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72183 - Marçon - Vie quotidienne et coutumes

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[[File:Femme de Marçon..jpg|250px|left|Coiffes féminines]]
Les '''femmes''' de la campagne, les jours de travail, portent le grand bonnet ; et le dimanche, une coiffure de même sorte, mais plus ornée. Leurs robes sont sans faste, mais propres, et elles font moins usage de bijoux que dans d'autres régions du département. Cependant, plusieurs portent au cou une simple croix d'or surmontée d'un cœur, et attachée à un velours. Lorsqu'elles vont aux champs, elles sont couvertes d'un manteau en toile, ressemblant assez à un peignoir, mais moins large, afin de n'être pas gênées en tournant leur fuseau ; elles donnent à ce manteau le nom d''''abriau.'''<ref>Patois</ref> Elles appellent '''coiffe''' ou '''toque,''' une coiffure en molleton imitant assez bien la tête du burnou, à cela près que le fond en est moins pointu, les deux côtés couvrent les épaules et le derrière se termine en pointe et retombe au milieu du dos. Elles mettent cette coiffe sur leur bonnet, et ne la portent que par mauvais temps (avant [[1840]]).<br>
En été, elles abandonnent ce costume fort peu gracieux, et recouvrent leur tête d'un chapeau de paille plus évasé que celui de nos dames, et qui n'en diffère que par l'absence de fond : elles donnent le nom de '''casquette''' à cette espèce de chapeau.
: Le mot '''train''' est souvent employé et signifie ''enfants'' ; ainsi on dit : il y a deux ''trains, ces trains'' là me font beaucoup d'embarras, etc.
* L'accent manceau se fait peu remarquer, et celui du pays approche beaucoup plus de l'accent bref saccadé de la Touraine, que de la prononciation lourde et traînante d'une grande partie du Maine.
 
== Souvenirs d'enfance<ref>Entretien réalisé par Patrice Guérin ; La Gazette de Marçon année 1998.</ref> ==
* « '''L'école''', quand j'ai commencé, était devenue mixte. On allait à l'école des filles, dans une classe où il y avait trois divisions, puis j'ai continué dans l'école des garçons. Quand on rentrait de l'école, on faisait nos devoirs puis on jouait. Vers dix-onze ans, nos parents commençaient à nous envoyer garder les vaches dans les prés. » Il y avait peu de tourisme autrefois car le plan d'eau n'existait pas. Les seuls "touristes" était les gens ayant de la famille ici. Certains arrivaient par le train à la gare de Marçon-Vouvray. « C'était l'époque où la vie était dure mais on prenait le temps de vivre ; deux fois par an étaient organisées des fêtes, car les gens qui venaient également pour danser, n'avaient pas tellement de distractions.» ''(Source : Patrice Guérin<ref>http://www.yvelinesradio.com/infos_all/affichage_all_01_489716576612_30440.html - FJA</ref> 1998.)''
== Le dernier maréchal<ref>Par Martin Giovaccini pour La Gazette de Marçon année 2007 - FJA.</ref> ==* 2007 : Il est encore en pleine possession de ses moyens mais l'âge administratif est là, et '''Paul ROY''' vient de faire valoir ses droits à une juste et méritée retraite. Marçon perd du même coup son '''maréchal-forgeron-serrurier-soudeur-réparateur''' en tous genres. Un artisan précieux s'il en est dans une communauté rurale où les besoins sont multiples. Les Marçonnais n'entendront plus résonner l'enclume [...]. Les grandes portes de la forge resteront closes. Une page de l'Histoire de la Commune sera tournée. Un peu de vie s'en sera allé.* Soixante quatre années se seront écoulées depuis qu'André NIATEL avait monté sa forge à l'entrée du bourg. Paul ROY, le tourangeau originaire de [[37245 - Semblançay|Semblançay]]<ref>http://www.semblancay.com/ - FJA</ref>, devait en assurer la continuité en 1972, lorsqu'André Niatel prit sa retraite. Il n'était pourtant pas disposé à battre le fer, Paul Roy, quand tout gamin il s'en allait regarder le père VERNÈS actionner le soufflet de sa forge à deux pas de la maison paternelle. « J'allais le voir travailler mais à vrai dire, c'est le bois qui m'intéressait. J'aimais bien ce matériau ». Pendant la guerre le "petit Paul" avait découvert la menuiserie lorsqu'un artisan s'était installé dans la bourgade et l'avait laissé bricoler avec des chutes de bois. « Mais curieusement un jour je me suis trouvé avec un morceau de fer, j'aurais pu souder... ». * '''Son parcours''' : c'est sans doute la soudure qui a conduit Paul a la forge. Il entre comme apprenti chez le père JAHAN, à [[37153 - Monnaie|Monnaie]]<ref>http://www.ville-monnaie.fr/portail.php?__ - FJA</ref>, puis il se retrouve chez Gaston TABAREAU, à [[72027 - Beaumont-sur-Dême|Beaumont-sur-Dême]]<ref>https://fr.wikipedia.org/wiki/Beaumont-sur-D%C3%AAme - FJA</ref>. Il y reste jusqu'en 1956. Un court passage à [[37068 - Chemillé-sur-Dême|Chemillé-sur-Dême]]<ref>https://fr.wikipedia.org/wiki/Chemill%C3%A9-sur-D%C3%AAme - FJA</ref> puis il arrive à Marçon dans la forge d'André NIATE, en février 1956. Il en prend possession le 1{{er}} janvier '''1972'''. À cette époque, il ferrait '''400 chevaux par an'''.* Paul Roy a connu les différentes étapes de '''l'évolution industrielle''' : « Tout d'abord la soudure à l'arc. Il n'y avait pas encore d'électrodes enrobées. C'était plus délicat mais magique quand même ». Survint le grand bouleversement dans le monde agricole avec l'arrivée des tracteurs : « J'ai vu arriver les premiers engins et disparaître les chevaux. Aujourd'hui, j'assiste à la disparition des tracteurs en même temps que les agriculteurs... ». [...] En 1976, il ne ferrait plus que 40 chevaux. Paul Roy s'est toujours adapté aux évolutions, sans jamais abandonner son savoir-faire traditionnel de la forge et de la maréchalerie. La '''poinçonneuse''', la '''cisaille''' ou '''l'estampeuse''' aux allures de pièces de musée continuent toujours à rendre des services éminents. Chez Paul il n'est pas un problème de métallurgie qui n'ait trouvé une solution : « je faisais de tout. Depuis les oreilles de marmites jusqu'à la réparation des motobineuses en passant par les pentures et autres machines agricoles les plus diverses ». Paul ROY pourrait énumérer à l'infini le nombre de réparations miracles effectuées dans son atelier, véritable caverne d'Ali Baba du "système D". « Je me souviens qu'un jour un ami restaurateur est venu me trouver parce qu'il avait cassé une pièce actionnant la fermeture de la chambre froide de son établissement. Une pièce essentielle en aluminium, impossible à retrouver. [...] On en a fabriqué une spéciale en ferraille sur l'enclume. La chambre froide a pu fonctionner des années encore ».* Aujourd'hui, ce forgeron philosophe, passionné par le monde qui l'entoure, curieux dans le bon sens du terme, ne regrette qu'une chose, la brutalité administrative qui le contraint à cesser toute activité en 2007 : « on m'autorise à cultiver deux hectares de terres si je le veux ! C'est bien dommage, j'aurais souhaité terminer en douceur et continuer à rendre quelques services d'autant que personne ne veut reprendre l'affaire... ». ''(Les Marçonnais et tous ceux qui mesurent l'importance d'un artisan aussi providentiel, regretteront aussi la fin de la forge. Au revoir et bonne retraite tout de même, ami Paul ! Martin Giovacchini)''. == {{Voir aussi }} == 
* [[72183 - Marçon - Santé et médecine|Marçon - Santé et médecine]]
* [[Maréchal-ferrant|Le métier de maréchal-ferrant]]
== {{Liens utiles}} ==
 
* [https://www.ville-marcon.fr/ Ville de Marçon]

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