Prêtres déportés sur les Pontons de Rochefort - Révolution Française

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Histoire

La constitution civile du clergé est votée par l'assemblée constituante le 12 juillet 1790.
Le clergé français se scinde alors en deux : d'une par les prêtres constitutionnels, assermentés ou jureurs, qui acceptèrent cette constitution, et les prêtres réfractaires qui la refusèrent.
L'assemblée décide donc en 1792 de déporter les prêtres assermentés en Guyane et à Madagascar depuis Nantes, Rochefort et Bordeaux.

Le 25 janvier 1794, un arrêté est pris ordonnant que les prêtres réfractaires soient conduits de brigade en brigade jusqu’au port le plus proche : Bordeaux ou Rochefort. Ils y seront détenus jusqu’à ce que des bâtiments de commerce nécessaires à leur transfert aient été affrétés.

  • 1494 prêtres furent dirigés sur Bordeaux,
  • 829 sur Rochefort.

À Rochefort les prêtres sont donc d'abord détenus dans différents endroits de la ville puis sur deux bâtiments de commerce aménagés pour le trafic d’esclaves, transformés en pontons (prison flottante) et alors ancrés en rade de Rochefort à partir de 1794

  • le Washington
  • les Deux - Associés

sont finalement armés pour le transport des déportés

Les pontons

Le commandement des navires fût assuré par

  • LALY pour les Deux-Associés et
  • GIBERT pour le Washington.

Les décès dus aux conditions de détention s’accélèrent, le scorbut, le typhus font des ravages.
L’épidémie est telle qu’enfin les prisonniers valides sont transférés sur un troisième navire, l’Indien

100 prêtres succombent

En juillet 1794, 100 prêtres succombent.
Au début on jetait les corps à la mer, mais la marée les ramenait au rivage provoquant des réclamations de la population.
On recherche alors un lieu de sépulture ; l’île d’Aix est retenue.
En août 1794, la mortalité ayant pris des proportions effrayantes, les capitaines reçoivent l’ordre de descendre les malades à terre
Un hôpital de campagne est installé à l' Ile-Madame dont le nom vient d’être changé en île Citoyenne.
Du 18 au 20 août 1794, le débarquement des malades s’effectue dans de mauvaises conditions (sur 83 malades débarqués, 36 sont morts quelques heures après)

Sur les 829 prêtres arrivés à Rochefort en mars - avril 1794, seuls 228, à peine le quart, ont survécus,

  • 36 enterrés à Rochefort,
  • 254 à l’île Madame, (croix de galets)
  • les autres dans les vases de l’île d’Aix (ossuaire dans l'église) et des forts qui gardent la Charente.

Les derniers survivants sont délivrés le 16 avril 1795] mais en octobre de cette même année la déportation reprend et les prêtres furent de nouveau détenus jusqu'au décret du 4 décembre 1796. Enfin sous le Directoire, à partir de mai 1798 et jusqu'au coup d'état de Bonaparte les prêtres furent une dernière fois emprisonnés.

Prêtes décédés

Nom (Prénoms) Date de naissance Date de décès Commentaires
ALEXANDRE Louis 1744 Octobre 1794 Frère convers Ordre des capucins de Morlaix, condamné à la déportation pour refus de serment
ASTREUSE Eucher 1739 21 novembre 1794 Curé de Balmont (diocèse d'Annecy), condamné par le tribunal du Mont-Blanc à la déportation pour refus de serment
AUBERGIER François 1741 9 octobre 1794 Curé de Chavagne (diocèse d'Autun), condamné par le tribunal de l'Allier à la déportation pour refus de serment
BANNASSAT Antoine 1729 Guéret 18 août 1794 Curé de Saint-Fiel (Creuse), condamné par le tribunal de la Creuse
DUMONET Claude né à Prisse 13 septembre 1794 Professeur au collège de Mâcon - Déporté sur le « Washington » - enterré à l’Île Madame
MOURINI d'ARGEFEUILLE
Pierre Marie
1750 Felletin (Creuse) 9 août 1794 Prêtre Chanoine de Reims, condamné à la déportation
LAPLACE Claude né à Bourbon-Lancy 14 septembre 1794 Prêtre de Moulins - Déporté sur les « Deux Associés » - enterré à l’Île Madame
REHM Jean-Georges
(Père Thomas)
né à Katzenthal 11 août 1794 Dominicain au couvent de Schlestadt - Déporté sur les « Deux Associés » - enterré à l’Île d’Aix
TABOUILLOT Nicolas Bar-le-duc 23 février 1795 Curé de Méligny-le-Grand (Meuse) - Déporté sur le « Washington » - Mort à l’Hôpital Maritime de Rochefort
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Le Ponton "Les Deux - Associés"

C'était un ancien navire négrier qui fut réquisitionné après l'abolition de l'esclavage par la Convention le 4 février 1794. Le commandement du ponton Les Deux associés était assuré par Laly. Les prêtres subirent des conditions de vie déplorables :

  • brimades physiques
  • menaces
  • injures
  • nourriture infecte.

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Martyrologe du clergé français pendant la Révolution - 1840

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Sources

Référence.png Notes et références