Musée national de la Légion d'honneur

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Musée national
de la Légion d'Honneur
et Des Ordres de Chevalerie
Contact
Adresse : 2 rue Bellechasse

75007 Paris
Téléphone : 01 40 62 84 25
Télécopie : 01 40 62 84 96
Pictos contact.png Courriel : Contact
Logo internet.png Site Web : Le musée
Directeur:
Informations pratiques
Horaires d'ouverture: Ouvert : du mercredi au dimanche de 13 h à 18 h
(le mardi accessible aux groupes sur réservation)

Fermé : le lundi, les 1er janvier, 1er mai, 15 août,
1er novembre et 25 décembre

Tarifs : Gratuit

Présentation des collections

Pistolets d'honneur données par le Premier Consul

La Légion d'honneur s'inscrit dans le programme de réorganisation de la nation dû à l'initiative du Premier Consul Bonaparte : Code civil, Conseil d'Etat, Cour des Comptes, préfets, écoles... La France ne possédait plus alors de réel système de récompenses et Bonaparte était conscient de la nécessité de rétablir ce principe.

« Je défie déclarait le Premier Consul, qu'on me montre une République ancienne ou moderne dans laquelle il n'y a pas eu de distinctions (...). Les Français (...) n'ont qu'un sentiment, l'honneur. Il leur faut donc donner un aliment à ce sentiment-là ; il leur faut des distinctions. »

En vertu du principe de l'égalité de naissance, le décret du 30 juillet 1791 avait supprimé les ordres de Saint-Michel, du Saint-Esprit et de Saint-Lazare et du Mont-Carmel. L'Ordre de Saint-Louis devait subsister jusqu'au 15 octobre 1792. La prise de la Bastille et diverses autres journées révolutionnaires donnèrent lieu à l'attribution d'insignes, de médailles et de couronnes d'inspiration antique. Toutes ces distinctions furent supprimées par la Convention le 20 août 1793.

Les armes de récompense

Le Directoire (1795-1799), soucieux de prouver sa reconnaissance aux militaires méritants reprit un usage traditionnel dans l'armée : le don d'une arme personnelle décernée sans formalités réglementaires. Bonaparte avait d'ailleurs largement utilisé ce système en Italie et en Egypte.

Les armes d'honneur

Grenade d'or du citoyen Petit

Le Consulat, par arrêté du 4 nivôse an VIII (25 décembre 1799) complété par l'arrêté du 21 thermidor an IX (9 août 1801) institua les armes d'honneur afin de distinguer les soldats ayant accompli une action d'éclat. Ces armes, garnies en argent, portaient une inscription nominative et leur attribution donnait droit à une haute paie. Leur nature dépendait du grade du récipiendaire et de l'arme dans laquelle il combattait. Les grenadiers et soldats reçurent des fusils d'honneur ; les tambours, des baguettes d'honneur ; les militaires des troupes à cheval, des mousquetons ou carabines d'honneur ; les trompettes, des trompettes d'honneur ; les matelots, des haches d'honneur et les canonniers pointeurs, des grenades d'or à porter sur leur habit.

Les services d'une valeur extraordinaire étaient récompensés d'un sabre d'honneur assorti de la double paie. Environ deux mille armes furent ainsi distribuées, fournies en exclusivité par la manufacture de Versailles à l'exception des trompettes, grenades et haches. Les armes d'honneur étaient accompagnées d'un brevet et tous leurs bénéficiaires furent membres de droit de la Légion d'honneur dont ils formèrent la première promotion le 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803).


La Légion d'honneur

Le 29 floréal an X (19 mai 1802), est promulguée la loi portant création et organisation de la Légion d'honneur, après avoir été adoptée par le Corps législatif par 166 voix sur 276 votants.

Le nouvel ordre, dû à l'initiative du Premier Consul Bonaparte, se voulait un corps d'élite destiné à réunir le courage des militaires aux talents des civils, formant ainsi la base d'une nouvelle société au service de la Nation. Le 14 floréal an X (4 mai 1802), Bonaparte déclarait au Conseil d'Etat : « Si l'on distinguait les hommes en militaires ou en civils, on établirait deux Ordres tandis qu'il n'y a qu'une Nation. Si l'on ne décernait des honneurs qu'aux militaires, cette préférence serait encore pire car, alors, la Nation ne serait plus rien ».
Il élargissait donc à tous les citoyens le principe des décorations nationales établi dans l'article 87 de la Constitution de l'an VIII et réservées « aux guerriers ayant rendu des services éclatants en combattant pour la République ».
Il était composé de quatre grades (légionnaire, officier, commandant, grand officier). La dignité de grand aigle ou grande décoration ne fut créée qu'en 1805 (30 janvier). Hors action d'éclat, une durée de services de vingt-cinq ans était requise tant pour les services militaires en temps de paix, que pour les fonctions civiles. Les titulaires de la Légion d'honneur après réception d'une lettre d'avis devaient prêter serment à la République, puis, à l'Empereur. L'institution était administrée par un grand conseil qui nommait le Grand Chancelier, à l'origine le comte de Lacépède. Le siège de l'ordre fut fixé au palais de Salm, acheté à cet effet le 3 mai 1804 où il se trouve toujours aujourd'hui.

Les premières remises d'insignes

Jean-Baptiste Debret (1768-1848)
Première remise des insignes de la Légion d'honneur

Les premiers décrets de nomination de légionnaires furent publiés mais aucune remise de décoration n'eut lieu avant l'instauration de l'Empire en mai 1804. Napoléon attendit d'être Empereur pour fixer par décret, le 22 messidor an XII (11 juillet 1804), les insignes de la Légion d'honneur : une étoile d'argent pour les légionnaires, une étoile d'or pour les autres grades.

Le 15 juillet 1804 l'Empereur procéda à la première distribution de la Légion d'honneur dans la chapelle des Invalides au cours d'une fastueuse cérémonie officielle, la première de l'Empire. Napoléon, entouré des grands dignitaires de l'État, reçut le serment des grands officiers de la Légion d'honneur puis de toute l'assemblée des membres de l'ordre : maréchaux, invalides et soldats mais aussi savants, écrivains et artistes.
Après avoir reçu lui-même un aigle d'argent et un aigle d'or des mains de son frère Louis, grand connétable, l'Empereur procéda à la remise des insignes.

La cérémonie du camp de Boulogne

La deuxième cérémonie fut plus particulièrement destinée aux militaires titulaires d'armes d'honneur qui attendaient leurs insignes depuis plus d'un an ; ils reçurent leur décoration au camp de Boulogne, quartier général de l'armée des Côtes groupée en vue d'un débarquement en Angleterre, le 16 août 1804, au milieu d'un extraordinaire déploiement de forces et selon un cérémonial fastueux.
Une colonne commémorative, la colonne de la grande armée, fut érigée sur les lieux dans le vallon de Terlincthun.

La Restauration

Dès 1814, Louis XVIII rétablit les ordres royaux abolis par la loi du 6 août 1791, mais conserva la Légion d'honneur (art. 72 de la Charte). Après les Cent-Jours, le maréchal Macdonald, Grand Chancelier prit en main la restructuration de ce qui devenait l'Ordre royal de la Légion d'honneur réglementé par l'ordonnance du 26 mars 1816, texte fondamental dont certains articles sont encore d'actualité.
C'est alors qu'apparurent les brevets et que furent fixés les noms des grades et dignités tels qu'ils existent encore de nos jours : chevalier, officier, commandeur, grand officier et grand'croix ainsi que la manière pour chacun de porter la décoration.

La Monarchie de Juillet

Louis-Philippe mit en sommeil les ordres monarchiques ne conservant que la Légion d'honneur devenue le premier ordre français, place qui ne lui sera désormais plus disputée.

La famille impériale : Napoléon III, l'Impératrice et le Prince Impérial

La Seconde République et le Second Empire.
À chaque changement de régime politique, l'ordre dut s'adapter tout en conservant ses caractéristiques essentielles. Ainsi le décret organique du 16 mars 1852 reprit pour l'essentiel les dispositions de 1816 avec un nouvel élément, le Conseil de l'Ordre créé par le décret du 24 mars 1851. Peu auparavant, le 22 janvier 1852, la création de la Médaille militaire, décoration destinée aux soldats et aux sous-officiers et placée sous le contrôle de la Grande Chancellerie, était venue enrichir le système des récompenses nationales.
Évolution significative dans l'histoire de l'ordre, les femmes sont admises dans les rangs des chevaliers (la première fut Angélique Brulon le 15 août 1851). C'est aussi sous l'Empire que furent décorés les premiers drapeaux (Moniteur universel 14 juin 1859).

Les IIIe, IVe et Ve Républiques

À la chute de l'Empire, le gouvernement de la Défense nationale maintient la Légion d'honneur tout en supprimant définitivement le serment (5 septembre 1870), et donne aux insignes leur aspect actuel à quelques détails près. Un décret du 28 octobre 1870 abolit l'ordre en tant qu'ordre civil. Cette mesure allant contre l'esprit de l'institution fut abrogée dès le 25 juillet 1873. L'ordre fut à nouveau administré selon les principes du décret de 1852. Désormais, le Président de la République devient grand maître de l'ordre le jour de son investiture et en reçoit officiellement l'insigne : un collier d'or.
La Première Guerre mondiale marqua un tournant important dans l'histoire de l'ordre. Afin de récompenser l'héroïsme des combattants et de réconforter les familles, de nouveaux titres de nomination apparurent : tableau spécial, législation sur les mutilés de guerre, titres posthumes. Ces dérogations seront reconduites pendant la Seconde Guerre mondiale et maintenues pour les conflits d'Indochine et d'Algérie. Elles sont à l'origine d'un gonflement inéluctable des effectifs.

Enfin, le code en date du 28 novembre 1962 restitue à l'ordre toute la fermeté de ses caractères originaux en l'adaptant au monde contemporain et forme le socle définitif de l'institution établissant un respect strict des contingents fixés. L'application des directives du code sera facilitée par la création de l'ordre national du Mérite, le 3 décembre 1963, qui vient enrichir le système de décorations français. En permettant de mieux graduer la notion de récompense, il renforce encore le prestige du premier ordre national réservé aux seuls mérites éminents.

Si dans son premier siècle d'existence l'ordre de la Légion d'honneur était resté dans le domaine civil assez fermé, le XXe siècle voit s'étendre la diversité des activités récompensées ; l'ordre est ainsi devenu une institution ouverte et représentative de l'élite vivante d'un pays moderne.

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