Le Rhin (fleuve)

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« Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie,
ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent ». (L'ecclésiaste, 1.7)

Bateau sur le Rhin. Rocher de la Lorelei. 1901
Le vieux Rhin. Août 2017
Jardins du Rhin, Neuenburg-am-Rhein
Photo B.ohland

Le Rhin : vers le sud ou vers le nord ?

Lac de Constance. 1910. Attention, la vue est inversée par rapport à nos cartes actuelles. En réalité, le Rhin arrive par l'est (Bregenz) et ressort à l'ouest (Constance).
Chutes du Rhin à Schaffhouse. 1910

D'abord vers le sud

Le Rhin doit son origine aux ruisseaux issus de la fonte des glaciers des sommets alpins.

  • Aussi bizarre que cela puisse paraître, le fleuve n'a pas commencé par prendre une direction septentrionale. En effet, « Le Rhin supérieur était autrefois un affluent du Danube : il s'écoulait vers le sud, en direction de la mer Noire »[1]. Mais nous nous situons là deux millions d'années en arrière.
  • Cette thèse d'une orientation méridionale est accréditée par l'historien Lucien FEBVRE, mais par le biais d'une autre voie et vers une autre mer. Il nous interpelle en ces termes : « [...] notre Rhin n'a-t-il pas dû rompre ses liens primitifs avec un Rhône supérieur roulant par les vallées de la Broye et de l'Aar ? N'a-t-il pas renoncé à porter son flot puissant jusqu'à la Méditerranée »[2] ?

Puis vers le nord

Le changement de direction s'est opéré au moment de la dernière glaciation (il y a environ 10 000 ans).

  • Lors de la fonte des glaciers, les eaux ont alimenté le Bodensee (lac de Constance). Ensuite, après une chute de 23 mètres à Schaffhouse (en Suisse), le fleuve a opté pour la direction de Bâle.
  • Et là, « en suivant le fossé d'effondrement rhénan qui s'étend sur 360 km jusqu'à Bingen »[3], il a pris un virage à 90° vers le nord (virage couramment appelé "le coude du Rhin").


Le Rhin : unique ou multiple ?

Un fleuve unique

1) Géographiquement parlant

  • Après le Danube, le Rhin est le deuxième plus grand cours d'eau d'Europe.
  • Il baigne plusieurs pays : Suisse, Liechtenstein, Autriche, même une part de l'Italie, France et Allemagne, Pays-Bas. Par ailleurs, la Belgique et le Luxembourg font partie de son bassin versant. Enfin, il se fait un point d'honneur à desservir Rotterdam, le plus grand port du Monde.
  • Le Rhin représente « la plus importante artère navigable d'Europe »[4], une artère « qui génère le plus fort trafic sur ce continent [...] entre 60 et 110 bateaux par jour »[5].

2) Historiquement parlant

  • Un fleuve unique par son histoire mouvementée, marquée de conflits et de guerres dont il était l'enjeu.
  • Unique aussi le rôle humaniste joué par le Rhin en permettant non seulement le commerce des marchandises, mais aussi la diffusion d'idées et de cultures.

3) Unique suivant la vision d'un auteur historien
« Un Rhin sans égal ni rival en Europe », et plus loin « Le Rhin, quelque chose d'unique. D'étrangement prestigieux. Qui attire, fascine, envoûte »[6].

Un fleuve aux multiples facettes

Les divisions du cours du Rhin.
(Rq : les affluents sont tronqués. Voir autre croquis en bas de page)

1) Plusieurs tronçons

  • Sur son cours d'amont en aval, le fleuve est divisé en plusieurs sections, ayant chacune une dénomination différente :
- de sa source jusqu'au lac de Constance : le Rhin alpin, formé lui-même de deux branches :
- le Rhin antérieur, qui prend sa source dans le lac Toma près du St Gothard,
- le Rhin postérieur, qui prend sa source dans le massif de l'Adula au pied du Rheinwaldhorn,
- du lac à Bâle : le haut Rhin (à ne pas confondre avec le Haut-Rhin, département alsacien),
- de Bâle à Bingen : le Rhin supérieur,
- ensuite, le Rhin moyen, où se situent les gorges du Rhin,
- après Bonn : le Rhin inférieur « beaucoup plus calme, incarne la vieillesse du fleuve »[7].

2) D'autres sections

  • Jusqu'au XVIIIe siècle, la navigation n'était pas libre et le Rhin était tronçonné en de multiples petites portions nécessitant chacune un droit de péage : par exemple « plus de 60 entre Bâle et Tiel »[8] avant le XVe siècle.

3) Un cours démultiplié

  • Les eaux du Rhin empruntent des voies multiples :
- un labyrinthe autrefois (= avant l'emprise de l'homme) où il était « un dédale de bras enserrant des îles, des bancs de sable »[9],
- le "vieux Rhin", nom donné en Alsace à l'ancien cours du fleuve (à ne pas confondre avec le Vieux Rhin, bras néerlandais du fleuve avant son embouchure),
- le Grand Canal d'Alsace, résultat d'un projet ambitieux et d'un chantier titanesque au XXe siècle,
- les canaux d'irrigation, comme celui de la Hardt par exemple, qui avait pour objet de corriger les méfaits du Grand Canal d'Alsace sur la nappe phréatique,
- des canaux de jonction où différentes eaux se mêlent :
- canal du Rhône au Rhin,
- canal de la Marne au Rhin,
- canal du Rhin à l'Herne,
- le canal Rhin-Main-Danube (171 km) reliant depuis 1992 la mer Noire à la mer du Nord,
- enfin un delta aux Pays-Bas, où « le fleuve se scinde en quatre bras : le Lek, le Vieux Rhin, le Waal et l'IJssel »[10].

4) Une multitude de qualificatifs

  • Quels que soient les ouvrages parcourus, leurs auteurs ne tarissent pas d'éloges sur ce fleuve et le qualifient d'adjectifs très variés, dont certains font l'unanimité :
- le Rhin transcontinental, européen, international.../...royal, impérial.../...ou alors mythique, romantique...
- le Rhin puissant, majestueux.../...sauvage, fougueux, impétueux.../...ou apprivoisé, discipliné, dompté...
- le Rhin frontière, fossé.../...le Rhin trait d'union...
- la personnification du "Vater Rhein", dont une statue (créée pour Strasbourg, puis transférée à Munich) porte le nom,
- et pour l'historien Lucien FEBVRE qui fait allusion à son rôle de vecteur cosmopolite de connaissances et courants d'idées : « le Rhin "fleuve civilisateur" »[11].

5) Une vision plurielle

« Saint-Goar 17 août,
[...] Le Rhin réunit tout. Le Rhin est rapide comme le Rhône, large comme la Loire, encaissé comme la Meuse, tortueux comme la Seine, limpide et vert comme la Somme, historique comme le Tibre, royal comme le Danube, mystérieux comme le Nil [...] »

Le Rhin, lettres à un ami, lettre XIV, Victor HUGO[12]

Le Rhin : frontière ou passage ?

Une frontière pas si naturelle

1) Une frontière mouvante

Le poste frontière à Strasbourg. 1930
  • Pendant la Préhistoire, le concept de frontière n'existait pas, et peu à peu, diverses peuplades commencent à franchir le Rhin.
  • Voilà que Jules César avance ses pions sur l'échiquier. Alors, « Le Rhin est devenu, avec les Romains, frontière entre le monde civilisé et le monde resté barbare »[13]. Rôle qu'il perd au milieu du Ve siècle avec l'invasion des Huns.
  • Arrive Charlemagne, et réapparaît l'idée d'une « limite entre deux civilisations »[14], mais les conflits dureront près d'un siècle.
  • À la fin du Xe siècle, les Capétiens œuvrent à une délimitation de leur territoire ; puis aux siècles suivants, la royauté gagne du terrain. Ainsi en 1648, avec le traité de Westphalie, le Rhin devient frontière.
  • En 1804, suite au traité de Lunéville, le Rhin redevient un fleuve français, sous l'emprise de Napoléon.
  • Le Congrès de Vienne de 1815 « ramène la France à ses anciennes frontières »[15].
  • 1870 : Coup de théâtre : la Prusse prend place et le Rhin devient à nouveau un fleuve allemand.
  • 1918 : Revers de situation : le traité de Versailles remet en place la frontière de 1815.. jusqu'en 1939...
  • La suite est malheureusement connue de tous...
  • Enfin, la politique et le Marché Commun vont œuvrer à supprimer les frontières...

2) La défense du fleuve

  • Du temps des Romains, de nombreux camps militaires furent construits sur la rive "gauloise" du Rhin, dont très certainement Saletio (Seltz), Argentorate (Strasbourg) et Brisiacus (Vieux-Brisach).
  • Au XVIIIe siècle « furent érigées sur la rive gauche, des postes de gardiennage aménagés, appelés "redoutes" »[16]. Ils étaient placés à des endroits stratégiques et protégés par un remblai.
  • En 1940, la ligne Maginot démultiplie son système défensif. La ligne fortifiée des Vosges descend dans la plaine et rejoint le fleuve à la hauteur de Fort-Louis. « À ce niveau se fait la jonction avec la double ligne des casemates du Rhin qui se déploie sur plus de 100 km en direction de Bâle »[17].

Un lieu de passage

1) Diverses façons de passer le Rhin

  • Le fleuve étant à l'origine un véritable labyrinthe de méandres autour de bancs sableux ou caillouteux, il n'a pas constitué un obstacle. D'ailleurs, au débit de notre ère « Tacite, dans sa Germania (32,) ne distingue-t-il pas le Rhin impropre à créer une limite »[18]?
  • On pouvait franchir le Rhin :
- à pied, à cheval, avec chariot, en empruntant ses nombreux gués, surtout en période de sécheresse,
- à la nage, avec son risque de noyade... dans des troncs d'arbre évidés, dans des nacelles d'osier garnies de peaux...
- à pied encore, quand il était gelé, comme durant l'hiver 1788/1789 par exemple, où « on pouvait le traverser comme sur un pont »[19],
- en radeau, en barque, comme se fut le cas à Blodelsheim à la fin du XIXe siècle, où des Badois traversaient en grand nombre pour assister aux célébrations du curé missionnaire Joseph PHILIPPI,
- en bateau rhénan, en bateau à aubes à fond plat, puis en bac, ou en bateau à vapeur...

2) Toutes sortes de ponts

  • Des ponts de bateaux, à de multiples endroits.
  • « En 55, sur un pont de bois construit en 10 jours, les légions passent le Rhin »[20].
  • Un pont de pierre, datant de l'Antiquité, a été découvert aux environs de Kembs lors du creusement du Grand Canal d'Alsace. C'est le seul connu.
  • Les premiers ponts de Seltz et Strasbourg étaient vraisemblablement en bois ou sur pilotis.
  • Au XIIe siècle et au XIIIe, commence l'essor d'un commerce international, en passant par les cols vosgiens « ou le Rhin, que franchissaient les ponts de Bâle et de Brisach »[21].
  • En 1388, construction du Pont du Rhin, à Strasbourg.
  • En 1861, construction du Pont de Kehl (pont ferroviaire), toujours dans la capitale alsacienne.
  • En 2004, inauguration de la passerelle Mimram, du nom du célèbre architecte Marc Mimram, reliant la ville de Strasbourg à la ville de Kehl (Allemagne)
  • Et tant d'autres, ponts matériels... qui deviendront des ponts fraternels... tels un des derniers, entre Fessenheim et Hartheim, inauguré en 2006
  • En 2017, inauguration du pont du tramway, appelé "Pont Beatus Rhenanus", reliant la ville de Strasbourg à la ville de Kehl (Allemagne)

Le Rhin : un long fleuve tranquille ?

Long ? Moyennement

  • Le Rhin est certes plus long que nos fleuves français. Mais il n'arrive qu'à la 29e place mondiale, juste derrière le Danube. Dans une majorité de sources livresques du XXe siècle, il y avait consensus pour une longueur de 1320 km. Mais après les recherches d'un universitaire ayant supposé une inversion de chiffres, la longueur officielle est de « 1233 km »[22].
  • Par contre, il était plus long à l'époque de la dernière glaciation, car la dérive des continents n'avait pas encore détaché la Grande Bretagne et le niveau de la mer du Nord était nettement inférieur au niveau actuel. Alors, le Rhin allait se jeter « à Dogger Bank, actuellement une zone de hauts fonds et de bancs de sable, à 120 km à l'est des côtes britanniques »[23]. Et il avait pour affluent la Tamise !

Tranquille ? Pas toujours

Carte de Cassini

1) L'ancien cours du Rhin

  • Fleuve tortueux aux bras tentaculaires et aux méandres prononcés, le Rhin pendant longtemps n'a pas réussi à creuser son lit.
  • Les bancs de sable changeaient de place très souvent et « les bras qui une année formaient le lit principal, étaient délaissés l'année suivante. [...] La ville de Vieux-Brisach changea de rive à plusieurs reprises au cours des siècles »[24].

2) Le débit

  • Très irrégulier compte-tenu de l'alternance des périodes de sécheresse et de crues, le débit engendrait des tourbillons et rendait la navigation très difficile.
  • Depuis la régularisation du fleuve, le débit moyen à l'embouchure est d'environ 2200 à 2300 m3/seconde.

3) Les crues du Rhin

  • Avant d'être dompté le Rhin était souvent en crue et, dans la plaine, les inondations s'étalaient sur de très grandes surfaces.
  • Par exemple, « En 1480, Strasbourg était entouré d'eau dans un rayon de 30 km »[25].
  • D'autres crues suivirent... Après celles de 1837-1838, le fleuve changea à nouveau de lit.
  • Les 17, 18 et 19 septembre 1852, eut lieu en Alsace l'inondation la plus importante et meurtrière depuis deux siècles. Un bon nombre de digues furent éventrées ou emportées. « La première grande brèche se produit à Chalampé »[26], et sur une largeur de 250 mètres, le Rhin s'engouffre tel un torrent en furie et finit par submerger une douzaine de communes haut-rhinoises, puis une dizaine dans le Bas-Rhin... Les dégâts sont considérables et une grande solidarité se met en place, aussi bien matérielle que financière.
  • Cette catastrophe sert de leçon : elle entraîne le gouvernement français « à rétablir l'ancien crédit de 900 000 francs »[27], destiné à couvrir les frais des travaux de régularisation du fleuve dans le département du Haut-Rhin.

Le Rhin : un fleuve domestiqué

1) Le Rhin corrigé

  • Les précédents moyens de lutte n'étaient pas assez techniques et restaient inefficaces. La solution semblant la plus adéquate au XIXe siècle était de rectifier le cours du fleuve.
  • Le Rhin étant transfrontalier, il a fallu mettre toutes les idées en commun. On retient alors un projet déjà élaboré en 1812, celui de Johann Gottfried TULLA (1770-1828), ingénieur badois, directeur d'un service des ponts et des routes.
  • La collaboration est interrompue par la chute de l'Empire ; et c'est en 1841 seulement que le chantier commence. Il consiste en la création de deux renforts parallèles :
- une digue faisant office d'enrochement pour le lit mineur,
- une autre digue en arrière, dite "de hautes eaux", pour contenir les crues.
  • Ces travaux « corrigent le tracé du fleuve, effacent ses méandres et créent un lit régulier, raccourcissant le parcours de 32 km »[28].
  • La correction est terminée en 1876. Le Rhin se met enfin à creuser son lit, ce qui améliore la navigation.
  • Mais ...

2) Le Rhin régularisé
... Le fleuve creusant son lit, sa vitesse augmente et entraîne une érosion faisant apparaître une barre rocheuse aux environs de Bâle. La navigation est à nouveau entravée et l'activité des ports bâlois et strasbourgeois régresse.

  • Il faut trouver de nouvelles solutions pour contrer les conséquences négatives de la "correction" précédente.
  • L'idée retenue est celle d'une régularisation. On construit alors des épis transversaux « permettant au fleuve de draguer lui-même son lit »[29].
  • L'érosion ralentit. Le chenal redevient navigable, mais ... pas assez...
Panneau informatif aux écluses de Kembs-Lœchlé

3) Le Rhin canalisé

  • Au début du XXe siècle, les idées ne manquent pas... En 1902, celle de René KŒCHLIN semble intéressante mais aussi démesurée. On hésite, on négocie des deux côtés du fleuve... Puis arrive la guerre...
  • En 1919, « l'article 358 du traité (de Versailles) reconnaît le principe de construction d'un canal latéral au Rhin en rive française »[30].
  • René KŒCHLIN améliore alors son dossier dans lequel il propose d'exploiter la dynamique du fleuve pour produire de l'électricité. Il obtient l'approbation de la Commission Centrale du Rhin en 1925 et les travaux de canalisation commencent en 1928. L'ouvrage global, appelé "Grand Canal d'Alsace", concerne à l'époque la portion franco-allemande de Huningue à Rhinau, soit 88 km.
  • La première étape (1928) est l'édification d'un barrage à Kembs, qui relève le niveau du Rhin de 8 mètres. Puis l'usine hydroélectrique dans cette même commune est inaugurée en 1932 par le président de la république Albert LEBRUN.
  • Les étapes suivantes seront interrompues par la seconde guerre mondiale, puis s'échelonneront au fur et à mesure « dans la période 1950-1975 selon un schéma qui a été progressivement modifié »[31].
  • En tout, dix centrales seront aménagées sur le parcours (huit par EDF et deux franco-allemandes) avec à chaque fois des écluses faisant baisser le niveau d'eau d'environ 13 à 15 mètres :
D'amont en aval : Kembs, Ottmarsheim, Fessenheim, Vogelgrun, Marckolsheim, Rhinau, Gerstheim, Strasbourg, et les deux franco-allemandes Gambsheim et Iffezheim.


Le Rhin : entre passé et futur

1) Le Rhin nourricier

  • Dès les origines les hommes se sont installés au bord de l'eau. Ce fut aussi le cas le long du Rhin et certaines de nos villes furent d'abord des villages de pêcheurs, tel Munchhausen.
  • Le Rhin regorgeait de saumons, truites et autres poissons. C'est encore le cas de nos jours où un vaste programme de dépollution porte ses fruits.

2) L'or du Rhin

  • Ce n'est pas une légende. Depuis la nuit des temps, le Rhin charrie des cailloux aurifères qui se déposent dans ses alluvions et les orpailleurs eurent fort à faire. « Dès le Moyen-Âge, la plus grande partie de l'or a servi au monnayage »[32] : pour les premiers florins en 1359, puis le florin rhénan, titrant 23 carats, en 1386.
  • Des études réalisées en 1925 ont prouvé que le Rhin transportait chaque année 125 kg d'or jusqu'à la mer !

3) Le Rhin pourvoyeur d'emplois

  • Très vite le fleuve a généré le développement de certains métiers, à commencer par les pêcheurs, puis les bateliers qui se regroupèrent en corporations, telle celle de Strasbourg, créée en 1331. Ensuite, des bâtisseurs de ponts, des constructeurs de ports...
  • Au XXe siècle, le chantier du Grand Canal d'Alsace s'est montré très vorace en main d'œuvre. Pour chaque bief construit, « EDF a employé un personnel dont l'effectif journalier oscillait entre 2500 et 3000 ouvriers »[33]. Il a fallu également construire des cités provisoires par exemple à Hombourg ou Ottmarsheim et desservir les chantiers par des services de cars qui transportaient plus d'un millier de personnes par jour.
  • Enfin, le développement des industries le long du fleuve généra toutes sortes d'emplois nouveaux.

4) Le Rhin source d'énergie

  • Rappelons-le : l'objectif de René KŒCHLIN n'était pas seulement de maîtriser le fleuve, mais aussi de produire de l'électricité.
  • Le pari est gagné : l'aménagement du Rhin « produit actuellement 10% de la production française d'électricité hydraulique »[34].

5) Le tourisme rhénan

  • Si au début le Rhin se contenta de transporter des marchandises, par la suite il permit de véhiculer des personnes, des Zurichois par exemple et des Anglais à partir du XVIe siècle;
  • Mais c'est surtout l'ère de "la vapeur" qui favorisa le développement du tourisme. Les pionniers de ce nouveau mode de navigation furent les Anglais : « En 1817, le "Caledonia" arriva à Coblence, venant de Londres »[35].
  • Plus récemment, on vit se développer des croisières sur le Rhin romantique.

6) Un axe majeur

  • Depuis la navigations des Romains, en passant par le commerce hanséatique reliant le nord au sud, le Rhin a poursuivi une vocation toute tracée.
  • Il est devenu ce que beaucoup appellent « l'épine dorsale de l'Europe ». De tous les fleuves du Monde, c'est celui sur lequel on navigue le plus, avec « 300 millions de tonnes de marchandises transportées chaque année »[36].
  • En parallèle il a été le catalyseur d'un développement économique considérable sur tout son parcours.
  • Il est aussi devenu un lien, un symbole de réunification, de coopération transfrontalière.


Ainsi donc, après avoir été un fleuve marqué par l'Histoire, le Rhin devient un fleuve d'avenir...


Les affluents du Rhin

Le bassin hydrographique du Rhin s'étend sur 196 300 km2.
Voici, d'amont en aval, les principaux affluents du fleuve :

Répartition des affluents
  • Vers le Rhin alpin :
- l'Ill, en Autriche, sur la rive droite, 72 km
  • Vers le haut Rhin :
- la Thur, sur la rive gauche, en Suisse, 135 km
- l'Aar, sur la rive gauche, en Suisse, 288 km
  • Vers le Rhin supérieur :
- L'Ill, en France, sur la rive gauche, 216 km
- la Moder, sur la rive gauche, en France, 93 km
- la Lauter, sur la rive gauche, en Allemagne
- le Neckar, sur la rive droite, en Allemagne, 362 km
- le Main, sur la rive droite, en Allemagne, 527 km
  • Vers le Rhin moyen :
- la Nahe, sur la rive gauche, en Allemagne, 115 km
- la Moselle, sur la rive gauche, France, Luxembourg, Allemagne, 560 km
- la Lahn, sur la rive droite, Allemagne, 245 km
  • Vers le Rhin inférieur :
- la Sieg, sur la rive droite, Allemagne, 153 km
- la Wupper, sur la rive droite, Allemagne, 116 km
- l'Erft, sur la rive gauche, Allemagne, 106 km
- la Ruhr, sur la rive droite, Allemagne, 217 km
- la Lippe, sur la rive droite, Allemagne, 255 km
- la Meuse, sur la rive gauche, France, Belgique, Pays-Bas, 950 km : la Meuse rejoint un bras de la Waal (elle-même une des quatre ramifications du Rhin au niveau de son delta) et est donc considérée actuellement comme une rivière confluente du grand fleuve.

Nuvola apps bookcase.png Bibliographie

  • Mark SMALLEY et Denis-Paul MAWET, Le Rhin, collection "Les grands fleuves", Paris-Tournai, Éditions Gamma, 1996, 48 pages, ISBN 2-7130-1785-8
  • Lucien FEBVRE, Le Rhin, Histoire, mythes et réalités, Éditeur PERRIN, 1997, 284 pages, ISBN 2-262-01309-8 (Réédition d'un essai historique de 1931, publié hors commerce, qui était une collaboration entre un historien et un géographe - Albert DEMANGEON - et remanié en un livre intitulé "Le Rhin, Problèmes d'Histoire et d'Économie", publié en 1935 - publique)
  • Bernard FISCHER et François WAGNER, Du Rhône au Rhin, histoire d'un canal, collection "Parcours et labeurs", Saint-Cyr-sur-Loire, Éditions Alan SUTTON, 2008, 112 pages, ISBN 978-2-84910-824-6
  • Pierre KRETZ et Astrid RUFF, ALSACE SECRÈTE, Italie, Tana Éditions, avril 2014, 160 pages, ISBN 978-2-84567-888-0
  • Monique DECOVILLE-FALLER, La Hardt Haut-Rhinoise, contribution à l'étude d'une région agricole en voie de développement, collection "Recherches et documents", Tome V, Colmar, Les éditions d'Alsace, 1968
  • Bérangère GUILBAUD-RABILLER, Le Grand Almanach de l'Alsace, 72260 La Crèche, geste éditions, 2016, ISBN 978-2-36746-480-0
  • Antoine FISCHER, Connaissance du Rhin, Strasbourg, Éditions d'Istra, "Saisons d'Alsace", 1966, 365 pages
  • Mi-Dorf, bulletin communal de Blodelsheim, n° 12, décembre 1989, et n° 18, décembre 1992
  • Revue Dialogues Transvosgiens entre trois régions : l'Alsace, la Franche-Comté, la Lorraine, Aspects d'hier et d'aujourd'hui, n° 11, Ingersheim, Éditions Dialogues Transvosgiens, 1996, ISSN 0766-9682
  • Georges BISCHOFF, Histoire d'Alsace, Strasbourg, Éditions La Nuée Bleue, DNA, 2001, 83 pages, ISBN 2-7165-0438-5
  • Annuaire de la Société d'Histoire de la Hardt et du Ried, n° 12, Riquewihr, 1999, 150 pages, ISSN 0990-6894
  • Isabelle DUMIELLE, Sur les canaux d'Alsace, Lille - Rennes, Éditions Ouest-France, 2015, 120 pages, ISBN 978-2-7373-5876-0
  • Magazine trimestriel Mag' Haut-Rhin, n° 53, avril 20016, édité par le Conseil départemental du Haut-Rhin
  • Bernard VOGLER, L'Alsace, collection "Itinéraires de découverte", Rennes, Éditions Ouest-France, 2000, 127 pages, ISBN 978-2-7373-2462-9

Voir aussi.png Voir aussi (sur Geneawiki)

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Référence.png Notes et références

  1. Page 6, in Mark SMALLEY et Denis-Paul MAWET, Le Rhin, collection "Les grands fleuves", Paris-Tournai, Éditions Gamma, 1996, 48 pages, ISBN 2-7130-1785-8
  2. Page 66, dans le chapitre premier, I) La route : comment naît un fleuve, in Lucien FEBVRE, Le Rhin, Histoire, mythes et réalités, Éditeur PERRIN, 1997, 284 pages, ISBN 2-262-01309-8
  3. Page 11, in Mark SMALLEY et Denis-Paul MAWET, Le Rhin, collection "Les grands fleuves", Paris-Tournai, Éditions Gamma, 1996, 48 pages, ISBN 2-7130-1785-8
  4. Page 59, in Bernard FISCHER et François WAGNER, Du Rhône au Rhin, histoire d'un canal, collection "Parcours et labeurs", Saint-Cyr-sur-Loire, Éditions Alan SUTTON, 2008, 112 pages, ISBN 978-2-84910-824-6
  5. Page 148 in Pierre KRETZ et Astrid RUFF, ALSACE SECRÈTE, Italie, Tana Éditions, avril 2014, 160 pages, ISBN 978-2-84567-888-0
  6. Page 60 dans la préface, et page 251 dans l'annexe 1, in Lucien FEBVRE, Le Rhin, Histoire, mythes et réalités, Éditeur PERRIN, 1997, 284 pages, ISBN 2-262-01309-8 (Réédition d'un essai historique de 1931, publié hors commerce, qui était une collaboration entre un historien et un géographe - Albert DEMANGEON - et remanié en un livre intitulé "Le Rhin, Problèmes d'Histoire et d'Économie", publié en 1935 - publique)
  7. Page 6, dans la section "La géographie du fleuve", in Mark SMALLEY et Denis-Paul MAWET, Le Rhin, collection "Les grands fleuves", Paris-Tournai, Éditions Gamma, 1996, 48 pages, ISBN 2-7130-1785-8
  8. Page 160, dans le chapitre 3 intitulé "Des cités aux Nations", I) Les villes du Rhin, in Lucien FEBVRE, Le Rhin, Histoire, mythes et réalités, Éditeur PERRIN, 1997, 284 pages, ISBN 2-262-01309-8 (Réédition d'un essai historique de 1931, publié hors commerce, qui était une collaboration entre un historien et un géographe - Albert DEMANGEON - et remanié en un livre intitulé "Le Rhin, Problèmes d'Histoire et d'Économie", publié en 1935 - publique)
  9. Page 18, dans le chapitre V intitulé "L'hydrographie", 1) Le Rhin avant sa correction, in Monique DECOVILLE-FALLER, La Hardt Haut-Rhinoise, contribution à l'étude d'une région agricole en voie de développement, collection "Recherches et documents", Tome V, Colmar, Les éditions d'Alsace, 1968
  10. Page 14, in Mark SMALLEY et Denis-Paul MAWET, Le Rhin, collection "Les grands fleuves", Paris-Tournai, Éditions Gamma, 1996, 48 pages, ISBN 2-7130-1785-8
  11. Page 255, dans l'annexe 2, in Lucien FEBVRE, Le Rhin, Histoire, mythes et réalités, Éditeur PERRIN, 1997, 284 pages, ISBN 2-262-01309-8 (Réédition d'un essai historique de 1931, publié hors commerce, qui était une collaboration entre un historien et un géographe - Albert DEMANGEON - et remanié en un livre intitulé "Le Rhin, Problèmes d'Histoire et d'Économie", publié en 1935 - publique)
  12. Le Rhin, lettres à un ami est le fruit littéraire des trois voyages réalisés par Victor Hugo et son amie Juliette Drouet entre 1838 et 1840. Source : Page de la semaine 29, in Bérangère GUILBAUD-RABILLER, le Grand Almanach de l'Alsace, 72260 La Crèche, geste éditions, 2016, ISBN 978-2-36746-480-0
  13. Page 37, in Antoine FISCHER, Connaissance du Rhin, Strasbourg, Éditions Istra, "Saisons d'Alsace", 1966, 365 pages
  14. Page 46, dans le chapitre de Pierre FEUERSTEIN intitulé "Des invasions à nos jours", pages 45 à 66, in Antoine FISCHER, Connaissance du Rhin, Strasbourg, Saisons d'Alsace, Éditions Istra, 1966, 365 pages
  15. Page 58, in Antoine FISCHER, Connaissance du Rhin, Strasbourg, Éditions Istra, "Saisons d'Alsace", 1966, 365 pages
  16. Page 20 dans l'article d'Émile DECKER intitulé "Quand le Rhin devient frontière", in Mi-Dorf, bulletin communal de Blodelsheim, n° 18, décembre 1992
  17. Page 150, in Revue Dialogues Transvosgiens entre trois régions : l'Alsace, la Franche-Comté, la Lorraine, Aspects d'hier et d'aujourd'hui, n° 11, Ingersheim, Éditions Dialogues Transvosgiens, 1996, ISSN 0766-9682
  18. Page 77, dans le Chapitre premier, II) La frontière naturelle, in Lucien FEBVRE, Le Rhin, Histoire, mythes et réalités, Éditeur PERRIN, 1997, 284 pages, ISBN 2-262-01309-8 (Réédition d'un essai historique de 1931, publié hors commerce, qui était une collaboration entre un historien et un géographe - Albert DEMANGEON - et remanié en un livre intitulé "Le Rhin, Problèmes d'Histoire et d'Économie", publié en 1935 - publique)
  19. Page 38, dans l'article d'Émile DECKER intitulé "Blodelsheim pendant les années 1788 à 1790", in Mi-Dorf, bulletin communal de Blodelsheim, n° 12, décembre 1989, et n° 18, décembre 1992
  20. Page 94, Chapitre 2 : "Trois images, trois ferments", I) Romania, in Lucien FEBVRE, Le Rhin, Histoire, mythes et réalités, Éditeur PERRIN, 1997, 284 pages, ISBN 2-262-01309-8 (Réédition d'un essai historique de 1931, publié hors commerce, qui était une collaboration entre un historien et un géographe - Albert DEMANGEON - et remanié en un livre intitulé "Le Rhin, Problèmes d'Histoire et d'Économie", publié en 1935 - publique)
  21. Page 23, dans l'article intitulé "Un apogée économique et culturel", in Georges BISCHOFF, Histoire d'Alsace, Strasbourg, Éditions La Nuée Bleue, DNA, 2001, 83 pages, ISBN 2-7165-0438-5
  22. SIGES : Hydrographie Rhin-Meuse
  23. Page 13, in Mark SMALLEY et Denis-Paul MAWET, Le Rhin, collection "Les grands fleuves", Paris-Tournai, Éditions Gamma, 1996, 48 pages, ISBN 2-7130-1785-8
  24. Page 20, in Monique DECOVILLE-FALLER, La Hardt Haut-Rhinoise, contribution à l'étude d'une région agricole en voie de développement, collection "Recherches et documents", Tome V, Colmar, Les éditions d'Alsace, 1968
  25. Page 59, in Bernard FISCHER et François WAGNER, Du Rhône au Rhin, histoire d'un canal, collection "Parcours et labeurs", Saint-Cyr-sur-Loire, Éditions Alan SUTTON, 2008, 112 pages, ISBN 978-2-84910-824-6
  26. Page 100, dans l'article d'Olivier CONRAD intitulé "Fléaux et calamités naturelles au siècle dernier dans le Haut-Rhin", pages 93 à 110, in Annuaire de la Société d'Histoire de la Hardt et du Ried, n° 12, Riquewihr, 1999, 150 pages, ISSN 0990-6894
  27. Page 103, dans l'article d'Olivier CONRAD intitulé "Fléaux et calamités naturelles au siècle dernier dans le Haut-Rhin", pages 93 à 110, in Annuaire de la Société d'Histoire de la Hardt et du Ried, n° 12, Riquewihr, 1999, 150 pages, ISSN 0990-6894
  28. Page 34, in Isabelle DUMIELLE, Sur les canaux d'Alsace, Lille - Rennes, Éditions Ouest-France, 2015, 120 pages, ISBN 978-2-7373-5876-0
  29. Page 62, dans le chapitre intitulé "Le fleuve apprivoisé", in Bernard FISCHER et François WAGNER, Du Rhône au Rhin, histoire d'un canal, collection "Parcours et labeurs", Saint-Cyr-sur-Loire, Éditions Alan SUTTON, 2008, 112 pages, ISBN 978-2-84910-824-6
  30. Page 35, in Isabelle DUMIELLE, Sur les canaux d'Alsace, Lille - Rennes, Éditions Ouest-France, 2015, 120 pages, ISBN 978-2-7373-5876-0
  31. Page 29, dans l'article "Grand Canal d'Alsace, le chantier du siècle", in Magasine trimestriel Mag' Haut-Rhin, n° 53, avril 20016, édité par le Conseil départemental du Haut-Rhin
  32. Page 194 dans l'article d'Henri Gachot intitulé "L'or du Rhin", pages 185 à 198, in Antoine FISCHER, Connaissance du Rhin, Strasbourg, Éditions d'Istra, "Saisons d'Alsace", 1966, 365 pages
  33. Page 31, in Monique DECOVILLE-FALLER, La Hardt Haut-Rhinoise, contribution à l'étude d'une région agricole en voie de développement, collection "Recherches et documents", Tome V, Colmar, Les éditions d'Alsace, 1968
  34. Page 120, in Bernard VOGLER, L'Alsace, collection "Itinéraires de découverte", Rennes, Éditions Ouest-France, 2000, 127 pages, ISBN 978-2-7373-2462-9
  35. Page 337, dans l'article d'Antoine FISCHER intitulé "Tourisme sur le Rhin et la Moselle", pages 337 à 362, in Antoine FISCHER, Connaissance du Rhin, Strasbourg, Éditions d'Istra, "Saisons d'Alsace", 1966, 365 pages
  36. Page 29 in Magazine trimestriel Mag' Haut-Rhin, n° 53, avril 20016, édité par le Conseil départemental du Haut-Rhin


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