de l'ère chrétienne quand la fenêtre a pris de l'importance pour les lieux de réunion. C'est une fonction essentiellement pratique qui a fait naître le vitrail (protection contre les intempéries).

Le terme vitrail désigne une technique, alors que le nom verrière désigne la fermeture de la baie fixe par du verre. On utilise le terme « vitrail » pour une vitrerie au plomb.

Au XIXème siècle l'art du vitrail connait une véritable renaissance. C'est une époque ou les restaurations après la période révolutionnaire seront nombreuses et où l'on a construit de très nombreux édifices religieux . Des artisans et des industriels (vente de vitraux au m2 sur catalogue) satisferont à cet engouement.

Principaux types de verrières au XIXème siècle

Saint Jean l'Évangéliste - Église Saint-Denis à Lyon -
Photo J-P GALICHON

Le personnage : Classique au XIXème siècle , il représente un personnage en pied sous le dais architectural ou ornemental accompagné ou nom des ses attributs iconographiques et pour les martyrs des instruments de leur supplice et de la palme.
Le nom peut être écrit en latin soit dans l'auréole nimbant la tête des saints soit au pied dans le motif architectural.
Un même dessin peut être employé pour réaliser plusieurs saints ou plusieurs commandes.

La verrière Tableau : Elle fait appel à plusieurs personnages et représente une scène, un moment important de la vie du personnage. Ce tableau peut s'étendre sur plusieurs lancettes.

Le vitrail dit « Archéologique »  ou historié : se présente sous la forme d'un ou plusieurs médaillons de formes rarement circulaires entourés par un fond à motif géométrique ou floral. Il s'inspire du vitrail ancien et comme lui raconte souvent la vie d'un saint ou sainte et se lit de haut en bas.

La verrière appelé « Vitrerie » : baie vitrée constituée uniquement de motifs géométriques ou végétaux souvent stylisés. Verrière économique.

Éléments d'Iconographie

Au XIXe on trouve peu de personnages de l'ancien testament (Moïse, Melchisedech, Jérémie, Jacob, Isaac, Isaïe, Esaü, Ezéchiel Adam et Eve.

Le nouveau testament représente le plus grand nombre.

  • Le Christ (Baptême, Crucifixion, Calvaire)
  • La Sainte famille (nativité, adoration des mages, la Cène, la Résurrection, l'Ascension, la Pentecôte...
  • Le Sacré-cœur associé à la dévotion à Marguerite Marie ALACOQUE
  • Thème de Vierge Marie (La vierge et l'enfant, L'immaculée Conception, L'annonciation ; le couronnement...)
  • Les apôtres
  • Les saints et saintes

Au XXème siècle apparaît le culte du curé d'Ars et de Saint-Vincent-de-Paul.

Fabrication du verre à Vitrail

Pictos recherche.png Voir l'article ici....

Fabrication des vitraux

Vitrail uniquement en "grisaille" à l'église saint Panthaléon de Troyes Photo J-P GALICHON

Le préambule à toute exécution est l'acceptation par le donneur d'ordre du projet. Pour cela le dessinateur exécute un dessin à l'échelle (souvent le 1/10) nommé maquette. ce projet reprend tous les plombs et vergettes dessinés, les teintes des verres et détails de dessin. Cette maquette servira de modèle pour la réalisation.

1 - La première opération consiste à reproduire sur un papier à dessin le modèle choisi (le carton). Il faut que le papier soit à l'exacte dimension du vitrail à réaliser. Pour agrandir ou réduire ce modèle on utilisera un pantographe , instrument utilisé dans son principe par les architectes ou les moulistes (gravure ). Tous les détails y sont précisés scène par scène. Toutes les pièces du puzzle seront numérotés pour s'y retrouver dans les étapes suivantes.

2 – Grâce au dessin, on obtient des « calibres » en papier qui serviront à la découpe du verre (Par calque). Chaque calibre est numéroté et codé en fonction de la couleur. On découpe des morceaux de verre qui recouvriront exactement chaque partie du personnage ou de la scène représentée. A chaque changement de couleur correspond un morceau de verre tracée spécifiquement. Au XIIIème siècle le verre était découpé au fer rouge (Chauffage au fer rouge, puis refroidissement rapide dans de l'eau). Au XIXème siècle c'est la pointe de diamant qui est utilisée.

3 - Les verres colorés sont ensuite peints par l'artiste. On ajoute tous les détails tels:

  • les traits d'un visage
  • les plis d'un vêtement
  • le décor des scènes.

C'est « la grisaille , poudre de verre et oxydes métalliques (oxyde de cuivre ou de fer) mélangée à de l'eau et du vinaigre qui fait office de peinture. On la dépose sur les verres colorés.

4 - Pour fixer cette grisaille sur le verre, on cuit les verres au four aux alentours de 600°. C'est la deuxième cuisson. La grisaille est donc une sorte de peinture vitrifiable. Cette grisaille sera placée à l'intérieur du bâtiment, elle donnera une couleur translucide (Laissant passer la lumière).

5 – Les verres colorés sont assemblés avec des profilés de plombs et ceci scène par scène. Les éléments en plomb sont soudés à l'étain entre eux aux intersections pour assurer une étanchéité du vitrail et consolider l'ensemble. Pour des raisons de poids, le vitraux ne sont jamais très grands pour éviter qu'il ne s’effondrent sous leur propre poids. Chaque verrière est l'assemblage de plusieurs scènes et donc de vitraux.

6 – Les vitraux sont assemblés et montés pour former la verrière au moyen de vergettes et de barlotières. Ces éléments métalliques soutiennent la verrière et la maintiennent dans la fenêtre en reprenant et répartissant le poids.
Les vergettes sont des petites tringles en acier horizontales qui scandent la verrière sur toute sa hauteur pour assurer la rigidité et sa tenue au vent. Elles sont fixées dans une menuiserie ou scellées dans le mur. Le panneau est maintenu contre les vergettes par des attaches.
Les barlotières sont métalliques est scellées dans la maçonnerie pour soutenir les panneaux par l’intermédiaire de doigt.
Le vitrail est mastiqué pour combler les espaces entre les verres et les plombs.

D'autres techniques sont utilisées actuellement tel :
Le fusing (verres fusionnés)
Le sertissage en cuivre (Vitrail Tiffany)
Sertissage en béton ou à la résine pour les dalles en verre.

Attributs des Saints pour la lecture des baies vitrées

Saint Pierre et Jésus
Lucien BÉGULE - Eglise Notre-Dame Saint-Louis à Feurs -
Photo J-P GALICHON

Église Notre-Dame

Afin de distinguer les saints, des attributs génériques leur sont attribués :

  • La palme et la couronne sont les attributs des martyrs
  • le lys est l'attribut des vierges
  • La mitre et la crosse ceux des évêques
  • Le livre des évangiles pour les docteurs de l'église et les diacres
  • La couronne et le globe sont réservés aux saints rois
  • Le glaive et ou la lance sont destinées aux militaires
  • Un modèle d'église pour les saints fondateurs
  • Pour les céphalophores (saints décapités) c'est la tête coupée qui est l'attribut


Mais les saints sont souvent représentés par leurs attributs individuels.

Attributs individuels des saints

Marie Madeleine
Lucien BÉGULE - Eglise Notre-Dame Saint-Louis à Lyon -
Photo J-P GALICHON
Sainte Agathe : plat avec les deux seins coupés, peigne à carder
Sainte Agnès : l'agneau, cheveux longs, flammes
Saint Antoine : les tentations (démons, femmes dénudées...)
Saint Antoine de Padoue : livre ; portant le Saint Enfant
Sainte Anne (mère de Jésus): Livre ; livre ouvert ; lys
Sainte Barbe : la tour ; canon ; ciboire surmonté d'une hostie
Sainte Catherine : la roue
Sainte Cécile : instruments de musique (Lyre) ; glaive traversant le cou
Saint Esprit : colombe, rayon de lumière
Saint Georges : Combat le dragon
Saint Jean Baptiste : l'agneau, portant une croix
Saint Jérôme : le lion, le crâne, en train d'étudier la Bible
Saint Luc : le taureau
Saint Matthias : hâche ou épée
Sainte Marie Madeleine : cheveux longs, partiellement dénudée
Saint Martin : manteau déchiré
Saint Michel : la lance, combattant le dragon
Sainte Lucie : les yeux arrachés
Saint Sébastien : le corps percé de flèche, ville en ruine
Sainte Ursule : la flèche
Saint Véronique : le suaire avec le visage du Christ

Attributs individuels des douze apôtres

Saint André : la croix en « X » qui servit à son supplice, filet de pêcheur
Saint Barthélémy : le couteau qui servit au supplice
Saint Jacques le Majeur : la coquille et le bâton du pèlerin ; chapeau large à coquille ; gourde de pèlerin
Saint Jacques le Mineur : la massue , perche de foulon
Saint Jean l'Apôtre : aigle, calice dans ses mains avec serpent
Saint Jude : une massue ou une hallebarde. Souvent nommé Juda
Saint Matthieu : la hâche ou une bourse (il était collecteur d’impôts)
Saint Paul : le glaive
Saint Philippe : un bâton dont le bout se termine en croix
Saint Pierre : les clefs
Saint Simon : Une scie
Saint Thomas : équerre

Symbolisme au Moyen Age

An Moyen Age les vitraux jouent un rôle important dans l'enseignement religieux car la population est largement illettrée. Les fenêtres basses racontent la vie de Jésus et des saints ; les fenêtres hautes présentent en général des personnages (Les apôtres, les Martyres, la Vierge).

Repérage conventionnel des baies en France

Le principe est basé sur l'orientation des verrières dans l'édifice. La baie N°0 est située au niveau du rez-de-chaussée le plus à l'est. Les églises étant le plus souvent orientées, c'est la baies axiale qui sera la baie « 0 ».

Les baies situées côté nord (gauche sur les plans) portent un numéro impair
Les baies situées côté sud (droite sur les plans) portent les numéros pairs.

Les baies situées au premier étage portent suivant la même logique les numéros à partir de 100
Les baies situées au second étage portent suivant la même logique les numéros à partir de 200

Le plus souvent une verrière se lit de bas en haut (on lève le regard vers Dieu) et de gauche vers la droite.

Photos dans un atelier

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Le Vitrail de Jean LAFOND Origines, technique, destinées – la manufacture éditeur - (1988)
  • Le vitrail dans l'Ouest Lyonnais Groupe de recherche sur l'histoire de l'Ouest Lyonnais l'ARAIRE Bulletin N°90 1992
  • Le Vitrail de Jean LAFOND Origines, technique, destinées – la manufacture éditeur - (1988)

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