Seigneurie du Ban de la Roche

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Repère géographique.png Repères géographiques

La Seigneurie du Ban de la Roche (en allemand : Steintal), elle s'étend sur environ 50 km², situé dans la haute Vallée de la Bruche, à gauche de l'axe routier Strasbourg-Saint-Dié. Elle est délimitée:

  • A l‘ouest par la Bruche,
  • A l'est par le massif du Champ du feu, culminant à 1100 mètres d'altitude,
  • Au nord par la vallée de la Rothaine avec les localités :
  • Au Sud par la vallée de la Chirgoutte avec les localités :

HHistoire.pngistoire

Le Ban de la Roche est situé dans un milieu de montagne impropre à la vie humaine, et la survie y fut, à de nombreuses époques, problématique. Les périodes de prospérité relative correspondent à des périodes d'industrialisation :

  • Une première au XVIe siècle grâce à la compétence minière du seigneur Georges-Jean de Veldenz,
  • La seconde au XVIIIe siècle et au XIXe siècle, fondée d'abord sur une reprise des activités minières sous la direction de la lignée de Dietrich, puis sur le développement du textile au fur et à mesure que les filons s'épuisaient et l'activité minière déclinait.

L'occupation du territoire est ancienne, et on ne sait pas quand fut édifié le château de la Roche à Bellefosse. C'est seulement à partir de la période Rathsamhausen, que les documents permettent de dresser un certain tableau de la vie de la seigneurie.

La langue est majoritairement le Français (sous la forme locale d'un patois lorrain dit "patois welsche".). Il faut cependant compter avec une forte immigration suisse de langue allemande.

Par ailleurs, à partir du voyage de la Princess Augusta enn 1736, l'émigration vers l'Amérique est une donnée lourde. Les communes du Ban de la Roche sont jumelées avec Woolstock, Iowa, village fondé en grande partie par des immigrants de cette petite région.

Période Rathsamhausen

On ignore quand la seigneurie du Ban de la Roche entra dans le patrimoine de la famille de Rathsamhausen. En tout cas, ses dimensions sont alors légèrement plus vastes que ce qu'elles seront, puisque les villages de Saint-Blaise et Blancherupt en faisaient partie, Saint Blaise et son château considéré comme un chef-lieu.

Il semblerait qu'un début d'exploitation minière ait eu lieu dès la période Rathsamhausen.

Il est difficile d'en situer le début, qui présenta un certain caractère clandestin du fait de la compétition pour l'appropriation de ces richesses. En 1558, une commission d'enquête impériale enquête auprès de Jacques de Rathsamhausen, soupçonné d'exploiter des mines clandestinement. D'une façon générale, l'autorité impériale favorise la famille de Veldenz au détriment de la famille de Rathsamhausen pour les questions minières, si bien que, peu à peu, cette dernière famille perd de son pouvoir.

Période Veldenz

Georges-Jean de Veldenz était un personnage de très haute lignée, comte palatin, auprès de l'Empereur. En 1562, il épousa Anne-Marie Wasa, fille du Roi de Suède. Il fut le fondateur de la ville de Phalsbourg.

Le début de la période Veldenz se caractérise par un "âge d'or" : le développement minier induit un important développement économique et démographique (non sans déséquilibres) ; le village de Rothau, riche en fer, devient prépondérant et fait figure de mini-capitale ; les Veldenz y bâtissent un château, où ils résidaient lorsqu'ils étaient dans la région. Une grande forge fait de Ban de la Roche, un centre industriel.

Le centre de gravité de la seigneurie se déplace de la vallée de la Chergoutte où se situe Bellefosse, à celle de la Rothaine où se situe Rothau ; les mines sont nombreuses ; le paysage est industriel, au sens de l'époque :

  • Nombreux étangs artificiels, qui n'existent plus aujourd'hui, permettent le flottage du bois,
  • Nombreuses meules de fabrication du charbon de bois fournissent l'énergie en traçant sur l'herbe verte des cercles noirs,
  • Le ballet des bœufs transportant le fer de la mine à la forge, le charbon de la charbonnière à la forge, etc...

Les maréchaux-ferrants sont des gens qui comptent dans cette économie, ce qui explique sans doute l'omniprésence du nom de Marchal/Schmitt dans les généalogies de ban de la roche.

Puis, arrive le temps des malheurs :

  • Procès de sorcellerie,
  • Guerre de Trente Ans,
  • Épidémies

La population du Ban de la Roche s'effondre, elle ne se redressera qu'au XVIIIe siècle, avec la reprise de l'activité minière, et l'action de pasteurs comme Stouber et Oberlin, qui œuvrent pour l'instruction et pour le développement spirituel et matériel de leurs paroisses.

Dates importantes

  • 1580 : Georges-Jean de Veldenz obtient de l'Empereur l'autorisation d'exploiter les mines du Ban de la Roche.
  • 1584 : achat du Ban de la Roche par Georges-Jean de Veldenz, introduction du luthéranisme
  • 1620-1621 : paroxysme des procès de sorcellerie.
  • 1633... : la guerre de Trente Ans touche le Ban de la Roche ; effondrement démographique, mais tous les villages ne sont pas également touchés, la "capitale", Rothau, probablement trop en vue, perd tous ses habitants à l'exception de la famille Holweck, en revanche, Bellefosse parait avoir "passé entre les gouttes" (voir plus loin remarques sur le recensement de 1655).
  • 1648 : fin de la Guerre de Trente Ans.
  • 1650...: début d'une immigration suisse, souvent anabaptiste, qui deviendra une composante importante du Ban de la Roche.

La guerre de Trente s'est achevée par la victoire de la France qui se voit attribuer, en Alsace, des droits de l'Empereur sur la région. C'est donc au traité de Westphalie que l'on pourrait, juridiquement, faire remonter le rattachement du Ban de la Roche à la France. Dans les faits cependant, il est plus progressif :

  • 1672-1679 : guerre dite "de Hollande" qui, malgré son nom, touche de plein fouet l'Alsace, certains villages du Ban de la Roche sont touchés, particulièrement :
  • Rothau,
  • Belmont
  • Wildersbach
  • 1681 : le Ban de la Roche doit rendre hommage au Roi de France et est détaché de ses obligations vis à vis du Saint-Empire.
  • 1694 : mort de Léopold Louis de Veldenz, qui laisse trois filles.
  • 1720 : d'Angevillers, intendant d'Alsace, obtient du Roi Louis XV l'inféodation du Ban de la Roche ; il inaugure une dynastie catholique, au grand dam de la population protestante.
  • 1723 : mort de la dernière des Veldenz.
  • 1724 : l'église de Rothau devient "simultanée" (Les protestants doivent la partager avec les catholiques)
  • 1736 : émigration importante vers l'Amérique, en particulier sur le navire "Princess Augusta".
  • 1750-1754, puis 1760-1767 : ministère du pasteur Stouber : développement de l'instruction.
  • 1758 : Voyer d'Agenson, seigneur du Ban de la Roche.
  • 1762 : réfection de l'église de Belmont, tentatives infructueuses de l'autorité pour la rendre simultanée.
  • 1767 : arrivée du célèbre pasteur Oberlin.
  • 1771 : Voyer d'Argenson (catholique) vend le Ban de la Roche à Jean de Dietrich (protestant) ; nouvel essor de l'industrie minière sous l'égide de la dynastie de Dietrich.
  • 1789 : Révolution.

Première guerre mondiale

Les premiers jours de la guerre voient se dérouler des combats au col de la Charbonnière, entre Bellefosse et Belmont. Il s'agit d'une ténébreuse affaire. Il semblerait que les Allemands se soient massacrés entre eux, et qu'une fausse affaire d'espionnage (qui a quand même fait trois fusillés parmi la population civile du lieu) ait été montée de toutes pièces pour étouffer le scandale.
Le Maire de Barr, qui a enquêté sur l'affaire, a fait le récit de ce qu'il a pu apprendre (voir Barr)

Histoire religieuse.jpg Histoire religieuse

La religion luthérienne, introduite en 1584 par Georges-Jean de Veldenz, est très majoritaire. Il faut cependant compter avec une minorité catholique dans les villages les plus industrialisés comme Rothau, et avec un nombre important de fermiers anabaptistes venus de Suisse.

Démographie.png Démographie

La démographie est marquée par une forte endogamie : la réticence aux mariages mixtes crée une forte étanchéité par rapport aux villages catholiques voisins. En revanche, malgré la différence de langue, il y a de nombreux mariages avec des conjoints de Barr, petite ville également luthérienne et qui tend à faire figure, de fait, de petite métropole par rapport au Ban de la Roche. Par ailleurs, à partir du XVIIIe siècle, l'émigration vers l'Amérique est une donnée lourde.

L'autorité seigneuriale recensait périodiquement la population pour la collecte des impôts :

  • 1578 : 164 maisons.
  • 1469 : 73 maisons et 383 habitants
  • 1534 : 107 maisons et 560 âmes
  • 1578 : 164 maisons et 860 âmes.

L'accroissement est donc significatif. Denis Leypold, dans le livre[1] y voit un phénomène de repeuplement après les épidémies du Moyen Age.

Référence.png Notes et références

  1. Denis Leypold - Le Ban de la Roche au temps des seigneurs de Rathsamhausen et de Veldenz - Ed Oberlin - 1989