La Flandre maritime française - Le Westhoek

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Le Westhoek français correspond à l’arrondissement de Dunkerque et fait partie de la Flandre française. Comme son nom l'indique en flamand, c’est le "coin de l'Ouest", qui constituait la partie la plus occidentale de la Flandre. Il formait une entité cohérente du point de vue géographique, architectural et linguistique, on y parlait le flamand, le West Vlaemsch, en France jusqu'au XIXe siècle. Il est aujourd'hui moitié français, moitié belge. Cette région possède une particularité, ce sont ses énormes archives flamandes. Pour les comprendre il faut pratiquer la paléographie et le flamand, mais les actes d'Etat des Biens et de Maisons Mortuaires propulsent la généalogie vers des profondeurs impressionnantes...

Etats des Biens et Maisons Mortuaires

Le Westhoek avait ses "us et coutumes", il y existait des actes spécifiques après décès. Ils ont été rédigés jusqu'à la Révolution. Sur le sujet, il est impossible de ne pas citer la source de référence utilisée ici, Les actes de partage après décès : par Alain DELEZENNE et Damien DEBRIL

  • Les états de biens, sont des inventaires dressés au décès d'une personne laissant des héritiers mineurs. Sous l'Ancien Régime la majorité était de 25 ans et les successions d'orphelins mineurs étaient conséquemment nombreuses. Ils étaient obligatoirement rédigés, qu'il y ait ou non des biens échus en succession et quelle que soit l'importance de ces biens. Ces actes étaient dressés par les partageurs des villes ou des châtellenies et contrôlés par les chefs-tuteurs, ils répondaient au besoin de protéger les intérêts des orphelins mineurs.
  • Les maisons mortuaires, sont des actes de successions dressés au décès d'une personne, indépendamment du statut juridique de ses héritiers. On trouve donc ce type d'acte en particulier lorsqu'il y a des biens qui justifient leur existence. Les maisons mortuaires comportent assez souvent une copie du contrat de mariage du défunt, lorsqu'il en a été fait, et un inventaire des biens mobiliers (meubles, bestiaux, etc.) Une formule de conclusion indique les noms des rédacteurs et la date de clôture de l'inventaire.

Le principe rédactionnel de ces actes est pratiquement le même :

  • l'acte proprement dit qui comporte :
    • Une partie concerne les héritiers, précisant parfois leur âge ou leur date de naissance, s'ils sont mineurs, leur filiation qui peut remonter à plusieurs générations tant du côté paternel que du côté maternel, l'identité du défunt, son lien de parenté avec les héritiers et dans les actes les plus récents, sa date et son lieu de décès.
    • Une partie qui reprend la description, quand il y a lieu, des biens échus aux héritiers : le foncier en premier chef (immeubles), essentiel de la fortune de nos ancêtres, tant à la ville qu'à la campagne, puis les meubles (ou catheux) et les créances tant actives que passives (dettes). En tête de cette partie figurent les noms des tuteurs pour qui sont dressés les actes, lorsqu'il y a des enfants mineurs, avec le plus souvent la mention de leur lien de parenté avec les orphelins et leur lieu de résidence.
    • Ce texte est souvent complété par des additifs rédigés pendant le cours de la tutelle des mineurs et lors de leur sortie. On y trouve des assurances et cautionnements concernant le capital hérité, des requêtes des tuteurs pour réaliser tout ou partie du capital échu à leurs pupilles, des reconnaissances par les mineurs émancipés ou leurs conjoints, pour les filles, de la bonne gestion des tuteurs.
  • Les mentions marginales ; ces dernières ajoutées lors même de la rédaction de l'acte dans les maisons mortuaires et entre l'établissement de l'acte au décès du défunt et la sortie de tutelle des orphelins, période qui peut s'étendre sur un quart de siècle, dans le cas des états de biens.
    • Pour les états de biens elles sont plus nombreuses. Des mentions générales tout d'abord : renvoi à des actes concernant d'autres parents défunts dont ont hérité ou hériteront les orphelins ; des modifications concernant les tuteurs (remplacement d'un tuteur défunt ou défaillant), les orphelins eux-mêmes (date de sortie de tutelle en vue d'un mariage ou d'une entrée en religion). Dans le premiers cas, il est le plus souvent fait mention du futur conjoint et de son lieu de domicile. On y trouve aussi l'indication du décès d'un des orphelins avant d'avoir atteint sa majorité.
    • Pour les maisons mortuaires, elles consistent uniquement dans l'attribution des lots aux survivants et aux héritiers.
  • Le lieu de l'acte: Lorsque le défunt est bourgeois d'une ville, son état y est dressé le plus souvent, mais il y a des exceptions, par les partageurs de la ville dont il est bourgeois. Ainsi l'état de biens dressé au décès d'un habitant de Bergues, décédé en cette même ville, qui avait la bourgeoisie de Furnes, devra être recherché dans les archives de la ville de Furnes et non dans celles de Bergues.

La richesse de ces archives

Sans négliger les mentions additionnelles, le principal intérêt pour la généalogie est la rubrique filiative des héritiers de la première partie, elle est le plus souvent très développée. 2 exemples :

  • Le lot d’Orphelin pour Charles DESLUYPRE tuteur des enfants de Charles Norbert WILLAEY. Cet acte de 1685 indique 23 ascendants des enfants, les parents, les 4 grands-parents, 7 des 8 arrière-grands-parents, 6 arrière-arrière-grands-parents (G+4) et 4 arrière-arrière-arrière-grands-parents (G+5)!!!! L’acte est en ligne sur Geneanet dans les données de Guy Rommelaere.
  • La Maison Mortuaire de François COPPENS, la cote de l'acte est FF 19.8, tiré du relevé des Maisons Mortuaires de Wormhout réalisé par Alain DELEZENNE, Jacques DUMONT et Etienne SCHRYVE, page 227, il a été clos le 8 aout 1730. Il indique 52 ascendants de Marie Thérèse et Marie Cécile COPPENS, dont 13 de la G+6 et 3 de la G+7!

Comment comprendre le Flamand ancien

  • Le vocabulaire : on peut utiliser les lexiques spécifiquement préparés pour ces actes, ils comportent des listes de mots, des phrases courantes ou des expressions. Il en existe plusieurs, celui du CRGFA ou un autre didactique et plus complet sur le site de P. STEEVENOOT.
  • La Grammaire : un livre de base de 1821, gratuit sur google book, est le DES ROCHES, la Nouvelle grammaire pour apprendre le Flamand, sinon on en trouve d'autres sur internet, sur le site du cwfb ou mylanguage ou encore sur wikibook, etc.
  • Les abréviations : c'est une des difficultés de ces actes, comme en paléographie courante elles sont utilisées pour des termes usuels ou répétés et repérées par des lettres surmontées d'un tilde ou par une terminaison du genre / ...
  • Une aide indicative peut également provenir de Google translate Français < > Néerlandais, en adaptant bien bien sûr grammaire et orthographe ancienne.

Petit inventaire des ETB et MM du Westhoek

Les informations qui suivent ont été glanées sur différents sites, principalement dans les pages du forum Gennpc. Certaines sont anciennes... La situation de ces relevés ou archives peut avoir évoluée, vérifiez auprès de l'organisme concerné si vous devez vous déplacer... Pour les livres de relevés indiqués ci-dessous, aucun n'est en ligne... En général, on trouve un exemplaire sur le lieu des archives concernées (à vérifier selon le cas?). A défaut, ils sont en vente à la bibliothèque du CRGFA.

  • BAILLEUL - pas d'information.....
  • BERGUES et sa Châtellenie - Le fond est aux Archives Municipales de BERGUES. Mlle VERGRIETE ancienne archiviste et conservateur en a établi un index papier, il est disponible sur place. De plus, elle a publié en 1974 un livre aujourd'hui épuisé, "Les tables générales des ETB de Bergues et sa châtellenie".
    • Pour la châtellenie de Bergues: on trouve les mêmes villages pour les ETB et MM. Les MM commencent vers 1610, les ETB en 1565, les deux se terminent à la Révolution.
    • pour Bergues même: les ETB débutent vers 1425, les MM vers 1580, les deux se terminent à la Révolution. Olivier COULON relève actuellement les MM de Bergues, énorme tâche! Je ne sais s'il compte publier ce travail... Des ouvrages suivants sont disponibles:
      • Maisons Mortuaires – Tome I (1772 a 1793) par Roger TRUY
      • Maisons Mortuaires – Tome II (1750 à 1771) par Roger TRUY
      • Maisons Mortuaires – Tome III (1617 a 1696) par Claude CERF et Philippe MASINGARBE
      • Maisons Mortuaires – Tome IV (1701 a 1749) par Claude CERF et Philippe MASINGARBE
  • BIERNE - Je ne sais où est le fond, mais ... Un ouvrage existe au CRGFA: STEENE et BIERNE – Maisons Mortuaires par Roger TRUY
  • BOURBOURG et sa Châtellenie - Le fond est aux Archives Départementales à LILLE.
  • BUYSSCHEURE - Le fond est accessible aux Archives Départementales à LILLE. Un livre sans doute aux AD et en vente au CRGFA : inventaire après décès par Jacques DUMONT
  • CAPPELLE - En 2012, Olivier COULON a retrouvé les MM de Cappelle aux archives de Bergues.
  • CASSEL - Les archives ont été détruites. Ce qui reste des archives anciennes est accessible à la mairie, je n'ai pas trouvé d'information sur des ETB ou MM?
  • DUNKERQUE - Un fond semble accessible à DUNKERQUE aux Archives Municipales? Je n'ai pas d'information sur ce qui est disponible...
  • ESQUELBECK - Le fond semble perdu.
  • FURNES - Le fond est accessible à BRUGGE. Un travail de dépouillement a été fait par jef CAILLAU.
  • HERZEELE - Je ne sais où est le fond, Bergues ou Wormhout? Un ouvrage existe en vente au CRGFA: Maisons Mortuaires par Claude CERF
  • HONDSCHOOTE - Le fond est à HONDSCHOOTE. Il est relevé, mais, vérifiez auprès de la mairie ce qui est accessible et si les ouvrages suivants peuvent y être consultés?
    • Etats de biens par Thérèse VERGRIETE – Tome 1 à 10, le dernier tome est un index des 9 volumes
    • Maisons Mortuaires du XVIIème T2(1615 à 659) par Jef CAILLIAU
    • Index des chambres pupillaires par M. BRYSELBOUT et J. CAILLIAU
  • HOUTKERQUE et son Comté - Le fond est accessible aux Archives Départementales de LILLE. Un travail de dépouillement a été fait par Mr. MISPILON.
  • LEDRINGHEM - Le fond semble perdu.
  • PITGAM et son Comté - Le fond est accessible aux Archives Départementales de LILLE. Mr. Willy VANHILLE en a fait un relevé, disponible aux A.D.N.
  • SAINT-DONATT - Le fond est accessible aux Archives Municipales de BERGUES.
  • STEENE - Je ne sais où est le fond, mais ... Un ouvrage existe au CRGFA: STEENE et BIERNE – Maisons Mortuaires par Roger TRUY
  • OCHETEZEELE - Le fond est accessible aux Archives Départementales de LILLE. Un travail existe par Mr. MISPILON.
  • POPERINGHE - Le fond est accessible à POPERINGHE...
  • QUAEDYPRE – Maisons Mortuaires par Claude CERF – Alain DELEZENNE – Colette CALLEWAERT
  • WORMHOUT et son Comté - Le fond est accessible à la médiathèque de WORMHOUT. Un partie est relevée. Vérifiez auprès de la médiathèque si les ouvrages suivants peuvent y être consultés? Sinon, ils sont en vente à la bibliothèque du CRGFA:
    • Actes après décès – Tome 1 – années 1732 à an IV par Alain DELEZENNE, Jacques DUMONT, Etienne SCHRYVE
    • Actes après décès – Tome 2 – années 1555 à 1731 par Alain DELEZENNE, Jacques DUMONT, Etienne SCHRYVE
    • WORMHOUT et WYLDER – Maisons Mortuaires par Claude CERF
  • WARHEM - A Bergues ou à Wormhout? Un ouvrage existe au CRGFA. WARHEM – Maisons Mortuaires par Claude CERF
  • WEST-CAPPEL et HOYMILLE - Le fond est soit à Bergues soit à Wormhout... Un ouvrage existe au CRGFA. WEST CAPPEL et HOYMILLE – Maisons Mortuaires par Claude CERF

Sources et références