Le Soler

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Le Soler, porte de la Vallée de la Têt

À l'énoncé des diverses appellations toponymiques telles que répertoriées et classifiées par Pierre Ponsich, "Répertoire des lieux habités du Roussillon" ou par l'abbé Roudière, "L'écho du Soler, Mai 1907", et à la lecture des quelques rares notices monographiques écrites sur la commune de Le Soler, abbé Jean Gibrat, "Une paroisse dominicaine en Roussillon, 1916" ou Edouard Taillant, "Mon village Le Soler, 1968", il paraît étrange que l'évolution du nom de la localité puisse, en moins d'un siècle, de Pallaganum en 876, Pallagianum en 877, Palleianum en 959, se transmuter en Solarium de Orzone en 976. Il n'existe, entre ces deux dénominations, aucune base étymologique apparemment commune.

Si Plaute et Suétone employaient le mot latin solarium dans le sens de terrasse ensoleillée et, -le rapprochant de "solers"-, de maison en terrasse ou à étage, et Varon de cadran solaire, Cicéron en usait dans celui de clepsydre ou horloge à eau. En effet, bâti sur l'un des points culminants de la plaine, sur l'épaisse couche d'argile qui surplombe la Têt, Le Soler forme, de tous temps, une vaste terrasse exposée pleine soulane ce qui satisfait les linguistes.

Mais pourquoi certains auteurs latins, Pline, Cato, Columella..., en consommaient dans le sens de pressoir ? Était-ce pour la forme particulière que revêt cette machine à pressurer les raisins, les olives, les pommes...? Ou toutes autres raisons que nous ne pouvons qu'ignorer, les textes n'éclairant point trop notre religion? Pourrait-il exister une relation concordante avec "pressoir" dans le nom toponymique "Soler Ferriol ?"

Toutes les études étymologiques sérieuses ne s'intéressent qu'à la décortication de la racine de la première composante du nom originel omettant d'agir à l'identique avec le deuxième élément qui doit tenir un rôle prépondérant dans la compréhension et l'herméneutique du nom dans sa globalité, "Ferreoli" ou "Ferreolus."

De prime abord, Ferreol apparaît être le nom du propriétaire de la villa, de la maison en terrasse ou du domaine mais, il est, aussi, une espèce de "Vitis sylvestris" ou vigne antique. Si telle était la signification à retenir, le pressoir serait de rigueur, et Le Soler Ferriol serait déjà, au VIIe siècle - VIIIe siècle, et probablement dès le Ve siècle, un domaine viticole. Pouvant apporter une authentification à cette thèse, il s'avère que Sidoine Apollinaire, en 472, dans une lettre adressée à son ami Ferreol, préfet de la Narbonnaise, faisait état de plusieurs domus vitiarium, des vignobles, que celui-ci possédait en Pagus Rucinosensis. Le Soler Ferreol était-il l'un d'eux ? Et "Solarium", pris dans le sens de pressoir, le confirmerait d'autant qu'un deuxième écrit attribué à ce prélat fait l'éloge d'un "Mansio Eugeniæ proprere Solarium ad Ferreolus" tous deux propriétés domaniales de son "maître et amphitryon" illustre.

Au différent, "Pallaganum, Pallagianum ou Palleianum" apparaît attaché au nom du propriétaire, "Pallaga ou Palleia", de la villa romaine, -ou wisigothe-, auquel il a été ajouté le suffixe domanial "anum" désignant le lieu ou le domaine de, à moins que son radical ne soit "Palaga ou Pallaga" que Pline employait dans le sens de lingot d'or, "Paleæ, Palearum, Palleæ ou Pallearum", la paille pour Pline, Virgile et Columella, ou les paillettes et la limaille de cuivre pour Pline, ou encore "Palearium ou Pallearium" un grenier à paille pour Columella.

Si tel était, la villa Pallagianum ou Palleianum aurait été un domaine agricole où l'on y aurait cultivé et récolté des céréales, du blé tout particulièrement, aux blondes couleurs ambrées évoquant celles de l'or ou de son sol d'argile jaune cuivre.

Une autre théorie pourrait s'ordonner autour du substantif "Paleatum, Paleiatum, Palleatum ou Palleiatum", par Pline et Columella pris dans le sens de torchis, de mortier de terre grasse ou mêlée de paille hachée, matériaux qui auraient été utilisés pour bâtir la villa, si ce n'est à celui de "Pallas, Palladis, Palladanius ou Pallados", Minerve, et qu'il existât, en ce lieu, un temple ou un sanctuaire érigé en l'honneur de cette Déité, ou un lieu planté d'oliviers déterminant d'un domaine oléicole, les rameaux étant apanage et prérogative de la Déesse, ou "Palladium", le temple de Vesta, pour Ovide, et "Palladium ou Palladius", pour Valère Martial, l'asile des Muses.

Enfin, derniers postulats, primo, "Pallium", qui, pour Cicéron et Quintilien, désignait un manteau grec, pour Cicéron et Apulée, un drap mortuaire, secondo, "Pallula", que Plaute, dans son "Truculentus", assimilait à un petit manteau ou un mantelet, et, tercio, "Pallaganum, Pallagianum ou Palleianum" pourraient être ajointés au nom "Palla ou Pallæ", qualifiant, pour Valère Martial, poète épigrammatique ibérique protégé par Titus et Domitien, le manteau court des celtes-ibères et des gaulois, auxquels serait ajouté le suffixe domanial "anum" désignant le lieu ou le domaine des Grecs ? des Ibères ? des Sordons ? ou des Morts ?

Et comme pour confirmer ce dire, au lieu-dit oral "Le Castell", n'y a-t-il pas été déterminé, dans le cadre de prospections archéologiques menées en 1990, sur le territoire communal de Le Soler, par Messieurs Matabosch et Levavasseur, la présence d'un oppidum Sordon contemporain de celui de Ruskinon, -Ruscino ou Château Roussillon-, peuplade autochtone vivant en terres de Roussillon avant la romanisation ? Mais tout ci-dessus explicité ne peut-être que suppositions, aucun document, concernant dit domaine à vocation agricole, ne venant étayer ces théories...

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