Secrétaire du roi

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La charge de secrétaire du roi ou conseiller-secrétaire du roi correspondait sous l'Ancien Régime à deux sortes d'offices : celui de conseiller-notaire-secrétaire du roi, maison, couronne de France et de ses finances, faisant partie du Grand Collège servant près la Grande chancellerie de France et celui de conseiller-notaire-secrétaire du roi, maison et couronne de France faisant partie du Petit Collège[1].

Selon l'édit du roi de juin 1715 enregistré au Parlement le 10 juillet, la charge de secrétaire du roi conférait aux titulaires, à leurs veuves et leurs enfants le privilège de noblesse au premier degré et tous les avantages des nobles du royaume « après vingt ans de service, ou en cas qu'ils décèdent revêtus de leursdits offices »[2]. Un arrêt du Conseil d’Artois du 31 octobre 1689 maintient le fils d'un secrétaire du roi dans le titre de noblesse « tant et si longtemps que son père sera revêtu de la charge de secrétaire du roi, et s'il décède en la fonction d'icelle, ou s’il obtient lettres de vétérance »[3].

Le Conseil du Sceau sous la Restauration et le Tribunal administratif de Paris en 1994 ont rendu des avis sur la non-transmission de la noblesse pour des secrétaires du roi dépossédés de leur charge par l'abolition de la noblesse et des charges anoblissantes en 1790 et qui à cette date n'avaient pas rempli la condition d'exercer pendant 20 ans cette fonction.

La notion de "noblesse inachevée" pour les familles issues de secrétaire du roi n'ayant pas accompli le temps en charge de 20 ans demandé pour acquérir une noblesse transmissible fait l'objet de divergences entre les auteurs qui ont écrit à ce sujet.

Une charge anoblissante modifiée au cours des siècles par de nombreux édits et lettres patentes

Les secrétaires du roi paraissent n'avoir joui d'abord que de la noblesse personnelle[4]. La charge de secrétaire du roi devint ensuite une charge conférant la noblesse héréditaire au premier degré après vingt ans d'exercice ou en cas de mort en fonction[4] [5] [6].

MM. Guyot et Merlin rappellent dans Traité des droits, fonctions, franchises, exemptions, prérogatives et privilèges annexés en France à chaque dignité (1788) l'arrêt du Conseil d’Artois du 31 octobre 1689 qui déclare que l'enfant d'un secrétaire du roi est maintenu dans le titre de noblesse « tant et si longtemps que son père sera revêtu de la charge de secrétaire du roi, et s'il décède en la fonction d'icelle, ou s’il obtient lettres de vétérance »[7].

De nombreux édit et lettres patentes ont modifié au cours de siècles les privilèges de noblesse des secrétaires du roi :

  • Les lettres patentes de Charles VIII, de l'an 1484, les anoblit en tant que de besoin, leurs enfants et postérité mâle et femelle, née et à naître en légitime mariage, les déclarant capables de recevoir tous ordres de chevalerie comme si leur noblesse était ancienne, et au-delà de la quatrième génération (néanmoins les fils de secrétaires du roi ne furent jamais excepté de l’obligation commune de la preuve de 4 degrés de noblesse et Louis XVI refuse de les considérer comme noble de quatre générations pour l'application du règlement de 1781 sur les grades militaires)[6]. Mais, en vertu d'un usage suivi pour toutes les magistratures, on ne les considérait comme pouvant transmettre la noblesse à leur postérité que s'ils avaient exercé vingt années ou étaient morts revêtus de leur charges[4].
  • Les lettres de septembre 1549 confirment l'anoblissement des secrétaires mort en exercice ou ayant résigné à fils ou gendre[6].
  • Les lettres patentes de mai 1572 précisent l’obligation de 20 années de services comme condition d’une noblesse transmissible s’il n’y a pas mort en charge[6].
  • Les lettres patentes en forme de déclaration du mois d'août 1643, données en faveur de Jean-Pierre Camus portent que « suivant les lois et les coutumes du royaume, ceux qui possèdent la charge de conseiller et secrétaire de Sa Majesté, maison et couronne de France pendant vingt années ou qui meurent dans son exercice, acquièrent la noblesse et la transmettent à leurs enfants, en vivant noblement. »[8].
  • L'édit d'août 1669 apporte une restriction temporaire : il confirme la noblesse des secrétaires du roi, sauf s'ils sont morts avant vingt ans de charge, démissionnaires avant le même délai, voire honoraire avant les vingt ans[6].
  • l'édit d'avril 1672 réduit leur nombre à 240 dans un même corps. Les secrétaires supprimés par l'Edit d'avril 1672 ne gardent la noblesse que s'ils ont déjà à cette date vingt années de service[6]. Il ordonne « que les veuves et les enfants nés en légitime mariage de ceux qui meurent revêtus de leurs offices, quoiqu'ils n'ayent pas servi les vingt années prescrites par l'édit du mois d'août 1669; ensemble les secrétaires supprimés par le présent édit qui ont servi vingt années dans ces offices, jouissent des privilèges de noblesse à eux attribués. »[9].
  • L'édit de mars 1704 permet aux anciens titulaires de charges de secrétaires du roi supprimées en 1697 d'acheter un des 40 offices rétablis et d'additionner leur ancien temps de service au nouveau[6].
  • L'édit de juillet 1715 « Confirme les officiers secrétaires établis près les cours supérieures, dans le privilège de noblesse au premier degré, et leur attribue tous les honneurs et avantages dont jouissent les nobles du royaume, après vingt années de service, ou en cas qu'ils décèdent revêtus de leurs dits offices. » et « Déclare les officiers supprimés déchus du privilège de noblesse attribué à leurs charges, s'ils ne les ont pas exercé pendant vingt années accomplies. »[10].
  • L'édit d'octobre 1727 laisse penser que les secrétaire du roi morts depuis juillet 1724 et dont les offices ne sont pas rétablis ne font pas souche de noblesse[6]. Le roi « maintient les conseillers secrétaires du roi dans tous les privilèges qui leur ont été accordés, ou dans lesquels ils ont été confirmés par elle ou les rois ses prédécesseurs, pour en jouir conformément aux édits, déclarations, lettres patentes et arrêts rendus en leur faveur, et notamment aux édits des mois de novembre 1482, février 1484, avril 1672, mars 1704 et juin 1715, et à la déclaration du 24 octobre 1643.»[11].

Une condition de 20 ans en charge ou mort en charge pour transformer une noblesse personnelle en noblesse définitive

Selon l'Edit de juin 1715[2], Les secrétaires du roi devaient avoir exercé vingt ans leurs offices pour avoir la noblesse définitive [12].

Jean-Louis Vergnaud dans son étude sur les fonctions et privilèges des secrétaires du roi (1986) écrit: « De même depuis 1572, leur noblesse personnelle - s'il n'y a pas mort en charge - ne se transmet que s'ils ont servi vingt ans. »[6] Il précise pour la période 1672-1724 : « On observera donc toujours pour la période comprise entre 1672 et 1724, les tribulations de l’office dont est revêtu celui dont on recherche le principe de noblesse l’existence de lettres d’honneurs ou la preuve d’un décès en exercice donnant, seules, une certitude. »[6].

Les historiens et spécialistes de l'Ancien Régime François Bluche (agrégé de l'université et professeur d'histoire) et Pierre Durye (licencié en histoire et géographie et ancien élève de l'École nationale des chartes), dans l'ouvrage L'anoblissement par charges avant 1789 (1962 et réédité en 1998) écrivent :

« C'est en vain qu'une récente tentative a été faite pour prétendre que les secrétaires et leurs descendants jouissent de la noblesse héréditaire dès les lettres de provisions. La jurisprudence réunie à cet effet prouve, au contraire, que si le fils d'un secrétaire du roi échappe aux tailles comme noble, il ne s'agit pas là d'un privilège définitif mais qui vaut seulement « tant et si longtemps que son père sera revêtu de la charge de secrétaire du roi, s'il décède en la possession d'icelle, ou obtient lettres de vétéran. » Cette doctrine est renforcée par l'instruction du garde des sceaux du 6 mars 1789 : « Les personnes pourvues de charges donnant la noblesse, mais qui ne les ont pas acquises par 20 ans d'exercice, ne peuvent pas être considérées comme nobles et ne doivent conséquemment pas être assignées, quoiqu'elles possèdent des fiefs » (...). À la Restauration, ni les offices ni l'anoblissement par charges ne sont rétablis. Aucune loi ne définit la position du gouvernement à l'égard de la « noblesse inachevée ». (...) Comme un certain nombre de « nobles inachevés » reçoivent des lettres patentes de reconnaissance de noblesse, on pense parfois que Louis XVIII admet ipso facto le titre personnel d'écuyer de 1790 comme un titre héréditaire que seul un cas de force majeure n'a pas permis de légaliser à l'époque. Il n'en est rien, comme le montre la lecture des lettres patentes, des délibérations de la commission du sceau ou des rapports du commissaire du roi au sceau. »[5] [13].

Sur le terme noblesse personnelle, ils apportent cette précision : « Parmi les termes bizarres que le lecteur non initié découvrira en cet austère ouvrage, il y a d'abord l'expression de noblesse héréditaire ou encore noblesse transmissible. Il y a là comme un pléonasme, car, par définition, la noblesse française d'ancien régime est héréditaire. Il n'y a pas de noblesse personnelle et jamais personne n'est anobli à titre personnel, comme au XIXe siècle. Il existe, en revanche, des privilèges personnels de noblesse. En bénéficient les titulaires d'une charge anoblissante qui n'ont pas encore accompli la totalité du temps requis pour avoir la noblesse transmissible à leurs enfants, c'est-à-dire pleine et entière. »[14])

Avis du Conseil du Sceau et du Tribunal administratif de Paris sur la non transmission de la noblesse pour les secrétaires du roi n'ayant pas exercé 20 ans leur charge en 1790 à la suppression de la noblesse et des charges anoblissantes

Commission du Sceau :

« Monsieur Bouly de Lesdain examine la question controversée de la noblesse inachevée (...) Leopold Bouly de Lesdain, originaire de Valenciennes, acquiert en 1787 un office de secrétaire du Roi (...) Cette charge confère depuis le XVIe siècle l'équivalence d'une noblesse de quatre races immédiatement transmissible, à condition d'exercer pendant 20 ans cette fonction. La Révolution surgit avant l'expiration de ce délai. Sous la Restauration, une Commission du Sceau fut constituée pour examiner les demandes de confirmation. Au moment où toute la noblesse survivante souhaite obtenir un parchemin attestant sa qualité, la Commission décide la non-transmission de la noblesse aux officiers dépossédés. »[15]

Tribunal administratif de Paris :

Le 10 février 1994, dans ses considérations d’un jugement confirmant un arrêté du ministre de la Justice refusant à un descendant d’un secrétaire du roi l’inscription d’un titre d’écuyer, le tribunal administratif de Paris indique au surplus, que l'abolition de la noblesse et des titres nobiliaires le 23 juin 1790 ne constitue pas un cas de force majeure dispensant de remplir la condition d’exercer pendant une durée de vingt ans un office de conseiller-secrétaire conférant la noblesse pour pouvoir transmettre cette qualité à ses héritiers :

« Considérant au surplus qu'en admettant même que le titre d'écuyer ait été conféré à son ancêtre en même temps que la noblesse, le requérant ne saurait utilement soutenir que ce titre aurait été transmis dès cette date héréditairement à tous les enfants et héritiers mâles nés et à naître de M. Jean-Baptiste N, dès lors que, l'abolition de la noblesse et des titres nobiliaires par lettres patentes de Louis XVI données le 23 juin 1790 ne constituant pas un cas de force majeure, la condition d'avoir exercé son office pendant une durée de vingt ans pour pouvoir transmettre cette qualité à ses héritiers n'est pas remplie.[16].

Avis divergents des auteurs sur la notion de noblesse inachevée pour secrétaires du roi n'ayant pas accompli le temps de 20 ans en 1790 à la suppression de la noblesse et des charges anoblissantes

La notion de "noblesse inachevée" pour les familles issues de secrétaire du roi n'ayant pas accompli le temps en charge de 20 ans demandé pour acquérir une noblesse transmissible fait l'objet de divergences entre les auteurs qui ont écrit à ce sujet :

  • Alain Texier, docteur d’État en droit et spécialiste du droit nobiliaire écrit dans son ouvrage Qu'est-ce que la noblesse ? au sujet de la noblesse dite "inachevée": « Comme les mots l'indiquent, il s'agit de familles issues d'auteurs qui ont été en possession de la noblesse personnelle acquise et transmissible, ou d'un titre personnel ou non, et qui n'en ont pas obtenu le maintien à titre héréditaire. (...). C’est une connaissance insuffisante des institutions de l’Ancien Régime qui a permis la naissance d’expressions ou formules erronées appliquées çà et là à cette noblesse d’office, telle que : « nobles inachevés » (...) leur noblesse ne reposait pas sur une obligation de faire (20 ans de service), mais sur une obligation de ne pas faire (ne pas céder la charge avant 20 ans) ». Il conclut pour les charges au 1er degré : « Le titre d’écuyer héréditaire dans ces familles le 23 juin 1790 a été rétabli avec son hérédité au profit des officiers et des descendants mâles par les chartes de 1814 et 1830. »[17].
  • Régis Valette écrit : En effet si une charge exigeait vingt ans d'exercice pour acquérir une noblesse transmissible, l'entrée en fonction après le 23 juin 1770 ne permettait pas de remplir les conditions de durée. Or beaucoup oublient que le roi faisait, à défaut des vingt ans, reposer la transmission de la noblesse sur la santé du titulaire de la charge. Lors d'un décès après cinq ans d'exercices, le fils devenait noble, étant dispensé d'accomplir le reliquat de quinze ans (…) Le roi avait accordé une assurance contre la mort physique et a fortiori contre la mort de l'institution nobiliaire, qui en l'espèce, emporte les effet d'une mort en charge, si l'institution renait sous une forme ou sous une autre[18].
  • P. de Sémainville, ancien magistrat, écrit dans son ouvrage Code de la noblesse française (1860, 2e édition), chapitre Cas de suppression d'office : « Aussi, lors même qu'il n'eût pas existé de précédents pour fixer la jurisprudence dans le cas dont nous nous occupons, eut-il fallu interpréter ainsi le silence gardé par le législateur, au moment de la suppression générale des offices de l'ancienne monarchie (...) Tous les officiers qui n'ont pu prendre de lettres de vétérance après l'accomplissement de leur temps d'exercice voulu, ou accomplir, dans le degré requis, le nombre d'années exigé par les règlements, se trouvent par le fait, dispensés d'une condition qu'ils n'ont pu remplir. La noblesse dont ils jouissaient et qu'ils étaient en train aussi bien qu'en volonté d’acquérir pleinement à titre héréditaire, doit leur appartenir à eux ainsi qu'à leurs enfants. Ce serait à tort, selon nous, qu'on voudrait aujourd'hui inquiéter les uns et les autres sur la possession de leur noblesse. La seule chose qu'on soit en droit de leur demander pour sa justification, ce sont les provisions d'offices donnant la noblesse soit au premier degré, soit graduelle au second degré »[19].
  • Les historiens et spécialistes de l'Ancien Régime François Bluche (agrégé de l'université et professeur d'histoire) et Pierre Durye (licencié en histoire et géographie et ancien élève de l'École nationale des chartes), dans l'ouvrage L'anoblissement par charges avant 1789 (1962 et réédité en 1998) écrivent : « C'est en vain qu'une récente tentative a été faite pour prétendre que les secrétaires et leurs descendants jouissent de la noblesse héréditaire dès les lettres de provisions. La jurisprudence réunie à cet effet prouve, au contraire, que si le fils d'un secrétaire du roi échappe aux tailles comme noble, il ne s'agit pas là d'un privilège définitif mais qui vaut seulement « tant et si longtemps que son père sera revêtu de la charge de secrétaire du roi, s'il décède en la possession d'icelle, ou obtient lettres de vétéran. » Cette doctrine est renforcée par l'instruction du garde des sceaux du 6 mars 1789 : « Les personnes pourvues de charges donnant la noblesse, mais qui ne les ont pas acquises par 20 ans d'exercice, ne peuvent pas être considérées comme nobles et ne doivent conséquemment pas être assignées, quoiqu'elles possèdent des fiefs » (...). À la Restauration ni les offices ni l'anoblissement par charges ne sont rétablis. Aucune loi ne définit la position du gouvernement à l'égard de la « noblesse inachevée ». (...) Comme un certain nombre de « nobles inachevés » reçoivent des lettres patentes de reconnaissance de noblesse, on pense parfois que Louis XVIII admet ipso facto la qualification d'écuyer en 1790 comme un titre héréditaire que seul un cas de force majeure n'a pas permis de légaliser à l'époque. Il n'en est rien, comme le montre la lecture des lettres patentes, des délibérations de la commission du sceau ou des rapports du commissaire du roi au sceau[20] [21].
  • Philippe du Puy de Clinchamps, spécialiste de la noblesse française et auteur d'ouvrages sur cette dernière, écrit dans La noblesse (1968) : « La Restauration ne considérait donc pas la noblesse inachevée comme un droit automatique à une noblesse parfaite (...), conclusion, on ne peut guère nier que les familles qui ne pensèrent pas ou ne surent pas faire confirmer leur noblesse inachevée sous la Restauration ne peuvent pas en droit strict être considérées comme des familles nobles ou ayant appartenu à la noblesse et il est peut-être bon de souligner que les victimes de la suppression des charges avaient été indemnisées en 1791 (en assignats, il est vrai).»[22].
  • Pierre-Marie Dioudonnat écrit dans son ouvrage Le Simili-nobiliaire français : « On peut légitimement parler de noblesse inachevée pour désigner les familles dont l’auteur titulaire d’une charge en 1790, n’a pas pu respecter les obligations fixées par les textes (...). Le problème de la noblesse de ces officiers et de leurs descendants ne se posera qu’à partir de 1814 et du rétablissement de la noblesse par Louis XVIII (...). Il est constant que sous la monarchie restaurée ni les anciens titulaires des offices abolis en 1790-1791 (ou leurs descendants) , ni le pouvoir royal ne considèrent ceux-ci comme nobles. Aucun d’entre eux, sollicitant anoblissement ou reconnaissance de noblesse ne se voit opposer la possession d’une noblesse parfaite. Au contraire, même quand la commission du sceau, rendant au roi un avis favorable au demandeur, déplore que les évènements révolutionnaires, assimilés à la force majeure, aient empêché le solliciteur ou son auteur de parvenir à la noblesse, elle souligne par là qu’il n’est, à l’évidence, pas noble (...). Sauf anoblissement ultérieur, les descendants des titulaires de charges anoblissantes n’ayant pas fait leur temps, même si c’est à cause d’un bouleversement historique sans précédent, ne peuvent aujourd’hui figurer dans la noblesse subsistante. »[23].
  • En introduction de leur liste de familles de noblesse inachevée dans le Dictionnaire de la noblesse française F. de Saint-Simon et E. de Séréville écrivent :« La noblesse dite inachevée est un phénomène purement français parce qu’il s’applique uniquement aux titulaires de charges qui avaient acheté leur office selon le principe érigé par les Capétiens, du service de l’Etat, qui anoblissait son détenteur sous certaines conditions de durée de possession de la charge ou de générations dans la même charge (…) Le décret des 6 et 7 septembre 1790 supprima toutes les charges, dont certaines étaient anoblissantes (…) Les familles pourvues de ces charges anoblissantes , les unes au premier degré, le autres au second degré, n’ayant eu que des privilèges personnels de noblesse, ne pouvait transmettre leur situation nobiliaire en cours (…) Cette noblesse inachevée peut avoir été en possession d’offices donnant la noblesse, transmissible au premier degré, c’est-à-dire à la première génération. Elle requiert des conditions de durée d’exercice ou la mort en charge. Nous avons voulu, malgré la clarté des textes et tout ce qui précède dresser une liste des familles actuellement subsistantes, dont l’accession par charge à la noblesse n’a pu être achevée ou n’a pu être régularisée par les régimes postérieurs à la Révolution (…) Voilà tout le problème de la noblesse inachevée que la Révolution arrêta net dans son ascension et son achèvement. »[24].

Notes et références

  1. Jean-François Solnon, "Secrétaires du roi", dans : Dictionnaire du Grand Siècle, dir. François Bluche, Paris, Fayard, 1990, pages 1431-1432.
  2. 2,0 et 2,1 Nouveau recueil des édits, déclarations, lettres patentes, arrêts et règlements de Sa Majesté, lesquels ont été enregistrez au Parlement, 1738, page 397 : Edit du roi de juin 1715 confirmant le privilège de noblesse au premier degré aux secrétaires du roi et leurs enfants après 20 années de services ou en cas de mort en charge : « Pour donner des marques de nôtre atention à ceux qui seront pourvus des Ofices de nos Conseillers Gardes des Sceaux, nos Conseillers Audienciers , Contrôleurs & Secrétaires des Chancelleries près nos Cours , Conseils Supérieurs & Provinciaux, & à ceux que Nous dispensons de prendre de nouvelles Provisions pour lesdits Ofices ; Nous les avons maintenus & confirmez , maintenons & confirmons par le present Edit, dans le Privilège de Noblesse au premier degré , encore qu'elle n'eût pas été atribuée à tous lesdits Oficiers, par leurs Edits de création, leur atribuant en tant que besoin est ou seroit. Voulons qu'ils jouissent, ensemble leurs veuves & leurs enfans nez & à naître en légitime mariage, de tous les honneurs & avantages dont jouissent les Nobles de nôtre Royaume, après vingt années de service, ou en cas qu'ils décédent revêtus de leurydits Ofices »
  3. [Joseph-Nicolas Guyot, Philippe-Antoine Merlin, Traité des droits, fonctions, franchises, exemptions, prérogatives et privilèges annexés en France à chaque dignité, volume 4, 1788, page 299.
  4. 4,0 4,1 et 4,2 Louis d'Izarny-Gargas, Jean-Jacques Lartigue et Jean de Vaulchier Nouveau Nobiliaire de France : Classification des charges conférant la noblesse, Editions Mémoire & Documents, 1999.
  5. 5,0 et 5,1 François Bluche, Pierre Durye, L'anoblissement par charges avant 1789, Imprimerie centrale de l'ouest, 1962, page 54, vue 1.
  6. 6,0 6,1 6,2 6,3 6,4 6,5 6,6 6,7 6,8 et 6,9 Jean-Louis Vergnaud, De l'âge des services au temps des vanités. La compagnie des conseillers-secrétaires du roi, maison, couronne de France, et de ses finances. Histoire, fonctions et privilèges, Cahiers Saint-Simon, 1986, pages 66 note 88 et 67.
  7. Joseph-Nicolas Guyot, Philippe-Antoine Merlin, Traité des droits, fonctions, franchises, exemptions, prérogatives et privilèges annexés en France à chaque dignité, volume 4, 1788, page 299.
  8. Comte P. de Sémainville, Code de la noblesse française, 1860 (deuxième édition), page 391.
  9. Comte P. de Sémainville, Code de la noblesse française, 1860 (deuxième édition), pages 394-395.
  10. Comte P. de Sémainville, Code de la noblesse française, 1860 (deuxième édition), page 396.
  11. Comte P. de Sémainville, Code de la noblesse française, 1860 (deuxième édition), pages 396-397
  12. Armand Brette, Discours sur la noblesse et ses privilèges pécuniaires en 1789, Imprimerie nationale 1906, page 17.
  13. François Bluche, Pierre Durye, L'anoblissement par charges avant 1789, Imprimerie centrale de l'ouest, 1962, page 54, vue 2.
  14. François Bluche et Pierre Durye L'anoblissement par charges avant 1789, éditions ICC, 1998, page 12.
  15. Louis Trénard , Revue du Nord, 1963, page 424 : L. A. Bouly de Lesdain, Dans les coulisses de la Commission du Sceau de la Restauration
  16. Mémodoc : extrait du livre «Des Qualifications nobiliaires» de Jean-Louis de Kerstrat , Editions Mémoire & documents 1997.
  17. Alain Texier Qu'est ce que la noblesse?, page 48.
  18. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle, Editions Robert Laffont, page 12.
  19. Comte P. de Sémainville Code de la noblesse française, 1860, page 417.
  20. François Bluche, Pierre Durye, L'anoblissement par charges avant 1789, Imprimerie centrale de l'ouest, 1962, page 54, vue 1.
  21. François Bluche, Pierre Durye, L'anoblissement par charges avant 1789, Imprimerie centrale de l'ouest, 1962, page 54, vue 2.
  22. Philippe du Puy de Clinchamps, La noblesse PUF, 1968, page 71.
  23. Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire français, Sedopols, 2002, page 16.
  24. E. de Séréville et F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, Supplément, 1977, pages 1135-1136.


Bibliographie