Ordre de la Libération

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L'ordre de la Libération

L'ordre de la Libération n'est plus décerné depuis le 23 janvier 1946, mais à deux reprises, l'ordre fut exceptionnellement réouvert, la première fois en 1958 pour Winston Churchill, la seconde en 1960 pour le roi George VI d'Angleterre.

Un chancelier et une chancellerie de l'ordre existent toujours. La croix de la Libération est portée par les compagnons de la Libération et dans certaines circonstances par leurs descendants. Enfin, le 23 février 1996, une fourragère de l'ordre a été créée.

Historique

Parallèlement à ses décisions politiques (accord avec la Grande-Bretagne fixant les statuts de la France Libre, création le 27 octobre 1940 d'un Conseil de Défense de l'Empire pour administrer les territoires d'outre-mer ralliés) le général de Gaulle créa le 17 novembre 1940 à Brazzaville l'ordre de la Libération.

Un décret, pris à Londres le 29 janvier 1941, régla l'organisation de l'ordre et fixa les caractéristiques de l'insigne.

La première promotion (29 janvier 1941) fut de 5 membres (dont 4 à titre posthume). Les 5 compagnons formèrent le Conseil de l'ordre avec le capitaine de vaisseau Thierry d'Argenlieu comme premier chancelier.

Les nominations dans l'ordre de la Libération, récompensant les services exceptionnels, restituent l'histoire des combats de la France Libre et de la Résistance. La France étant libérée, l'ordre reçut un statut inspiré de celui de la Légion d'honneur (10 août 1945). Il fut doté d'une personnalité morale et d'un budget. La chancellerie s'installa à Paris et l'amiral Thierry d'Argenlieu exerça jusqu'en 1958 sa charge de chancelier. En 1967, les services de l'ordre furent définitivement transférés dans un lieu de prestige, l'Hôtel National des Invalides.

L'ordre de la Libération était destiné à récompenser " les personnes ou les collectivités militaires et civiles " qui s'étaient " signalées dans l'œuvre de libération de la France et de son Empire ". En fait, il s'agissait de services exceptionnels, rendus dans une situation exceptionnelle. Cette volonté de réduire l'admission dans l'ordre aboutit à la création d'une véritable élite chevaleresque où tout le monde était à égalité quel que soit son grade (du simple soldat au général), quel que soit son âge (Mathurin Henrio, dit "Barrioz", avait 14 ans), sa nationalité ou son statut (militaire ou civil). L'ordre n'avait qu'un seul degré, celui de compagnon.

Le chef des Français Libres décerna 1 061 croix de la Libération dont 238 à titre posthume, 5 à des villes ou villages (Nantes dès le 11 novembre 1941, Grenoble en mai 1944, Paris puis Vassieux-en-Vercors et l'île de Sein), 18 à des unités des trois armées, dont les hommes portent de nos jours la fourragère de l'ordre (parmi celles-ci, la 13e demi-brigade de Légion étrangère, le Régiment de Marche du Tchad, le sous-marin Rubis, le Groupe de Chasse Normandie-Niemen).
Enfin 6 femmes furent décorées (dont 4 à titre posthume) ainsi que 14 étrangers (dont 4 personnalités : Churchill, Eisenhower, le roi du Maroc Mohamed V et le roi d'Angleterre George VI). La clandestinité entraîna des nominations sous pseudonyme (Jean Moulin fut fait compagnon sous le nom de caporal Mercier).

De nombreux compagnons sont morts pour la libération de la France entre le 18 juin 1940 et le 8 mai 1945 ; tous se sont illustrés de manière exceptionnelle. Néanmoins, certains restent plus que d'autres dans nos mémoires :

Mathurin Henrio, dit "Barrioz", héroïque enfant de quatorze ans, capturé par l'ennemi, et mort le 10 février 1944 dans des souffrances atroces, refusant de lui donner le moindre renseignement, Pierre Brossolette, dit "Bourgat" et "Boutet", mort le 22 mars 1944, se suicidant après deux jours de tortures pour sauver dans le silence l'organisation de la Résistance, lieutenant-colonel Jean Colonna d'Ornano, colonne Leclerc, mort le 11 janvier 1941, gouverneur général Félix Eboué, mort le 17 mai 1944, capitaine de frégate Honoré d'Estiennes d'Orves, bureau central de renseignement et d'action, exécuté le 29 août 1941, Jean Moulin, dit "Max", Président du Conseil National de la Résistance, mort des suites des tortures subies, le 8 juillet 1943.
Parmi les autres compagnons célèbres, on se souvient en particulier de René Cassin, Pierre Clostermann, Jacques Chaban-Delmas, Jean de Lattre de Tassigny, Philippe Leclerc de Hauteclocque, André Malraux, Pierre Messmer, René Pleven, Maurice Schumann.

Au 1er octobre 1999, 159 compagnons vivants ont été recensés.

La distinction

La décoration porte le nom de croix de la Libération. C'est un écu de bronze poli qui porte un glaive dépassant en haut et en bas, la poignée vers le haut. La lame du glaive est chargée d'une croix de Lorraine noire. Au revers est inscrit en exergue : Patriam Servando - Victoriam Tulit (En servant la Patrie, il a remporté la victoire).
Le ruban est vert, rayé de deux filets noirs verticaux et bordé de deux bandes plus épaisses de la même couleur. Le vert symbolise l'espérance et le noir le deuil. La croix de la Libération est immédiatement portée après la Légion d'honneur. Les descendants directs des compagnons de la Libération sont autorisés à porter la croix de leurs parents défunts à l'occasion des cérémonies commémoratives consacrées à l'ordre.

Le Collier du Grand Maître, réalisé en 1946 par l'orfèvre Gilbert Poillerat, fut remis au général de Gaulle, le 31 août 1947, par l'amiral Thierry d'Argenlieu. Il est composé de neuf maillons d'or réunis par des croix de Lorraine d'émail vert. Chaque maillon porte le nom d'un territoire de la France d'outre-mer rallié à la France Libre. À la mort du général de Gaulle, le collier ne fut bien sûr plus porté. Il est exposé au Musée de l'Ordre.

La fourragère de l'ordre de la Libération :
Le 18 juin 1996, le Président de la République, Jacques Chirac, remit la nouvelle fourragère de l'ordre de la Libération aux chefs de corps des unités, formations aériennes et bâtiments de guerre décorés de cet ordre. La cérémonie se déroula au Mémorial du mont Valérien (Suresnes), lors de la traditionnelle commémoration annuelle de l'appel du général de Gaulle.

La fourragère se compose d'un cordon rond, doublé sur la partie formant le tour du bras. Elle est tressée aux couleurs mélangées de l'ordre de la Libération : vert et noir. L'insigne de la croix de la Libération est fixé entre le ferret et le nœud du cordon.

Le chancelier et la chancellerie

Successeur de l'amiral Thierry d'Argenlieu, le chancelier de l'ordre de la Libération en est le personnage le plus important ; il n'y a en effet plus de Grand Maître depuis le décès du général de Gaulle en 1970. Nommé pour quatre années renouvelables, il est dépositaire du sceau. Il assure l'administration de l'ordre, du musée et des services de la médaille de la Résistance. Lors des cérémonies annuelles commémorant l'appel du 18 juin 1940, c'est lui qui accueille le chef de l'État et se recueille avec lui dans la crypte du Mont Valérien.

Les chanceliers

Amiral Georges Thierry d'Argenlieu (1941-1958)
Général Joseph Ingold (1958-1962)
Claude Hettier de Boislambert (1962-1978)
Général d'Armée Jean Simon depuis 1978.

La médaille de la Résistance française :

L'ordonnance du 9 février 1943 institua la médaille de la Résistance française, complétée par un décret portant l'application de l'ordonnance. Le 7 janvier 1944, une autre ordonnance, modifiée à son tour le 2 janvier 1945, actualisa l'organisation de cette distinction et organisa la possibilité de la distinguer avec rosette. La médaille de la Résistance française a été instituée pour reconnaître les actes remarquables de foi et de courage qui, en France et à l'étranger, auront contribué à la Résistance du peuple Français contre l'ennemi et ses complices depuis le 18 juin 1940.

Environ 45 000 médailles ont été décernées au total. À noter que cette distinction a été attribuée à 21 collectivités militaires dont 14 bâtiments de la Marine nationale, à 18 localités, à 6 communautés, écoles ou hôpitaux et à 9 collectivités diverses.

La commission de la médaille, créée par l'article 3 de l'ordonnance du 7 janvier 1944 est aujourd'hui chargée de donner son avis sur les propositions d'attribution de la médaille de la Résistance, à titre posthume, et de veiller sur les archives et les dossiers des médailles de la Résistance.

Ruban : noir, traversé par deux bandes rouges latérales et quatre autres bandes plus fines.
Médaille : elle est en bronze et porte à l'avers un bouclier frappé de la croix de Lorraine avec la date « XVIII-VI-MCMXL » (18 juin 1940) et au revers l'inscription « Patria non Immemor ».
Rosette : couleur noire et rouge, apposée sur le ruban.

L'administration de cette décoration a été confiée à la chancellerie de l'ordre de la Libération.

Illustrations - Photos anciennes.png En photos

Croix de la Libération2.jpg L'insigne, appelé « Croix de la Libération » est un écu de bronze poli qui porte un glaive dépassant en haut et en bas, la poignée vers le haut.

La lame du glaive est chargée d'une croix de Lorraine noire.
Au revers est inscrit en exergue : « Patriam servando victoriam tulit » (En servant la Patrie, il a remporté la victoire).
Le ruban est vert rayé de noir (le vert symbolisant l'espérance et le noir le deuil).


Remarques

La croix est immédiatement portée après la Légion d'honneur.
Les descendants directs des compagnons de la Libération sont autorisés à porter la croix de leur parents défunts à l'occasion des cérémonies consacrées à l'ordre (en ce cas il se porte à droite de la poitrine).
Il y eut 1 036 compagnons dont 271 à titre posthume.

Quelques compagnons célèbres : Maurice Schuman, Jacques Chaban-Delmas, Pierre Messmer, Christian Pineau, Alain Savary, Général Leclerc, Maréchal de Lattre de Tassigny, René Cassin (Prix Nobel de la Paix 1968) François Jacob (Prix Nobel de physiologie 1965) Romain Gary, André Malraux, Jean Moulin, Général Eisenhower, Mohammed V, Winston Churchill, Georges VI d'Angleterre...Seules 6 femmes ont été reçues dans l'ordre.

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