Le Cantal en quelques dates

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Blason du Cantal

Présentation du pays de La Haute-Auvergne

  • Le département du Cantal se distingue par sa grande cohérence territoriale et la stabilité de ses limites géographiques de l'Ancien Régime jusqu'aux temps contemporains. Ainsi il est singulier de constater à quel point les limites du département du Cantal ont respecté celles de l'ancienne Haute-Auvergne lui conservant ainsi son identité historique.
  • L'Auvergne est un pays de montagnes aux communications difficiles. Géologiquement, le département du Cantal est une région tourmentée avec en son centre, l'imposant massif cantalien, attaqué, à peine éteint, par l'action des glaciers. Ils ont creusé de profondes vallées, dégagé des sommets, aménagé de vastes plateaux.
  • Le Plomb du Cantal, environné de puys aux altitudes s'échelonnant de 1 400 à 1 800 m, culmine à 1 858 m. Les vallées au profil toujours en U s'évasent pour se terminer en bassin. Celui d'Aurillac, en aval de la rivière La Jordanne, s'étend sur 240 km². Entre les vallées, les plateaux étalent leurs vastes glacis de forme triangulaire. La Planèze sanfloraine est l'un d'entre eux et couvre 300 km².
  • Malgré ce relief si caractéristique, l'origine volcanique du massif auvergnat ne fut révélé que le 10 mai 1752, au cours d'une communication à l'Académie royale. La Haute-Auvergne est aussi appelée le pays vert car les ruisseaux et les torrents abondent. Les profondes vallées rayonnantes du cœur du massif cantalien creusées par les rivières ont accueilli les agglomérations blotties dans leur creux ou juchées au sommet de leur pentes. L'habitat y est donc dispersé et chaque village comptait de nombreux hameaux.
  • Économiquement, la Haute-Auvergne est un pays rural aux contrastes forts. Les riches pâturages en altitude du Nord du pays font contraste avec la pauvreté de la Châtaigneraie, au Sud.

La Haute-Auvergne au Moyen Âge

  • L'Auvergne méridionale qu'on appelait aussi le pays des montagnes était au Moyen Âge entre les mains de grands féodaux. les deux plus puissants d'entre eux, l'abbé d'Aurillac dont l'établissement avait été fondé en 894 par le comte Géraud, et son voisin le vicomte de Carlat se disputèrent âprement sa possession. Cependant le roi de France veillait. Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX, eut comme mission d'organiser le pays et d'y installer les rouages de l'administration royale.
  • Il installa en 1250, le bailliage des Montagnes d'Auvergne dont le ressort s'étendait sur les pays d'Aurillac, de Saint-Flour et de Mauriac. Alphonse de Poitiers tenta avec succès, d'attirer sous son autorité les détenteurs des seigneuries au détriment du vicomte de Carlat, comte de Rodez. Ce dernier entra donc en conflit avec le roi. Tout se régla en 1268 par un traité très favorable à la cause royale. Dès lors, les progrès du pouvoir central se poursuivirent grâce à l'action sur le terrain des baillis royaux qui opérèrent au nom du sceau royal dès mars 1303.

La vicomté du Carladès

  • Le Carladès doit son nom à la forteresse aujourd'hui disparue, bâtie à Carlat, sur un pic basaltique entre Haute-Auvergne et Rouergue, à quelques vingt kilomètres d'Aurillac. Il apparut pour la première fois dans des documents du Xe siècle. Il changea de nombreuses fois de maîtres et son destin est inséparable de celui de la Haute-Auvergne.
- Du Xe au XIe siècles : le Carladès subit l'influence de la politique des princes du Sud, les puissantes familles de Milhaud, de Provence et de Barcelone.
- Au XIIe siècle : le Carladès appartenait au roi d'Aragon et le domaine utile au comte de Rodez.

Du duc de Berry aux ducs d'Armagnac et de Bourbon

- Au XIVe siècle : la vicomté entra par alliance dans la maison de Pons, grande famille du Sud-Ouest. Renaud VI de Pons reconnaissait comme suzerain le duc de Berry qui avait reçu du roi les duchés d'Auvergne et de Berry en dédommagement des accords du traité de Brétigny qui cédait le Poitou aux Anglais.
En 1392, Jean de Berry acheta à Renaud VI de Pons la vicomté de Carladès qui demeurait la plus grande seigneurie de la Haute-Auvergne.
- Marie, une de des filles de Jean de Berry obtint en héritage le duché d'Auvergne et épousa Jean, duc de Bourbon. Le duché vint donc enrichir les immenses possessions des Bourbons. Le Carladès revint à sa sœur, Bonne remariée à Bernard VII, comte d'Armagnac.
Dans les années 1420, Bernard d'Armagnac résidait au château de Carlat. Familier du roi Louis XI, il épousa sa cousine, Louise d'Anjou. Cependant sa participation à la rébellion nobiliaire contre le roi, qu'on appela la Ligue du droit public, lui valu d'être exécuté en 1477.

La Haute-Auvergne devient terre royale en 1531

  • La disparition des Armagnac consacra la suprématie des Bourbon qui possédèrent alors toutes les grandes seigneuries de la Haute-Auvergne après l'acquisition en 1489 de la vicomté de Carlat et de Murat.
  • La trahison du connétable Charles de Bourbon allié à l'empereur Charles Quint entraîna en 1527 la confiscation de ses biens qui furent attribués en douaire à Louise de Savoie, mère du roi François 1er.
  • En 1531, La Haute-Auvergne et le Carladès devinrent terres royales à la mort de la reine mère, ses domaines ayant été réunis à ceux de la Couronne.
  • En 1547, le comté d'Auvergne fut délaissé à Catherine de Médicis, reine de France. Après les violentes et meurtrières guerres de Religions, les forteresses du Carladès jugées dangereuses pour le pouvoir royal - Carlat, Murat et Mur-de-Barrès en Rouergue, furent rasées.

La Haute-Auvergne de l'Ancien Régime

  • En 1609, le gouverneur et lieutenant général de la Haute-Auvergne reçut pour le roi, l'hommage de ses vassaux. Dès lors, le Carladès, privé de ses châteaux, servit d'apanage à trois reines jusqu'à la donation de 1643.

Novembre 1643 : les princes de Monaco, comtes de Carladès

Par lettres patentes, Honoré II Grimaldi, qui avait soutenu le roi de France durant la terrible guerre de Trente ans, reçut un ensemble de territoires situés en France afin de le dédommager des pertes dues à la confiscation de ses terres et seigneuries situées en Espagne. La vicomté de Carladès, excepté Murat, en fit partie et à cette occasion fut érigée en comté. Le traité de Westphalie d'octobre 1648 qui mit fin à la guerre, entérina la donation.
En novembre 1643, le prince monégasque entrait en possession du comté de Carladès, de la baronnie de Calvinet, et des mandements de Vigouroux, Turlande et du Barrez. Ses successeurs conservèrent la seigneurie utile du comté jusqu'à la Révolution de 1789.

Naissance du département du Cantal en 1790

Le département du Cantal qui porte le nom de son point culminant - le Plomb du Cantal - issu de la partie sud de la province d'Auvergne connue sous le nom de Haute-Auvergne, fut créé le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789.
Il fut divisé par le décret du 26 février 1790 en 4 districts (Aurillac, Mauriac, Murat, Saint-Flour), 20 cantons et 273 lieux. Par la loi du 28 pluviôse an VIII, "Loi concernant la division du territoire de la République et l'administration ", les districts devinrent des arrondissements. Celui de Murat fut ensuite supprimé par le décret du 10 septembre 1926 portant dorénavant leur nombre à trois. Les cantons de l'ancien arrondissement de Murat furent rattachés à l'arrondissement de Saint-Flour.

L'exode rural du XIXe siècle

Le manque de ressources et la difficulté de se procurer du numéraire ont poussé depuis toujours les habitants à s'expatrier. Mais cette émigration vers l'Espagne principalement n'était pas définitive. Il n'en fut pas de même au cours du XIXe siècle où de nombreux auvergnats abandonnèrent leurs terres pour rejoindre les villes et notamment Paris.

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