Suisse - Guggisberg

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Guggisberg
Informations
Pays Drapeau de la Suisse    Suisse
Canton Berne
Code postal 3158
Population - hab. (-)
Densité - hab./km²
Nom des habitants
Superficie -
Point culminant
Altitude - m
Coordonnées (long/lat)
Localisation

Repère géographique.png Repères géographiques

Guggisberg se situe dans le Canton de Berne et dans le district de Schwarzenburg. ; les trois autres communes de ce district sont Wahlern, Albligen, et Rueschegg).

Le district de Scharzenburg est bordé à l'ouest par la rivière la Singine (ou, en allemand, la Sense) et à l'est par la Schwarzwasser, si bien que les documents les plus anciens appellent la région "Inter aquas" ("entre les eaux").

Le district est limitrophe avec le canton de Fribourg et il connut d'ailleurs, au cours de l'histoire, une double dépendance, appartenant à la fois au canton de Berne et à celui de Fribourg. Cette incertitude administrative avait pour effet qu'aucun des deux cantons n'investissait d'argent dans le district, qui resta longtemps un des plus pauvres de Suisse. Peut-être y a-t-il là une explication à l'extrème méfiance des habitants vis à vis du pouvoir politique central, et à leur sympathie pour le projet anabaptiste de création d'une contre-société.

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HHistoire.pngistoire de la commune

Histoire de la commune en général

Voici ce qu'en écrit le Dictionnaire historique de la Suisse (les intertitres ont été rajoutés):

Données de base

"Comm. BE, distr. de Schwarzenbourg. Située dans les Préalpes, son territoire de 54 km2 s'étend de la Singine (frontière avec le canton de Fribourg) et de la zone de collines située sur sa rive droite jusqu'à la chaîne du Stockhorn. Il est partagé en deux par la chaîne de l'Egg: au sud, une zone d'exploitation d'alpages et de forêts, avec le hameau de Sangernboden; au nord, des terres agricoles comprenant, avec G., divers autres villages, hameaux et fermes isolées se trouvant entre 860 et 1120 m (Riffenmatt, Kalchstätten, Riedstätt, Kriesbaumen, Laubbach). 1076 Mons Guchani. 3400 hab. en 1764, 5693 en 1850, 5086 en 1860 (sans Rüschegg, 2823), 2809 en 1900, 2339 en 1950, 1560 en 1980, 1660 en 2000.

Origines

Des haches en pierre du Mésolithique ou du Néolithique ainsi que des vestiges (céramique) de l'époque romaine, mis au jour au confluent de la Singine froide et de la Singine chaude (site d'Understi), témoignent de l'ancienneté de la présence humaine dans la région. Des levées de terre du Moyen Age ont été découvertes près d'Ägerten, en amont de la scierie du Laubbach. Appartenant au domaine impérial, "les forêts et les terres incultes autour de G.", passèrent en 1075 au prieuré de Rüeggisberg, détenteur du patronat de l'église de G., qui fut ensuite remis au chapitre de Saint-Vincent de Berne (1485) puis, avec la Réforme, à Berne (1528). L'église de G., dédiée à saint Maurice et mentionnée en 1148, fut reconstruite entre 1453 et 1528 à l'emplacement d'un édifice plus ancien (VIIIe-XIe s.); elle fut agrandie à plusieurs reprises, la dernière en 1823-1824. Le lieudit Chappelen à Riffenmatt semble indiquer l'existence d'une chapelle médiévale aujourd'hui disparue. La paroisse de G., dont Rüschegg fut détaché en 1860, dispose depuis 1931 d'une chapelle à Sangernboden.

Entre Berne et Fribourg

Dépendant de la seigneurie de Grasbourg, G. fut administré par des baillis impériaux, puis savoyards (dès 1310). En 1330, les communiers, déjà organisés en communauté sous l'autorité d'un président (Ammann), s'allièrent avec Berne, ce qui ne les empêcha pas de prendre parfois le parti de Fribourg dans les guerres qui opposaient les deux villes, se faisant rançonner par Berne en manière de représailles (1341, 1361). A partir de 1423, G. forma avec Rüschegg la basse juridiction, appelée obere Gemeinde ou Gewalt, du bailliage commun de Grasbourg (Berne et Fribourg). Une maison de commune fut construite à cette époque (mentionnée en 1555). Elle fut remplacée en 1863-1864 par un nouveau bâtiment, qui abrite aujourd'hui encore l'administration communale. G. fut rattachée au canton de Berne en 1798.

Installation de colonies de pauvres et apatrides

Que ce soit dans les fermes situées au nord de l'Egg ou dans les pâturages intermédiaires (1000-1300 m) et alpages situés "derrière l'Egg", les principales activités étaient l'agriculture et l'élevage (en altitude, fromageries et estivage des moutons). Les biens communaux du Scheidwald (prés et forêts) étaient exploités par G. et par les autres communes du bailliage. A partir du XVIe s., des pauvres et apatrides, rétameurs et vanniers, vinrent s'y installer, de sorte que jusqu'au XVIIIe s. plusieurs colonies de pauvres se constituèrent: au sud de G., Hirschmatt, Laubbach et Plötsch; du côté de Rüschegg, Heubach, Hirschhorn et Äugsten (entre autres). Un diaconat fut créé en 1809 à Rüschegg pour les secourir.

Après 1800, le village de G. (89 hab. en 1904, 60 en 1996) acquit une réputation de lieu de villégiature (vue sur le Guggershorn). Cependant, lorsqu'en 1819 le canton décréta que tous les habitants installés sur les communaux devaient recevoir la bourgeoisie, la commune fut submergée par les coûts de l'assistance. L'appauvrissement, qui s'accentua pendant les périodes de famine de 1816-1818 et des années 1840, fut général. Les paysans durent vendre leurs droits d'alpages à des gens de l'extérieur, et beaucoup émigrèrent en Amérique. Vers 1850, G. était la commune la plus pauvre du canton de Berne. En 1860, on ne trouva de remède que dans la création de deux communes, G. et Rüschegg.

Aujourd'hui

Dans un contexte de baisse démographique due à l'émigration, la nouvelle commune de G. ne connut de relance économique qu'au XXe s. L'instauration de la péréquation financière entre les communes bernoises (1954), l'introduction du tourisme et de la petite industrie furent décisives. Les entreprises (fromagerie, scierie, charpenterie, constructions en bois, commerce du bois) sont réparties dans les différents villages et hameaux, notamment à G. et Riffenmatt. Le tourisme régional avec des infrastructures pour les sports d'été et d'hiver (hôtels, résidences secondaires, cabanes de montagne) s'est développé surtout à Riffenmatt, Sangernboden et dans le village de vacances d'Ottenleuebad. Les alpages sont exploités soit individuellement, soit en commun; les droits de jouissance appartiennent souvent à des communes ou à des étrangers à la commune, qui mettent des bovins et des chevaux en estivage. G. compte huit bâtiments scolaires, l'école secondaire se trouve à Schwarzenbourg."

Les anabaptistes

Cadre général

Haut lieu de l'anabaptisme, ce district, et Guggisberg en particulier, est une importante source d'émigration vers l'Alsace, le Palatinat et l'Amérique. Afin de conserver sa lisibilité à l'histoire des anabaptistes de la région, nous traiterons ensemble tout le district de Schwarzenburg.

C'est une région d'habitat dispersé, et certains hameaux anabaptistes sont repérés par Paul HOSTETTLER : Winterkraut et le Nidegg. Winterkraut est à cheval sur Guggisberg et Wahlern, situés de part et d'autre de la route, ce qui explique des hésitations apparentes dans la généalogie des familles, qui peuvent voir certains de leurs membres enregistrés dans une de ces paroisses ou dans l'autre.


Paul HOSTETTLER relève un certain nombre de noms anabaptistes, en particulier : HOSTETTLER, STUBI ( Peter STUBI, propriétaire de la petite ferme Auf der Blatten) ; ZISSET ; BINGELLI ; STOCKLI ; MISCHLER ; ASCHBASCHER ; ZANDT ; STOLL

Il relève également des faits significatifs de la biographie des personnes rencontrées. C'est à lui que l'on doit les anecdotes suivantes :


  • en avril 1723 Babi ZISSET, probablement exilée au préalable, est rentrée sans autorisation ; son époux Peter STUBBI est mis à l'amende pour lui avoir donné refuge ; du fait du manque de moyens de Peter STUBBI, la communauté de Guggisberg se voit infliger à sa place une amende et les frais de capture
  • Benedict et Anna STOCKLI sont absents du registre des résidents de 1715 car déportés quatre ans auparavant en Hollande ; qualifiés d'anabaptistes dans le registre paroissial à l'occasion du baptème de leurs enfants
  • Christian STOCKLI est de ceux qui ont manifesté en 1694 contre un impôt appelé Brüggsommer ; il meurt dans des conditions obscures en 1721
  • Jacob et Peter HOSTETTLER sont qualifiés de prédicateurs anabaptistes par les autorités bernoises en 1719 et 1720 ; s'installent à Sainte Marie aux Mines
  • Hans HOSTETTLER est emprisonné pour banqueroute en 1684, banqueroute apparemment provoquée par les nombreuses amendes que les anabaptistes se voyaient infliger ;
  • Jacob HOSTETTLER du Nidegg mentionné en 1717 comme évitant d'écouter les sermons et participer à la communion ; comparait plusieurs fois devant le Chorgericht (tribunal paroissial); finalement emprisonné ;
  • Uli HOSTETTLER se voit reprocher d'avoir donné refuge en avril 1723 à son épouse anabaptiste Anna ASCHBACHER, revenue sans autorisation et qui avait les chasseurs d'anabaptistes aux trousses ; se voit infliger une amende et condamné à payer les frais de capture ;
  • Rudolf BINGELLI, meunier à Guggisberg, organiserait des transferts d'enfants anabaptistes vers le Palatinat, où des familles anabaptistes ont trouvé refuge ; ces enfants y sont éduqués dans la religion de leurs parents avant de revenir en Suisse ; il y a bien des anabaptistes de la région de Guggisberg à Oberauerbach et Winterbach , près de Zweibrücken (Deux-Ponts).

Quelques destinations

  • Paul HOSTETTLER a mis au jour des liens entre des anabaptistes de la paroisse de Schwarzenburg et des anabaptistes de Blumentein près de Thoune, une autre grande région anabaptiste, ce qui montre que l'on circulait d'une région anabaptiste à une autre ; il ne s'agissait pas de communautés étanches les unes aux autres
  • un nombre important d'anabaptistes de la région de Schwarzenburg se réfugie à Sainte Marie aux Mines (67), et dans la région où les HOSTETTLER connaissent bien Jacob AMMAN, fondateur du mouvement Amish
  • les recherches personnelles de Paul HOSTETTLER sur sa famille lui donnent l'occasion de citer d'autres villes et villages alsaciens jusqu'ici peu connus pour avoir abrité des anabaptistes : Daubensand (à mi chemin entre Colmar et Strasbourg, près du Rhin) ; Bischwiller ; Brumath
  • la petite région alsacienne du Ban de la Roche (67) permet de rencontrer les noms de Binggeli (déformé en Bigly et en Pinckele); Weissenbach; Stoll; Nydegger; Gasser; Burri; Wehrly ; Stockli; Rehsee ; il semble que ce soit Jean VERLY qui ait ouvert le chemin, car on le trouve à Belmont dès 1655 ; puis, Peter BINGELLI (Pierre PINCKELE en France, Peter BINCKLEY en Amérique), de Guggisberg, arrive à Bellefosse avec ses parents et y vit quelques années avant de partir pour l'Amérique en 1736 sur la Princess Augusta et de vivre dans la communauté morave, qui lui demande d'écrire sa biographie
  • la Caroline du Sud, en Amérique, voit arriver, provisoirement pour certains, tout un groupe de Schwarzenburg sur le "billander" (belandre) Oliver en 1735 ; ce sont en effet les autorités de Schwarzenburg qui ont organisé le voyage et recueilli les paiement de ceux des voyageurs qui ont payé d'avance ; ambiguité des relations entre les autorités suisses et leurs anabaptistes ! elles n'expulsent plus vers l'Amérique (puisque les autorités des ports hollandais de départ s'y opposent), mais elles organisent le voyage de départ ! l' Oliver est une cercueil flottant, une péniche à deux mats nullement concue pour traverser l'Atlantique ; l'éthymologie le dit bien : "belandre" vient du hollandais "beilander", de "bei" = près de et "land" = la terre ; un belandre est conçu pour suivre la côte sans s'en éloigner ; de plus, la Caroline du Sud est une colonie à régime moins libéral que la Pennsylvanie, elle n'offre aucune garantie de liberté religieuse ; cela dit, à la suite d'événements obscurs, le capitaine de l'Oliver est jeté aux requins, et le navire repart de Caroline du Sud avec une partie de ses passagers pour arriver en Pennsylvanie sous la direction d'un deuxième capitaine, Samuel MERCHANT, qui sera aussi celui de la Princess Augusta en 1736.
  • la Pennsylvanie est la colonie d'Amérique que les anabaptistes cherchent à rejoindre ; des HOSTETTLER sont présents dans la première colonie Amish connue, le Northkill settlement ; pour leur malheur, car ils subissent une violente attaque indienne connue sous le nom de HOSTETTLER massacre

Vreneli de Guggisberg

Une très ancienne chanson folklorique chante les amours malheureuses d'une jeune fille de Guggisberg nommée Vreneli (diminutif de Verena, forme locale de Véronique).

Vreneli de Guggisberg symbolise la Suisse comme Marianne symbolise la France. Son portrait orne des pièces d'or du siècle dernier, qui s'appellent des Vrenelis.

Vreneli de Guggisberg, texte et partition

Randonnée sur les traces de Vreneli

Illustrations - Photos anciennes.png En photos

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Eglise de Guggisberg

Recherches généalogiques.png À savoir pour vos recherches généalogiques

Patronymes sur Geneanet

A Guggisberg en général

Au hameau de Winterkraut

Au Nidegg

Archives consultables

Biographie de Peter/Pierre BINGELLI/PINCKELE/BINCKLEY(Guggisberg ; Bellefosse, 67 ; Amérique)

Destin des familles anabaptistes du district de Schwarzenburg

Généralités

Généalogie anabaptiste sur Geneawiki

En Alsace

A Belmont, 67

A Bellefosse, 67

à Neuviller la Roche, 67

A Klingenthal, 67

Descendance de Jean WERLI et de son frère Pierre WERLI(de Guggisberg à Belmont, 67)

Jean KOENIGER (de Guggisberg à Neuviller la Roche, 67)

Famille BRULLARHT(de Guggisberg à Neuviller la Roche, 67, puis départ en Amérique sur la Princess Augusta)

Arbre de Christian Baudelot sur Généanet: nombreuses familles anabaptistes de Guggisberg et Wahlern (entre autres) émigrées en Alsace

En Amérique

Site de la famille HOSTETTLER

Site de la famille BINCKLEY (BINGELLI)

Adresse de l'administration communale

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

CD ROM : Paul HOSTETTLER Taüferwanderung 1580-1750 ; 2002 ; en allemand ; sur l'émigration des anabaptistes-mennonites de Suisse vers l'Alsace et l'Amérique ; contient des relevés de registres paroissiaux des paroisses suisses de départ, ainsi que de nombreux éléments biographiques ; peut être consulté (référence : CD ROM n° 8) au Cercle généalogique d'Alsace, 5 rue Fischart 67000 Strasbourg.

Article : Paul HOSTETTLER ; The trail of anabaptist emigration from the alpine foothills of Bern ; translated by Ann C. SHERWIN ; Pennsylvania Mennonite Heritage january 2005

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