Navires-hôpitaux

De Geneawiki
Sauter à la navigation Sauter à la recherche



Page en construction.png
Cet article est une ébauche à compléter.
Vous pouvez partager vos connaissances en le modifiant.

< Retour à l'article "Marine nationale française"

Navires-hôpitaux

Les navires-hôpitaux de la Société des Œuvres de Mer 1896-1939

Lors de sa fondation dans les derniers jours de 1894, la Société des Œuvres de Mer se donnait comme mission primordiale de porter des secours matériels, médicaux, moraux et religieux aux marins sans distinction de nationalité, et plus spécialement à ceux qui se livraient à la grande pêche.

Pour atteindre ce but, elle armerait des navires-hôpitaux qui croiseraient aux époques convenables sur les lieux de pêches, bancs de Terre-Neuve et d’Islande.

Un médecin et un aumônier seraient embarqués sur chacun d’eux.

Les sept navires-hôpitaux de la Société des Œuvres de Mer

  • Le Saint-Pierre (1896)
  • Le Saint-Paul (1897)
  • Le Saint-Pierre II (1897)
  • Le Saint-François d’Assise (1900)
  • La Sainte-Jeanne d’Arc (1913)
  • La Notre-Dame de la Mer (1910)
  • Le Saint-Yves (1933)

Navires-hôpitaux (militaires)

XIXe siècle hôpitaux flottants

Au XIXe siècle des hôpitaux flottants furent disposés aux colonies tels la Minerve et la Caravane dans l’estuaire du Gabon puis on utilisa des transports hôpitaux pour les blessés et les malades.

Liste des navires-hôpitaux durant la guerre d'Indochine

Pour l’Indochine la marine fait construire, de 1877 à 1885, sept navires

  • l’Annamite
  • le Tonquin
  • le Mytho
  • le Shamrock
  • le Bien Hoa
  • le Vinh Long
  • la Nive

qui transportent des troupes à l’aller et des malades au retour

De 1886 à 1895, s’ajoutent à ceux de l’État des bâtiments de commerce comme

  • le Chandernagor,
  • le Comorin,
  • le Canton,
  • le Colombo
  • le Cachar

effectuant des navettes entre l’Extrême-Orient et la France.

Liste des navires-hôpitaux durant la guerre 1914-1918

21 navires–hôpitaux ont été engagés dans le conflit

Note : l'illustration du navire-hôpital Bateaux.jpg est provisoire, la remplacer par l'illustration (ou photo) réelle du bateau, si en votre possession.

Photo du navire-hôpital Nom du navire Type, compagnie Campagne Commentaires
Navire Hôpital Amiral Duperré.jpg Amiral Duperré
Navire hôpital
transport de troupes
Cargo mixte, CCR
Mis à flot: 18 mai 1901
(novembre 1914 – mars 1915). Commandant du navire-hôpital le lieutenant de vaisseau auxiliaire René EUDE [1]
Aumônier l’abbé Jules Henri MÉNARD [2]
Le pasteur Georges S. GALLIENNE, [3]
Navire Hôpital Amiral MAGON.jpg Amiral Magon
Navire hôpital,
transport de troupes
Cargo mixte, CCR
Mis en service en 1905
octobre 1914 devient navire – hôpital,
transporte les blessés de
Dunkerque à Cherbourg
jusqu’à fin décembre 1914,
est alors remplacé par le CEYLAN
Torpillé et coulé à 11h10, le 25 janvier 1917 lors d’une traversée Marseille – Salonique (Cdt Lenormand) par le sous-marin U 39 avec 900 hommes du 40e R.I. à 135 milles du Cap Matapan
Il sombre en 10 minutes. Le nombre exact de victimes serait de 211.
Les 809 rescapés sont recueillis par l’ARC et la BOMBARDE de la Marine Nationale.

Soldats décédés dans le navire-hôpital Amiral Magon- 1914-1918

Navire hôpital André LEBON.jpg André Lebon Paquebot, CMM
Mis à flot : 27 janvier 1913
Il a été retiré du service décembre 1952
(septembre 1916 – octobre 1917). Sa capacité est portée de 816 lits à 1200 lit en 1917.
Il est affecté à l'armée d'Orient (Salonique)
Il fera 10 voyages Toulon Salonique

Soldats décédés dans le navire-hôpital André Lebon- 1914-1918

Bateaux.jpg Ariadne Transporteur à roues, Compagnie Charles Tricot ((août 1915 – octobre 1917). Fin 1915, il est utilisé à Salonique pour transborder les malades du quai aux navires hôpitaux ancrés en rade.
Bateaux.jpg Asie Paquebot, CCR
Mis à flot le 12 février 1914
(décembre 1916 – novembre 1918). L' "Asie" sera transformé en navire-hôpital d’un capacité de 770 lits.
Sous les ordres du Commandant Paul BLAZY
En 1918, Le médecin major: le docteur MARIN
L' "Asie" effectua deux rotations mensuelles entre Salonique et Toulon avec quelquefois des escales à Bizerte, Milo, Bône et Alger.
Navire hôpital Bien Hoa.jpg Bien-Hoa Transport-hôpital de l’État
Mis à flot le 6 octobre 1880
(juin 1915 – novembre 1918). Juillet 1915, furent agréés en qualité d'aumôniers temporaires de la flotte, " destinés " au Bien-Hoa, l'abbé DUCURON, aumonier de la Marine retraité, et le pasteur TERRAS [4]
Il aura participé à trois sauvetages :
  • 16 naufragés d’un vapeur anglais, le « Cross Hill » torpillé en octobre 1916 ;
  • 207 naufragés du vapeur britannique "Calédonia", torpillé le 5 décembre 1916.
  • Quelques heures plus tard, 73 naufragés de « l’Algérie III » de la Compagnie des Transports Maritimes

Soldats décédés dans le navire-hôpital Bien-Hoa- 1914-1918

La Bretagne.jpg La Bretagne
devient le Bretagne II
Paquebot, CGT
Mis à flot en 1885
Démoli en Allemagne en 1923
(août 1914 puis janvier 1915 – mars 1917). Le lieutenant de vaisseau Bourges est nommé au commandement du transport Hôpital Bretagne [5]
M. l'abbé Gustave CONSTANT et M. le pasteur Émile Alfred Emmanuel CORINALDI destinés au transport-hôpital "La Bretagne" [6]
Bateaux.jpg Canada Paquebot, Compagnie Cyprien Fabrev
Mis à flot en 1912
Vendu pour démolition en Angleterre en 1952
(août 1914 – avril 1916). Chef du navire-hôpital entre mai 1915 et janvier 1916 (expédition des Dardanelles) : Médecin chef DEFRESSINE.
Le Canada, sous l'habille direction de M. le médecin chef Defressine, fit 13 voyages, de mai 1915 à avril 1916, évacuant 7592 blessés ou malades et fonctionnant comme hôpital pendant 328 journées; des milliers de pansements y furent fait et 288 interventions y furent pratiquées, avec contrôle radiologique, quand les chirurgiens les jugeaient utiles et nécessaires.
Bateaux.jpg Ceylan Cargo mixte, CGR
. Mis à flot le 30 juillet 1907
(novembre 1914 – janvier 1915
puis juillet 1915 – janvier 1916).
Le Ceylan est inscrit comme navire hôpital en remplacement de "l’Amiral Magon"
Stationnera à Dunkerque comme « dépôt des typhoïdiques » hébergeant 600 malades.
Effectuera de nombreuses missions de rapatriements sanitaires entre Salonique ou Moudros et Toulon
Bateaux.jpg Charles Roux Paquebot, CGT
Mis à flot en 1907
(juillet 1915 – mars 1916). Utilisé comme transport de troupes puis transformé en navire-hôpital.
Sert d’hôpital flottant à Moudros mais n’est pas utilisé pour transporter des blessés.
Bateaux.jpg Divona Paquebot, Compagnie navigation du Sud Atlantique
Mis à flot le 29 septembre 1886
Rayé des navires-hôpitaux le 11 mars 1918
(décembre 1915 – février 1918). -
Navire-hôpital Duguay-Trouin.jpg Duguay-Trouin Transport-hôpital de l’État
Mis à flot le 15 octobre 1878
(août 1914 – novembre 1918). 252 lits d'hôpitaux
Chef du navire-hôpital en 1915 Médecin en chef AVEROUS
A effectué 147 voyages et évacué 31.504 malades et blessés (320 décès)
  • juillet/août 1918 - hôpital fixe à Moudros
  • août/octobre 1918 - hôpital fixe à Toulon
  • novembre 1918 - hôpital fixe à Moudros

Soldats décédés dans le navire-hôpital Duguay-Trouin- 1914-1918

Bateaux.jpg Flandre Paquebot, CGT
Mis à flot le 31 octobre 1913
Le 14 septembre 1940, saute sur une mine dans l’embouchure de La Gironde et coule (pas de victimes)
(janvier 1917 – novembre 1918). -
Navire Hôpital France IV.jpg France IV
lancé sous le nom de
France
Paquebot, CGT
Mis à flot en 1910
(novembre 1915 – avril 1916
puis juillet 1916 – avril 1917).
Commandant le navire-hôpital "FRANCE-IV". Léon Eugène PONCELET
Bateaux.jpg Lafayette
lancé sous le nom d'
Ile de Cuba
Paquebot, CGT
Mis à flot le 27 mai 1914
(janvier 1917 – novembre 1918). Capacité de 1.400 lits
Sous les ordres du Commandant ROCH
Médecin principale :
  • 1917 : Docteur FAUCHERAND
  • 1918 : Docteur LETRONE
Bateaux.jpg Louqsor Paquebot, CMM
Mis à flot le 9 avril 1904
(décembre 1916 – mai 1917). Aumôniers temporaires de la flotte et affectés au navire hôpital Louqsor :
  • M. l’abbé Gabriel Jules NIORTHE ;
  • M. le pasteur Jules CALAS.
Bateaux.jpg La Navarre Paquebot, CGT
Construction et mise à flot : 1892
(décembre 1916 – novembre 1918). M. l’abbé Alphonse GARCIN, aumônier.
M. Eugène Charles Marie Gonzague BASTIDE, médecin de 2e classe.
Le 12 Avril 1918, le navire hôpital LA NAVARRE fut arraisonné par un sous-marin allemand.
Bateaux.jpg St François d’Assise Trois mâts goélette,
Société des Œuvres de Mer
Mis à flot le 4 décembre 1900
(sept 1915 – juillet 1916). -
Navire hôpital Sphinx.jpg Sphinx Paquebot, CMM
Mis à flot le 12 mars 1914
Coulé à Gênes par un raid de l’US Air Force le 5 janvier 1944
(septembre 1915 – février 1917). Le lieutenant de vaisseau auxiliaire GOUBAULT fut nommé au commandement du navire-hôpital Sphinx [7]

Soldats décédés dans le navire-hôpital Sphinx- 1914-1918


Bateaux.jpg Tchad Paquebot, CCR
Mis à flot le 3 août 1897
(décembre 1914 – novembre 1918). Placé sous les ordres du Commandant Le DRU
Médecin-chef Le CHUITON
Médecin de 1er classe OUDARD (a opéré le 31 juin 1915, le Général GOURAND Commandant en chef du Corps Expéditionnaire au Dardanelles qui sera amputé d'un bras)
Navire Hôpital Vinh-Long.jpg Vinh-Long Transport-hôpital de l’État
Mis à flot le 4 janvier 1881
(mai 1916 – novembre 1918). Comandant
  • CF BIFFAUD
  • CF CROUZET
  • Cf THEVENART

Chef du navire-hôpital

  • Médecin DEFRESSIME
  • Médecin Principale MESLET

Soldats décédés dans le navire-hôpital Vinh-Long- 1914-1918

Parmi les paquebots, l’André Lebon, le Louqsor, le Sphinx appartiennent à la Compagnie des Messageries Maritimes (CMM) – le Charles Roux, le Flandre, la Bretagne, le France IV, la Navarre, le Lafayette à la Compagnie Générale Transatlantique (CGT) – le Canada à la Compagnie Cyprien Fabre – l’Asie, le Tchad à la Compagnie des Chargeurs Réunis (CCR) – le Divona à la Compagnie de navigation du Sud-Atlantique

Situation des navires en 1918

Le grand nombre de blessés et de malades dans les troupes d’Orient imposent des moyens supplémentaires d’évacuation. Plusieurs navires sont inspectés, seul le « André Lebon » sera retenu.

Le 31 mars 1917, le Chef d’Etat Major de la Marine fait le point sur la situation de certains navires hôpitaux ;

« Tchad » et « Bretagne II » ont été rendus à leur armateur,
« Vinh Long », Duguay Trouin » et « Bien Hoa » ne tiennent qu'à force de réparations ».

En Mars 1918, les navires – hôpitaux français sont au nombre de sept, à savoir :

« Asie », « Bien Hoa », « Duguay Trouin », « Flandre », « Lafayette », « La Navarre », « Vinh Long ».

Un rapport d’activité établi en décembre 1918 concerne plusieurs navires-hôpitaux réquisitionnés : [8]

  • André Lebon (13 voyages – 11 050 hommes évacués)
  • Asie (15 voyages – 14 430 évacués)
  • Flandre (20 voyages – 13 799 évacués)
  • France IV (8 voyages – 20 000 évacués)
  • Lafayette (23 voyages – 21 137 évacués)
  • Sphinx (25 voyages – 21 345 évacués).

Convention de La Haye

Les navires-hôpitaux ont été définis en 1907 par le Convention de La Haye. Dans son article 4, défini les limites qu'un navire pouvait être considéré comme « navire hôpital ».

  • Le navire doit avoir des signes distinctifs et l'éclairage qui classifient comme tel.
  • Le navire fournira une assistance médicale aux blessés de toutes les nationalités.
  • Le navire ne doit pas être utilisé à des fins militaires.
  • Le navire ne sera pas interférer ou empêcher les navires militaires.

Les forces belligérantes, tel que désigné par la Convention de La Haye, inspectent les navires à l'hôpital pour vérifier les violations des points ci-dessus.
En cas de violation de l'une des limitations au-dessus du navire devrait être considéré comme unité de combat et il peut être légitimement frapper et irrécupérables.
Cependant, le feu délibérément ouvert ou couler un navire hôpital par rapport à la Convention de La Haye, est considéré comme un crime de guerre.

Les navires-hôpitaux ont la livrée blanche à bande verte de 1,5 m de haut et la croix verte sur la cheminée, conformes à l'article 5 de la Convention de Genève du 18 octobre 1907, pour les navires-hôpitaux militaires (pour les civils, la couleur est rouge).

Mort en mer

En cas de décès survenu en mer sur un bateau, l’acte inscrit sur le rôle de l’équipage est remis au retour au port d’attache du navire ensuite transmis dans les registres de la commune du dernier domicile connu.

Immersion en mer

Autrefois, lors d'un décès en haute mer à bord d'un navire, les marins avaient pour habitude de procéder à l'immersion du corps dans la mer ou l'océan.
Cette pratique s'explique par le fait que les bateaux n'étaient pas équipés de dispositifs permettant de conserver les corps jusqu'à l'arrivée à un port.

Savoir.jpg À savoir

Navire-hôpital à quai - hôpital flottant

Photo du navire-hôpital Nom du navire Type, compagnie Port / Campagne Commentaires
Bateaux.jpg Aquitaine - Marseille

Du 11 octobre 1914
jusqu’au 18 juin 1915
Hôpital Auxiliaire et hôpital Privé n°18 bis
Le 11 octobre 1914 affrété par les hôpitaux de Marseille, pour servir d’hôpital flottant dans le vieux port jusqu’au 18 juin 1915.
Comme hôpital Auxiliaire et hôpital Privé n°18 bis. Démoli à La Seyne sur Mer en 1927
Bateaux.jpg Doukkala Paquebot
Mis à flot 13 mars 1900
Marseille Installé comme hôpital flottant dans le vieux Port à Marseille pendant 6 mois
Capitaine P.G. VERGNES
Bateaux.jpg La Gascogne Paquebot Bordeaux

ouvert le 26 septembre 1914
fermé le 28 novembre 1914
"navire-hôpital" à quai de Bordeaux, probablement dépôt de convalescents
75 lits - 729 malades et blessés hospitalisés
Médecin-chef : docteur MAUGUIN

Mis à disposition

Photo du navire-hôpital Nom du navire Type, compagnie Campagne Commentaires
Bateaux.jpg Oxus,
Equateur
et
Portugal
Paquebots, CMM - Oxus, réquisitionné par l’État français et mis à la disposition de l’État russe afin d’être transformé en navire-hôpital, de même que l’Équateur et le Portugal.
Bateaux.jpg Formosa Paquebot mixte de la SGTM
Lancé le 29 Mai 1906
- Le 13 Juillet 1915 il est affrété par l’Amirauté Britannique
Repris par la SGTM à la fin du conflit il retrouvera la ligne d’Amérique du Sud.
Démoli en 1929 à La Spezia.

Péniches ambulances

Quelques lignes régulières :

  • sur l’Aisne : Soissons à Compiègne,
  • sur l’Oise : Compiègne à Creil et de Vaux à Pontoise,
  • sur la Marne et la Seine : Meaux à Choisy-le-Roi,
  • sur la Marne : Châlons-sur-Marne à Vitry-le-François,
  • sur le Rhône : Lyon.

Dès août 1914, des fonds ont été recueillis afin de préparer 4 péniches sous couvert de la Croix Rouge et de l’Union des Femmes de France. Ces navires stationnaient à Paris près du Pont Alexandre III.

  • ALBERT
  • ILE DE France
  • ALLIANCE FRANCO RUSSE
  • RABOISSON
  • DANOISE (LA)
  • SARRE (LA)

Visite à un bateau-ambulance

Un article du journal [9] local de l’époque le "Bourguignon" du 26-9-1914 nous éclaire sur les conditions de la mise en place d'une de ces péniches.

M. Breuillé, ingénieur en chef des ponts et chaussées de l’Yonne, le Comité d’Auxerre de l’Union des femmes de France et M. Georges Guilliet, l’industriel auxerrois, viennent, par une belle union patriotique, de réaliser une œuvre excellente d’humanité.
On sait que parmi nos blessés de guerre, il en est certains pour lesquels le transport par chemin de fer peut être funeste ; la trépidation violente et le mouvement des trains amènent souvent des complications fatales. M. Breuillé a jugé qu’il était urgent de recourir, au moins sur certains parcours, au transport par péniches sur les canaux et les rivières navigables du département.
Déjà, des bateaux doucement menés au halage ont déposé aux hôpitaux de Joigny, de Sens, de Montereau, un certain nombre de « grands blessés ».Après entente avec le Comité d’Auxerre des femmes de France, l’ingénieur en chef a été amené à envisager la création d’un service régulier partant du poste médical de « triage » de Saint-Florentin et permettant l’évacuation des blessés à Auxerre, Coulanges-sur-Yonne ou Clamecy.
Une massive péniche amarrée au nouveau port d’Auxerre – Damase, à M. Spelle, de Mortagne-du-Nord – a été aussitôt réquisitionnée et équipée en bateau-hôpital. Cette transformation a été de tous points heureuse.
D’abord, un lait de chaud dont les parois intérieures du grand bateau furent imprégnées… déclara aux germes microbicides une guerre à terminaison rapide. A l’extérieur, fut appliquée une bonne couche de goudron de Norvège et les moindres fissures furent bouchées. On arriva ainsi à obtenir, à l’avant et à l’arrière, deux vastes pièces fermant hermétiquement et éclairées à l’aide de verres striés ingénieusement disposés – des lampes avec réflecteurs assureront l’éclairage dés la tombée de la nuit.
Un point délicat subsistait : le local était approprié, mais comment y installer les blessés. M. Georges Guilliet se chargea de résoudre très complètement le problème en envoyant au bateau-ambulance cinquante lits établis avec beaucoup d’ingéniosité : quatre pieds de bois se prolongeant au-dessus d’un châssis de quatre planches et de toile d’emballage bourré de paille. Cette paillasse est-elle souillée, le lit est retourné, vidé et de la paille fraîche et propre y est immédiatement placée. Voilà une combinaison singulièrement hygiénique.
Le Comité des Femmes de France a la tâche de compléter d’aussi heureuses dispositions. Outre les draps nécessaires aux 50 lits, il fournira :12 toiles cirées, 50 couvertures, 60 assiettes, 60 couverts, 12 couteaux, 4 cruches, 2 seaux, un filtre à café de 12 tasses, 6 cuvettes, 3 brocs, 2 marmites émail, 3 casseroles, 12 bols, 24 gobelets, un pot-au-feu, des serviettes, des torchons, des mouchoirs et des chemises pour 50 hommes, un fourneau-cuisinière.
L’hôpital mixte d’Auxerre donnera le matériel nécessaire aux pansements ainsi que les produits pharmaceutiques employés en infirmerie.
Le personnel infirmier sera formé de quatre femmes de France et deux soldats. Le poste d’infirmerie a été établi dans la cabine, fort proprement aménagé, des mariniers. Il y aura là un lit de repos pour les infirmières, des armoires à linges, à médicaments, à objets de pansements, et la cuisinière où chauffera la popote du bateau-ambulance : consommé, café, lait chaud, eau bouillie.
Les pilotes actuels de la Damase, d’ailleurs mobilisé, conserveront la direction de leur bateau : ils auront pou mission d’aller prendre les blessés au « triage » de Saint-Florentin. Les lits étant rangés devant la péniche, chaque blessé couché sera hissé à bord à l’aide du treuil de la Damase ; pas de cahots, aucun risque de chute ou de mouvement pouvant amener une recrudescence du mal.
Le trajet de Saint-Florentin à Auxerre durera deux jours – dont une nuit d’arrêt forcé à Laroche.
A l’arrivée à Auxerre, le transbordement dans les différents hôpitaux s’effectuera de la manière suivante : des fourgons à déménagement prendront, à quai, les blessés toujours sur leurs lits et les transporteront là où le service médical l’aura prévu.
Les jours de beau temps – et que cet automne de guerre nous en prodigue, hélas – les panneaux recouvrant la péniche pourront être ouverts. L’air et la lumière arriveront à profusion dans les flancs de l’hospitalière Damase pour en vivifier la précieuse cargaison.

Le Monument National des Marins Morts pour la France

Au lendemain de la guerre 14-18, l'amiral GUÉPRATTE, héros des Dardanelles, rappelait à ses collègues que les marins disparus en mer n'avaient pour linceul que les flots de l'océan et qu'ils méritaient d'être honorés.
C'est à la Pointe Saint Mathieu, dans un site magnifique que fut construit le monument qui fut inauguré le 12 juin 1927.

Voir aussi.png Voir aussi (sur Geneawiki)

Logo internet.png Liens utiles (externes)

Référence.png Notes et références

  1. Par décret en date du 10 novembre 1914 (J.O., 12 nov. 1914, p. 8.660), fut nommé au commandement du navire-hôpital Amiral-Duperré
  2. Par décision du Ministre de la Marine en date du 11 novembre 1914 (J.O. 13 nov. 1914, p. 8.675),
  3. Par décision du Ministre de la Marine en date du 3 février 1915 (J.O. 6 févr. 1915, p. 613), fut destiné au navire-hôpital Amiral-Duperré
  4. (Ouest-Eclair, n° 5805, 8 juill. 1915, p. 4).
  5. Article du Nouvelliste du Morbihan N°44 des 21 et 22 février 1916 - Rubrique Chroniques Maritimes
  6. Le Gaulois, n° 14.356, Vendredi 2 février 1917, p. 2, en rubrique « Ça et là ».
  7. (Ouest-Eclair - édition de Caen -, n° 5924, 6 octobre 1915, p. 4).
  8. Extrait de la thèse de médecine de Charles LE GOAER Année 1919 - 1920, n° 30 (Bordeaux, Imprimerie moderne A. Destout ainé & Cie, 1919, 24 p
  9. A LIRE SUR L'YONNE RÉPUBLICAINE