Lyon - La grande peste de 1628

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Le nombre croissant des malades avait forcé les commissaires de la santé à prendre, dès le 22 août 1628, des mesures en faveurs de l’ensemble de la collectivité.

En effet, la « bêche » (barque) mise le 8 août au service de Saint Laurent et ses deux bateliers ne suffisait déjà plus. Pour ramasser tous les malades à travers la ville il fallait maintenant un tombereau.
Jusqu’alors, en effet, le mal s’était localisé assez précisément : la Guillotière, Bron, Les quartiers de St-Georges, Saint-Nizier et la côte Saint-Sébastien.

Mais depuis le 20 août les décès et malades se multipliaient. Le quartier des cordeliers fut à son tour gagné par la maladie. Les rues neufve, Bellecordière, de la Blancherie comptaient chaque jour de plus en plus de pestiférés.
Le 26 août, 5 cas se déclaraient chez les filles de Sainte-Catherine dans le quartier des Terreaux.

Pour assurer le bon ordre à Saint-Laurent et dans les Quarantaines, il fallu multiplier le personnel : chirurgiens, bateliers, hospitaliers, parfumeurs… L’hôpital Saint-Laurent lui-même ne répondait plus aux besoins pressants. Tous ceux qui le pouvaient devaient se faire soigner chez eux.

Le 29 août, le bureau de la santé achetait un autre chariot et un cheval pour « porter les corps décédez de contagion ». Désormais on creusa des fosses communes au Broteau d’ainay, dans l’enceinte de Saint-Laurent.

Il semble que le mal contagieux, qui au début du mois d’octobre, avait diminué d’intensité reprit avec plus de violence sur la fin de ce même mois. Le premier compte rendu des malades à St-Laurent date du 24 octobre 1628. Il y avait 3470 malades à l’hôpital des pestiférés et plus de 1640 convalescents en quarantaine.

La ville tout entière était donc sous le joug de la maladie au début du mois de novembre ou il y avait jusqu'à 300 ou 400 décès par jour. Seul le quartier de la Croix-Rousse a semble t’il été épargné par la contagion.
Mi-novembre, la maladie perdit de sa virulence. Fin novembre, le clergé de la ville organisa une procession générale pour remercier Dieu d’avoir exaucé leurs prières.

Quelques Lyonnais commencèrent a regagner leur domicile en ville. Le prévôt des marchands était lui aussi de retour.

Le 22 décembre, il n’y avait plus que 820 malades à Saint-Laurent.

Malheureusement au lendemain des fêtes, de nouveaux cas de maladie se manifestèrent. Malgré les précautions des commissaires de santé, les mesures de prudences ne furent sans doute pas scrupuleusement observées.
Cette alerte n’empêcha pas la procession de l’épiphanie.

A partir du 17 janvier, le nombre de mort décrut considérablement. En février, il n’y avait plus que 500 malades dans la ville et autant dans Saint-Laurent.
Jusqu’en juin le mal n’allait désormais pas cesser de décroître.

Chassé de la ville, la maladie n’en fut pas pour autant exterminé du royaume et ravagea les provinces proches : Bresse, Bugey, Dauphiné, Le Forez, la Bourgogne, Franche-Comté…


D’après « les Lyonnais et le mal » - Monique Lucenet