Paris - Église Saint-Louis en l’Ile

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C.Angsthelm


Histoire.pngHistorique

  • De style classique avec des éléments d'architecture jésuite, construire aux XVIIe et XVIIIe siècles.
  • 2012 - Rénovation de la façade.
  • L'église est consacrée à Saint Louis, roi de France sous le nom de Louis IX de 1226 à 1270. Nous savons qu'l venait prier sur cette île, alors occupée par quelques vaches, et qu'il y prit la Croix avec ses chevaliers en 1269 pour partir délivrer Jérusalem. Il racheta à l'empereur Baudouin II de Constantinople la relique de la couronne d'épines du Christ : on voit la statue placée sous la tribune de l'orgue en train de la porter.
  • L'île est le fruit d'une opération immobilière initiée en 1614 par le roi Louis XIII, confiant à Christophe Marie, entrepreneur général des ponts de France, le soin de construire des quais, un pont, et de lotir les terres de l'île rendues ainsi habitables. L'île Notre Dame et l'île aux vaches étaient jusque là la propriété du chapitre de la cathédrale. Aussi les premiers habitants demandèrent ils à ce chapitre de construire une chapelle pour leur assurer les secours de la Religion : chose faite dès 1623, et une paroisse indépendante fut même érigée en juillet de la même année. L'église Notre Dame en l'île , rebaptisée Saint Louis en 1634, avait sa façade sur la rue centrale, et son chœur orienté au sud. Elle était entourée d'un cimetière et d'un marché prévu le long de la rue Poulletier.
Église selon François Le Vau
  • Après que l'île fut entièrement bâtie, l'église devint trop petite (on estimera la population du quartier à 8000 habitants en 1790). Il fallut alors construire une véritable église paroissiale digne de ce nom. La décision fut prise le 10 décembre 1642, mais les difficultés financières obligèrent attendre 1656 pour que les travaux des fondations commencent. L'architecte 'Louis Le Vau habitait sur l'île, quai d'Anjou, et avait déjà édifié plusieurs hôtels. C'est à son frère François que revint l'honneur de dresser les plans de la nouvelle église, orientée cette fois normalement, c'est-à-dire vers l'est, longeant en conséquence la rue Saint Louis. Le marché et le cimetière devaient disparaître. La première du chœur fut posée par l'archevêque Hardouin de Péréfixe le 1er octobre 1664, la bénédiction d'inauguration et de consécration de l'autel fut célébrée par François de Harlay le 20 août 1679. Le Vau étant mort entre-temps en 1676, c'est Gabriel Le Duc (ancien architecte du Val de Grâce) qui termina le chœur, le reliant par un transept inachevé à l'ancienne église pour lui servir de nef provisoire.
  • Le 2 février 1703, un ouragan détruisit la toiture de l'ancien édifice, tuant un certain nombre de fidèles. Il fallait donc achever la nouvelle église ; une loterie royale permit de récolter des fonds. Le Duc meurt en 1702, et Pierre Bullet reprend les plans en suivant la logique architecturale du chœur. Le cardinal de Noailles en posa le première pierre en 1702. Jacques Doucet acheva la nef en 1723, et donna les plans définitifs du transept et de la coupole achevée en 1725. L'évêque de Grenoble, Jean de Collet, consacra l'église le 14 juillet 1726.
  • Quels détails faut-il retenir de l'histoire de cette paroisse avant 1789 ? Saint François de Sales aurait prêché dans l'église. Mais comme son voyage à Paris date de 1619, c'est au mieux une chapelle provisoire qui l'aurait accueilli. Saint Vincent de Paul tint de nombreuses réunions dans le quartier pour organiser ses bureaux de charité. De fait, il installa les Filles de la Charité en 1658 dans une école à côté de l'église, rue Poulletier. Bossuet prêcha un panégyrique de Saint Louis en 1663, ainsi que Fléchier en 1681.
  • Parmi les personnes enterrées dans l'église, le peintre Jean Baptiste de Champaigne (1681) et le poète Philippe Quinault (1688).
  • La tradition veut aussi que le jeune Bonaparte entra prier dans l'église en 1784 dans un voyage entre Brienne et l'Ecole Militaire.
St Louis en l'île Curé Corentin Coroller.jpg
  • Durant la Révolution française, l'église perd son orgue et presque tout son mobilier. Les statues dans les transepts de Sainte Geneviève et de Marie, de François Ladatte survécurent grâce à leur décoration en statue de la liberté et de l'égalité. Le curé depuis 1785, Corentin Coroller, prête le serment constitutionnel ce qui n'empêche pas la fermeture de l'église en 1791. En 1792, les métaux récupérables partent à l'Hôtel des Monnaies. Devenue dépôt littéraire, elle est ensuite vendue comme bien national le 31 juillet 1798 pour 60 000 francs à un certain Fontaine qui la laissa curieusement à la disposition du curé Coroller, réfugié auprès de Notre Dame, qui continua donc à y assurer le culte et à exercer son ministère dans le quartier. S'étant rétracté de son serment constitutionnel dès 1795, il devint curé concordataire de la paroisse dès 1802, c'est ainsi qu'à l'occasion du voyage à Paris, pour le sacre de Napoléon, du pape Paul VII, il demanda à ce dernier de venir célébrer dans l'église. Le Souverain Pontife visita de fait un certain nombre d'églises de la capitale durant son séjour de plusieurs mois. Le 10 mars 1805, il célébra la messe dans une église à peine remise en état, mais décorée de tapisseries des Gobelins. Comme toute une génération avait été privée de sacrements par la Révolution, il donna lui-même un grand nombre de premières communions. Sur l'actuel maître-autel, la tiare pontificale rappelle cet évènement.
  • C'est seulement le 15 décembre 1817 que la ville racheta l'église à Fontaine. Coroller demeura curé jusqu'en mai 1821.
  • Aujourd'hui, Saint Louis en l'Île est au centre de l'une des plus petites paroisses du diocèse de Paris, couvrant le territoire de l'Île Saint Louis, de la moitié de l'Île de la Cité (la cathédrale et l'ancien cloître Notre Dame) et de l'ancienne Île Louviers (le boulevard Morland couvre un ancien bras de Seine). La paroisse abrite depuis 1993 l'une des huit maisons du Séminaire diocésain de Paris.
  • L'église est classée Monument Historique.

(Source : feuillet disponible à l'église)

Patrimoine.png Patrimoine bâti

Grande richesse de décoration intérieure. Nombreuses œuvres d'art datant du XIVe au XXe siècle : peintures de Francesco Vecellio, frère du Titien, de Carle Van Loo, de Charles Copyel, de Jacques Stella ; remarquable sculpture en bois polychrome du XVe siècle, la Dormition de la Vierge, diverses céramiques, reliefs en albâtre, vitraux sur Saint-Louis et sa famille.

St Louis en l'Ile clocher.jpg
  • Un campanile s'élevait à la croisée du transept, mais il fut détruit par la foudre en 1740, et remplacé en 1765 par le clocher actuel, curieux par sa forme d'obélisque ajouré, destiné à ne pas avoir prise au vent puisque situé dans le cours de la Seine.
  • Selon les plans de Le Vau, l'église devait avoir pour portail principal une entrée à colonnade ouverte dans le transept nord, sur la rue. Si un projet de façade à l'ouest a existé, il n'a jamais été réalisé car il aurait fallu ouvrir une place devant elle et démolir plusieurs maisons déjà construites. L'église demeure donc pour toujours avec un mur pignon à l'ouest dépourvu de tout style, et une entrée ouverte dans la première chapelle latérale.
  • Jean Baptiste de Champaigne (1631-1681), neveu du célèbre peintre, dessina la décoration intérieure : mais la plupart des dorures que nous voyons actuellement datent du 19e siècle. Il faut s'imaginer à l'origine une église bien plus sobre et blanche (comme Saint du Haut Pas, Saint Thomas d'Aquin ou Saint Nicolas du Chardonnet, églises parisiennes de la même époque).
  • Un premier orgue fut installé sur la tribune en 1744 par François Henri Lesclop, dont nous connaissons le buffet par un dessin de la Bibliothèque Nationale, mais pas le descriptif technique. Les Jacquet de la Guerre furent titulaires de l'instrument appelé à disparaître comme tant d'autres durant la Révolution française.
St Louis en l'Ile Monument à Louis Bossuet.jpg
  • L'église reçoit une nouvelle décoration dans la seconde moitié du 19e siècle grâce aux décors de la Ville de Paris (vitraux du chœur, des chapelles nord, et peintures hautes des chapelles), et de certains particuliers (par exemple la chappele des princes Czartoryski) et surtout grâce à l'action de Louis Auguste Napoléon Bossuet, arrière petit neveu de l'évêque de Meaux, curé de la paroisse de 1864 à 1888. Ce curé passionné d'art dépense sa fortune et celle de sa famille en achetant de nombreuses petites œuvres d'art qui décorent les chapelles latérales, et en récupérant et restaurant un grand nombre d'ornements anciens de l'abbaye royale de Longchamp.
  • Les cannelures des pilastres, les dorures des écoinçons et des médaillons ont fait perdre à l'église sa sobre ordonnance architecturale originelle. Cette église "classique" s'est trouvée "baroquisée" au 19e siècle, mouvement qu'achève depuis 2008 l'installation du nouveau grand orgue de Bernard Aubertin par la ville de Paris.

(Source : feuillet disponible à l'église)


Chapelle Saint Louis


Les curés

Prénom(s) NOM Période Observations
Louis GUYARD de SAINT JULIEN 1623-1645  
Pierre de GRAVES 1645-1662  
Bernard CROS 1662-1693  
Jacques LUILLIER 1693-1726  
Barthélémy de LA BROISE 1726-1751  
Pierre GUILLAUME 1751-1759  
Jean AUBRY 1759-1785  
Corentin COROLLER 1785-1821  
J.B. HUBAULT MALMAISON 1821-1864  
Louis BOSSUET 1864-1888  
Adrien PRAVAZ 1888-1898  
Charles de CORMONT 1898-1900  
Albert DELAAGE 1900-1913  
Edouard ROUSSEAU 1913-1918  
Laurent SIBILLE 1918-1926  
Adolphe DUPARC 1926-1933  
Ferdinand RENAUD 1933-1940  
René AURAY 1940-1948  
Eugène RONCO 1948-1955  
André LEMARCHAND 1955-1959  
Henry AUBE 1959-1962  
Guy BEAUNIER 1962-1968  
Marcel BARBOTIN 1968-1973  
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