Signatures

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Signature : Nom que l'on met en bas d'un écrit pour attester qu'on en est bien l'auteur ou qu'on en approuve le contenu. Mais depuis quand signe-t-on, que nous apprennent les signatures ? Cet article tente d'y répondre.

Un petit peu d’histoire

  • Au cours du XIIIe : les lettrés comme les illettrés tracent des seings manuels sur les testaments.
  • Vers 1250 : les notaires commencent à produire un seing formé des lettres de leur nom avec quelques traits de plume.
  • Vers 1296 : le seing du nom est adopté par la chancellerie royale, l’administration et les notaires. C’est la naissance de la signature.
  • Vers 1530 : les noms propres commencent à être fixés en France
  • 1554 : l’ordonnance de Fontainebleau rend obligatoire la signature des parties sur les actes notariés.
  • 1790 : les 2/3 des Français ne savent ni lire ni écrire. 63% des conjoints ne savent pas signer leur acte de mariage.
  • 1792 : le porteur d’un passeport doit désormais signer.
  • Au cours du XIXème siècle les signatures qui ne transcrivent pas systématiquement le patronyme disparaissent.
  • 2000 : la signature électronique d’un document a la même valeur légale qu’une signature manuscrite.

Où trouver les signatures de ses ancêtres ?

  • Les registres paroissiaux et d’état-civil : c’est à partir du règne de Louis XIV (code Louis en 1667) que l’on rencontre fréquemment la présence des signatures dans les actes de baptêmes (le père, parrain & marraine), de mariage (conjoints, témoins) et plus rarement dans les actes de décès (déclarant & témoins).

Dans les faits, dans de nombreuses régions on trouve des signatures bien avant cette ordonnance. Dans le Lyonnais dès 1579, sans doute suite à la prescription des évêques.

À noter que dans les plupart des registres de la série départementale, la signature n’est pas présente. Elle le sera à partir de 1736.

  • Les fonds notariaux : nos ancêtres avaient souvent recours aux services d’un notaire pour de nombreux actes de la vie courante. Or, depuis 1554, les actes notariés doivent être paraphés des témoins de l’acte. On trouvera donc la signature de son ancêtre sur un grand nombre d’actes : contrats de mariages, ventes, testaments, inventaires, reconnaissances, etc.

Il est fréquent qu’un même individu déclare ne pas signer pour son acte de mariage alors que l’on trouvera sa signature sur son contrat de mariage, expression sans doute de la plus grande importance accordée a la signature devant notaire.

À partir de quand peut-on en trouver ?

En 1877, le recteur Maggiolo, chargé de mission par le ministère de l’instruction publique demande aux instituteurs de chaque département de faire un comptage des signatures des époux et des épouses au bas des actes de mariages dans les registres paroissiaux.

Cette étude, permet ainsi d’avoir des statistiques intéressantes :

Signature-tableau.png

L’apprentissage d’un geste

Autrefois, l’apprentissage de la lecture et celui de l’écriture n’étaient pas simultanés, car les petites écoles étaient avant tout des écoles de lecture. On apprenait d’abord à lire, puis à écrire et enfin à compter. Mais comme la scolarité de la plupart des enfants était aléatoire ou trop courte, le stade d’apprentissage dépassait rarement la lecture.

Par ailleurs, l’enseignement de l’écriture demandait beaucoup de compétences de la part de l’élève : une certaine technicité dans le tenue de la plume d’oie, la connaissance des formes de lettres, la coordination des mouvements des doigts et bras, autant d’aptitudes souvent inaccessibles à beaucoup. D’où parfois dans le cadre de l’apprentissage de la signature le recours à des modèles préétablis, qui étaient recopiés par des individus en réalité analphabètes.

Signature et niveau d’instruction

Depuis le XIXème siècle, la signature est utilisée comme indicateur de degré d’instruction. Mais les historiens ont toujours exprimé des doutes sur la valeur de ce signe d’instruction. Un individu sachant lire et écrire, saura-t-il lire un livre ou écrire une lettre seul ? Rien n’est moins sûr …

En effet : Il est plus facile de savoir signer que lire et écrire Certains signataires tracent les lettres de leur nom à l’aide de modèle sans pour autant savoir lire. L’absence de signature au bas d’un acte ne signifie par forcément que l’individu ne sait pas écrire. Il est fréquent qu’un même individu déclare ne pas signer pour son acte de mariage alors que l’on trouvera sa signature sur son contrat de mariage, expression sans doute de la plus grande importance accordée a la signature devant notaire. Certains actes ne sont pas signés par les personnes intéressés ni même précédés de la mention de leur incapacité à signer … il peut simplement s’agir d’une négligence du curé

Que nous révèlent les signatures de nos ancêtres ?

  • Par leur aspect graphique, elles permettent d’illustrer une généalogie.
  • En l’absence d’index, elles permettent dans les registres paroissiaux le balayage aisé des pages du registre pour localiser les actes qui nous intéressent
  • Pour le généalogiste, la signature est l’indice de la présence incontestable de l’ancêtre recherché lors de l’enregistrement de l’acte.
  • La signature est parfois précédée du prénom que l’individu utilisait au quotidien parmi les prénoms reçus au baptême.
  • Parfois, certains signataires ajoutent un complément à leur signature « fils », « aîné » permettant de préciser leur place au sein de la famille.
  • La signature autorise les variations autour du patronyme : surnom, nom de la seigneurie.
  • La signature des femmes mariées nous renseignent sur leur autonomie au sein du couple.
  • La fréquence de signature d’un de nos ancêtres en tant que témoins nous renseigne sur la notoriété de celui-ci dans le village.
  • Enfin, la signature peut parfois nous renseigner sur le caractère de l’individu (paraphes exubérants, ornés, encerclés, etc).

Quelques exemples


Bibliographie


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