L'histoire de la poste

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Chronologie

De 1477 à 1699

  • 1477 : création des relais de poste par Louis XI. Les routes sont provisoires et aboutissent aux théâtres d’opérations militaires. Les relais sont espacés d’environ 28 km et sont dirigés par des tenants-poste, ancêtres des maîtres de poste. Les chevaucheurs ne transportent que la seule correspondance du roi.
  • 1576 : création d’offices de messagers royaux. Spécialisés dans le transport des sacs de procès, ils sont autorisés à prendre les lettres des particuliers. Ils concurrencent les messagers de l’université qui dominent le commerce épistolaire depuis le XIIIe siècle. Fin XVIe siècle, apparition des premiers bureaux de poste et sans doute des premiers distributeurs.
  • 1627 : premier tarif des lettres. Ce tarif dit d'Alméras, du nom du contrôleur général des postes, ne concerne que 4 destinations : Bordeaux, Lyon, Toulouse, Dijon.
  • 1632 : édition de la première carte des routes de poste. Il existe à cette époque 623 relais.
  • 1672 : création de la ferme générale des postes. Les fermiers rachètent les messageries. Avec LOUVOIS, surintendant général des postes, des traités internationaux avec les pays frontaliers sont négociés.

De 1700 à 1799

  • 1708 : première édition du livre de poste qui est une liste des routes et des relais où sont indiqués les distances entre les relais et le prix à payer au maître poste. On compte à cette époque 800 relais de poste. L’édition est annuelle voire bisannuelle jusqu’en 1859.
  • 1719 : les messageries universitaires sont définitivement agrégées à la ferme des postes, laquelle cède en échange 1/28e du prix du bail.
  • 1760 : création de la petite poste de Paris à l’initiative de Piarron de CHAMOUSSET. Les lettres nées dans la ville et à distribuer dans la ville sont remises au destinataire plutôt que mises au rebut. C’est l’apparition du facteur de ville. D’autres villes de province créeront leur propre service de poste urbain.
    • Bordeaux en 1766,
    • Nantes en 1777,
    • Rouen et Nancy en 1778,
    • Lyon en 1779,
    • Strasbourg en 1780,
    • Marseille en 1781,
    • Lille en 1784.
Uniforme de postillon au XIXe siècle
Source : musée de la Poste
  • 1780 : la petite poste de Paris est agrégée à la Grande Poste.
  • 1775 : sous l’impulsion de TURGOT, contrôleur général des finances et surintendant général des postes, les messageries sont séparées des postes et réunies au domaine royal. L’expérience dura une année et les messageries remises en ferme.
  • 1789 : à la Révolution, les maîtres de poste perdent leur privilège. Les directeurs des quelques 1 300 bureaux de poste qui existaient à cette époque sont élus au suffrage universel. Des villes sont débaptisées créant ainsi des perturbations dans le tri des lettres. On condamne la violation du secret de la correspondance. En 1791, la ferme est supprimée et les postes sont exploitées directement par l’État.
  • 1793 : création de la 1re malle-poste.
  • 1794 : transmission de la première dépêche télégraphique sur la ligne Paris-Lille au moyen du télégraphe optique des frères CHAPPE.
  • 1796 : attaque du courrier de Lyon.

De 1800 à 1899

  • 1801 : un arrêté du 27 prairial an IX réaffirme le monopole.
  • 1817 : création du mandat.
  • 1830 : mise en place du service rural. Les campagnes sont désormais desservies par le facteur à raison d’une distribution tous les 2 jours. Tournée quotidienne à partir de 1832.
  • 1849 : création du timbre-poste français à l’effigie de Cérès, déesse des moissons, gravé par Jacques-Jean BARRE, graveur à l’hôtel de la monnaie.
Timbre de Cérès (1849)
  • 1854 : pour inciter les Français à utiliser le timbre-poste, il est créé une prime à l’affranchissement qui correspond à une réduction sur le prix du port à condition que la lettre soit affranchie par l’expéditeur.
  • 1870 : pendant le siège de Paris, par les Prussiens, les Parisiens tentent de communiquer avec la province. Ils lancent des ballons montés, utilisent des pigeons porteurs de dépêches microfilmées ou des boules de zinc étanches contenant des centaines de plis. Jetées dans la Seine à l’amont de la capitale, elles devaient être récupérées dans un filet. Aucune boule ne parvint à destination pendant la durée du siège. C’est aussi l’année d’apparition de la première carte postale.
  • 1873 : suppression de la poste aux chevaux.
  • 1874 : création de l'Union générale des postes, formant un seul territoire postal pour l’échange des correspondances entre les pays qui y adhèrent. Cette union prendra le nom d'Union postale universelle en 1878.
  • 1879 : création du ministère des postes et télégraphes.
  • 1881 : création de la Caisse Nationale d’Épargne.

De 1900 à 2002

Boîtes aux lettres
  • 1911 : première expérience du transport de courrier par avion. Henri PÉQUET, aviateur français, franchit le Gange sur une distance de 10 km avec 15 kg de courrier.
  • 1912 : premier vol postal officiel en France effectué par le lieutenant NICAUD sur un biplan Farman, de Nancy à Lunéville sur 27 km.
  • 1918 : création des chèques postaux.
  • 1927 : organisation de la poste automobile rurale qui combine par ce service des opérations de guichet, de distribution et de transport de voyageurs.
  • 1930 : traversée de l’Atlantique sud par Mermoz.
La 2 CV Citroën
  • 1935 : organisation d’un réseau aérien intérieur de jour avec la création de la société Air Bleu. Un service régulier de nuit est inauguré en 1939 avec des avions Goëland sur les lignes Paris-Bordeaux, Pau et Paris-Lyon-Marseille.
  • 1952 : début de la motorisation des tournées rurales en 2 CV Citroën.
  • 1962 : naissance du logotype Oiseau bleu. Les boîtes aux lettres postales changent de couleur. Le jaune remplace le bleu.
Boîtes aux lettres
  • 1964 : début de la codification des adresses postales.
  • 1972 : code postal à 5 chiffres.
  • 1984 : suppression du service pneumatique.
  • 1988 : les télécommunications prennent l’appellation France Télécom.
  • 1991 : La Poste devient un exploitant autonome de droit public.
  • 1999
    • Janvier : le 2 janvier La Poste émet le 1er timbre à double affichage (euros-francs) ;
    • Juin : l’accès à Internet pour tous. 1 000 cyberpostes sont inaugurées afin de favoriser l’accès au plus grand nombre à Internet.
  • 2000
    • Août : La Poste lance @laposte.net et offre une adresse gratuite et pérenne à tous les français ;
    • Octobre : création de GeoPost, le pôle colis et logistique du Groupe La Poste.
Le TGV postal
  • 2001
    • Mars : le suivi d’objet étendu à toute la gamme Pionnière des prestations de suivi du courrier (qui permettent de savoir précisément quand un objet a été délivré), La Poste a désormais étendu ce service à valeur ajoutée à la quasi-totalité de sa gamme. Grâce à l’adjonction d’un service de suivi, Fréquence Affaires (service d’envoi de gros plis d’entreprise à entreprise) a augmenté son activité de 30 % en 2001 ;
    • Novembre : lancement de la Bourse en ligne Le lancement du service Vidéoposte Net Bourse (achat/vente de titres en ligne) renforce l’offre de services de banque à distance de La Poste. Après deux mois de lancement, ce service enregistrait déjà plus de 8 000 abonnés. Plus de 4 millions de clients sont désormais abonnés à un ou plusieurs services de banque à distance de La Poste (via Internet, Minitel, téléphone).
  • 2002
    • Janvier : succès du passage à l’Euro : 31 milliards de francs échangés aux guichets des bureaux de poste ;
    • Mars : une nouvelle convention sur la politique de la ville entre l’État et La Poste renforcée et enrichie : un programme de 75 millions d’euros ;
    • Mars : La Poste franchit le cap de 1 million d’adresses prenom.nom@laposte.net

Histoire de la poste

L’histoire de la poste commence probablement avec le roi perse Cyrus qui, d’après Xénophon et Hérodote, avait installé vers 500 av. J-C des relais de chevaux sur les routes de son vaste empire.

Une organisation semblable aurait existé en Chine à la même époque.

Plus près de nous, l’empereur Auguste crée pour tout le territoire romain, au Ier siècle av. J-C, le cursus publicus.

La course publique consistait en un réseau de relais et d’hôtelleries qui permettait d’acheminer promptement les messages par des courriers.

Les messageries

Au début du XVIIe siècle, avant même que la poste organise un service d’acheminement et de distribution des lettres, l’Université avait créé son service de messagerie pour les besoins de ses étudiants.

En 1297, une première mention de ces messagers universitaires apparaît dans une déclaration solennelle de Philippe le BEL.

On distinguait deux catégories de messagers : les grands messagers étaient des correspondants locaux auprès desquels les étudiants trouvaient une aide morale et financière. Les petits messagers appelés messagers volants étaient les seuls à se déplacer et prenaient volontiers la correspondance des particuliers.

De gré à gré était négocié le prix de la course avec l’expéditeur.

La place de messager était recherchée car elle procurait certains avantages à son titulaire : exemption des droits de péage sur les vins, du service de garde au château, aux portes de la ville et d’autres corvées.

Au XIIIe siècle : La renaissance des villes vit également l’apparition de messageries urbaines.

Les messagers des villes semblent avoir connu leur apogée au XVIe siècle et se maintinrent jusqu’au milieu du XVIIIe siècle sur des liaisons secondaires négligées par les fermiers des postes.

En 1576 : outre la poste, la concurrence la plus sévère livrée à ces divers corps de messagers fut le fait des messagers royaux créés par Henri III pour financer le Trésor. En effet, ces messagers devaient acheter leurs offices au roi. Spécialement chargés du transport des sacs de procédure, ils furent autorisés à acheminer les lettres.

Jusqu’au XVe siècle, les messagers faisaient leur service à pied.

À partir de la fin du Moyen Âge, l’utilisation du cheval devient plus fréquente.

Contrairement aux courriers de la poste aux lettres et aux voyageurs utilisant les relais de poste, les messagers ne devaient marcher qu’entre deux soleils et jamais la nuit. À cheval, le messager ne pouvait pas "aller en poste", c’est-à-dire au galop.

Le XVIIe siècle allait voir disparaître les messageries.

En 1672 : elles furent réunies à la ferme des postes contre indemnité ou remboursement des offices.

Petite histoire du facteur

Le facteur

On relève une des premières mentions du facteur-distributeur de lettres, dans un document datant de 1638 de la cour des Aides. Mais le terme désignait plus couramment à cette époque celui qui fabrique quelque chose ou qui agit pour le compte de quelqu’un.

En 1690 dans son dictionnaire, FURETIÈRE le définit comme un « commissionnaire de marchand, celui qui achète pour d’autres marchands des marchandises ou qui les vend en leur nom ».

En 1760 : Le métier de facteur s’organise véritablement avec la création de la petite poste de Paris. Avant, il n’était guère possible de correspondre d’un quartier à l’autre de Paris sauf à envoyer un valet ou un petit Savoyard.

En 1653, à ce problème du système postal, RENOUARD de VELAYER avait bien essayé de remédier. Il suffisait d’attacher à la lettre un billet de port payé et de jeter le tout dans une boîte aux lettres prévue à cet effet.

Mais l’expérience tourna court, rapporte FURETIÈRE dans son Roman bourgeois : « aucune lettre ne fut rendue à son adresse, et à l’ouverture des boîtes, on trouva pour toutes choses des souris que des malicieux y avaient mis ». Ce fut abandonné.

En 1758, le projet de petite poste est repris à l’initiative du philanthrope PIARRON de CHAMOUSSET qui obtient de Louis XV des lettres patentes l’autorisant à installer "une poste particulière dans l’intérieur de notre bonne ville de Paris".

Les villes de province se dotèrent à leur tour d’une petite poste. Ce fut le cas de Bordeaux (1766), Nantes (1777), Rouen (1778), Nancy (1778), Lyon (1779), Strasbourg (1780), Marseille (1781), Lille (1784).

Sous Louis XV, chaque jour à Paris, 200 facteurs font trois distributions. Ils utilisaient un claquoir ou une crécelle pour prévenir les habitants de leur passage. Rapidement le service augmente.

La distribution du courrier à domicile ne concernait pas des millions de ruraux, privilège des citadins.

En 1829, avec la grande réforme postale, les bourgs et villages de France reçoivent la visite du facteur, d’abord tous les deux jours puis quotidiennement.

En 1830, ils sont 5 000 et en 1910 près de 23 000.

Pas un jour de repos pour ces facteurs rémunérés au kilomètre et qui parcourent en moyenne 27 km par jour en 1877. C’est seulement en 1893 que les facteurs sont autorisés à prendre un jour de congé par mois.

Le facteur

Au XIXe siècle commence à se dessiner l’image d’un facteur populaire ; trait d’union entre la ville et la campagne, il est « l’espérance en uniforme", la voix mystérieuse qui parle tout bas à toutes les oreilles, qui se fait entendre de tous les cœurs » écrit Jules JANIN. Il est aussi le commissionnaire fidèle que l’on charge de rapporter de la ville voisine des comestibles, des médicaments, des provisions de toute sorte.

Qu’il vente ou qu’il neige, été comme hiver, le facteur marche par tous les temps. L’utilisation de la bicyclette à la fin du XIXe siècle, puis de l’automobile dans les années cinquante, va soulager considérablement la tournée des facteurs que l’on appelle préposés depuis 1957.

Ils sont aujourd’hui près de 84 000 à distribuer chaque jour 66 millions de lettres et de paquets.

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