La Croix

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La Croix n° 1

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HHistoire.pngistoire du journal

En 1883, le concours financier, moral et spirituel apporté par le tout jeune "Pèlerin" accompagnait le lancement de "La Croix"

Le 23 mai 1883, le P. Picard décide de transformer la revue mensuelle La Croix en quotidien populaire.

Le 15 juin 1883 paraissait le premier numéro du quotidien "La Croix", journal du soir daté du lendemain 16 juin.

Donc « La Croix va paraître tous les jours, six fois la semaine », Le Pèlerin se positionnant comme un magazine du dimanche. L'abonnement coûte 18 francs, 14 francs pour qui est déjà abonné au Pèlerin.

Au soir du 15 juin, le journal du soir qu'est alors La Croix, daté du lendemain, était vendu dans tout Paris.

Un homme providentiel va sauver La Croix lorsque la congrégation des assomptionnistes est dissoute en 1900 du fait des lois anticléricales.

Paul Féron-Vrau, un industriel du textile du Nord, sera à la fois un grand patron de presse et un dirigeant du mouvement catholique qui, à travers différents avatars, débouchera après la Seconde Guerre mondiale sur la démocratie chrétienne.

Il rachète La Croix dont la diffusion va progresser sous son impulsion pour atteindre 174 000 exemplaires à la veille de la Grande Guerre. Un prêtre français sur deux est alors abonné. Les assomptionnistes reviennent après la guerre.

L´entre-deux-guerres est marqué, à La Croix, par la crise consécutive à la condamnation de l´Action française en 1927. Sans être maurrassienne, La Croix est proche de ce mouvement, dont elle publie le calendrier des activités, dans le domaine de la politique internationale et de la lutte contre le laïcisme.

La Croix entreprend ainsi sous la houlette du P. Merklen le chemin qui le fera passer progressivement du statut de quotidien religieux à celui de quotidien d´information générale.

La défaite consommée, le journal s´installe à Limoges où le premier numéro paraît le 4 juillet 1940 pour un tirage moyen de 39 000 exemplaires (à peu près égal à ce que le journal diffusait avant-guerre dans ce qui est devenu la zone libre). Le dernier y sera imprimé le 21 juin 1944. Tout le problème est dans cette dernière date : à la Libération, La Croix n´aurait pas dû reparaître sous son nom comme ont pu le faire les journaux de la zone libre qui se sont sabordés le jour où les nazis l´envahirent, le 11 novembre 1942.

Au risque du raccourci, on peut dire que pendant ces quatre années, La Croix a été, au moins durant les deux premières années, attachée à la personne de Pétain plus qu´à son régime, sensible notamment à l´un des thèmes centraux de Vichy, la famille. Elle n´a pas collaboré avec les Allemands qui l´ont même fait suspendre à deux reprises - quinze jours en juillet 1943 - pour propos « non conformes ». Elle avait adopté, pour tous les articles dont la publication était imposée, un signalement discret montrant qu´ils n´émanaient pas de la rédaction.

Plusieurs membres de celle-ci, enfin, participèrent activement à la Résistance, qui était avant tout dans la Haute-Vienne le fait des FTP communistes. La Libération venue, leur témoignage aidera La Croix, qui a pu démontrer qu´elle ne s´était pas déshonorée, à obtenir l´autorisation de reparaître, le 1er février 1945. « Pour La Croix (.), je prononçais le nihil obstat », écrit le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre.

La reprise est difficile. Le tirage est tombé à 76 000 exemplaires en 1950, et il va revenir au P. Émile Gabel, qui a succédé au P. Merklen décédé en 1949, de remonter la pente.

La rédaction, qui a accueilli sa première femme en 1951 - la seconde n´arrivera qu´en 1963 - est rajeunie par l´apport de nouveaux journalistes comme Jean Boissonnat, Jacques Duquesne ou Noël Copin. Ils vont tout de suite se heurter à la guerre d´Algérie.

Dans cette période difficile - c´est aussi le moment où La Croix retire en 1957 le crucifix de sa une - le journal, qui a longtemps espéré une issue politique, va s´engager avec conviction contre la torture, par une grande enquête de Jacques Duquesne que défend un éditorial du nouveau rédacteur en chef, le P. Antoine Wenger.

Leur succéderont, avant l´équipe actuelle, Noël Copin, directeur de la rédaction de 1983 à 1994, et le P. Bruno Chenu. Mais comme l´Église de France, La Croix cherche son positionnement dans une société en évolution rapide : y a-t-il encore un avenir pour un quotidien catholique ?

On pourrait juger de ces interrogations à travers les multiples changements graphiques de son titre. Depuis 1957, date du retrait du crucifix de la « une », le « logo » du journal a changé sept fois : d´abord La Croix, puis, avec le tabloïd, Le journal La Croix, avant Le journal La Croix assorti du sous-titre L´Événement. Suivent en 1975, La Croix en rouge sous-titrée L´Événement, en 1983 La Croix en noir soulignée d´une barre rouge portant l´événement. En 1995, le nouveau graphisme de La Croix est bleu ciel sur fond blanc et, un an plus tard, le même graphisme devient blanc sur un cartouche bleu marine, le logo actuel.

Source: Extrait de l'article de Yves PITETTE

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