Paris - Église Saint-Jacques du Haut-Pas

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252 rue Saint Jacques - Métro : Luxembourg.


Histoire.pngHistorique

Le titre de l'église rappelle celui d'une vieille fondation hospitalière sur un des chemins de Compostelle. Une première église construite en 1584 est devenue rapidement insuffisante. En 1630 elle est remplacée par l'édifice actuel dont la première pierre du chœur est posée par Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII. Interrompue faute de crédit suffisants, les travaux reprennent grâce à la générosité d'Anne-Geneviève BOURBON-CONDÉ sœur des princes de CONDÉ et de CONTI . Daniel GITTARD fut l'architecte au XVIIe siècle de la façade et de la nef (1684).

Saint Jacques du Haut Pas Chemin de Compostelle.JPG
  • Lutèce n'est pas encore occupée par les Romains que déjà la rue Saint Jacques est un chemin très utilisé par les voyageurs qui traversent la Gaule. A l'époque romaine, elle s'appelle Via Superior. Dans cette rue, en 1180, des frères hospitaliers de Saint Jacques d'Altopascio (ce qui se traduit par haut pas), venus du diocèse de Lucques en Toscane, s'installent sur un terrain proche de l'église, hors de l'enceinte de Paris. Ces frères, qui appartiennent à un ordre militaire et religieux fondé sur la règle de Saint Augustin, hébergent les pauvres, soignent les malades et accueillent les pèlerins. Ils relèvent de la seule juridiction du Souverain Pontife.
  • Quelques années plus tard, Saint Louis fonde la commanderie Saint Jacques du Haut Pas, dont l'hôpital constitue le premier maillon d'une chaîne d'hôpitaux semblables placés sur l'itinéraire de Paris à Saint Jacques de Compostelle.
  • Malgré la suppression de leur ordre en 1459, par le Pape Pie II, quelques frères hospitaliers restent encore dans les lieux.
Saint Magloire_évêque de Dol_par Eugène Goyet
  • En 1572, Catherine de Médicis installe à leur place des bénédictins de Saint Magloire qu'elle vient de déloger de la rue Saint Denis. L'ancien hôpital devient un couvent où l'on transfère les reliques de Saint Magloire et de ses disciples. En 1620, les bénédictins sont remplacés par le séminaire des oratoriens du Père de Bérulle, premier séminaire de France que l'on désigne alors sous le nom de séminaire de Saint Magloire. Jean de La Fontaine y séjourne comme novice.
Reliquaire de Saint Magloire
  • Le quartier se peuple et dès 1572, ses habitants viennent suivre les office dans une partie de la chapelle des bénédictins. Ceux-ci exigent le départ des fidèles qui obtiennent de l'évêque l'autorisation de construire une église accolée au couvent Saint Magloire. En 1584, les paroissiens font édifier une petite église ; son chœur est orienté à l'est vers la rue Saint Jacques. On y accède par le cimetière. Cette église occupe l'emplacement de la nef actuelle.
  • En 1630, Gaston, duc d'Orléans, frère de Louis XIII, inaugure d'importants travaux ; on démolit le mur du fond de l'église, on inverse son orientation et on la prolonge.
  • L'église Saint Jacques de la Boucherie (dont il reste le clocher la Tour Saint Jacques près du Chatelet) est déjà dédiée à Saint Jacques le Majeur (de Compostelle). En 1633, il est décidé que les patrons de l'église seront Saint Jacques le Mineur et Saint Philippe. C'est toujours vrai aujourd'hui, mais l'église n'a jamais cessé d'être appelée Saint Jacques du Haut Pas.
Saint Jacques du Haut Pas Plan Boisseau 1654.jpg
  • En 1625, mère Angélique Arnauld installe rue du faubourg Saint Jacques une annexe du monastère de Port Royal des Champs. Les liens sont désormais étroits entre Port Royal et sa paroisse Saint Jacques du Haut Pas. En 1643, l'abbé de Saint Cyran, maître spirituel de Port Royal est enterré à côté du maître-autel de l'église en présence de nombreux prêtres de Paris. Son tombeau devient alors un lieu de pèlerinage très fréquenté. Le zèle des paroissiens de Saint Jacques va trouver un puissant appui dans la générosité de la duchesse de Longueville, soeur du Grand Condé, amie de Port Royal. Grâce à celle, en 1675, la construction peut reprendre.
Saint Jacques du Haut Pas Projet de Daniel Gittard.jpg
  • Daniel Gittard, l'architecte du chœur de Saint Sulpice, fournit des plans pour une nouvelle façade. En fait, au lieu des deux tours prévues par Gittard, une seule s'élève mais doublée en hauteur.
  • Le 6 mai 1685, les travaux achevés, une grandiose cérémonie de dédicace a lieu, durant laquelle prêchent Fénelon et Fléchier.
  • Quelques années plus tard, la chapelle de la Vierge est construite sur les dessins de Libéral Bruant, architecte des Invalides et de la Salpétrière.
  • L'église est sobre, peu décorée, l'exemple parfait d'une église dont le style est inspiré par la spiritualité de Port Royal.
  • Lorsque Port Royal des Champs est détruit par ordre de Louis XIV en 1711, le cœur de la duchesse de Longueville est déposé dans une chapelle de l'église.
Abbé Denys Cochin
Saint Jacques du Haut Pas Plaque commémorative Jean Denys Cochin.JPG
  • Jean Denys COCHIN est curé de la paroisse pendant près de 25 ans (1756-1780), consacrant beaucoup d'efforts à aider les pauvres. Il contribue aussi au renouveau liturgique de la paroisse, mais la grande oeuvre de sa vie est la fondation d'un hospice destiné à recevoir les malades dans le faubourg Saint Jacques, la première pierre de l'hôpital est posée le 25 septembre 1780. Lorsqu'il meurt en 1783 il léguera tout ce qu'il possède aux pauvres du quartier. Après la Révolution l'hôpital reçoit le nom de son fondateur, c'est encore aujourd'hui l'hôpital Cochin.
  • En 1793, l'église Saint Jacques est pillée comme bien d'autres églises. En 1795, la liberté des cultes est reconnue par la Convention. L'église Saint Jacques est une des quinze églises parisiennes qui sont mises à la disposition des catholiques. Le curé Vincent DUVAL est alors élu par le peuple. Mais en 1797, la loi assure l'égal accès des églises à tous les cultes qui le demandent. Sous l'influence des théophilanthropes, adeptes du culte de la Raison, l'église devient Temple de la Bienfaisance, en raison du nombre et de l'importance des œuvres charitables du quartier. On partage l'église : le chœur est donné aux théophilanthropes, et la nef reste à la disposition des catholiques.
  • Avec le Concordat, en 1807, le paroisse reprend sa vie normale.
  • L'église vient d'être classée aux Monuments Historiques en 2017[1].

(Source : Tableau d'affichage dans l'église)

Patrimoine.png Patrimoine bâti

Dans les chapelles plusieurs tableaux méritent l'attention : Saint-Pierre repentant de Jean Restout (XVIIIe siècle), Christ et les enfants de Fr. Gérard (XVIIIe siècle), Annonciation des frères Le Nain (XVIIe siècle), Autel, croix de Ambon de Léon Zack (1971). Messes pour sourds et malentendants.

  • Au 19e siècle, spécialement sous la Monarchie de Juillet et le Second empire, beaucoup d'efforts sont déployés pour embellir l'édifice, comme c'est le cas dans la plupart des églises.
  • La Ville de Paris avait, à la fin du 18e siècle, doté l'église du buffet d'orgue et la chaire provenant de Saint Benoit le Bétourné.
  • Elle confie la décoration de la chapelle de la Vierge à Auguste Glaize, élève de Deveria (1868).
  • Plusieurs tableaux et vitraux sont également mis en place tout le long du siècle
  • Le plafond de la chapelle des catéchismes, nouvellement construite, reçoit en 1851 un décor de Norblin, toujours en place.
  • Le 20e siècle s'est surtout attaché à rendre l'espace liturgique conforme aux décisions du Concile Vatican II. Dans les années 1960, avec l'appui d'André Malraux, le sol du chœur est mis au même niveau que le reste de l'église et toute sa décoration est supprimée. Le nouvel espace ainsi dégagé sert de seconde nef (petite nef). Un nouvel autel, oeuvre de Léon Zack, est placé à la croisée du transept.

(Source : tableau d'affichage dans l'église)


Chapelle de la Vierge

C.Angsthelm
  • Construite sur les plan de Libéral BRUANT (1635-1698), architecte des bâtiments du roi.
  • Les fresques de la voûte furent réalisées en 1868 par Auguste GLAIZE, élève de Deveria.


Chapelle saint Pierre

C.Angsthelm
  • Toutes ces commandes n'empêchent pas le mécénat privé de se manifester. Il est principalement illustré par la famille de Baudicour, présente sur le quartier depuis le 17e siècle. Elle offre en 1835 un maître-autel qui se trouve actuellement dans le bas-côté nord. Cette même famille prend également en charge la décoration de la chapelle Saint Pierre en l'ornant de tableaux anciens et modernes et d'un vitrail où figurent les armes de Pie IX.




Plaques commémoratives


Les curés

Prénom(s) NOM Période Observations
jean Denys COCHIN 1759-1780  
Vincent DUVAL 1795-  
Eugène HIRON 1864-  
- -  
François DELPIT 2018- Doyen de la paroisse Sainte Geneviève  



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